1634-1639 - Acte prônal, lettres patentes du Roi, registres du Parlement et prééminences - GrandTerrier

1634-1639 - Acte prônal, lettres patentes du Roi, registres du Parlement et prééminences

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§ E.D.F.
Un acte prônal de 1634 attestant l'accord collégial des paroissiens, des lettres patentes personnalisées du roi Louis XIII en 1638 et un extrait récapitulatif du registre du Parlement de Bretagne en 1639, le tout pour confirmer les droits de prééminences du sieur Guy Autret en l'église paroissiale et chapelle de Saint-Guénolé.

Documents conservés aux Archives Départementales du Finistère dans le fonds dit du chartrier de Kerézellec.

Autres lectures : « Guy Autret, seigneur de Missirien et de Lezergué (1599-1660) » ¤ « BERNARD Norbert - Guy Autret et l'église d'Ergué-Gabéric » ¤ « Guy Autret et l'église d'Ergué-Gabéric, défense de ses prééminences » ¤ « TORCHET Hervé - Missirien, la double vie littéraire de Guy Autret » ¤ « La maîtresse-vitre de la Passion de l'église St-Guinal » ¤ « 1736-1740 - Défense des droits de fief, de justices et de prééminences pour Lezergué » ¤ « Historique de la chapelle de Saint-Guénolé » ¤ 

1 Présentation

Le premier document, daté du 5 mars 1634 et qualifié d'acte prônal [1] car lu pendant les annonces qui suivent l'homélie du prêtre, authentifie sous le seing de deux notaires royaux le consentement des prérogatives du seigneur local Guy Autret par une assemblée de paroissiens. Il s'agit de l'original en papier parcheminé à l'encre pâlie et difficile à déchiffrer. L'acte est lu lors du prône de la grande messe dans l'église paroissiale pour accorder au seigneur de Lezergué « le droict d'avoir ses armes en la victre de la chapelle de saint Guehnollé, et costé de l'évangile en la dicte esglise paroissiale d'Ergué Gabellic ».

À « la dicte grande messe célébrée par messire Allain Le Balch curé de la dicte parroisse assistoit grand nombre des habitants » et pas moins de 45 paroissiens mettent leur noms pour autoriser les armoiries locales à la chapelle de St-Guénolé et « remettre les armes et bancq [2] de la seigneurie de Lesergué au lien ou ils estoient auparavant » dans l'église paroissiale.

Les deuxième et troisième documents sont constitués des lettres patentes royales reçues en août 1638 et de leur mise en exécution par le Parlement de Bretagne le 12 janvier 1639. La lisibilité est facilitée car ce ne sont pas des originaux, mais des copies ultérieures du 18e ou 19e siècle et conservées aux Archives Départementales du Finistère.

Dans ses lettres patentes commençant par un tonitruant « Louis par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre à tous présents et à venir salut », le roi Louis XIII formule lui-même ses intentions : « voulant favorablement traiter notre cher et bien aimé Guy Autret sieur de Missirien et de Lezergué, chevalier de notre ordre de St Michel », « suffisamment informé que la terre seigneurie qu'il possède par succession immémoriale de ses prédécesseurs, est belle et bien bâtie, noble et des plus anciennes de l'Evesché de Cornouaille en notre province de Bretagne », « ornée de tous droits de haute moyenne et basse justice, colombier, garennes, moulins, domaines, ... intersignes de noblesse. Voulant encore en faveur dudit sieur de Missirien augmenter les honneurs et dignités de la terre ».

La décision royale est très généreuse : « donnons octroyons et accordons de par ces présentes signées de notre main tous et tels droits honorifiques et prérogatives et prééminences qui nous appartiennent en l'église paroissiale d'Ergué Gabellie, et en la chapelle de St Guénolé situé en la même paroisse hors l'église paroissiale, avec tout pouvoir de faire mettre ses armoiries, blasons et enseignes de noblesse au dedans et au dehors des dites église et chapelle au lieu plus éminent, tant en vitres, lisières qu'en bosse, en tous endroits que bon lui semblera ».

La formule finale consacrée « Car tel est notre plaisir » conclut la lettre royale, suivi de la mention « Par le roy » et du nom et signature du surintendant des finances, à savoir Claude Bouthillier [3].

Toute lettre patente [4], outre qu'elle est préparée par le Conseil du roi et contresignée par un secrétaire d'état, doit être scellée de cire verte du grand sceau royal et faire ensuite l'objet d'un décret d'exécution. Dans l'extrait de registre d'exécution par le Parlement de Rennes en janvier 1639, on note bien la description précise du sceau apposé sur les lettre d'août 1638 : « un grand sceau de cire verde à laqs de soye rouge et verde ». Les « laqs » sont les lacets colorés qui attachent le sceau au bas du parchemin.

Tous les blasons des Autret (10 bandes d'argent et azur) et de leurs prédécesseurs de Lezergué (croix potencée) et Coatanezre (trois épées), ont bien été mis dans le tympan de la maitresse-vitre de l'église paroissiale, entourés du collier jaune de l'ordre de Saint-Michel dont Guy Autret était chevalier. Sur le tout dernier blason Coatanezre qui est resté dans son état d'origine, on distingue même nettement la coquille dite de Saint-Jacques sur le collier.

La décision royale d'octroyer à Guy Autret les prérogatives appartenant à la couronne est conditionnée par le fait « que les armes du Roy seront mises au plus hault lieu de la principalle vitre de la dite église étant au grand authel aux frais du dit demandeur ».

Nous aurions donc du y trouver le motif armorial des trois fleurs de lys surmontées d'une couronne royale, faite également de fleurs de lys. Or le motif supérieur de la couronne n'est pas très net et le blason est écartelé en 4 parties, en 1 et 4 des fleurs de lys (remplacés par 3 morceaux noircis de vitrail), et en 2 et 3 par des hermines : ces armes sont celles de Claude de France (1499-1524), reine et épouse de François 1er. Et par ailleurs le blason est bien entouré du collier de l'ordre royal de chevalerie de Saint-Michel.

 

Par contre, au 2e rang on voit à gauche deux blasons surmontés de vraies couronnes ducales au motif feuillu, sans collier de Saint-Michel. A gauche les armes, en mi-parti des fleurs de lys et des hermines, sont celles de la duchesse Anne de Bretagne (1477-1514), mère de Claude de France, et à droite il s'agit du blason historique « D'hermine plain » du duché.

La question se pose de savoir pourquoi le blason du roi Louis XIII, avec seulement 3 fleurs de lys, n'a pas été mis au sommet du tympan, alors que c'était la contrepartie des faveurs des lettres patentes royales. Pourquoi à la place du blason royal, il y a ce blason d'une reine un peu spéciale, morte en 1524 plus de 100 ans plus tôt, Claude de France, reine, épouse du roi François 1er, mais fille d'Anne de Bretagne.

En fait le bas de la maitresse-vitre date de 1516 et est donc contemporain de Claude. Mais la partie supérieure des blasons a bien été refaite après 1638, l'année des lettres patentes, du temps de Guy Autret car son blason est présent, et le blason "royal" du haut et ceux du bas sont entourés du collier de l'ordre de Saint-Michel. Avoir mis, dans l'église paroissiale, le blason écartelé aux hermines et fleurs de lys, est peut-être une façon pour Guy Autret de marquer un peu ses distances, et sa proximité avec une descendante du duché de Bretagne ?

Par ailleurs, comme le laisse supposer l'acte prônal de 1634, il est probable que le blason en alliance des Autret a été mis également sur le vitrail de la chapelle de St-Guénolé, mais ce vitrail n'existe malheureusement plus aujourd'hui.

Lorsque le Parlement de Bretagne examine début 1639 la validité des lettres royales, il reprend d'autres pièces d'archives, à savoir l'acte des « 28e mars et 17e avril 1499 touchant la haulte justice du manoir de Lezergué », un don de tabernacle du 25 février 1635 par Guy Autret et sa femme Blanche de Lohéac, un autre prônal de novembre 1638 confirmant le consentement des paroissiens, et deux actes prônaux datés. L'arrêt reprend aussi la contestation locale d'Yves de La Marche du manoir voisin de Kerfors et de Jan de La Lande établi à Kergonan en Ergué-Gabéric également.

La conclusion du Parlement de Bretagne est sans appel : « La cour a ordonné et ordonne que les dictes lettres seront enregistrées au greffe de la cour pour en jouir l'impétrant d'icelles bien et duement suivant la volonté du Roy »

2 Transcriptions

Document de 1634

Notes recopiés deux fois : 1634. acte prosnal [1] portant consentement des paroessiens de remettre les armes et bancq [2] de la seigneurie de Lesergué au lien ou ils estoient auparavant.

Jan le Meur et Mathieu Kervraouen nottaires
royaux de la cour ...
... cinquiesme jour de mars mil six centz trente
quatre
... de Quimpercorantin ...
... Guy Autret sieur de Missirien et de Lezergué ...
... la paroisse d'Ergué Gabellic
... ce dict jour ... parroissiens ...
... qui a lieu le dict jour à la modu ...
y estants présent avoir ouy la dicte grande messe
célébrée par messire Allain Le Balch curé de la dicte parroisse
assistoit grand nombre des habitants ...
... le dict sieur de Missirien
... la dicte grande messe ...
l'office divin ... par le dict
sieur de Missirien, à cause .... du dict Lezergué sittué en la dicte
paroisse, avoir le droict d'avoir ses armes en la victre de la chapelle
de saint Guehnollé, et costé de l'évangile en la dicte esglise paroissiale
d'Ergué Gabellic, ... banc ...
... lesquels armes et banqs ...
... ; et par ...
... maison de Leyzergué ...
... depuis le quatre ...
... d'aultan que le dict sieur de Missirien
...
... les dicts parroissiens ...
s'ils avoient cognoissance ...
... les dicts armes et banc Sur quoy
... scavoir ...
... de l'église parrochialle ...
...
(3 lignes de 13 noms)


[p.2] Louis Le Berre, Allain Morel, Louys Morel, Henry Tahamen,
(6 lignes de 28 noms)
... et plusieurs aultres. Suivant
... tous les dicts paroissiens ...
avoir enttendu par bruit ... par l'avoir ouy et
... prédecesseurs ... seigneurie de Lezergué
... la dicte victre ... et Saint
Guiznal ... sur la tombe de la seigneurye de Lezergué
estant ... de l'église parroissialle d'Ergué Gabelic
et consentant que le dit sieur de Missirien ...
armes et bancq [2] quand bon luy semblera pourvu qu'il
entretienne la dicte victre à ses frais ainsy que
... parroit sous luy
..., ce que le dict sieur de Missirien promet s'obliger
... des armes du Roy
au hault de la dicte victre soubz obligation et hippothèque ...
... et pour sans parcelle ...
... parroissiens
nommés ...

Auquel ...
...
s(il y auroit ... paroissiens ...
...
armoiries et bancq [2] ...
... des dits paroissiens ...
... de tout quoy
... audict sieur de Missirien ...


[p.3] ... ...
... de la dicte chappelle deSainct Guehnollay ...
... par la dicte cour de Quimpercorantin ...
prorogation et jurisdiction ...
de Missirien ... Jan Le Masson ...
aultres paroissiens, ne scavoir signer ...
... messire Jan Leguez ...
... signt pour ...
...
... Guy Autret, A. Balch curé ...
Jan Le Masson, AllAin Le Marech, ...
... Jan Le Meur, nottaire royal ...
nottaire royal ...
...
... Allain le Pouppon ...
...

(signatures des deux notaires royaux)

Document de 1638

aout 38. 12 jan 39.

Louis par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre à tous présents et à venir salut. Comme nous avons toujours désiré en toutes occasions convenables gratifier nos sujets et particulièrement notre noblesse, afin qu'elle soit excitée par nos libéralités de nous rendre les services auxquels sa main ne l'oblige et voulant favorablement traités notre cher et bien aimé Guy Autret sieur de Missirien et de Lezergué, chevalier de notre ordre de St Michel ; après avoir mis en considération les services qu'il nous a rendus en plusieurs occasions dont nous avons tous jugés de consentement, étant d'ailleurs suffisamment informé que la terre seigneurie qu'il possède par succession immémoriale de ses prédécesseurs, est belle et bien bâtie, noble et des plus anciennes de l'Evesché de Cornouaille en notre province de Bretagne, que souvent elle a été aliée par mariage en plusieurs maisons de bacheliers et chevaliers, étant en outre de grand revenu et valeur, et ornée de tous droits de haute moyenne et basse justice, colombier, garennes, moulins, domaines, grables, fiefs, droits honorifiques en la paroisse d'Ergué Gabellie, comme banc [2], lizière [5] et armoiries en vitres, en bosse et autres, intersignes de noblesse. Voulant encore en faveur dudit sieur de Missirien augmenter les honneurs et dignités de la terre, sçavoir, nous faisons que pour ces causes et autres à ce ... de nouveau, avons de l'avis d'anciens princes et gens de notre conseil, de notre grace et libéralité spéciale, pleine puissance et autorité royale, donné octroyé et accordé audit sieur de Lezergué ; donnons octroyons et accordons de par ces présentes signées de notre main tous et tels droits honorifiques et prérogatives et prééminences [6] qui nous [p.2] appartiennent en l'église paroissiale d'Ergué Gabellie, et en la chapelle de St Guénolé situé en la même paroisse hors l'église paroissiale, avec tout pouvoir de faire mettre ses armoiries, blasons et enseignes de noblesse au dedans et au dehors des dites église et chapelle au lieu plus éminent, tant en vitres, lisières [5] qu'en bosse, en tous endroits que bon lui semblera, lesquelles prééminences [6] et droits honorifiques nous avons parcer, présenter annexer et orner à la dite terre et seigneurie de Lezergué pour être le tout tenu de nous prochement et liguement en un seul homage à cause de notre ville et sénéchaussée de Kimpercorentin,

 

Suite du document de 1638

pourvu néantmoins que nous n'en ayons cy-devant fait don et concession à autre et qu'il n'y ait aucun fondateurs que nous, en l'église et chapelle, auxquels donataires ou fondateur ence car nous n'entendons que ces présentes puissent préjucier, sans qu'à cause de la présente permission l'exposant puisse prétendre pourvoir aux bénéfices dont la collation ou autre disposition nous apartient. Si donnons en mandement avoir armes et sceaux conseiller les gens tenant notre cour de parlement de Rennes et chambre des nos comptes à Nantes, trésorier de France en notre province de Bretagne, à notre sénéchal de Kempercorentin ou son lieutenant, et à tous autres avoir magistrats justiciers et officiers qu'il appartiendra que nos présentes lettres, ils fassent enregistrer, et du continu en ... fassent et laissent jouir le dit sieur de Lezergué ses hoirs et successeurs en ayant cause, pleinement, paisiblement,


[p.3] et perpétuellement, faisant cesser tous troubles et empêchement à ce contraire Car tel est notre plaisir, et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait apposer notre scel à ces présentes, sauf en autre chose notre droit et l'autruy en toutes. Donné à St Germain en Laye au mois d'aoust l'an de grace mil six cent trente huit et de notre règne le vingt neufviesme signé Louis.

Par le Roy, Bouthillier [3]

Sur le raport est écrit registré suivant l'arrêt de la cour de ce jour, pour en jouir impétrant bien et duement suivant la volonté du Roy, à la charge que les armes du Roy seront mises au plus haut lieu de la principale vitre de la dite église étant au grand austel aux frais dudit de Lezergué, celles qui sont à présent seront par lui entretenues à l'advenir. Fait en parlement à Rennes, le 12 janvier 1639 signé Solleman.

Document de 1639

12 janvier 1639. La Marche.

Extrait des registres du Parlement. Veu par la cour les lettres patentes du Roy donnée à St-Germain en Lai au mois d'aoust mil six cent trente huit, signée Louis sur le .. par le Roy, Bordilliées et scellées du grand sceau de cire verde à laqs de soye rouge et verde, obtenues par messire Guy Autret, sieur de Missirien et de Lezergué, chevalier de l'ordre de St Michel, par lesquelles le dict seigneur Roy donne, octoye et accorde au dict Autret tour et ... de droits honorifiques prérogatives et prééminences [6] qui appartiennent à Sa Majesté en l'église parochialle d'Ergué Gabellie, et en la chapelle de St Guenolle, situé sur la même paroisse hors l'église parochialle avecq tout pouvoir de faire mettre ses armoiries et blazon et enseigne de noblesse au dedans et au dehors de la dicte église et chapelle en lieu plus éminent, tant en vitres, lizières [5] qu'en bosse en tous endroits que bon luy sembleroit, lesquelles prééminences [6] et droits honorifiques le dit seigneur Roy annexe et et vuist à la dite terre seigneurie de Lezergué pouvestre pour estre le tout tenu de luy prochement et liguement et en vaseul hommaige à cause de la ville sénéchaussée de Quimpercorantin pourveu neantmoins qu'il n'en ayt été cy-devant fait don et concession à aultre et qu'il n'y ayt fondation que le dict seigneur Roy en dictes église et chapelle sans que à cause


[p.2] de la dicte concession le dict Autret puisse pretandre de pourvoir au dict bénéfice, ainsy que plus a plain est porté par les dictes lettres adveu et déclaration de la dicte terre de Lezergué fourny par le dit Autret en la chambre des comptes de ce pays le 29 juillet 1634 dans lequel les droitz de haulte justice et prééminances [6] sont employés, jugement rendu par la dicte chambre sur les publications dû dict adveu par lequel le dit adveu est receu et ordonné qu'il soit adjouté à l'invantaire des adveux de la chambre, arrest de la cour du quinzième novembre 1638, par lequel est ordonné que les dictes lettres seront lues et publiées au prône [1] des grandes messes parochialles d'Ergué Gabellie et publiées aux prochaines marches des lieus et les procès verbaux des bannies [7] et publiquation certiffiées devant les présidiaulz de Quimpercorantin, les opposants, si aucuns sont ouyés pour le tout rapporté en la dicte cour et communiqué au procureur général du Roy estre ordonné ce qu'il appartiendroit bannies et publiquations des dittes lettres pattantes faictes au Bourg parochial d'Ergué Gabellie et marches de la ville de Quimpercorantin, les 21, 24 et 27 novembre et premier décembre 1638 par Sébastien Bossu, Jean Saget, et Farcy sergents royaulz généraux et d'armes en Bretaigne certiffications des dictes bannies [7] en l'audiance du siège présidial [8] de Quimpercorantin, le second jour du dict mois de décembre portant acte de la lecture des dictes publiquations et des dires et protestations d'escuyer Yves de la Marche sieur de Kerfors escuyer


[p.3] Jan de la Lande sieur de Lesautret auquel le marché auroit été adjugé coppie des dictes lettres, certifficat de Bougeaut greffier civil et des oppositions du dict siège que le dict de La Marche a eu coppie des dictes lettres patantes du neufviesme du dit mois de décembre 1638, acte de comprant ensuy à la barre de la dicte cour devant un conseiller et commissaire d'icelle le vingt neuviesme du dit mois de décembre dernier contenant les offres et déclarations du dict Autret, greffier cedulle dudit Autret du second jour de janvier présent mois avecq les actes et pièces y mentionnés, aultre greffier et cedulle des fabriques et paroissiens du dict Ergué Gabellie du ... janvier 1639, acte passé au prône [1] de la grande messe de la paroisse d'Ergué Gabellie le 29 de novembre dernier par lequel les dits paroissiens consentent que le dict Autret jouisse plainement et entièrement du dict don parce qu'il seroit apposer des armoiries et les entretiendroict à ses propres frais, aultre acte pronnal prône [1] contenant la fondation faicte en la dite église paroichiale d'Ergué Gabellie par le dict Autret et dame Blanche de Lohéac sa femme avec don d'un tabernacle le vingt et cinquiesme février 1635 requeste du dit Autret présentée à la cour des le douziesme novembre dernier des actes judiciels passés en la sénéchaussée de Quimpercorantin les 28e mars et 17e avril 1499 touchant la haulte justice du manoir de Lezergué, enqueste touchant la dicte haulte justice faicte par maistre Jules Dougralen lieutenant de la cour de Quimpercorantin le dict jour 17e avril 1499 et jours suivans signé Dougolen, et Enrodieru, lettres parentes du Roy Louis douziesme du 4 juin 1500,


[p.4] signée de par le Roy duc Derien scellée, aultres lettres patentes du mesme signeur Roy du 14 novembre 1510, signée de par le Roy Duc de Saumainx, requestes de l'impétrant affin de vérification des dites lettres, conclusions du procureur général du Roy du huictiesme janvier présent mois, et tout murement considéré

La cour a ordonné et ordonne que les dictes lettres seront enregistrées au greffe de la cour pour en jouir l'impétrant d'icelles bien et duement suivant la volonté du Roy à la charge que les armes du Roy seront mises au plus hault lieu de la principalle vitre de la dite église étant au grand authel aux frais du dit demandeur et que celles qui y sont à présent seront par luy entretenues à l'avenir, fait au parlement de Rennes le 12e janvier 1639, signé Monnevan avec greffe et paraphe.

3 Originaux

Lieu de conservation :

  • Archives Départementales du Finistère.
  • Cote 32 J 80.
 

Usage, droit d'image :

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4 Annotations

  1. Prône, s.m. : lecture faite par le prêtre, en chaire, après l’évangile, à la grand-messe. Le prône comporte des prières en latin et en français à l'intention des vivants, à commencer par le Roi, et des défunts ; parfois, mais pas toujours, une homélie commentant les lectures du jour ; et enfin une série d'annonces concernant les fêtes et les jeûnes à venir, les bancs de mariage, les monitoires de justice, les ordres adressés par le Roi, etc. On comprend ainsi que ce prône peut être fort long, mais il est essentiel pour la cohésion de la communauté paroissiale et pour la communication du haut en bas dans le royaume. Source : Dictionnaire de l'Ancien Régime. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4]
  2. Banc, s.m. : banc dans une église réservé pour une famille. Anciennement Banc d'œuvre, place destinée aux marguilliers, aux membres du conseil de fabrique ou à des notables de la paroisse. Source : Dict de l'Académie. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4]
  3. Claude Bouthillier (1581-1652), seigneur de Fouilletourte et de Pont, comte de Chavigny, a été secrétaire d’État à la Marine (1628-1629), secrétaire d'État aux Affaires étrangères (1629-1632), surintendant des finances (1632-1643), nommé par Richelieu et Louis XIII. [Ref.↑ 3,0 3,1]
  4. Lettres patentes, s.f.pl. : sous l'Ancien Régime, décision royale exprimant la volonté du roi en tant que législateur, sous forme de lettre ouverte, scellée du grand sceau et contresignée par un secrétaire d'État, qui accorde ordinairement une faveur au destinataire (TLFi). À travers le latin juridique, le terme vient directement du latin patens, du verbe patere, « être ouvert » ou « évident », et désigne les documents ouverts portant un sceau officiel (généralement attaché par un ruban) destinés à être lus par toute personne intéressée (Wikipedia). [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  5. Lisière, s.f. : bande horizontale décorée de blasons. La lisière funèbre correspondait au droit d'orner à son enterrement l’église de bandeaux noirs avec son blason. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 5,0 5,1 5,2]
  6. Prééminences, s.f.pl. : droits que possédaient certains nobles dans les édifices religieux : droit d'accéder au chœur, droit d'être enterré dans la chapelle, droit d'apposer son blason ... ; source : lexique "au coeur du pays d'Auray". [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 6,0 6,1 6,2 6,3 6,4]
  7. Bannie, s.f. : proclamation publique d'un ordre ordre, d'une défense, d'une vente ; source : cahiers de doléances AD29. Proclamation par laquelle un seigneur a droit d'assujettir ceux qui sont dans l'étendue de sa seigneurie d'utiliser son four ou son moulin ; source : Dictionnaire du Moyen Français. Proclamation, publication, criée d'une adjudication, d'un prix, d'une vente, d'une vente forcée ; source : DMF. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 7,0 7,1]
  8. Présidial, s.m. : tribunal de justice de l'Ancien Régime créé au XVIe siècle ; c'est en 1552 que le roi Henri II de France, désireux de renforcer son système judiciaire et de vendre de nouveaux offices, institue les présidiaux ; le présidial de Quimper-Corentin a été créé à cette date dans le ressort du parlement de Bretagne (Wikipedia). Siège présidial, tribunal qui juge en dernier ressort, sans appel (Dictionnaire du Moyen Français). Sous l'Ancien Régime, tribunal et juridiction qui avaient été établis en 1551 dans certains baillages importants pour juger en dernier ressort les affaires peu graves (Trésor Langue Française). [Terme] [Lexique] [Ref.↑]


Thème de l'article : Document d'archives sur le passé d'Ergué-Gabéric.

Date de création : Août 2016    Dernière modification : 12.08.2018    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]