1684 - Aveu de Louis Le Caugant et Guillaume Le Berre pour Creach-Ergué Isella - GrandTerrier

1684 - Aveu de Louis Le Caugant et Guillaume Le Berre pour Creach-Ergué Isella

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§ E.D.F.

Sommaire

En savoir plus : [1636-1740 - Aveux pour la tenue de Creach-Ergué, fief des Regaires]

1 Résumé des sources

« Aveu de Louis Caugant x Marie Le Masson succ. Jean Le Masson et de Guillaume Le Berre de Tregagué (Briec) succ. Guillaume Lozeach x Clémence Le Henaff » (Inventaire Bernard Vayssette CGF).

 

Aveu [1] de Louis Le Caugant et Guillaume aux Régaires [2] de Quimper pour Creach Ergué Isella le 5 janvier 1684. Document conservé aux Archives départementales du Finistère, série 1 G 132.

2 Transcription

Feuillet séparateur :

aveu [1] de creach ergué, paroisse d'erfgué gabericn 1684

5 janvier 1684

Aveu [1] fourni par louis caugant mary et [...] des droits de marie le masson, guillaume le berre, pour le lieu de creachergué Isella, charge de Sf de cheffrente [3] a la St Mathieu a devoir de lods et ventes [4] et rachat [5] et à la dixme [6] a la 15e gerbe [7]

Ergue gaberic 1684 5 janvier

[...] Ergué gaberic Creach Ergué

Aveu [1] de louis caugant mari de Marie le Masson fille unique et héritière de defunt Jean le Masson, et guillaume le Berre tant pour luy en privé nom que pour ses consors non denomés heritiers de guillaume Lozeach et clemence le henaff sa femme.

En prochefief à devoir de rachapt [5] lodz et ventes [4], foy et homage [8] et serment de fidélité.

La dixme [6] à la quinzième gerbe [7]

Un etage audit village

la portion du placitre [9] dudit lieu, avec francois rannou auquel appartient l'autre moitié

Chefrente [3] à la saint mathieu cinq solz tournois [10] payable les deux tiers par ledit le berre et consors et l'autre tiers par le dit le Caugant

Document principal :

5 janvier 1684

Le cinquiesme jour de janvier mil six cents quatre vingts quatre aprs midy devant nous notaires de la Juridiction des Reguaires [2] de quimper corentin et compte de cornouaille avec submission y jurée, sont comparus en leurs personnes louis Caugant mary et procureur des droits de Marie le Masson fille unique et heritiere de deffunct Jan le Masson demeurant au village de Crechergué Isellaf paroisse d'Ergué gaberic, et Guillaume leberre demeurant au village de Tregagué paroisse de briec faisant tant pour luy en privé nom que pour ses consorts heritiers de deffunct Guillaume lozeach et Clemance le henaff sa femme, lesquels connoissent et confessent tenir de [...] illustrissime et reverandissime Pere en dieu Messire francois de Coetlogon [11] conseiller du Roy en ses conseils d'estat et pri[...] par la grace de dieu et du sainct siege Evesque et compte de Conouaille en son proche fieff et juridiction et des Reguaires de Cornouaille les terres et heritages cy après audit lieu de Crech ergué leur apartenant en fond et propriété par leur estre escheus et advenus scavoir audi Caugan audit nom de la succession dudit feu Jan le masson, et audit leberre et consorts de la succession et des Lozaech et Clemance le henaff, desquels heritages la description ensuit

Et premier la portion dudit le berre et consorts

La moitié d'une maison couverte de gleds [12] nommée ty année et la moitié du pignon vers occidant sans y comprendre la cheminée, laquelle apartient audit leberre et consorts en entier, icelles moitié de maison contenant de long trante pieds, de franc quatorze et de haut quatorze pieds, l'issue et porz à frembroys [13] joignant ladite maison du costé du nort avec la portion du placitre [9] dudit lieu en

indivis avec francois Rannou auquel apartient l'autre moitié, lequel placitre [9] contient en entier un quart de journal [14] de terre.

Et un parc [15], nommé Stangcoat contenant en fond deux journeaux [14] de terres chaudes [16], donnant d'un costé sur le chemin de quimper corentin et de tous autres endroits sur les parcs [15] apellés par an [...] a francois Rannou, et parc Mesoter audit Caugant avec les deux tiers d'un petit taillis estant au nort dudit parc Stancgcoat séparé seullement de leurs fossés, les dis deux tiers contenant vingt cordes [17] de terre en fond.

Et la portion dudit Caugant consisté aussu scavoir

Un parc [15] nommé Mesoter contenant en fond avec les fossés du midy occidant et nort deux journeaux [14] et demy denant devers oriant ur terre à françois Rannou, du midy et occidant et une terre a Jan le duff, et du nort et une terre audit leberre et consorts.

Et le tiers du petit tailliff cy devant describés en indivis avec ledit berre et consorts icelluy tiers consistant en dix cordes [17] de terre en fond.

Pour raison desquels heritages et droits susmentionnés les dits advouants cognoissent debvoir par chacun an des cheffrantes [3] audit Seigneur Evesque à chacun jour et feste de sainct mathieu cincq sols tournois [18] payables scavoir les deux tiers par le dit berre & consorts et l'autre tiers par ledit Caugan [...] subjets aux debvoirs de rachapt [5], lods et ventes [4] quand le cas eschoit


Et à suivre la cour et juriction des Reguaires [2] luy [...] la foy et hommage [8] et sement de fidelite et ses subjects a devoir de dixmes [6] à la quinzième gerbe au payement et continuation de laquelle cheffrante [3] et autres droits de debvoirs cy-dessus lesdits advouants s'obligent sur l'obligation hyppotheque [...] et vente de tous et chacuns leurs biens meubles et immeubles presants et futurs et peur leurs sentence solidairement l'un pour l'autre et un seul pour le tout sans division ni [...] de biens a quoy ils renoncent mesme par les loyes et rigueurs permises par les ordonnances royaux, laquelle presante déclaration lesdis advouants affirment veritable et declarent la fournir pour obérir à la sentence rendue en cette cour de douzième avril mil six cents quatre vingt trois par laquelle les y desnommés sont condemnés de fournir autre declaration que celle y dattée et mentionnée et de se subjettir auxdits droits de lodz ventes [4] et rachapt [5] et pour presanter cette declaration et recognoissant sou[...] audit seigneur Evesque ou a son procureur [...] ils ont nommés à leur procureur general et special Maistre

O tout pouvoir [...] requis et pertinant promettants de l'advouer de ce qu'il seza ce touchant et [...] tenir [...] fait et raporté audit quimper en l'estude de Blanchard l'un des 2 notaires soubs le signer Ch Bertrand Henry Kerdelant requerant ledit Caugant et de sebastien henry Kerdelant requerant ledit Berre affirmant ne scavoir signer et les nostres les dits jour et an.

H Kerdelant, nottaire royal | Seb ch[...]

3 Copies des actes

<gallery2 caption="Document AD 29"> Image:CrechErgue1684-1.jpg|Feuillet séparateur Image:CrechErgue1684-2.jpg|Document principal Image:CrechErgue1684-3.jpg| Image:CrechErgue1684-4.jpg| </gallery>

4 Commentaires, annotations

  1. Aveu, s.m. : déclaration écrite fournie par le vassal à son suzerain lorsqu’il entre en possession d’un fief, à l'occasion d'un achat, d'une succession ou rachat. L’aveu est accompagné d’un dénombrement ou minu décrivant en détail les biens composant le fief. La description fourni dans l'aveu indique le détail des terres ou tenues possédées par le vassal : le village dans lequel se situe la tenue, le nom du fermier exploitant le domaine congéable, le montant de la rente annuelle (cens, chefrente, francfief) due par le fermier composée généralement de mesures de grains, d'un certain nombre de bêtes (chapons, moutons) et d'une somme d'argent, les autres devoirs attachées à la tenue : corvées, obligation de cuire au four seigneurial et de moudre son grain au moulin seigneurial, la superficie des terres froides et chaudes de la tenue. Source : histoiresdeserieb.free.fr. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 1,0 1,1 1,2 1,3]
  2. Régaires, s.m.pl. : administration en charge du domaine temporel d'un évêque, propriétaire et seigneur, au même titre que l'aurait été n'importe quel noble propriétaire d'un fief avec justice. Le plus souvent, ils provenaient de donations anciennes faites au cours des âges par des féodaux, qui souhaitant sans doute s'attirer des grâces divines ou se faire pardonner leurs péchés, avaient doté l'église de quelques fiefs avec les revenus en dépendant. Source : amisduturnegouet sur free.fr [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 2,0 2,1 2,2]
  3. Chefrente, s.f. : rente perpétuelle payable en argent ou en nature au seigneur suzerain par le détenteur d'un héritage noble. La chefrente était en principe immuable (Yeurch, histoire-bretonne). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 3,0 3,1 3,2 3,3]
  4. Lods et ventes, s.m.pl, s.f.pl : redevances dues au seigneur en cas de vente d'une censive relevant de son domaine et payées par l'acheteur (lods) et le vendeur (ventes). Source : trésors Langue Française [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 4,0 4,1 4,2 4,3]
  5. Rachapt, rachètement, s.m. : en terme de coutume droit du au seigneur à chaque mutation du fief (dictionnaire Godefroy 1880). Droit du au seigneur par un nouveau tenancier après une succession qui est appelé également relief ou rachat des rentes. La somme à laquelle est estimé le revenu d'une année du fief qui doit le droit de relief (Dict. de l'Académie). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 5,0 5,1 5,2 5,3]
  6. Dîme, dixme, s.f. : impôt sur les récoltes, de fraction variable, parfois le dixième, devant revenir au Clergé, prélevé pour l'entretien des prêtres et des bâtiments et les œuvres d'assistance. Son taux, théoriquement d'1/10ème, est généralement inférieur ; il est fréquemment proche d'1/30ème dans notre région (source : glossaire des cahiers de doléances AD29), ou d'1/15ème ("à la quinzième gerbe") lorsque le prélèvement est du aux Régaires de Quimper. La dîme ne doit pas être confondue avec le Dixième et les Décimes[Terme] [Lexique] [Ref.↑ 6,0 6,1 6,2]
  7. Gerbe, s.f. : unité de mesure du blé, composé de 7 à 8 javelles, pour le paiement de la dime (source : histoiresdeserieb.free.fr). Terme de féodalité ; Dîme sur les moissons ; lever la gerbe (source : Littré). Lorsque la Dîme est due aux Régaires de Quimper, le prélèvement "à la quinzième gerbe" indique un taux d'environ 1/15ème. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 7,0 7,1]
  8. Foi et hommage, s.f. et s.m. : le vassal devait la foi et l'hommage, lorsqu'il entrait en possession de la terre, et lorsque le seigneur le demandait. La foi traduisait un lien personnel ; l'hommage, une reconnaissance du fief (Dict. de l'Ancien Régime). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 8,0 8,1]
  9. Placitre, placistre, s.m. : parcelle entourant une église, ou un autre bâtiment, une fontaine, etc. (dict. Goddefroy 1880). Le placitre est un terrain souvent herbeux, délimité par une clôture, fréquemment un mur, entourant les chapelles, églises ou fontaines bretonnes ; c'est l'un des éléments de l'enclos paroissial, désignant l'espace non bâti à l'intérieur de celui-ci (Wikipedia). Dans un village ou un corps de ferme le placitre désigne la place commune ou la cour devant les bâtiments. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 9,0 9,1 9,2]
  10. Tournois, thournois, adj. : désigne la monnaie de l'Ancien Régime frappée en argent, un sol valant un vingtième de la livre tournois. Le sol est lui-même subdivisé en 12 deniers. La livre tournois fut d'abord utilisée avant le 13e siècle à l'abbaye de Saint-Martin de Tours où l'on frappait des deniers dits "tournois". Source : Wikipedia [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  11. François de Coëtlogon né à Rennes en 1631, mort à Quimper en 1706, fut évêque de Cornouaille de 1668 à 1706. On raconte qu'en tant qu'habitué de la cour de Versailles, il rapporta une histoire de carrosse enlisé près de Quimper, ce qui inspira à Jean de La Fontaine « la fable du chartier embourbé » (1706) : «  C'était à la campagne Près d'un certain canton de la basse Bretagne, Appelé Quimper-Corentin ». A la même époque le père Nicolas Caussin, confesseur de Louis XIII, exilé à Quimper pour avoir mal parlé de Richelieu, qualifiait la basse-Bretagne de « dernière maison de la province ". [Ref.↑]
  12. Glé, s.m. : chaume ; en Bretagne, glé se dit encore pour signifier chaume de paille ; source : Dictionnaire Godefroy 1880. Le mot "gled" est issu du latin gladiolus (épée courte) et aussi gladius (glaïeul) à cause de sa forme lancéolée des feuilles de cette plante. Ce glaïeul n'est autre que l'iris jaune des marais. A la fin du XIe siècle, en ancien français, il se nomme "glaid" et vers 1160, "glai", en Bretagne c'est le "gled". Il désigne le glaïeul (iris des marais) jusqu'au XVIIIe s., plus tard au XIXe s. le "gled" est à la fois: iris des marais, carex (laîche), roseaux et joncs, c'est à dire, les végétaux de zones humides, servant à couvrir, maisons et dépendances. Le mot évolue en "glé" au XIXe s. et les maisons couvertes de végétaux deviennent des chaumières. Le chaume était bien connu autrefois, c'était le chaume du seigle, matière noble réservée à la toiture des petits manoirs et aux habitations. Source : Michel Mauguin. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  13. Framboy, fembroi, s.m. : les paysans entassaient dans la cour de la ferme les débris végétaux pour fabriquer le fumier par le piétinement des bêtes qui pétrissaient ces débris, les mélangeaient à la boue ; la bouillie résultante était appelé le « framboy ». Le mot se disait au départ « fembroi » (latin fimarium, dérivé de fimum : fumier). Puis, par métathèse (déplacement du r), il est devenu « fremboi », puis « frembois », mais rien à voir avec la framboise, évidemment ! Source : Jean Le Tallec 1994. Le lieu où se trouvait ce tas de fumier était généralement dénommé dans les actes la « cour à frambois » ou « pors à framboy ». [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  14. Journal, s.m. : ancienne mesure de superficie de terre, en usage encore dans certains départements et représentant ce qu'un attelage peut labourer dans une journée [¤source : Dictionnaire de l'Académie]. Le journal est la principale unité de mesure utilisée pour calculer les surfaces dans les inventaires. Dans la région quimpéroise un journal vaut 48,624 ares, à savoir 80 cordes. Dans les documents on trouve les expressions « journée à homme bêcheur », « journée à faucheur » ou « à faucher », cette dernière valeur étant équivalente à 2 journaux de laboureur, soit presque un hectare. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 14,0 14,1 14,2]
  15. Parc, park, s.m. : champ clos, procédant d'un emprunt du moyen breton parc au vieux français parc "lieu clos" en général. Le gallois parc et le cornique park sont issus de l'anglais park, également emprunté au vieux français (Albert Deshaye, dictionnaire des noms de lieux bretons). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 15,0 15,1 15,2]
  16. Terres chaudes, s.f.pl. : terres cultivables, par opposition aux terres froides ; exploitées en rotation triennale, soit blé noir, seigle, avoine (Jean Le Tallec 1994). [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  17. Corde, cordée, s.f. : unité de mesure de superficie. Subdivision du journal. Le journal et la corde sont les principales unités de mesure utilisées pour calculer les surfaces dans les inventaires. Dans la région quimpéroise une corde vaut 0,6078 ares à 16 toises carrées. Il faut 80 cordes pour faire un journal. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 17,0 17,1]
  18. Tournois, thournois, adj. : désigne la monnaie de l'Ancien Régime frappée en argent, un sol valant un vingtième de la livre tournois. Le sol est lui-même subdivisé en 12 deniers. La livre tournois fut d'abord utilisée avant le 13e siècle à l'abbaye de Saint-Martin de Tours où l'on frappait des deniers dits "tournois". Source : Wikipedia [Terme] [Lexique] [Ref.↑]


Thème de l'article : Etude et transcriptions d'actes anciens

Date de création : Mars 2010    Dernière modification : 1.11.2014    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]    Source : Jean-Jacques Pérès, AD