1762 - Dénombrement du Cleuziou et Kerempensal par François Hyacinthe de Tinteniac - GrandTerrier

1762 - Dénombrement du Cleuziou et Kerempensal par François Hyacinthe de Tinteniac

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§ E.D.F.

Sommaire

Autres lectures : « Archives de Cleuziou/Cleuyou » ¤ « 1792-1795 - Liste des citoyens absents et réputés émigrés » ¤ « Noblesse de Tinténiac propriétaire du manoir du Cleuyou avant la Révolution » ¤ 

1 Résumé des sources

Dans ce document d'archive dit Minu [1] de 1762, « Messire François Hyacinthe de Tinteniac, chevalier seigneur marquis dudit nom de Quimerch » déclare ses propriétés et dépendances autour de la « grande et principale métairie du manoir du Cleuziou » dont il hérite de son oncle « Vincent François comte de Tinteniac » décédé en 1760 au manoir du Cleuyou [2].

À la Révolution, François-Hyacinthe et ses deux fils émigreront très vite, à Londres et sans doute à Paris. Son fils cadet Vincent sera l'agent de liaison pour le débarquement anglais de Quiberon et sera assassiné à Coëtlogon.

 

À noter également dans cet acte la mention pour Kerempensal d'une rente due à la « dame Billoart veuve du sieur du Clusioû » (veuve Gubaer), laquelle n'ayant pas hérité de la propriété du manoir.

Le moulin du charretier de Coutilly est également mentionné avec la dénomination de moulin à couteaux. On a pu dire que ce moulin était doté d'une mécanique de déchiquetage de chiffons pour une activité de tannerie par exemple. Mais il est plus probable que la mécanique était plutôt une meule, anciennement pour le broyage de grains, et que cette dernière servait pour aiguiser les couteaux.

Document conservé aux Archives départementales du Finistère, série / côte 1 G 85.

2 Transcription

Feuillet 1

6 juillet 1762. Manoir du Cleuziou.

Minû [1] et déclaration sommaire que Messire François Hyacinthe de Tinteniac, chevalier seigneur marquis dudit nom de Quimerch et autres terres et seigneuries, héritier principal et noble de messire Vincent François comte de Tinteniac son oncle fournit à illustrissime et réverandissime messire Auguste François Annibal de Farcy de Cuillé, seigneur Evêque et comte de Cornouailles pour parvenir à la liquication de payement des Reguaires [3] par le décès dudit seigneur comte de Tinteniac, sur les terres, rentes et héritages cy-après dont il est (...) propriétaire sous l'étandue des dits fiefs le quatre novembre mil sept cent soixante, scavoir

Paroisse d'Ergué-armel

La grande et principale métairie du manoir du Cleuziou et dépandances proffitée à titre de simple ferme par Nicolas Le Bozec pour en payer annuellement à chaque terme la somme de trois cent soixante et dix huit livres, cy 378 #.

Feuillet 2

Autre et seconde métairie nommée du charettier ou moulin à coutteaux proffitée audit titre de simple ferme par François Danielou pour payer audit terme de Saint Michel cent cinquante livres. 150 #.

Le Moulin dudit manoir de Cluziou proffité à simple ferme par Claude Landurea, pour payer cent quatre vingt livres par an à raison de quarante cinq livres par quartier, dont le quart rabattu pour les réparations, reste cent trente cinq livres. 135 #.

Le lieu et métairie de Kerampensal proffité audit titre de ferme par Hyerome Heydon pour payer trois cents soixante et quinze livres en argent et un boisseai [4] de froment évalué cinq livres, sur laquelle métairie est dûe et se paye une rente annuelle foncière et non franchisable de cent cinquante livres aux héritiers de la dame Billoart veuve du sieur du Clusioû, laquelle rente distraite reste deux cents trente livres de revenû, cy 230 #.

Le lieu de Kerlaeron en ladite paroisse d'Ergué-armel proffité à domaine congéable [5]par René Le Bozec pour en payer de rente convenancière [6] audit terme de Saint-Michel huit boisseaux [4] de froment, huit boisseaux [4] de seigle, huit

 

Feuillet 3

combles [7] d'avoine, six chapons [8] et corvées, cy 8 Bx from. 8 Bx seg. 8 com. av. 6 chapons, corvées.

Finallement les bois taillis dépandances de la dite terre du Clusiou contenants ensemble sous fonds environ cinq journaux [9] dont la coupe tous les dix ans peut valloir la somme de . . . faisant au capital un revenu annuel de . . .

Par devant Simon Corentin Horellou et son confrère soussignés notaires royaux de la sénéchaussée [10] et siège présidial [11] de Quimperavec soumission à la juridiction des Reguaires [3] dudit lieu fut présent en personne ledit seignieur marquis de Tinteniac demeurant à son chateau de Quimerch paroisse de Bannalec, lequel a affirmé le présent minû [1] véritable et fait offre d'acquitter et payer en argent et par apprécis [12] qui sera convenu pour les grains. Le rachapt [13] y mentionné à la déclaration néanmoins des impositions des dits lieux aux rolles des vingtièmes [14] et deux sols pour livre de la chefrente [15] due aux dits fiefs des Reguaires [3] et de la rente de quinze livres due pour fondation

Feuillet 4

à . . . de la dite paroisse d'Ergué-armel, nommant à procureur maitre . . . auquel il a donné tous pouvoirs requis et suffisant pour présenter ledit minû [1] et faire la liquidation et payement dudit rachapt [13]. Fait et payé audit Quimper en l'étude et au rapport dudit Horellou sous le seign dudit seigneur marquis de Tinteniac et ceux des dits notaires le sixième juillet mil sept cent soixante et deux après midy.

Tinteniac ; Le Grül, notaire royal ; S. Horellou, notaire royal.

3 Copies des actes

4 Annotations

  1. Minu, menu, s.m. : terme d'usage en Bretagne, pour exprimer la déclaration et le dénombrement que le nouveau possesseur à titre successif doit donner par le menu à son seigneur, des héritages, terres et rentes foncières qui lui sont échus à ce titre, et qui sont sujets à rachat, pour faire la liquidation de ce droit. Source: Dictionnaire Godefroy 1880. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 1,0 1,1 1,2 1,3]
  2. Sépulture - 06/11/1760 - Ergué-Armel (Cleuziou (Château du)) DE TINTENIAC Vincent François, âgé de 50 ans. Notes : Chevalier [Ref.↑]
  3. Régaires, s.m.pl. : administration en charge du domaine temporel d'un évêque, propriétaire et seigneur, au même titre que l'aurait été n'importe quel noble propriétaire d'un fief avec justice. Le plus souvent, ils provenaient de donations anciennes faites au cours des âges par des féodaux, qui souhaitant sans doute s'attirer des grâces divines ou se faire pardonner leurs péchés, avaient doté l'église de quelques fiefs avec les revenus en dépendant. Source : amisduturnegouet sur free.fr [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 3,0 3,1 3,2]
  4. Boisseau, s.m. : mesure de capacité pour les matières sèches, les grains surtout. Sa contenance varie beaucoup suivant les produits et les localités et aussi suivant que la mesure est rase ou comble [¤source : AD Finistère, glossaire des cahiers de doléances]. La précision « Mesure du Roi » indique la volonté d'uniformiser les disparités, avant que le poids en mesure décimale ne soit adopté à la Révolution. Avant uniformisation, chaque ville ou village avait ses poids et ses mesures particuliers. Dans certains cantons, et plus particulièrement en Bretagne on était obligé d'avoir jusqu'à six mesures différentes dans son grenier pour procéder aux pesées. Par exemple le boisseau ras pour le froment contenait 11,2 litres à Morlaix et 107,1 litres à Landevennec [¤source : Wikipedia]. La mesure de Quimper était établie comme suit : 67 litres pour le froment et le seigle, 82 pour l'avoine et 79 pour le blé noir [¤source : Document GT de 1808] ou alors 67 litres pour le froment, 82 pour le seigle, et 80 pour l'avoine [¤source : Document GT de 1807]. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 4,0 4,1 4,2]
  5. Domaine congéable, s.m. : mode de tenue le plus fréquent en Cornouaille et en Trégor au Moyen-Age pour la concession des terres. Ces dernières constituent le fonds et restent la propriété des seigneurs. Par contre les édifices sont concédés en propriété aux domaniers par le propriétaire foncier (généralement noble) qui peut, en fin de bail, congéer ou congédier les domaniers, en leur remboursant la valeur des édifices. Cela comprend tout ce qui se trouve au dessus du roc nu, notamment les bâtiments, les arbres fruitiers, les fossés et talus, les moissons, les engrais. Ce régime qui ne sera pas supprimé à la Révolution malgré les doléances de certaines communes bretonnes, sera maintenu par l'assemblée constituante en 1791 et re-confirmé en 1797. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  6. Convenant, s.m. : qualifie un bail dans lequel le preneur acquiert la propriété des bâtiments qu'il a construits et des plantations qu'il a faites. Synonyme de bail à domaine congéable. Convenancier (ère), adj. : qui est relatif au bail à convenant ou congéable. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  7. Comble, s.f. : mesure de capacité pour les grains, probablement la mine comble, c'est-à-dire 6 boisseaux ; source : Dictionnaire Godefroy 1880. En région quimpéroise le terme comble est plutôt donné comme équivalent d'un grand boisseau comble, par opposition à un simple boisseau ras. Soit précisément 67 litres pour le froment, 82 pour le seigle, et 80 pour l'avoine [¤source : Document GT de 1807]. La comble se distincte de la raze[Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  8. Chapon, s.m. : jeune coq chatré. Source : Dictionnaire du Moyen Français. Utilisé comme moyen de paiement de rentes ou redevances. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  9. Journal, s.m. : ancienne mesure de superficie de terre, en usage encore dans certains départements et représentant ce qu'un attelage peut labourer dans une journée [¤source : Dictionnaire de l'Académie]. Le journal est la principale unité de mesure utilisée pour calculer les surfaces dans les inventaires. Dans la région quimpéroise un journal vaut 48,624 ares, à savoir 80 cordes. Dans les documents on trouve les expressions « journée à homme bêcheur », « journée à faucheur » ou « à faucher », cette dernière valeur étant équivalente à 2 journaux de laboureur, soit presque un hectare. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  10. Sénéchaussée, s.f. : juridiction d'un sénéchal ; étendue de sa juridiction. Sénéchal, s.m. : officier royal qui, dans certaines provinces, exerce des fonctions analogues à celles d'un bailli pour la justice, les finances, etc. Source : Dict. DMF. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  11. Présidial, s.m. : tribunal de justice de l'Ancien Régime créé au XVIe siècle ; c'est en 1552 que le roi Henri II de France, désireux de renforcer son système judiciaire et de vendre de nouveaux offices, institue les présidiaux ; le présidial de Quimper-Corentin a été créé à cette date dans le ressort du parlement de Bretagne (Wikipedia). Siège présidial, tribunal qui juge en dernier ressort, sans appel (Dictionnaire du Moyen Français). Sous l'Ancien Régime, tribunal et juridiction qui avaient été établis en 1551 dans certains baillages importants pour juger en dernier ressort les affaires peu graves (Trésor Langue Française). [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  12. Apreci, apprécis, s.m. : appréciation, évaluation. On appelait rentes à apreci les rentes de grain évaluées en argent, conformément au prix commun qu'a eu le grain pendant trois marchés. Source : dictionnaire Godefroy 1880. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  13. Rachapt, rachètement, s.m. : en terme de coutume droit du au seigneur à chaque mutation du fief (dictionnaire Godefroy 1880). Droit du au seigneur par un nouveau tenancier après une succession qui est appelé également relief ou rachat des rentes. La somme à laquelle est estimé le revenu d'une année du fief qui doit le droit de relief (Dict. de l'Académie). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 13,0 13,1]
  14. Vingtième, s.m. : impôt établi par Machault d'Arnouville en 1749, à l'extinction du Dixième, à la paix d'Aix-la-Chapelle, dont les recettes doivent amortir la dette nationale créée par la guerre de Succession d'Autriche. L'assiette porte sur les revenus de la propriété, à l'exception des biens ecclésiastiques. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  15. Chefrente, s.f. : rente perpétuelle payable en argent ou en nature au seigneur suzerain par le détenteur d'un héritage noble. La chefrente était en principe immuable (Yeurch, histoire-bretonne). [Terme] [Lexique] [Ref.↑]


Thème de l'article : Etude et transcriptions d'actes anciens

Date de création : Février 2011    Dernière modification : 14.01.2015    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]