1794-1795 - Estimation et adjudication du manoir de Kernaou - GrandTerrier

1794-1795 - Estimation et adjudication du manoir de Kernaou

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§ E.D.F.

La gestion des propriétés séquestrées au titre des biens nationaux pendant la période révolutionnaire.

Document d'estimation de 1794 par deux experts habilités, sommier des comptes l'émigré noble François Louis de La Marche, et vente par adjudication en 1795 à l'avoué Jean-Marie Le Roux.

Archives privées et documents conservés aux Archives Départementales du Finistère.

Autres lectures : « Espace Biens Nationaux » ¤ « 1796-1799 - Estimation et adjudication du moulin de Kernaou » ¤ « 1793-1805 - Sommier des comptes ouverts avec chaque émigré pour les biens nationaux » ¤ « Les de La Marche, nobles de Kerfort et de Lezergué, 17e-18e siècles » ¤ « François-Yves Le Roux (1788-1838), corsaire et organiste » ¤ « Les Mermet, propriétaires du manoir du Cleuyou et de Kervreyen » ¤ « François Salomon Bréhier, maire (1808-1812) et avoué franc-maçon » ¤ 

[modifier] 1 Présentation

La métairie de Kernaou, exploitée par René Le Maguer, est une propriété foncière de François-Louis (orthographié "Jean Louis" dans le document d'estimation) de La Marche, seigneur de Lezergué, réfugié sur l'île de Jersey où il décède en 1794, alors que son fils aîné Joseph-Louis est exilé en Guadeloupe. En 1803 ils sont tous les deux amnistiés avec une main-levée de séquestre. Mais les biens déjà vendus en bien nationaux, à l'instar de Kernaou, ne seront pas restitués aux héritiers nobles.

L'estimation des biens des 21-25 brumaire de l'an 3 (11.11.1794) se fait sur 5 jours en présence des experts Salomon Bréhier et Jean-Marie Le Roux, de l'officier municipal Jean Le Jour, et du domanier René Le Maguer.

La maison principale (MM sur le plan ci-contre) est en « grosse taille couverte d'ardoise et manquant de grosse réparation » et qualifiée de « maison manalle » (à l'allure d'un manoir). Elle est dotée de « deux grandes fenêtres à son rez-de-chaussée, une grande cuisine et large vestibule » et « un grenier en toute course de la maison » de 45 pieds [1] de long, soit 14,50 mètres. La belle porte ouvragée n'est pas mentionnée, ce qui semble indiquer un ajout plus tardif, les pierres maçonnées tranchant sur les pierres de "grosse taille" (cette porte arrondie à pinacles ayant pu être transférée d'une maison manalle voisine comme Kervreyen, après la Révolution).

La suite des bâtiments, « vis-à-vis la dite maison à son bout du levant », est le Pavillon (lettre P sur le plan), « en moëlon couvert d'ardoises », lequel était, encore au 20e siècle dernier, désigné sous le nom de « Maner kozh » (vieux manoir). En 1794 il est composé à son rez-de-chaussée d'un « appartement sans feu et servant de crèche » et au-dessus d'une « chambre à feu pratiquée par un perron en dehors en pierre ».

La maison principale était occupée par les tenanciers, l'appartement et la chambre étaient vraisemblablement réservé aux propriétaires fonciers, nobles avant la Révolution, lorsqu'ils venait se mettre au vert ou chasser. Cette pratique s'est maintenue au 19e siècle comme en atteste un bail daté de 1824 : « Les propriétaires se réservent la maison dite "Le Pavillon" qu'ils pourront fréquenter quand et par où bon leur semblera. »

La suite de la description des lieux mentionne deux crèches (cr1 et cr2 sur le plan) à l'ouest du pavillon, « en moëlon et couvert de gleds [2] » (chaume). On notera la présence de « fendasses » (ouverture en "fente") [3] et d'un mur intérieur de soutien dit « arras » [4].

Une grange (gr sur le plan) est signalée au nord de la maison principale, séparée de cette dernière par l'aire à battre (ab sur le plan). Au sud de la maison manalle, dans la cour ou placitre intérieur, on trouve le puits et le « pors à frambois » [5] (code pf sur le plan), c'est-à-dire l'endroit où était entassé le fumier des bêtes.

L'estimation porte sur l'ensemble des terres dépendant du manoir de Kernaou, en excluant la deuxième division constituée de la petite ferme Ty-Plouz au nord et aujourd'hui disparue. La surface totale de la première division est de 34,5 journaux [6], c'est-à-dire 17 hectares.

Le montant estimé pour une mise en vente du lot tient compte des réparations à effectuer sur la maison principale et se monte à 4100 livres. Lors de la vente aux enchères du 19 floréal de l'an 3 (08.05.1795) la mise à prix démarre à 10.000 livres. Il s'en suit quelques propositions de surenchères, dont celle de Kernafflen, le vice-président du directoire du district de Quimper. In fine le citoyen Jean Marie Le Roux fait son unique offre à 38000 livres et emporte la mise.

 
Les batiments de 1794 sur le plan cadastral de 1834
Les batiments de 1794 sur le plan cadastral de 1834

Jean-Marie Le Roux, est avoué à Quimper, beau-frère de Salomon Bréhier, et tous deux éteient cosignataires du rapport d'expertise de Kernaou. En devenant adjudicataire, il pourrait être soupçonné de conflit d’intérêts, mais ce genre de situation est très fréquente à l'époque.

Kernaou est resté la propriété jusqu'aujourd’hui des descendants des Le Roux, ce par le biais des femmes. En commençant par Julie Le Roux, fille de Jean Marie, et qui se marie à un Jean Le Bastard dont hériteront les Lunven, les Kerselec, et enfin la famille de Kerlivio. Pour preuve l'arbre familial établi en 1983 par Jean de Kerlivio : Image:GénéalogieMaternelleKerlivio.jpg


[modifier] 2 Transcriptions

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Estimation, 21-25 brumaire an 3 (11.11.1794)

Des 21, 22, 23, 24 et 25 Brumaire an 3e. Manoir de Kernaou. 1ère Division.

Département du finistère. District de Quimper. Commune d'Ergué-Gabéric. Biens provenant de l'émigré Jean Louis Lamarche Père [8].

L'an trois de la République française, une et indivisible, les vingt un, vingt deux, vingt trois, vingt quatre et vingt cinquième jour de Brumaire, nous François Salomon Bréhier demeurant à Quimper rue Neuve, et Jean Marie Le Roux demeurant au dit Quimper place de la République, experts nommés par arrêté du Directoire du District de Quimper du 23 septembre 1793 (vieux style), pour procéder à l'estimation des domaines nationaux et des biens des


émigrés de son arrondissement, nous sommes transportés de nos susdites demeures en compagnie du citoyen Jean Le Jour officier municipal et commissaire nommé par la commune d'Ergué-Gabéric et demeurant au Boden sur la même commune, jusques et au manoir de Kernaou situé sur la dite commune où étaient rendus et parlant à René Le Maguer et femme fermiers, lesquels nous ont représenté sur le champ un bail à ferme en datte du 23 janvier 1790 et duquel il résulte que le dit manoir et dépendances appartenait à l'émigré Jean Louis Lamarche Père [8], et qu'il en payent annuellement pour prix de ferme la somme de trois cent trente livres, ils nous ont en outre déclaré ne point connaitre positivement l'échéance fixe de leur baïl attendu qu'il est stipulé par le dit baïl susdatté qu'il ne commercera à avoir cours qu'à partir de l'ancienne ferme qu'ils n'ont


pu nous représenter, mais qu'ils présument avoir encore sept à huit ans de jouissance dans le susdit baïl du 23 janvier 1790. Ils nous ont en outre déclaré avoir payé au citoyen Lesné receveur du séquestre et ce à valoir au terme échû de la Saint Michel dernière la somme de cent soixante livres dix sols sept deniers et devoir l'année courante.

Désirant procéder à l'estimation du dit manoir et terres en dépendant, l'avons parcouru avec le dit René Le Maguer et après avoir reçu de lui les renseignements nécessaires, nous avons déterminé de conçert avec le dit Jean Lejour officier municipal, que le dit bien est dans le cas d'être divisé, à l'effet d'en former deux lots d'adjudication, en conséquence procédant à la formation de la 1ère Division, nous avons opéré par désignation, mesurage et arpentage à son estimation comme suit :

Première Division de Kernaou

Une maison en grosse taille couverte d'ardoise et manquant de grosse réparation, ouvrant au midi sur une cour ou Pors à frambois [5], à deux grandes fenêtres à son rez-de-chaussée, une grande cuisine et large vestibule, au-dessus un grenier en toute course de la maison pratiqué par un large et grand escalier, le grenier éclairé de deux fenêtres au midi sur la cour, ayant la dite maison de longueur à deux longères [9] quarante cinq pieds [1], de franc [10] à deux pignons vingt, seize de hauteur.

Vis-à-vis la dite maison à son bout du levant un Pavillon en moëlon couvert d'ardoises ouvrant au nord sur le dit pors à frambois [5], à son rez-de-chaussée un appartement sans feu et servant de crèche, au-dessus une chambre à feu pratiquée par un

§ Suite du document ...

Sommier des comptes des émigrés

Ergué-Gabéric. Lamarche, Père.

Kernaou. Tenue à domaine / ferme par René Le Maguer, moyenant une rente de trois cent trente livres ... 330 #

N° 95. Le 25 avril 1793, reçu pour arrérages compris 1792. Recette : 468

Payé pour contribution suivant quittance du 18 aout 1793. Dépense : 110 .17.4.

N° 404. Le 20 brumaire reçu pour 1793, et pour dime de 1792 et 93. Recette : 360

Payé pour contribution article 99 du rolle de 1794. Dépense : 93.17.3.

N° 26. Le 20 germinal an 3, reçu pour 1794. Recette : 345

Fait raison au redevable pour contribution, suivant quittance du 1er thermidor an 2, signé Le Gall, de la somme de. Dépense : 116.13.3.

N° 235 et 238. Les 25 floréal et 11 prairial an 4, reçu pour prorata de 1795. Recette : 130

Payé pour contribution de 1795 article 97 du rolle, pour 8 mois de jouissance et les 2/3 d'un boisseau seigle. Dépense : 1055.17.2.

Payé de plus. Dépense : 4.10.

Donné à la vente pour douaire suivant arrêté du département du 9 vendémiaire an 5. Vendu le 7 prairial an 3.

 

Vente, 19 floréal an 3 (08.05.1799)

Procès-verbal


De Première Enchère & d'adjudication définitive
10eme Vente de Biens nationaux provenans d'Émigrés


Département du Finistère
District de Quimper
Canton rural
Municipalité d'Ergué-Gabéric


Manoir de Kernaou, 1ère division


Lamarche, émigré



Le dix neuf du mois de floréal de l'an 3eme de la République Française une & indivisible, à neuf du matin nous Alain Jacques Kernafflen, vice-président, Louis Marie Bouet, j. L B. Capitaine et Barazer

Administrateurs du Directoire du District de Quimper, Département du Finistère, nous sommes transportés, accompagnés de l'agent national, dans la salle d'audience dudit Directoire, où étant, ledit l'agent national a annoncé qu'il alloit être procédé à la réception des premières enchères pour la vente des biens ci-après désignés, indiqués par l'affiche du 11 du mois de Floreal dont il a donné lecture, laquelle affiche a été bien & duement publiée et apposée dans les lieux prescrits par la loi, suivant les certificats ci-annexés des Officiers Municipaux des communes où sont situés les biens, & des chefs-lieux des Districts du Département, 1ère Division du manoir de Kernaou, la maison principale, couverte d'ardoises, à son bout du levant une rangée de crêches, une issue-à-vis [18] des maisons, un puits, un four, l'aire à battre, courtils [11], vergers, terres chaudes [16], froides [17] et prairies à ne former qu'un lot ; ayant pour débornements généraux et particuliers ceux consignés au procès-verbal de Bréhier et de Le Roux experts des 21, 22, 23, 24 et 25 brumaire an 3 de la république, enregistré à Quimper le 21 germinal l'an 3 de la République une et indivisible, estimé suivant ledit procès-verbal dont il sera délivré copie à l'adjudicataire à lui valoir et servir de titre avec le présent la somme de quatre mille cents livres.




Lesquels biens seront adjugés définitivement à une seconde publication qui sera faite dans la quinzaine, au plus offrant et dernier enchérisseur, sous les conditions ci-après.

ARTICLE PREMIER


L'adjucataire paiera dans huitaine du jour de l'adjudication définitive, au Receveur de la régie du chef-lieu du District, les frais de division, estimation, affiches, publications & autres légitimement faits, pour parvenir à la vente, suivant le règlement du Directoire du District, confirmé ou réformé, s'il y a lieu, par le Directoire du Département.

I I


Dans le mois, à compter dudit jour de l'adjudication, il paiera au même Reveveur le quart du prix total de l'adjudication, sans intérêts.

I I I


Chaque année, à partir dudit jour de l'adjudication, il paiera un dixième du surplus, avec les intérêts à cinq pour cent du capital qu'il restoit devoir lors du dernier paiement.

I V


Il n'entrera en possession réelle qu'après avoir effectué les paiemens prescrits par les articles I & II ci-dessus. Les loyers des maisons ne lui seront acquis que du jour de son adjudication, il aura droit à la totalité des fruits pendant par racines au jour de son adjudication et aux fermages qui les représentent à quelque époque que soient fixés les termes de payement déterminés par les baux, si les biens ne sont ni loués ni affermés. Les fruits qui n'auront pas été coupés, arrachés ou détachés de la terre ou de leurs racines, que postérieurement à la date de l'adjudication, lui appartiendront.

V I


L'adjudicataire aura contre le fermier l'action en résiliation que les lois et notamment celle du 15 frimaire, document aux acquéreurs.

V I I


Il prendra le bien en l'état où il se trouvera à l'époque de son adjudication, & il sera tenu de souffrir & consentir toutes les servitudes auxquelles il pourra être assujetti, sans espoir d'aucune indemnités ni dommages-intérêts.

§ Articles VIII à XI ...

§ suite et fin ...


[modifier] 3 Originaux


[modifier] 4 Annotations

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  1. Pied, s.m. : unité de mesure de longueur divisée en 12 pouces, et d'environ 32-33 cm. En France, avant la réforme de Colbert en 1668, le pied de roi ancien avait une valeur de 326,596 mm. En 1668 une tentative de normalisation fut tentée avec la nouvelle toise dite de Chatelet pour une mesure de 324,839 mm. Cette valeur fut conservée en 1799 avec l'introduction du mètre estimé à environ 3,09 pieds [¤source : Wikipedia]. On note une valeur de 3,07 pieds dans un document GrandTerrier de 1808[Terme] [Lexique] [Ref.↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5]
  2. Glé, s.m. : chaume ; en Bretagne, glé se dit encore pour signifier chaume de paille ; source : Dictionnaire Godefroy 1880. Le mot "gled" est issu du latin gladiolus (épée courte) et aussi gladius (glaïeul) à cause de sa forme lancéolée des feuilles de cette plante. Ce glaïeul n'est autre que l'iris jaune des marais. A la fin du XIe siècle, en ancien français, il se nomme "glaid" et vers 1160, "glai", en Bretagne c'est le "gled". Il désigne le glaïeul (iris des marais) jusqu'au XVIIIe s., plus tard au XIXe s. le "gled" est à la fois: iris des marais, carex (laîche), roseaux et joncs, c'est à dire, les végétaux de zones humides, servant à couvrir, maisons et dépendances. Le mot évolue en "glé" au XIXe s. et les maisons couvertes de végétaux deviennent des chaumières. Le chaume était bien connu autrefois, c'était le chaume du seigle, matière noble réservée à la toiture des petits manoirs et aux habitations. Source : Michel Mauguin. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 2,0 2,1 2,2]
  3. Fendasse, s.f. , -asse, -ache : fente, ouverture crevasse. Source : Dictionnaire Godefroy 1880. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 3,0 3,1]
  4. Arras, s.m. : mur intérieur de séparation d'un bâtiment, en pierres ou maçonnerie. Dans les descriptions d'aveux : à deux pignons et un arras ». Source : site Internet de C. Duic (doc 1, doc2). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 4,0 4,1]
  5. Framboy, fembroi, s.m. : les paysans entassaient dans la cour de la ferme les débris végétaux pour fabriquer le fumier par le piétinement des bêtes qui pétrissaient ces débris, les mélangeaient à la boue ; la bouillie résultante était appelé le « framboy ». Le mot se disait au départ « fembroi » (latin fimarium, dérivé de fimum : fumier). Puis, par métathèse (déplacement du r), il est devenu « fremboi », puis « frembois », mais rien à voir avec la framboise, évidemment ! Source : Jean Le Tallec 1994. Le lieu où se trouvait ce tas de fumier était généralement dénommé dans les actes la « cour à frambois » ou « pors à framboy ». [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 5,0 5,1 5,2 5,3]
  6. Journal, s.m. : ancienne mesure de superficie de terre, en usage encore dans certains départements et représentant ce qu'un attelage peut labourer dans une journée [¤source : Dictionnaire de l'Académie]. Le journal est la principale unité de mesure utilisée pour calculer les surfaces dans les inventaires. Dans la région quimpéroise un journal vaut 48,624 ares, à savoir 80 cordes. Dans les documents on trouve les expressions « journée à homme bêcheur », « journée à faucheur » ou « à faucher », cette dernière valeur étant équivalente à 2 journaux de laboureur, soit presque un hectare. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 6,00 6,01 6,02 6,03 6,04 6,05 6,06 6,07 6,08 6,09 6,10 6,11 6,12 6,13 6,14 6,15 6,16 6,17]
  7. Mémoire de diplôme d'Université "Langues et Cultures de la Bretagne", U.B.O. 2007, Solange de KERLIVIO. [Ref.↑]
  8. Dans ce document l'émigré Lamarche père est prénommé Jean Louis, mais il s'agit en fait de François Louis de La Marche (1720-1794), lequel fait construire un nouveau manoir à Lezergué en 1771-1772, et qui à la Révolution s'exile sur l'île de Jersey où il décède en 1794. [Ref.↑ 8,0 8,1]
  9. Longère, s.f. : mur principal d'une bâtisse. Ce terme n'avait la même signification qu'aujourd'hui, il désignait, non pas un bâtiment de forme très allongée, mais dans un bâtiment donné, le mur de façade et le mur arrière. On parlait donc de la longère de devant et de la longère de derrière. Quant à l'appentis, comme il s'appuyait contre la maison, il n'avait évidemment qu'une longère. Source : Jean Le Tallec, La vie paysanne en Bretagne sous l'Ancien Régime. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  10. Franc, s.m. : terme utilisé dans l'expression "de franc" pour désigner dans les aveux les largeurs des bâtiments en pieds . Au 17e siècle on trouve les expressions "de franc par le dehors" ou alors "de franc par le dedans", les mesures pouvant être prises entre deux longères (murs extérieurs). Source : site de C. Duic (doc).  [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 10,0 10,1 10,2]
  11. Courtil, curtil, s.m. : jardin potager. Du bas latin cohortile, dérivé de cohors (voir Cour). Jardin, cour, enclos (Dictionnaire de l'Académie). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 11,0 11,1 11,2 11,3 11,4 11,5 11,6 11,7 11,8 11,9]
  12. Corde, cordée, s.f. : unité de mesure de superficie. Subdivision du journal. Le journal et la corde sont les principales unités de mesure utilisées pour calculer les surfaces dans les inventaires. Dans la région quimpéroise une corde vaut 0,6078 ares à 16 toises carrées. Il faut 80 cordes pour faire un journal. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 12,0 12,1 12,2 12,3 12,4 12,5 12,6]
  13. Cerne, s.m. : entourage ; dans l'expression « au cerne » : entouré. Quand il est indiqué qu'un terrain a « ses fossés au cerne », cela signifie qu'il possède tous ses talus. De même « ses édifices au cerne » indique que les bâtis sont répartis sur les 4 côtés du terrain. Lorsque l'expression est suivie de « fors », par exemple «  fors du Levant », un des côtés fait exception. Source : Forum du CGF. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 13,0 13,1]
  14. Fors, p. : excepté, hormis, sauf, en dehors. Expression attribuée à François 1er après la défaite de Pavie : « Tout est perdu, fors l'honneur » ; source : Trésor Langue Française. Dans l'expression « ses fossés au cerne fors du levant », trois côtés seulement entourent le terrain. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 14,0 14,1]
  15. Placitre, placistre, s.m. : parcelle entourant une église, ou un autre bâtiment, une fontaine, etc. (dict. Goddefroy 1880). Le placitre est un terrain souvent herbeux, délimité par une clôture, fréquemment un mur, entourant les chapelles, églises ou fontaines bretonnes ; c'est l'un des éléments de l'enclos paroissial, désignant l'espace non bâti à l'intérieur de celui-ci (Wikipedia). Dans un village ou un corps de ferme le placitre désigne la place commune ou la cour devant les bâtiments. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 15,0 15,1 15,2 15,3]
  16. Terres chaudes, s.f.pl. : terres cultivables, par opposition aux terres froides ; exploitées en rotation triennale, soit blé noir, seigle, avoine (Jean Le Tallec 1994). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 16,0 16,1 16,2 16,3]
  17. Terres froides, s.f.pl. : terres pauvres mises en culture de loin en loin parfois après un brulis, par opposition aux terres chaudes; les terres froides prennent le reste du temps la forme de landes qui servent de pâturage d'appoint, et fournissent divers végétaux utiles : bruyères et fougères pour la litière, ajoncs pour la nourriture des chevaux, genets pour la couverture de la toiture (Jean Le Tallec 1994). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 17,0 17,1 17,2 17,3]
  18. Issues, issue, s.f. : terre non cultivée d'un village servant à la circulation entre les habitations, les chemins et les champs ; les issues communes de villages pouvaient être utilisées par les plus pauvres pour faire "vaguer" leurs bestiaux ou ramasser du bois pour se chauffer. Lorsqu'un village est tenu en domaine congéable, les "issues et franchises" peuvent être incluses dans les aveux de déclaration des droits et rentes. Les inventaires et dénombrements contiennent également l'expression "aux issues" qui désigne l'éloignement par rapport au centre du village. Dans les descriptifs d'habitations, le terme "issues" désigne les portes et accès. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]


Thème de l'article : Document d'archives sur le passé d'Ergué-Gabéric.

Date de création : Juin 2009    Dernière modification : 19.10.2019    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]