1808 - Mesurage et description de la tenue noble à domaine congéable de Kerveady - GrandTerrier

1808 - Mesurage et description de la tenue noble à domaine congéable de Kerveady

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§ E.D.F.

Sommaire

Autres lectures : « Les de La Marche, nobles de Kerfort et de Lezergué, 17e-18e siècles » ¤ « 1789 - Protestation de la Noblesse contre la suspension du Parlement de Bretagne * » ¤ « Jean-François de La Marche (1729-1806), dernier évêque de Léon » ¤ « 1789 - Le cahier de doléances du Tiers-Etat d'Ergué-Gabéric » ¤ « Le domaine congéable et les communs de village » ¤ « 1800 - Rente pour droits réparatoires par Jean Le Dorz de Kerveadi » ¤ 

[modifier] 1 Introduction

Le 12 avril 1789 les gabéricois inscrivaient dans leur cahier de doléances un article 8 revendicatif : « Que le ... domaine congéable [1] soit converti en censive ». Ce système de location des propriétés agricoles en vigueur en Basse-Bretagne avait un inconvénient majeur pour le domanier locataire : le propriétaire foncier - généralement d'obédience noble - du domaine pouvait le congédier moyennant uniquement le remboursement de la valeur des édifices et des arbres qui étaient la propriété "temporaire" du domanier.

En 1808 le régime est toujours là, pour preuve ce document : « lequel a déclaré tenir et profiter à titre de domaine congéable [1] de et sous le sieur Joseph Hyacinthe De La Marche ». Le propriétaire, de famille noble, est le fils et le frère des résidents du chateau de Lezergué qui durent émigrer en Guadeloupe.

Le domaine de Kerveady, situé entre Lestonan-Keruel, Sulvintin et Quélennec, est décrit précisément dans ce document, les terres d'une part pour estimer la rente due, et les édifices d'autre part, cet inventaire servant à déterminer les droits réparatoires de congément. Les maisons sont au nombre de trois : Ty izela et Ty bihan (toutes deux en toit de chaume : « couverte en paille »), Ty glas (en ardoises). On trouve aussi de nombreuses crêches (« couvertes en paille » également), granges, puits, jardins (courtil [2]) et cour à fumier (frambois [3]).

Les arbres plantés, chênes et chataigniers, sont décomptés, y compris mêmes les souches sans branches. Les terres sont soit labourables (terres chaudes [4]), soit en jachère (terres froides [5]), soit des prairies fauchables.

 

Le grand intérêt de ce document est d'inclure systématiquement une double indication des mesures, à savoir les dimensions en mètres et en pieds [6], les surfaces en ares et en journaux [7], et les quantités de céréales en litres et en boisseaux [8].

Toutes les mesures ont été reportées dans un tableau Excel, afin de vérifier les règles de conversion : [Fichier xls].

Pour l'équivalence du pied [6] en mètre, l'étalon connu de 3,09 mètres introduit à la Révolution est appliqué ici avec une valeur très légèrement inférieur, à savoir 3,07.

Pour les surfaces des terres, l'ancienne mesure du journal [7] correspond également à la valeur observée en région quimpéroise : 48,624 ares soit 80 cordes [9]. Il s'agit de la surface qu'un laboureur pouvait travailler en une journée. La mesure de « journées à faucheur » [7] est utilisée pour mesurer les prairies fauchables, et là on apprend qu'elle correspond à exactement deux « journées de laboureur ».

Pour la rente due essentiellement en céréales, on a la chance de noter les valeurs locale du boisseau, libellées en « mesure de Quimper » : 67 litres pour le froment et le seigle, 82 litres pour l'avoine et 79 litres pour le blé noir.

Le document est conservé aux Archives Départementales du Finistère sous la cote 4E-215-266.

[modifier] 2 Transcription

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7 aug 1808. Déclaration à domaine congéable du lieu de Kerveady en Ergué-Gabéric par Jean Le Dorze.

Par devant nous les notaires impériaux soussignés résidants séparement à Quimper commune et canton du même nom, département du finistère, a comparu Jean Le Dorse, cultivateur, demeurant au lieu de Kerveady en la commune d'Ergué-Gabéric, dit département du finistère, lequel a déclaré tenir et profiter à titre de domaine congéable [1] de et sous le sieur Joseph Hyacinthe De La Marche demeurant à Quimper, une tenue au dit lieu de Kerveady nommée ar parquer dalae dont le mesurage et la description par tenans et aboutissans suivent.

Savoir.

La cour à frambois [3] ayant édifice levant et contenant sous fond un are trente deux centiares.

Au midi bout du levant de la cour une ruine de crêche ayant de long à deux longères [10] quatre mètres dix centimètres ou douze pieds [6] sept pouces, de franc à un pignon à son bout du levant trois mètres trente centimètres ou dix pieds [6] un pouce et de hauteur deux mètres ou six pieds [6] un pouce.

Au midi de la cour et au bout du couchant de la ruine cy dessus mentionnée une crêche nommée ar Craou izela construite de simple maconne [11] et couverte en paille ayant de long à deux longères [10] dix mètres quatre vingt quinze centimètres ou trente trois pieds [6] huit pouces, de franc à deux pignons trois mètres

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cinquante centimètres ou dix pieds [6] neuf pouces et de hauteur deux mètres quinze centimètres ou six pieds [6] sept pouces la ditte crêche ouvrant du midi d'une fendasse [12] en simple maçonne [11] sur le jardin et du nord d'une porte en taille et d'une fendasse [12] en simple maçonne [11] sur la cour.

Au midi de la crêche nommée ar Craou izela un courtil [2] nommé le jardin cerné de ses fossés fors en l'endroit de la ditte crêche, donnant du levant sur courtil [2] nommé liors an avalou douar dépendant de la tenue de Monsieur Dodua, du midi sur courtil [2] nommé liors bras dépendant de la tenue de Monsieur Dodua, du couchant sur chemin menant au dit courtil [2] nommé liors bras dépendant de la tenue de Monsieur Dodua, lequel chemin se nomme Caron liors bras et du nord sur la crêche nommée Craou izela cy devant mentionnée, contient le dit courtil [2] sous fond deux ares vingt centiares et a sur ses édifices une souche chataigner.

Au nord bout du couchant de la cour une maison nommée an ty izela construite de simple maçonne [11] et couverte en paille ayant de long à deux longères [10] dix mètres quatre vingt centimètres ou trente trois pieds [6] trois pouces, de franc à deux pignons quatre mètres soixante centimètres ou quatorze pieds [6] deux pouces et de hauteur trois mètres ou neuf pieds [6] deux pouces, la ditte maison à une cheminée à son pignon levant dont manteau [13] en bois et corbeaux [14] en taille, elle ouvre du midi d'une porte et d'une fenêtre en

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taille sur la cour, ouvre du nord d'une porte en taille sur le courtil [2] à paille et a de plus une porte en taille à son pignon levant communiquant avec la maison nommée ty bihen cy après mentionnée.

Au pignon levant de la maison nommée an ty izela autre maison nommée an ty bihen construite de simple maçonne [11] et couverte en paille ayant de long à deux longères [10] six mètres ou dix huit pieds [6] six pouces, de franc à un pignon à son bout du levant quatre mètres soixante centimètres ou quatorze pieds [6] deux pouces et de hauteur trois mètres ou neuf pieds [6] deux pouces. La ditte maison a une cheminée à son dit pignon dont manteau [13] et corbeaux [14] en bois et elle ouvre du midi d'une porte et d'une fenêtre en taille sur la cour.

Au levant de la maison nommée ty bihen et au pignon d'icelle une crêche nommée an Craou bihen construite simple maçonne [11] et couverte en paille, ayant de long à deux longères [10] deux mètres cinquante centimètres ou sept pieds [6] huit pouces, de franc à un pignon à son bout du levant trois mètres dix centimètres ou neuf pieds [6] six pouces et de hauteur un mètre soixante centimètres ou quatre pieds [6] onze pouces, la ditte crêche ouvre du levant d'une fendasse [12] en simple maçonne [11] sur le courtil [2] à paille et du midi d'une porte aussi en simple maçonne [11] sur la cour.

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Au nord de la maison nommée ty izela, de celle nommée ty bihen et de la crêche nommée Craou bihen le courtil [2] à paille entourant l'aire et la maison nommée an ty glas, lequel courtil [2] est aussi cerné de ses fossés fors en l'endroit du courtil [2] nommé liors ar bod des dittes ty izela, ty bihen et craou bihen et fors en l'endroit, de la grange nommée ar bardy, le dit courtil [2] à paille donne du levant sur courtil [2] nommé liors ar bod cy après mentionné et champ nommé parc huela dépendant de la tenue de Monsieur Dodua, du midi sur courtil [2] nommé liors an avalou douar dépendant aussi de la tenue de Monsieur Dodua et sur la crêche nommée Craou bihen et les maisons ty bihen et ty izela, du couchant sur le placitre et la grange et du nord sur le dit placitre, contient le dit courtil [2] à paille sous fond trois ares et a sur ses édifices onze chênes et six chataigners.

Dans la partie du couchant bout du midi du courtil [2] à paille, le puits ayant neuf mètres quatre vingt six centimètres ou trente pieds cinq pouces de profondeur et de diamètre quatre vingt dix centimètres ou deux pieds [6] neuf pouces.

Sur la partie du couchant bout du nord du courtil [2] à paille une grange nommée ar bardy construite de simple maçonne [11] et couverte en paille de long à deux longères [10] sept mètres

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soixante dix centimètres ou vingt trois pieds [6] huit pouces, de franc à un pignon à son bout du nord deux mètres quatre vingt dix centimètres ou huit pieds [6] onze pouces et de hauteur deux mètres ou six pieds [6] un pouce, la ditte grangeouvrant du midi sur le courtil [2] à paille.

Au milieu du courtil [2] à paille l'aire à battre sous édifices contenant sous fond trois ares.

Au nord de l'aire une maison an ty glas construite en pierres de taille et couverte en ardoises ayant de long à deux longères [10] douze mètres vingt centimètres ou trente six pieds [6] onze pouces, de franc à deux pignons quatre mètres trente cinq centimètres ou treize pieds [6] quatre pouces et de hauteur cinq mètres ou quinze pieds [6] quatre pouces la ditte maison ouvre du midi de deux portes et deux fenêtres aussi en taille sur l'aire, à une cheminée à son pignon levant dont manteau [13] et corbeaux [14] en taille et a de plus un escalier également en taille à sa façade midi.

Au levant bout du nord du courtil [2] à paille un courtil [2] nommé liors ar hoet cerné de ses fossés fors de son bout au levant donne du levant sur courtil [2] nommé lios ar beren dépendant de la tenue de Monsieur Dodua, du midi sur champ nommé parc huela dépendant aussi de la tenue de Monsieur Dodua, du couchant sur le courtil [2] à paille et du nord sur partie du placitre et montagne nommée Méné bihen cy après mentionnée, contient le dit liors ar hoet sous fond treize ares ou vingt six centièmes de journal [7] et a sur ses édifices et fond sept chênes et vingt quatre chataigners.

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Au nord du courtil [2] nommé liors ar hoet une montagne nommée méné bihen ayant son fossé du nord en l'endroit du courtil [2] nommé liors mene bihen et en l'endroit de la montagne nommée méné bihen dépendants tous deux de la tenue de Monsieur Dodua, donne la ditte montagne du levant sur autre montagne nommée méné Ster, sur courtil [2] nommé liors ar Ster et montagne nommée Mené Reun cy après mentionnés, du midi sur courtil [2] nommé liors ar béren dépendant de la tenue de Monsieur Dodua et sur le courtil [2] nommé liors ar hoet cy devant mentionné, du couchant sur le placitre et du nord sur courtil [2] nommé liors mené bihen et montagne nommée méné bihen dépendants de la tenue de Monsieur Dudua contient la ditte montagne sous fond soixante ares ou un journal vingt trois centièmes et sur fond et ses édifices quinze souches chêne et un chataigner.

Au levant de la montagne nommée Méné bihen un courtil [2] terre chaude [4] nommé liors ar Ster cerné de ses fossés, lequel courtil [2] donne du levant sur mémé Ster cy après mentionnée, du midi sur Méné Reun cy après mentionnée, du couchant sur Mené bihen cy devant mentionnée et du nord aussi sur partie de la dite méné bihen, contient le dit courtil [2] sous fond neuf ares trente six centièmes ou dix neuf centièmes de journal [7] et a sur ses édifices huit chataigners et huit chênes.

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Au levant du courtil [2] nommé liors ar Ster, une montagne nommée Méné Ster ayant son fossé en petite partie du couchant en l'endroit de mene bihen, donne la ditte montagne du levant sur champ nommé parc ar barnou cy après mentionné, du midi sur montagne nommée méné Reun cy après mentionnée, du couchant sur courtil [2] nommé liors ar Ster et sur montagne nommée méné bihen cy devant descubés et sur parc ar groes cy après et du nord sur champ aussi nommé parc ar groes mais dépendant de la tenue de Monsieur Dodua et contient la ditte montagne sous fond quarante huit ares soixante et un centiares ou un journal [7].

Au couchant de Méné Ster un champ terre chaude [4] nommé parc ar groes cerné de ses fossés, lequel champ donne du levant sur la montagne nommée méné Ster cy devant mentionnée, du midi sur champ nommé parc ar leurguer cy après mentionnée Méné Kerveady dépendant de la tenue de Monsieur Dodua et du nord sur champ nommé parc ar groes mais dépendant de la tenue de Monsieur Dodua, contient le dit champ sous fond quatre vingt treize ares quatre vingt centiares ou un journal [7] et quatre vingt douze centièmes de journal et a sur ses

 

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édifices neuf souches chêne.

Au midi de parc ar groes, un champ terre chaude [4] nommé parc ar leurguer cerné de ses fossés fors du nord, donne le dit champ du levant sur montagne nommée méné bihen cy devant mentionnée, du midi sur montagne aussi nommée méné bihen mais dépendant de la tenue de Monsieur Dodua, du couchant sur portion de la montagne nommée méné Kerveady dépendant de la tenue de Monsieur Dodua et du nord sur champ nommé parc ar groes cy devant mentionné contient le dit champ sous fond cent dix neuf ares ou deux journaux [7] et quarante quatre centièmes de journal, et a sur ses édifices onze souche chêne et une de chataigner.

Au levant de la montagne nommée Méné Ster, un champ, terre froide [5], nommé parc ar barnou ayant des fossés du couchant et nord, donne le dit champ du levant sur terre du lieu de Sulvintin, du midi sur champ nommé parc gorré Reun cy après mentionnée, du couchant sur montagne nommée Méné Ster cy devant mentionnée et champ nommé parc ar groes dépendant de la tenue de Monsieur Dodua et du nord sur portion de la montagne nommée Méné Kerveady, dépendant de la présente tenue et garenne dépendant du lieu de Kerdudal contient

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le dit champ sous fond cent trente deux ares ou deux journaux [7] et soixante et onze centièmes de journal.

Au midi du champ nommé parc ar barnou, un champ, terre chaude [4], nommé parc gorré Reun cerné de ses édifices fors du midi, donne le dit champ du levant sur terre du lieu de Sulvintin et champ nommé parc ar vingleu cy après mentionnée, du midi sur champ nommé parc an noen huela cy après mentionné, du couchant sur montagne nommée méné Reun cy après mentionnée et du nord sur le champ nommé parc ar barnou cy devant describé, contient le dit champ sous fond cent vingt ares cinquante centiares ou deux journaux [7] soixante huit centièmes et a sur ses édifices deux souches chataigner.

Au levant bout de midi du champ nommé parc gorré Reun, un champ terre chaude [4] nommé parc ar vingleu ayant ses édifices nord levant et midi bout du levant, donne le dit champ du levant sur chemin nommé Caron ponlanders du midi sur terre du lieu de Sulvintin eyt champ nommé parc an noren izela cy après mentionné du couchant sur prairie nommée foennec parc an noen, sur champ nommé parc an noen huela et sur champ nommé parc gorré Reun et du nord sur terre du lieu de Sulvintin contient le dit champ sous fond soixante quatorze ares

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quarante centiares ou un journal [7] cinquante trois centièmes.

Au midi bout du couchant du champ nommé parc ar vingleu, un champ terre chaude [4] nommé parc an noen izela ayant ses fossés levant et midi donne le dit champ du levant sur terre du lieu de Sulvintin et chemin nommé Caron poulandero du midi et couchant sur terre du lieu de Sulvintin et du nord sur prairie nommée foennec parc an noen cy après mentionnée et le champ nommé parc ar vingleu cy devant, contient le dit champ sous fond terre chaude [4] quatre vingt dix ares ou un journal [7] quatre vingt cinq centièmes et sous pré vingt ares ou quatre vingt deux centièmes de journée à faucheur [7] et a sur ses édifices quatre souches chêne et deux de chataigner.

Au nord du champ nommé parc an noen izela un pré fauchable nommé foennec parc an noen ayant ses édifices levant midi et petite partie du couchant bout du nord, donne le dit pré du levant sur le champ nommé parc ar vingleu cy devant mentionné du midi sur le champ nommé parc an noen izela cy devant mentionné du couchant sur le dit lieu de Sulvintin et montagne nommée méné Reun cy après mentionnée et du nord sur champ nommé parc an noen huela cy après mentionné contient le dit champ sous fond cinquante six ares ou deux journées

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et trois dixièmes de journées à faucheur [7].

Au nord du pré nommé Foennec parc an noen, un champ terre chaude [4], nommé parc an noen huela cerné de ses fossés, donne le dit champ du levant sur le champ nommé parc ar vingleu cy devant mentionné, du midi sur le pré nommé foennec parc an noen cy devant mentionné, du couchant sur montagne nommée Méné Reun cy après mentionnée et du nord sur le champ nommé parc gorré Reun cy devant mentionné et contient sous fond soixante dix sept ares ou un journal [7] cinquante sept centièmes.

Au couchant du champ nommé parc an noen huela, une montagne nommée Mene Reun ayant fossé du couchant en l'endroit de la la montagne nommée mené bihen cy devant mentionnée et du nord en l'endroit de la montagne nommée Méné Ster aussi cy devant mentionnée donne la ditte montagne du levant sur champ nommé parc gorre Reun, sur autre champ nommé parc an noen huela et sur pré nommé foennec parc an noen huela et sur pré nommé foennec parc an noen tous cy devant mentionnés au midi sur terre du lieu de Sulvintin, sur petit pré nommé prat névé et sur autre pré nommé foennec bras cy après mentionnés, du couchant sur courtil [2] nommé liors ar beren dépendant de la tenue de Monsieur Dodua et sur la montagne nommée méné bihen cy devant mentionnée et du nord du

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courtil [2] nommé liors ar Ster et montagne nomme mené Ster cy devant describés, contient sous fond quatre cent quatre vingt six ares vingt centiares ou dix journaux [7] et a sur ses édifices douze chênes et deux chataigners.

Au midi de la montagne nommée Méné Reun un petit pré nommé prat nevé cerné de ses fossés donne le dit pré du levant et midi sur terre du lieu de Sulvintin, du couchant sur pré nommé foennec bras cy après mentionné et du nord sur la montagne nommée méné Reun cy devant mentionnée, contient sous fond quatre ares quatre vingt six centiares ou deux dixièmes de journée à faucheur [7] et a sur ses édifices neuf souches chêne.

Au couchant du petit pré nommé prat nevé et au midi de la montagne nommée Méné Reun autre pré nommé prat névé cy devant mentionné et fors en l'endroit d'un pré aussi nommé foennec bras et courtil [2] nommé liors ar beren dépendants de la tenue de Monsieur Dodua, donne le dit pré du levant sur le pré nommé prat nevé cy devant mentionné du midi sur terre du lieu de Sulvintin, du couchant sur pré nommé foennec bras, sur champ nommé parc izela et champ nommé parc huela

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dépendants tous trois de la tenue de Monsieur Dodua et du nord sur courtil [2] nommé liors ar béren dépendant aussi de la tenue de Monsieur Dodua et sur la montagne nommée Méné Reun cy devant mentionnée, contient sous fond soixante douze ares quatre vingt deux centiares ou trois journées à faucheur [7] et a sur ses édifices quatorze souches chêne.

Un champ terre froide [5], nommé parc Keralias izela cerné de ses fossés fors en l'endroit du champ nommé parc Keralias huela, donne du levant sur terre du lieu de Kervorvan et champ nommé parc Keralias huela cy après mentionné, du midi sur chemin nommé Caron poulandéro, du couchant sur chemin nommé Caron nevé et du nord sur le dit chemin nommé Caron névé et terre du lieu de Kervorvan et contient sous fond cent quatre vingt quinze ares vingt trois centiares ou quatre journaux [7].

Au levant du champ nommé parc Keralias izela, un champ terre chaude [4] nommé parc Keralias huela cerné de ses fossés donne le dit champ du levant sur terre du lieu de Kervorvan du midi sur chemin nommé Caron Poulandero du couchant sur champ nommé parc Keralias izela cy devant mentionné et du nord sur terre du lieu de Kervorvan et terre du lieu de Kerhuel

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et contient sous fond cent soixante quatorze ares ou trois journaux [7] cinquante sept centièmes.

Dans la montagne nommée méné Kerveady et au nord de la portion de la ditte montagne dépendant de la tenue de Monsieur Dodua, une portion sous édifices, laquelle donne du levant sur garenne du lieu de Kerdudal, du midi sur champ nommé parc ar groes dépendant de la tenue de Monsieur Dodua, du couchant sur garenne nommée Stang guelenec creis dépendant de la tenue de Monsieur Dodua et du nord sur portion de la ditte montagne dépendant du lieu de Guelénec izela et contient sous fond quatre vingt quinze ares ou un journal [7] quatre vingt quinze centièmes.

Finalement le placitre au couchant et nord du courtil [2] à paille en commun et indivés avec la tenue de Monsieur Dodua, contenant sous fond douze ares ou un quart journal [7] et ayant sur fond onze chênes et deux chataigners.

Et contient la ditte tenue

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Savoir

Sous maisons, aires et courtils [2] trente trois ares cinquante neuf centiares ou huit dixièmes de journal [7].

Sous terre chaude [4] labourable sept cens quarante huit ares dix centiares ou quinze journaux [7] cinquante six centièmes.

Sous terre froide [5] dix hectares dix sept centièmes ou vingt journaux [7] quatre vingt neuf centièmes.

Sous prairies fauchages cent cinquante deux ares ou six journées [7] un tiers à faucheur.

Pour la jouissance desquelles terres le dit Jean Le Dorse reconnoit devoir annuellement au dit sieur de La Marche de rente foncière et convenancière après la diminution accoutumée la quantité d'un hectolitre trente quatre centièmes froment ou deux boisseaux [8], deux hectolitres soixante huit centièmes seigle ou quatre boisseaux [8], un

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hectolitre soixante trois centièmes avoine ou deux boisseaux [8], un hectolitre cinquante sept centièmes bled noir ou deux boisseaux [8], le tout mesure de Quimper ; quatre chapons [15] et neuf francs soixante centimes en argent, au payment de laquelle le dit Le Dorse s'oblige sous toutes les obligations requises et de droit et sur l'hypothèque spéciale des droits réparatoires cy mentionnés, ainsi voulu, fait et passé à Quimper, après lecture donnée en breton à l'avouant au rapport de Chauvel l'un de nous son collègue aussi présent sous nos seings le dit Le Dorse ayant déclaré ne savoir signer de ce requis ce jour nuit aout mil huit cent huit.

Jamet, notaire ; Chauvel, notaire. Enregistré à Quimper le 9 aout 1808 ... francs ... Baron.

[modifier] 3 Originaux


[modifier] 4 Annotations

  1. Domaine congéable, s.m. : mode de tenue le plus fréquent en Cornouaille et en Trégor au Moyen-Age pour la concession des terres. Ces dernières constituent le fonds et restent la propriété des seigneurs. Par contre les édifices sont concédés en propriété aux domaniers par le propriétaire foncier (généralement noble) qui peut, en fin de bail, congéer ou congédier les domaniers, en leur remboursant la valeur des édifices. Cela comprend tout ce qui se trouve au dessus du roc nu, notamment les bâtiments, les arbres fruitiers, les fossés et talus, les moissons, les engrais. Ce régime qui ne sera pas supprimé à la Révolution malgré les doléances de certaines communes bretonnes, sera maintenu par l'assemblée constituante en 1791 et re-confirmé en 1797. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 1,0 1,1 1,2]
  2. Courtil, curtil, s.m. : jardin potager. Du bas latin cohortile, dérivé de cohors (voir Cour). Jardin, cour, enclos (Dictionnaire de l'Académie). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 2,00 2,01 2,02 2,03 2,04 2,05 2,06 2,07 2,08 2,09 2,10 2,11 2,12 2,13 2,14 2,15 2,16 2,17 2,18 2,19 2,20 2,21 2,22 2,23 2,24 2,25 2,26 2,27 2,28 2,29 2,30 2,31 2,32 2,33 2,34 2,35 2,36 2,37 2,38 2,39]
  3. Framboy, fembroi, s.m. : les paysans entassaient dans la cour de la ferme les débris végétaux pour fabriquer le fumier par le piétinement des bêtes qui pétrissaient ces débris, les mélangeaient à la boue ; la bouillie résultante était appelé le « framboy ». Le mot se disait au départ « fembroi » (latin fimarium, dérivé de fimum : fumier). Puis, par métathèse (déplacement du r), il est devenu « fremboi », puis « frembois », mais rien à voir avec la framboise, évidemment ! Source : Jean Le Tallec 1994. Le lieu où se trouvait ce tas de fumier était généralement dénommé dans les actes la « cour à frambois » ou « pors à framboy ». [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 3,0 3,1]
  4. Terres chaudes, s.f.pl. : terres cultivables, par opposition aux terres froides ; exploitées en rotation triennale, soit blé noir, seigle, avoine (Jean Le Tallec 1994). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 4,00 4,01 4,02 4,03 4,04 4,05 4,06 4,07 4,08 4,09 4,10]
  5. Terres froides, s.f.pl. : terres pauvres mises en culture de loin en loin parfois après un brulis, par opposition aux terres chaudes; les terres froides prennent le reste du temps la forme de landes qui servent de pâturage d'appoint, et fournissent divers végétaux utiles : bruyères et fougères pour la litière, ajoncs pour la nourriture des chevaux, genets pour la couverture de la toiture (Jean Le Tallec 1994). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 5,0 5,1 5,2 5,3]
  6. Pied, s.m. : unité de mesure de longueur divisée en 12 pouces, et d'environ 32-33 cm. En France, avant la réforme de Colbert en 1668, le pied de roi ancien avait une valeur de 326,596 mm. En 1668 une tentative de normalisation fut tentée avec la nouvelle toise dite de Chatelet pour une mesure de 324,839 mm. Cette valeur fut conservée en 1799 avec l'introduction du mètre estimé à environ 3,09 pieds [¤source : Wikipedia]. On note une valeur de 3,07 pieds dans un document GrandTerrier de 1808[Terme] [Lexique] [Ref.↑ 6,00 6,01 6,02 6,03 6,04 6,05 6,06 6,07 6,08 6,09 6,10 6,11 6,12 6,13 6,14 6,15 6,16 6,17 6,18 6,19 6,20 6,21 6,22 6,23]
  7. Journal, s.m. : ancienne mesure de superficie de terre, en usage encore dans certains départements et représentant ce qu'un attelage peut labourer dans une journée [¤source : Dictionnaire de l'Académie]. Le journal est la principale unité de mesure utilisée pour calculer les surfaces dans les inventaires. Dans la région quimpéroise un journal vaut 48,624 ares, à savoir 80 cordes. Dans les documents on trouve les expressions « journée à homme bêcheur » ou « journée à faucheur », cette dernière valeur étant équivalente à 2 journaux de laboureur, soit presque un hectare. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 7,00 7,01 7,02 7,03 7,04 7,05 7,06 7,07 7,08 7,09 7,10 7,11 7,12 7,13 7,14 7,15 7,16 7,17 7,18 7,19 7,20 7,21 7,22 7,23 7,24 7,25]
  8. Boisseau, s.m. : mesure de capacité pour les matières sèches, les grains surtout. Sa contenance varie beaucoup suivant les produits et les localités et aussi suivant que la mesure est rase ou comble [¤source : AD Finistère, glossaire des cahiers de doléances]. La précision « Mesure du Roi » indique la volonté d'uniformiser les disparités, avant que le poids en mesure décimale ne soit adopté à la Révolution. Avant uniformisation, chaque ville ou village avait ses poids et ses mesures particuliers. Dans certains cantons, et plus particulièrement en Bretagne on était obligé d'avoir jusqu'à six mesures différentes dans son grenier pour procéder aux pesées. Par exemple le boisseau ras pour le froment contenait 11,2 litres à Morlaix et 107,1 litres à Landevennec [¤source : Wikipedia]. La mesure de Quimper était établie comme suit : 67 litres pour le froment et le seigle, 82 pour l'avoine et 79 pour le blé noir [¤source : Document GT de 1808] ou alors 67 litres pour le froment, 82 pour le seigle, et 80 pour l'avoine [¤source : Document GT de 1807]. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 8,0 8,1 8,2 8,3 8,4]
  9. Corde, cordée, s.f. : unité de mesure de superficie. Subdivision du journal. Le journal et la corde sont les principales unités de mesure utilisées pour calculer les surfaces dans les inventaires. Dans la région quimpéroise une corde vaut 0,6078 ares à 16 toises carrées. Il faut 80 cordes pour faire un journal. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  10. Longère, s.f. : mur principal d'une bâtisse. Ce terme n'avait la même signification qu'aujourd'hui, il désignait, non pas un bâtiment de forme très allongée, mais dans un bâtiment donné, le mur de façade et le mur arrière. On parlait donc de la longère de devant et de la longère de derrière. Quant à l'appentis, comme il s'appuyait contre la maison, il n'avait évidemment qu'une longère. Source : Jean Le Tallec, La vie paysanne en Bretagne sous l'Ancien Régime. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 10,0 10,1 10,2 10,3 10,4 10,5 10,6]
  11. Maçonnage, s.m. : « en (simple) maçonnage » ou « simple maçonne », désigne un matériau de construction hétérogène, constitué seulement de schistes tout-venant, par opposition à la pierre de grain en granit, dite « pierre de taille », réservée aux entourages de portes et fenêtres. Source : Jean Le Tallec 1994. Il existe aussi des constructions en « simple brossage » dont les joints et enduits sont sans doute brossés. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 11,0 11,1 11,2 11,3 11,4 11,5 11,6 11,7 11,8]
  12. Fendasse, s.f. , -asse, -ache : fente, ouverture crevasse. Source : Dictionnaire Godefroy 1880. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 12,0 12,1 12,2]
  13. Manteau, s.m. : partie de la cheminée, et plus généralement la hotte et le chambranle, qui fait saillie dans la pièce au-dessus du foyer. Source : Trésor Langue Française. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 13,0 13,1 13,2]
  14. Corbeau, s.m. : grosse pierre, pièce de bois ou de fer mise en saillie sur un mur et servant à supporter une poutre, une corniche ou un encorbellement. Source : Trésor Langue Française. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 14,0 14,1 14,2]
  15. Chapon, s.m. : jeune coq chatré. Source : Dictionnaire du Moyen Français. Utilisé comme moyen de paiement de rentes ou redevances. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]


Thème de l'article : Document d'archives sur le passé d'Ergué-Gabéric.

Date de création : Février 2012    Dernière modification : 28.07.2018    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]