1900 - Demande préfectorale de déclassement du recteur par trois républicains - GrandTerrier

1900 - Demande préfectorale de déclassement du recteur par trois républicains

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Catégorie : Archives    
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§ E.D.F.

Sommaire

En savoir plus : « Hervé Le Roux, maire (1882-1906) » ¤ « Jean Hascoët, recteur (1897-1908) » ¤ « Ur trakt evit votadegoù e 1883-84 » ¤ 

Autres articles sur l'école des sœurs : « Retrouvailles à l'école Notre-Dame de Kerdévot, Ouest-France 1987 » ¤ « Reportage sur l'expulsion des soeurs blanches, L'Ouest-Eclair 1902 » ¤ « 1902 - Documents sur la fermeture de l'école Notre-Dame de Kerdévot » ¤ « 1902 - Témoignage de JM Déguignet sur la fermeture de l'école ND de Kerdévot » ¤ « 1911 - Pétition des électeurs pour le maintien d'une religieuse du St-Esprit » ¤ « Jean Hascoët, recteur (1897-1908) » ¤ « Marie Gourmelen, une écolière pensionnaire de 1917 à 1922 » ¤ 

1 Introduction

Le document non daté [1] - mais par déduction on peut avancer la date du 15 février 1900 - est conservé aux Archives Départementales du Finistère en série V - Cultes (1800-1906), cote I V 117, dans la chemise du "recteur Hascoët" qui ne contient que ce document. La lettre de demande de déclassement du recteur est signée par Louis Guyader [2] de Squividan, Jean-Louis Le Roux [3] de Lezouanac'h et Pierre Le Roux [4] de Kernaon. Elle est adressée au préfet Henri Collignon [5].

Le prêtre, cible de cette dénonciation, est Jean Hascoët, recteur d'Ergué-Gabéric de 1897 à 1908. Son projet d'école primaire des filles « Notre-Dame de Kerdévot » a vu le jour au Bourg en 1898. Et il est accusé de pressuriser les familles pour qu'elles inscrivent leurs filles dans son école privée.

Les trois républicains adressent leur requête en début 1900, alors que le nouvel évêque Dubillard [6] nommé en décembre 1899, fera son entrée solennelle à Quimper le 29 mars. Ils veulent profiter de cette fin de période d'interrègne après le mandat de Mgr Valleau décédé en 1898, pendant laquelle le vicaire général Emile Fleiter [7] n'aurait pas contester l'exclusion du recteur d'Ergué-Gabéric et l'arrêt de ses traitements [8]. Louis Guyader sera convoqué par le préfet [5] le 17 février ou le 17 mars 1900 (ces deux jours étant des samedis)..

 

Cette affaire se passe dans un climat tendu de préparation de la loi sur la Séparation des Églises et de l'État.

Le recteur ne fut débarqué ni par le préfet, ni par les autorités épiscopales Il était au presbytère d'Ergué-Gabéric lorsqu'en 1902 l'école fut fermée car les sœurs religieuses étaient des Filles du St-Esprit de St-Brieuc et cette congrégation des Sœurs blanches était l'objet d'un décret d'expulsion. Il assistera à la réouverture de l'école et restera en fonction à Ergué-Gabéric jusqu'à l'heure de sa mort en 1908.

De Forain Figaro 10.12.1905
De Forain Figaro 10.12.1905

2 Transcription

Recto

124 (...) Convoquer M. Guyader [2] pour samedi 17 courant.

Ergué-Gabéric ce 15 Février.

Monsieur le Préfet [5]

Sachant l'intérêt que vous portez au développement du parti républicain, je prends la liberté de vous informer que c'est le moment de supprimer le traitement [8] de notre recteur pour toutes les pressions qu'il a exercées sur les parents à l'effet de remplir son école de sœurs. Mr Fleiter [7] ne peut rien vous refuser avant l'arrivée de l'Évêque et le départ du recteur serait le triomphe de notre cause. Si vous voulez agir il suffira de nous inviter tous 3 à vous envoyer une dénonciation que nous ferons

 

Verso

signer vite par les familles notables pressurées de la commune.

Dans l'attente de vos ordres, veuillez agréer Monsieur le Préfet notre entier et respectueux dévouement.

Chefs du parti républicain.

Louis Guyader [2], Jean Louis Le Roux [3] et Pierre Le Roux [4].

3 Sources

4 Annotations

  1. Information et document communiqués par Pierrick Chuto, passionné d'histoire régionale, auteur de nombreux articles (Le Lien du CGF, La Gazette d'Histoire-Genealogie.com ... ) et de cinq livres sur le Pays de Quimper : § [ses publications] .. [Ref.↑]
  2. Louis Guyader, alias Louis Squividan, est né le 10.02.1842 à Ergué Armel, marié à Jeanne Laurent en 1871, décédé le 25.04.1920 à Squividan en Ergué-Gabéric. Il est cultivateur à Squividan, et en 1871-72 il est aussi déclaré comme marchand de bois. En 1884 et en 1892 il se présente sans succès aux élections municipales comme tête de liste du parti républicain. [Ref.↑ 2,0 2,1 2,2]
  3. Jean-Louis Le Roux est né le 18 février 1855 à Lesvouanarc'h, décédé le 29 janvier 1930 au Bourg. Son père Joseph Le Roux et son fils Jean-Louis Le Roux furent maires d'Ergué-Gabéric respectivement en 1862-1881 et en 1925-1929. [Ref.↑ 3,0 3,1]
  4. Pierre Le Roux est né le 20 juillet 1862 à Kernaon en Ergué-Gabéric, et décédé en 1919. [Ref.↑ 4,0 4,1]
  5. Henri Collignon était au Ministère de l'Intérieur et des cultes quand, en 1899, il fut nommé Préfet du Finistère du 1er novembre 1899 jusqu'en juillet 1906. Il dut quitter cette fonction en juin 1906, sous l'effet d'une sanction portée par Clémenceau à la suite des troubles sociaux survenus à Brest. A 58 ans, en 1914, il s'est porté volontaire pour la guerre et est tué au front en mars 1915. C'est lui qui a engagé les travaux de construction de la nouvelle Préfecture, boulevard Dupleix. Quand il était à Quimper la vie publique était alors sous l'emprise d'un cléricalisme étroit et remuant. Resté proche du peuple, recherchant la société des paysans et des pêcheurs, Henri Collignon en vaillant républicain, il a œuvré auprès du clergé breton pour essayer de les convaincre d'accepter les changements. Nonobstant tous les obstacles, toutes les difficultés, il finit par s'imposer et devint populaire. [Ref.↑ 5,0 5,1 5,2]
  6. François Virgile Dubillard (né le 16 février 1845 à Soye, mort le 1er décembre 1914 à Chambéry) fut un homme d'Église de la période de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Il fut ordonné prêtre à Besançon en 1869, évêque de Quimper en 1900 (nommé en décembre 1899, et sur place en mars 1900), puis archevêque de Chambéry en 1907. Il fut nommé cardinal par le pape Pie X en 1911 ; trop malade, il ne participa pas au conclave de 1914. [Ref.↑]
  7. Emile Fleiter, 1836-1913 : 1864, vicaire à Saint-Mathieu à Morlaix ; 1884, chanoine honoraire ; 1891, vicaire général ; 1911, protonotaire apostolique (A.E). Source : « LE GOFF Jean-Paul Yves - La séparation de l'Église et de l'État dans le Finistère ». [Ref.↑ 7,0 7,1]
  8. Depuis le Concordat de 1801 les prêtres catholiques sont rémunérés par l'État français sous le contrôle du ministre de l'intérieur et des cultes. En échange de l’abandon des biens ecclésiastiques vendus depuis 1790, le « gouvernement assurera un traitement convenable aux évêques et aux curés » (article 14). [Ref.↑ 8,0 8,1]


Thème de l'article : Etude et transcriptions d'actes anciens

Date de création : Novembre 2010    Dernière modification : 20.03.2014    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]