1922 - Organisation de la fête du centenaire de la Papeterie de l'Odet - GrandTerrier

1922 - Organisation de la fête du centenaire de la Papeterie de l'Odet

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Catégorie : Archives   + fonds Mémoires des Papetiers
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§ E.D.F.
Cette fête, à laquelle plus de 1000 personnes (famille Bolloré, clients, personnel des 2 usines, notables ...) furent invitées, n'eut aucun écho dans la presse, mais fut l'objet d'une organisation impressionnante et laissa un souvenir inoubliable auprès des participants.

Outre quelques explications et témoignages, on trouvera ci-dessous le programme officiel qui tenait lieu de document d'organisation de la fête.

Autres lectures : « Fête du centenaire de la Papeterie Bolloré en 1922, collection Villard » ¤ « 1922 - Discours de René Bolloré au Centenaire d'Odet » ¤ « La médaille de P.V. Dautel pour le centenaire Bolloré en 1922 » ¤ « ANDRÉ-FOUET Edouard (abbé) - Discours des Fêtes du Centenaire » ¤ « Les cloches du Centenaire d'Odet en 1922 par Théodore Botrel » ¤ « 1922 - Les Paotred à la fête du centenaire de la Papeterie de l'Odet » ¤ « Festival de gymnastique des Paotred-Dispount, Le Progrès du Finistère 1922 » ¤ 

[modifier] 1 Présentation

En 1922 il n'y pas la moindre ligne dans les journaux [1] pour relater la fête des 100 ans des papeteries fondées en 1822 par Nicolas Le Marié et dirigées ensuite par 3 générations de Bolloré. Et pourtant les journaux locaux sont nombreux à cette époque : Le Finistère [2], le Progrès du Finistère [3], l'Union Agricole [4], le Courrier du Finistère [5], l'Ouest-Eclair [6], la Dépêche de Brest [7] ...

La raison en est sans doute que l'évènement n'est pas typé à 100% républicain ou conservateur. Les journaux, tous marqués nettement sur l'échiquier politique, ont une tendance à enjoliver des faits-divers qui sont de nature très proche de leur sensibilité ou à critiquer, par opposition, les articles des journaux concurrents. Ici on a certes affaire à un industriel qui est certes conservateur et très catholique, mais l'implication dans la fête de tout le personnel est socialement et politiquement plus républicaine. D'où le silence des journaux qui ne savent a priori pas quelle position tenir.

De ce fait la date exacte de la fête de 1922 aurait été oubliée, si ce n'est que le poème de Théodore Botrel commence par ces mots « En ce jeudi de Pentecôte ». Et en guise de confirmation, le document inédit présenté ci-dessous, à savoir l'original du programme de la fête corrigé à la main, précise qu'il s'agit bien du jeudi 8 juin 1922, les usines étant arrêtées pour l'occasion. Les libations se poursuivront le jour suivant, et même le week-end.

En 1982 Fanch Mao de Stang-Odet s'en rappelle encore très bien : « Ca a duré huit jours. Ils avaient caché du vin dans la rivière, dans le ruisseau, dans le bois, partout. ». Et Marianne Saliou d'ajouter : « On avait envoyé le Botrel qui avait composé une chanson sur le centenaire ... C'était quelqu'un de Nantes qui organisait la fête. Il y a eu beaucoup de bonshommes saouls. Pendant longtemps après, on a trouvé dans le bois de l'usine des bouteilles vides.  »

 

Les cartes postales du photographe Joseph-Marie Villard [8] diffusées à grande échelle ont joué le même rôle qu'un facebook et un youtube aujourd'hui. On peut y voir les figures réjouies des nombreux participants, les sommités sur leur 31, le personnel décoré, les habits traditionnels ... Par ailleurs on a conservé également les textes des discours du patron René Bolloré et de l'abbé André-Fouêt.

Quant au programme officiel de la journée du jeudi, il est très précis sur les horaires : « 8H30 arrivée du personnel de Cascadec ... 9 Heures MESSE ... 10 Heures Courses ... 11 Heures Remise de décorations ... 11 Heures Déjeuner ... 3 Heures Attractions ... ». Et la soirée du jeudi se terminera par une séance de cinéma, des danses et un feu d'artifice.

La messe en début de journée est dite dans la petite chapelle de l'usine d'Odet, fraichement restaurée et dédiée comme il se doit à saint René. Pour les courses à pied, le programme précise les catégories et les prix octroyés aux gagnants, jeunes gens, hommes mariés, femmes et vétérans. La remise des décorations est faite par le Préfet du Finistère en personne.

Pour agrémenter le repas il est indiqué « Chansons par Monsieur Théodore BOTHREL », lequel vient de rentrer d'une tournée outre-Atlantique et composera le poème « Les Cloches du Centenaire ». Les distractions de l'après-midi sont multiples : « Mats de cocagne - Danses aux binious - Chevaux de bois - Balançoires - Lancement de Bombes surprises et de Baudruches - Exhibition de poids et haltères. »

Laurent Huitric de Menez-Groaz s'en souvient : « Les Bolloré aimaient beaucoup les fêtes. À la fête du centenaire de l'usine, en 1922, tout était pour rien. On pouvait faire du manège tant que l'on voulait. Il y en a qui en ont vraiment profité. »

[modifier] 2 Document d'organisation

Transcription

FETE DU CENTERNAIRE DES PAPETERIES BOLLORE


ODET le 8 juin 1922

P R O G R A M M E

8 H. 30 Arrivée du personnel de Cascadec, devant le Garage. Petit déjeuner pour les Invités.

9 Heures
M E S S E

10 Heures - Courses

1° Course à pied - 400 mètres - réservée aux jeunes gens. Ier Prix 40 Frs - 2e prix 30 Frs - 3e 20 Frs - 4e 10 Frs.

2° Course - 400 mètres réservés aux Vétérans. Ier Prix 40 Frs - 2e prix 30 Frs - 3e 20 Frs - 4e 10 Frs.

3° Course - 100 mètres réservées aux femmes. Ier Prix 40 Frs - 2e prix 30 Frs - 3e 20 Frs - 4e 10 Frs.

4° Course en sacs - Jeunes gens, hommes mariés et femmes - 60 mètres. Ier Prix 40 Frs - 2e prix 30 Frs - 3e 20 Frs - 4e 10 Frs.

11 Heures

Remise de décorations par Mr le Préfet du Finistère

11 Heures 30 - Déjeuner.

Pendant le repas, Chansons par Monsieur Théodore BOTHREL.

3 Heures
Attractions.

Mats de cocagne - Danses aux binious - Chevaux de bois - Balançoires. Etc. Lancement de Bombes surprises. Lancement de Baudruches. Etc. Exhibition de Monsieur Jean François BRETON - Champion du Monde dans les exercices de poids et haltères.

 


[modifier] 3 Annotations

  1. Jean Bothorel écrit dans "Vincent Bolloré - une histoire de famille" : « Un moment intense et inoubliable comme le rapportèrent les quotidiens l'Ouest-Eclair et la Dépêche de Brest »". Mais, après vérification, aucun journal ne publiera de dossier Bolloré en cette année 1922, hormis en août deux médailles du travail et le festival de gymnastique des Paotred-Dispount. [Ref.↑]
  2. Le Finistère : journal politique républicain fondé en 1872 par Louis Hémon, bi-hebdomadaire, puis hebdomadaire avec quelques articles en breton. Louis Hémon est un homme politique français né le 21 février 1844 à Quimper (Finistère) et décédé le 4 mars 1914 à Paris. Fils d'un professeur du collège de Quimper, il devient avocat et se lance dans la politique. Battu aux élections de 1871, il est élu député républicain du Finistère, dans l'arrondissement de Quimper, en 1876. Il est constamment réélu, sauf en 1885, où le scrutin de liste lui est fatal, la liste républicaine n'ayant eu aucun élu dans le Finistère. En 1912, il est élu sénateur et meurt en fonctions en 1914. [Ref.↑]
  3. L'hebdomadaire « Le Progrès du Finistère », journal catholique de combat, est fondé en 1907 à Quimper par l'abbé François Cornou qui en assurera la direction jusqu'à sa mort en 1930. Ce dernier, qui signe tantôt de son nom F. Cornou, tantôt de son pseudonyme F. Goyen, ardent et habile polémiste, doté d'une vaste culture littéraire et scientifique, se verra aussi confier par l'évêque la « Semaine Religieuse de Quimper ». [Ref.↑]
  4. L'Union agricole et maritime, qui a d'abord été appelée L'Union agricole du Finistère est un journal local d'informations générales qui a paru à Quimperlé (Finistère) de 1884 à 1942. Il a connu des orientations éditoriales différentes, selon ses propriétaires successifs. La périodicité a aussi été variable : bi-hebdoadaire, tri-hebdomadaire et hebdomadaire. Avec pour sous-titre Organe Républicain Démocratique de la région du Nord-Ouest, le journal paraît le 1er août 1884 à l'initiative du conseiller général de Quimperlé, James Monjaret de Kerjégu, un riche propriétaire terrien et ancien diplomate résidant à Scaër. [Ref.↑]
  5. Le « Courrier du Finistère » est créé en janvier 1880 à Brest par un imprimeur Brestois, Jean-François Halégouët qui était celui de la Société anonyme de « l'Océan » qui éditait à Brest depuis 1848 le journal du même nom, et par Hippolyte Chavanon, rédacteur en chef commun des deux publications. Le but des deux organes est de concourir au rétablissement de la monarchie. Le Courrier du Finistère est, de 1880 à 1944, un journal hebdomadaire d'informations générales de la droite légitimiste alliée à l'Église catholique romaine jusqu'au ralliement de celle-ci à la République. Il est resté ensuite le principal organe de presse catholique du département, en ayant atteint un tirage remarquable de 30 000 exemplaires en 1926. Rédigé principalement en français, il fait une place remarquable à la langue bretonne, qui est, alors, pour certains ruraux, la seule langue lisible, grâce à l'enseignement du catéchisme. Ayant continué de paraître pendant l'Occupation allemande (1940-1944), Le Courrier du Finistère fait l'objet d'une interdiction de parution. Pour lui faire suite, le diocèse de Quimper a suscité la création d'un hebdomadaire au contenu unique, mais sous deux titres, le Courrier du Léon et le Progrès de Cornouaille. [Ref.↑]
  6. L'Ouest-Éclair est un ancien quotidien régional français, créé par deux Bretons chrétiens d'une sensibilité républicaine et sociale, l'abbé Félix Trochu, prêtre en Ille-et-Vilaine, et Emmanuel Desgrées du Lou, natif de Vannes, commissaire de la Marine, puis avocat. Les ventes décollent après la Première Guerre mondiale et, en 1930, le patron embauche son gendre, Paul Hutin, un Lorrain de 42 ans qui deviendra son gendre. Le journal rayonnait, à ses débuts, sur cinq régions, la Bretagne, la Normandie, l'Anjou, le Maine et le Poitou, comme Journal républicain du matin. En 1940, Paul Hutin, militant antinazi comme sa femme, souhaite que L'Ouest-Eclair ne paraisse pas sous le joug allemand et s'engage dans la Résistance. L'Ouest-Éclair sera interdit à la Libération pour acte de collaboration. Paul Hutin revient à Rennes, à peine libérée, le 4 août 1944 pour créer le Ouest-France. [Ref.↑]
  7. La Dépêche de Brest est lancée le 18 novembre 1886 avec des moyens très limités et succède à l’Union Républicaine du Finistère créée 10 ans plus tôt. Quotidien, il sera même biquotidien durant des périodes d’actualité forte, comme lors de la première guerre mondiale, avec une édition du matin et une édition du soir. Installé rue Jean Macé à Brest (à l’époque rue de la rampe), à l’emplacement des locaux actuels du Télégramme, La Dépêche de Brest poursuivit son évolution jusqu’au 17 août 1944. Ce jour là, en application de la nouvelle réglementation de la Libération, les biens de la Dépêche furent mis sous séquestre. L’ensemble du matériel est alors loué au Télégramme, nouveau titre autorisé par le Comité régional de l’information. [Ref.↑]
  8. Joseph Marie Villard (1868-1935), fils du photographe Joseph Villard (1836-1898) qui avait déjà un créé un fonds très important de plaques photographiques (avec des monuments et des sujets pittoresques de Bretagne), épouse Marie Françoise Ferron dont le père était éditeur à Quimper. Ce mariage de la photographie avec l'édition en fait un photographe éditeur, rue Saint François à Quimper. Photographe des costumes mais aussi des scènes de rue et des paysages, il sera le créateur de la célèbre Collection Villard bien connue des collectionneurs de cartes postales (trois millions de cartes vendues par an). Ami de Théodore Botrel ils travailleront l'un pour l'autre, Villard illustrant ses chansons, Botrel lui écrivant des légendes pour ses clichés. Son fils Joseph-Henri-Marie (1898-1981) prendra sa suite. Son frère Paul, Docteur, aura un fils, Jean Albert, qui sera organiste à Poitiers. [Ref.↑]


Thème de l'article : Document d'archives sur le passé d'Ergué-Gabéric.

Date de création : Janvier 2007    Dernière modification : 29.07.2017    Avancement : Image:Bullgreen.gif [Fignolé]