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Actualités, archives 2010

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Sommaire

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[modifier] 1 Mort au bagne à 22 ans

16 octobre 1882 : « Le Meur Joseph est coupable d'avoir soustrait frauduleusement de l'argent et des aliments avec les circonstances aggravantes ».

Les parents de Joseph Le Meur sont installés dans le quartier d'Odet, son père étant originaire d'Elliant et sa mère de Briec. Joseph, l'aîné, est né en janvier 1863 à Pennanec'h, et ses trois frère et sœurs sont nés au moulin d'Odet ou au Kreisker en Briec (près d'Odet). Sur l'acte de jugement Joseph Le Meur est déclaré « sans profession », et dans son acte de décès comme « ayant exercé la profession de tailleur d'habits ».

En fait, à en croire le jugement de la Cour d'Assises de Quimper, le jeune homme est un cambrioleur récidiviste qui commet de multiples larcins en région quimpéroise. Les faits incriminés, à savoir le vol d'argent et de nourriture, semblent bien disproportionnés par rapport à la peine de huit années de travaux forcés aux Iles du Salut en Guyane française, assorties également d'une obligation de se soumettre pendant dix ans à la « haute police ». Mais il ne purgea que 3 ans au bagne, à l'issue desquels il décéda, et fut sans doute jeté aux requins comme en témoigne Guillaume Seznec 40 ans plus tard :

« Aux Iles du salut, il n'y pas de cimetière pour les forçats. Le bagnard est donné honteusement à manger aux bêtes comme on jette des ordures aux pourceaux. Le bagne, qui enlève aux hommes leur dignité, vole aussi celle de leur mort ».

En savoir plus => « 1882 - Condamnation d'un jeune tailleur délinquant d'Ergué-Gabéric au bagne » en [ Fonds d'archives ].

Billet du 30.12.2010

[modifier] 2 Chroniques de décembre

Avec ces vœux pour l'année 2011 à venir : « Bloavezh mat ha didrubuilh, Kalz a vleunioù da gutuilh, Bara da bep hini, Ha yec'hed e-leizh an ti !  ».

Comme on peut le voir sur sa couverture, le tout nouveau Kannadig démarre par une étude sur un symbole celtique original présent sur une chapelle gabéricoise, le « quadriskell » ou « hevoud » à St-André, et s'achève par une évocation de saison, la crèche de Noël du retable flamand de Kerdévot et tous ses personnages d'avant le vol de 1973.

Mais les 24 pages de ce numéro couvrent aussi bien d'autres sujets :

  • Des articles ravivant la « Mémoires des anciens » : les souvenirs d'enfance de Jean Hascoët de Menez-Groaz, un appel pour retrouver une photo de la clique des Paotred, et un tract anonyme écrit en breton ayant pour cible le Républicain Louis Guyader de Squividan.
  • De nombreux documents du « Fonds d’archives » : les conscriptions évitées des frères Laurent de Kermoysan en 1870, le rattachement du quartier du Rouillen à Ergué-Gabéric en 1791, la déclaration des fourches patibulaires de Kerelan par l’Evêque en 1640, les papiers terriers de la seigneurie et dépendances de Kergonan en 1681, les anciens communs de villages près de Pennarun en 1755-80, des lettres de dénonciation de recteur et de vicaire en 1900 et en 1904.
  • Des pages sur deux « Personnalités » de la commune  : Guy Autret qui oscille dans ses lettres entre la nostalgie de la langue bretonne et l'éloge du français ; Jean-Marie-Déguignet qui se souvient du soleil d'Austerlitz, de Napoleon Kozh et de la prise de Sébastopol.
  • Un article rappelant l'introduction en « Cartographie » de deux séries de photos aériennes : en 1948 les photos de reconnaissance topographique de l'IGN, et une série de 15 grandes photos des quartiers gabéricois en 1971.

En savoir plus => « Kannadig n° 13 Décembre 2010 » (avec possibilité de téléchargement)

Billet du 25.12.2010

[modifier] 3 Capitation de la noblesse

« On sait que la noblesse, et ce sera un des griefs du Tiers, est capitée à part, sur des rôles séparés » (Jean Meyer, La noblesse bretonne au 18e s.).

Il faut ici saluer les travaux récents d'Amaury de la Pinsonnais publiés sur le site Internet Tudchentil.org [*] à propos des rôles de capitation de la noblesse du pays de Quimper en 1720 et 1740. La capitation est l'impôt principal payé par les bretons au 18e siècle. La taxe est instaurée par une ordonnance royale du 18 janvier 1695. Au départ, la capitation est un impôt temporaire imposé par les événements politiques et militaires. La capitation devient, au fil des années, un impôt à part entière dont la collecte était organisée suivant le même principe que la taille, ce jusqu'en 1789.

En ce qui concerne les nobles capités d'Ergué-Gabéric, deux familles principales sont déclarées :

  • Les De la Marche de Kerfors et Lezergué pour un total de 120 livres en 1720 et 121 en 1740. Deux générations sont mentionnées : François Louis, sa veuve, sa soeur Marie-Thérèse, son beau-frère Jacques Le Borgne, ses enfants et une demoiselle.
  • Les Geslin de Pennarun pour 5 livres en 1720 et un montant bien plus élevé de 102 en 1740. Deux générations sont mentionnées : Jean-Baptiste et son fils Charles Jean Alexandre. Un Colier Hamon, non identifié, pourrait être de la famille.

En savoir plus : « 1720-1740 - Rôles de la capitation de la noblesse de l’évêché de Quimper » en [ Fonds d'archives ].

Note(s) :
* Le site Tudchentil.org a été créé en 2002 par le regretté Norbert Bernard. Il ambitionne de permettre de mieux connaître l'histoire de la noblesse bretonne en proposant des articles de qualité sur ce thème.

Billet du 18.12.2010

[modifier] 4 Fourches patibulaires

« s.f.pl : colonnes de pierres au haut desquelles était posée une traverse où les condamnés à mort étaient attachés, étranglés, suppliciés et exposés ».

Patibulaires en haut de colline, Planeten Bilder
Patibulaires en haut de colline, Planeten Bilder

Dans un document d'archives détenu et étudié au 19e siècle par Armand du Chatellier dans son château de Kernuz, il est mentionné des fourches « patibulaires à quatre post de pierre, situés au haut d'une montagne proche du village de Kerelan, près le manoir du Cleuziou », c'est-à-dire quatre piliers de pierres reliés par des traverses en bois auxquelles étaient suspendus les condamnés à mort exposés à la vue des passants.

Les patibulaires n'étaient pas systématiquement le lieu d'exécution des sentences, mais celui où les corps des pendus étaient suspendus pour impressionner les populations, et être la proie des vautours. Ces patibulaires, sous la juridiction de l'évêque de Quimper de 1614 à 1640, en l'occurrence Guillaume Le Prestre, seigneur de Lezonnet, étaient placées à l'extérieur de la ville de Quimper, sur les hauteurs entre Kerelan et Cleuyou - actuellement le quartier du Rouillen -, à l'entrée ouest de la paroisse d'Ergué-Gabéric.

Le chanoine Jean-Marie Abgrall, dans son livre « En vélo autour de Quimper », évoquait les lieux en 1910 : « Allons jusqu'au sommet du tertre, qu'on appelle ar Justiçou, parce que là autrefois étaient dressés les poteaux de justice d'une juridiction quelconque. ».

Pas si quelconque que cela, car rappelons que les patibulaires de Kerelan étaient sur quatre poteaux et relevaient de la seigneurie épiscopale de Quimper. Les gibets à quatre piliers n'appartenaient habituellement qu'aux barons ou vicomtes, alors qu'un simple seigneur de Haute Justice ne disposait que de deux poteaux. Ainsi dans les documents anciens, la « montagne de Lestonan » est déclarée comme hébergeant une justice à « deux potz » appartenant aux seigneurs voisins de Lezergué. Les « quatre posts » de Kerelan avaient une emprise plus importante.

En savoir plus :
Image:Right.gif « 1614-1640 - Aveu de l'évêque de Quimper pour les fourches patibulaires de Kerelan » en [ Fonds d'archives ].
Image:Right.gif « CHATELLIER Armand (du) - Evêché et ville de Kemper » en [ Bibliographie ].

Billet du 09.12.2010

[modifier] 5 Conflit ouvert, 1884-1900

« Bremañ oa komañset adarre tud ar barrez da vezañ amezeien » : les gens de la paroisse avaient commencé à redevenir amis ...

On a réuni dans ce billet les deux visions du conflit qui opposa chez nous et dans toute la France les partisans et les opposants de la Séparation des Églises et de l'État (loi votée en 1905), c'est-à-dire les Républicains d'une part, et les Conservateurs Catholiques d'autre part.

Le premier document, daté de 1884, donne la parole aux Conservateurs. Dans un tract "anonyme" écrit en breton, Yann ar Peoc'h * explique pourquoi il ne faut pas voter pour le candidat républicain Louis Guyader : « Enebourien ar peoc'h a brometo deoc'h peb seurt traoù kaer, memes marteze d'ober ur porzh-mor en Erge-Vras, gant ur maltouter hag ur "chef de gare". Promesaoù kaer a reont, mes prometiñ ha derc'hel zo daou, ha daou zra disheñvel.  ». **

En savoir plus => « Ur trakt evit votadegoù e 1883-84 » et sa traduction française, en rubrique [ Breton ].

Le deuxième document, daté de 1900, est une lettre du républicain Louis Guyader de Squividan au préfet Henri Collignon pour le déclassement du recteur gabéricois Jean Hascoêt. Le prêtre, cible de cette dénonciation, est accusé de pressuriser les familles pour qu'elles inscrivent leurs filles dans sa toute nouvelle école privée congrégative. La mesure de suppression du traitement de Jean Hascoêt est tentée avant l'arrivée de Mgr Dubillard, nouvel évêque de Quimper.

En savoir plus => « 1900 - Demande préfectorale de déclassement du recteur par trois républicains » en [ Fonds d'archives ].

Traductions :
* « Jean de La Paix ».
** « Les ennemis de la paix vous promettent toutes sortes de belles choses, même peut-être construire un port maritime à Ergué-Gabéric, avec un douanier et un "chef de gare". Ce sont de belles promesses, mais promettre et tenir c'est bien deux choses différentes ».

Billet du 02.12.2010

[modifier] 6 Papier terrier de Kergonan

Le manoir, moulin et métairies de Kergonan, situés au nord-est de la commune, constituaient un lieu noble dont l'occupation était très ancienne.

Vitrail François Liziard de Kergonan, St-Guinal
Vitrail François Liziard de Kergonan, St-Guinal

Nous avons retranscrit les 17 feuillets d'un document d'archives familiales rédigé en septembre 1771, reprenant in-extenso une déclaration datée du 18 janvier 1681. L'objet est le « dénombrement du manoir, seigneurie et dépendances de Kergonnan en Ergué-Gabéric ».

Cette déclaration était faite dans le but d'alimenter le registre du papier terrier [1] de la réformation des domaines de Bretagne à la fin du 17e siècle. Elle rassemble toutes les terres et villages dépendant de la seigneurie de Kergonan, pour lesquels étaient dues des rentes en nature ou argent, soit au titre d'un domaine congéable [2], soit d'une simple ligence [3]. L'article tente de répondre aux questions suivantes :

  • Qui était le propriétaire de Kergonan en 1681 et pourquoi l'allée de Kergonan s'appellait en 1540 « garenne de Liziard » ?
  • Comment étaient orthographiés les noms des 30 villages gabéricois qui dépendaient de Kergonan ?
  • Pourquoi l'acquisition de Kerfrès par Guy Autret du manoir de Lezergué est déclarée dans la seigneurie de Kergonan ?
  • Comment étaient payées les rentes sur le manoir, les métairies et les villages afféagés ?
  • Quelle est la raison d'être des « dix douzaines d'anguilles » de Creac'h Ergué ?

En savoir plus => « 1681 - Dénombrement du manoir de Kergonan et dépendances » en [ Fonds d'archives ].

Billet du 20.11.2010

Notes :
Image:right.gif [1] Papier terrier, g.s.m. : registre contenant la description des terres et censives dépendant d'un seigneur, qui devait en principe être renouvelé tous les 20 ou 30 ans.
Image:right.gif [2] Domaine congéable, s.m. : mode de tenue le plus fréquent en Cornouaille au Moyen-Age pour la concession des terres. Les édifices y sont concédés en propriété aux domaniers par le seigneur propriétaire qui peut, en fin de bail, congédier les domaniers moyennant indemnisation.
Image:right.gif [3] Ligence, s.f. : état de celui qui est lié à son seigneur, qui lui a engagé sa foi ; vassalité hommage lige, l'obligation de cet hommage ; qualité d'un fief qu'on tient nuement et sans moyen d'un seigneur, en raison de quoi on devient son homme lige.

[modifier] 7 Enfant de Menez-Groaz

« Pa vezer yaouank e Min-a-groaz hag er Skol Sant-Charlez » ou les mémoires d'un enfant de la balle ... des Paotred, entre 1928 et 1947  :

Interview en avril 2010 de Jean Hascoët, une des figures attachantes du quartier de Lestonan, ou plus exactement de Menez-Groaz. Au-delà de son enfance difficile, il se remémore ses apprentissages d'écolier, ses débuts de joueur de football dans l'équipe des Paotred-Dispount et son entrée à la papeterie d'Odet.

« Je suis né en 1928 (...). J’ai eu une enfance plutôt difficile. J’ai écrit le récit de ma vie sur plusieurs feuillets ; ces mémoires que j’ai commencés pour expliquer la chance que je n’ai pas eue. En résumé ma mère est décédée jeune, mon père s’est remarié, sa seconde épouse est décédée jeune aussi. J’ai été privé de mère pendant mon enfance. Ce récit est un peu personnel et au départ surtout pour la famille. Je vais vous le lire et commenter, en coupant certains morceaux » :

  • Orphelin dès ses deux ans
  • Tuberculose et belle-famille
  • Pensionnaire à Saint-Charles
  • Temps de guerre et occupation
  • Travail, vélo et football
  • Suite logique, la papeterie

En savoir plus => « L'enfance de Jean Hascoët entre Menez-Groaz et St-Charles » en [ Mémoires des Papetiers ].

Billet du 11.11.2010

[modifier] 8 Un hevoud porte-bonheur

« Un symbole solaire et cosmique, représentant la vie tournant autour d'un centre immuable, comme la voûte céleste autour de l'étoile polaire »

en 2005
en 2005
La chapelle de Saint-André possédait une particularité remarquable : une fenêtre circulaire ornementée d'un quadriskell de pierres et de vitrail. Aujourd'hui en 2010, les pierres ouvragées et le vitrail sont tombés et la fenêtre est béante : ne faudrait-il pas en entreprendre la restauration au plus vite ?

En plein milieu du mur nord de la chapelle, d'un diamètre d'environ 80 centimètres, l'oculus de St-André est formé d'un motif représentant deux spirales entrecroisées (*) et en mouvement dextrogyre (la figure tourne dans le sens des aiguilles d'une montre, en tout cas dans sa face visible à l'extérieur).

Les éléments à l'intérieur de l'oculus comprennent une dizaine de pierres d'environ sept cm de large et quarante cm de longueur, les courbes et les rebords étant très nettement taillés. Dans chacune des quatre lobes et au centre sont inscrits des fragments de vitraux, avec en leur milieu un losange de couleur plus foncé.

Quelle est l'origine de cette forme géométrique à quatre branches qu'on connaît sous le nom de « quadriskell » ou « hevoud » (**) ? En quoi se différencie-t-elle des autres motifs tels que le triskell, le svastika sanscrit et hindou, la croix gammée du parti nazi, le lauburu ou croix basque, les emblèmes des partis autonomistes bretons, la croix irlandaise de ste Brigitte ? On trouvera également dans l'article une méthode didactique en 4 étapes pour construire le quadriskell de la chapelle de St-André.

En savoir plus => « Le quadriskell ou hevoud de la chapelle de St-André » en rubrique [ Patrimoine ].

Billet du 05.11.2010

Notes :
Image:right.gif * La figure des deux spirales, la définition de l'hevoud et son histoire sont développées dans le livre de Divi Kervella, « Emblèmes et symboles des Bretons et des Celtes », Coop breizh, pages 117-119.
Image:right.gif ** Hevoud : terme breton signifiant "bien-être" ; l'adjectif hevoudek signifie "qui cause du bien-être, qui porte bonheur".

[modifier] 9 Dérapage verbal en 1904

Wikipedia : « La loi de séparation des Églises et de l'État est un événement fondateur de la société française du XXe siècle. ».

Jusqu'à présent on avait rassemblé plusieurs documents sur cette période de début de siècle à Ergué-Gabéric : les positions de l'Evêché par rapport à la fermeture de l'église "congréganiste" du Bourg, les réactions de Déguignet sur le même sujet, le témoignage d'un gendarme après son intervention d'ouverture des portes de l'église paroissiale pour y faire l'inventaire des biens de l'église, une protestation versifiée en breton contre les opérations locales d'inventaires et relatant les actions paroissiales pour "défendre la croix contre les francs-maçons".

On découvre aujourd'hui une lettre inédite de 1904 dans laquelle le préfet se plaint à l'évêque du comportement de son vicaire gabéricois, François Nicolas, lequel a invectivé dans son sermon dominical un paroissien, présent dans l'église, en l'accusant d'avoir déconseillé aux jeunes conscrits de suivre une retraite religieuse organisée pour eux.

Le préfet rapporte à l'évêque la violence des propos du prêtre en les citant :
«  Défiez-vous de lui et n'écoutez pas ses conseils. Il veut empêcher les jeunes gens d'assister à la retraite ; de même qu'il détourne les familles d'envoyer les enfants aux écoles chrétiennes. (...) Cet homme est un damné. Prions pour lui ».

On imagine bien l'émotion que cela a provoqué aussi bien auprès des paroissiens proches des autorités religieuses et favorables au concordat de 1801 que du côté des défenseurs d'une France républicaine et laïque.

En savoir plus => « 1904 - Dénonciation par le préfet d'un sermon pour la retraite des conscrits » en [ Fonds d'archives].

Et à signaler le travail admirable Jean-Paul Yves Le Goff « La séparation de l'Église et de l'État dans le Finistère ». Le dos de couverture indique la couleur : « L'histoire au risque des archives ». Le pari est réussi. Ce livre est d'une richesse incroyable, c'est une mine de citations, de témoignages, de documents d'archives cités dans leur presque intégralité.

En savoir plus => « LE GOFF Jean-Paul Yves - La séparation de l'Église et de l'État dans le Finistère » en [ Bibliographie].

Billet du 29.10.2010

[modifier] 10 Français du Grand Siècle

« La bonté d'une pensée doit faire excuser la liberté d'une parole » : voilà les sages propos d'un gabéricois contemporain de Louis XIII et Richelieu.

C'est une belle et riche lettre datée du 8 février 1638 écrite par Guy Autret, seigneur de Lezergué, à l'adresse de Pierre d'Hozier qui est à l'origine de cette chronique sur la conception que pouvait exprimer un bas-breton sur les lettres françaises.

À tel point que l'écriture de Guy Autret et son contenu hautement culturel constitue incontestablement une pièce du patrimoine d'Ergué-Gabéric. À quand donc une place, une rue ou un monument en hommage à notre aimable érudit qui, avec d'autres grands épistoliers du 17e siècle, a participé à la réforme de la langue française ?

Cette lettre de 1638 nous apporte quelques révélations quant à ses fréquentations nationales et son attachement au pays de ses ancêtres :

  • L'amitié et l'admiration partagées de l'incontournable grand contributeur de la Gazettte et généalogiste, c'est-à-dire le parisien et provençal Pierre d'Hozier.
  • La défense passionnée du « restaurateur de la langue française » contre ses nombreux détracteurs, à savoir l'académiste gascon Jean-Louis Guez de Balzac.
  • Les propos moqueurs vis-à-vis du jésuite champenois Nicolas Caussin, confesseur de sa majesté, et exilé à Quimper au pays des « Hurons et des Iroquois ».
  • Les termes linguistiques de sa « nourrice de Landerneau », héritage retenu, assumé et même revendiqué.
  • Sa connaissance de la langue bretonne, attestée par un post-scriptum plus intime dans une lettre de 1641 à son cousin procureur du Roi au présidial de Quimper : « Ma gourhemennou dam moezrep Louisa ».
  • Sa « rente quadragésimale » à son ami généalogiste sous la forme de cadeaux de savoureuses mottes de beurre produit en Bretagne : « vous n'avez chatouillé le cœur par vos éloges et je veux greffer le votre par mon beurre ».

En savoir plus :

Billet du 22.10.2010

[modifier] 11 JMD et le Soleil d'Austerlitz

« Ils avaient vu l'homme au petit chapeau traverser les airs avec son cheval blanc pour aller voir la position de l'ennemi » :

Prise de la redoute de Malakoff, Solferino, 1855, Horace Vernet
Prise de la redoute de Malakoff, Solferino, 1855, Horace Vernet

En 1905 les cahiers des Mémoires du Paysan bas-breton se terminent par ce post-scriptum : « Cent ans juste après que le soleil d'Austerlitz vint obscurcir le monde ». Que pensait Jean-Marie Déguignet de cette bataille d'Austerlitz et plus généralement de ce Napoleon Kozh qu'il surnommait « le vieux » ?

Tout écolier français n'est pas sans savoir que Napoléon 1er remporta la bataille d'Austerlitz sur les armées Austro-Russes le 2 décembre 1805. Mais pourquoi ce soleil : après des heures de combat, à l'aube il y avait encore du brouillard sur le plateau de Pratzen-Austerlitz ; mais juste avant l'assaut définitif, le soleil parut et inonda de clarté ce vaste champ de bataille et cela revigora les soldats français pour la charge finale à l’arme blanche dans les rangs russes.

Jean-Marie Déguignet évoque Austerlitz quand il décrit ce qu'il voit le 8 septembre 1855 lors de l'assaut final de Malakoff qui conclut le siège de Sébastopol : « Ce jour-là il n'y avait pas la moindre petite fumée. Et le soleil, quoique n'étant pas celui d'Austerlitz, s'élevait très brillant à l'horizon. ... Tout à coup, un hourra formidable retentit, poussé à la fois par des milliers de poitrines françaises, anglaises, piémontaises, et aussi par tous les civils qui se trouvaient là-haut près du télégraphe. On venait de voir le drapeau tricolore flotter au sommet de la tour Malakoff. ».

Dans ses Mémoires Jean-Marie Déguignet fait le bilan des actions de Napoléon-Bonaparte, celui qu'il appelle « le vieux, l'homme au petit chapeau, le grand bandit » : son omniprésence dans les esprits, les nombreuses légendes surnaturelles dont les âmes celtiques raffolent, sa destruction des peuples et sa cruauté, sa conquête de la France par une manipulation et une tromperie ...

En savoir plus => « Jean-Marie Déguignet et le soleil d'Austerlitz » dans [ l'Espace Déguignet].

Billet du 16.10.2010

[modifier] 12 Photographies aériennes

Des champs à perte de vue et des hameaux minuscules, voilà à quoi ressemblait le territoire communal vu d'avion en 1948 et en 1971  :

Entre 1946 et 1975 l'IGN (Institut Géographique National) a dépêché ses 14 avions B-17 sur le territoire français et d'outre-mer afin de prendre des clichés des villes et des campagnes. Pour Ergué-Gabéric une mission fut organisée en 1948 et les deux photos réalisées présentent les villages gabéricois il y a plus de 60 ans dans un paysage encore très rural.

Comme ces photos couvrent une grande partie de la commune et que plus de 150 villages, lieux-dits ou hameaux y sont visibles, nous avons intégré sur GrandTerrier une facilité contrôlée de navigation à la Google avec possibilité de zoomer sur les villages. Le travail de mise à jour des fiches topographiques et toponymiques est bien déjà entamé au rythme de 10 par jour environ.

En y regardant de plus près donc, si l'on compare la situation topographique de 1948 et celle d'aujourd'hui, on notera de nombreuses différences : des quartiers non encore urbanisés, des routes aux tracés différents, des zones naturelles et non industrielles, des superficies de champs nettement plus petites ...

En savoir plus => « Photos aériennes grand format du territoire communal en 1948 » en rubrique [ Cartographie ]

En utilisant la même technique d'affichage, 15 photos d'avion grand format prises en 1971 au-dessus des quartiers les plus importants de la commune sont publiées. Au Bourg le cimetière paraît bien isolé et éloigné, et les maisons sont toutes regroupées autour de l'église paroissiale. Lestonan est un tout petit hameau, la place paraît grande par rapport aux habitations, et les vaches du champ voisin sont très proches. Au Rouillen, il reste encore des champs, bien que les résidences pavillonnaires commencent à apparaître.

En savoir plus => « Photos aériennes du Bourg, Rouillen et Lestonan en 1971 » en [ Cartographie ] également.

Billet du 09.10.2010

[modifier] 13 Ar Rouilhenn gwechall

Les administrateurs du Directoire ont pris la décision, sans l'aval de l'Evêque "constitutionnel", de redécouper les paroisses du District de Quimper :

Un document de 1791 dans lequel le Directoire du District de Quimper annonce officiellement le transfert des villages de Kerampensal, Cleuyou, Kerélan et du moulin du Coutellic du Petit Ergué au Grand-Ergué, ce qui semble logique aujourd'hui car ce quartier, actuellement appelé « le Rouillen  », est situé dans le triangle gabéricois formé par le confluent des rivières du Jet et de l'Odet.

Ce n'est pas le premier transfert territorial de ce quartier car au 15e siècle cette zone proche de Quimper était rattachée à la paroisse de Lanniron, puis à la paroisse de Quimper St-Esprit, avant de dépendre d'Ergué-Armel |*]. Il est même probable qu'au 14e siècle la propriété de Kerelan, avant son rattachement à Lanniron, soit déclaré comme "Keralen en Ergué-Gabéric" [**].

En savoir plus => « 1791 - Rattachement à Ergué-Gabéric de Kerampensal, Cleuyou et Kerelan » en [ Fonds d'archives ]

On en profitera également pour relire le témoignage de Youenn Quillec en 1981 quand ses souvenirs remettaient en lumière les fermes et les habitants du Cleuyou, de Kerelan, de Coutilly ... au début du 20e siècle : « Avant la guerre, il n'y avait pas beaucoup de circulation au Rouillen. Sinon on n'aurait pas pu amener les vaches de l'autre côté de la route ».

En savoir plus => « Souvenirs des fermes en activité au Rouillen, par Youenn Quillec » en rubrique [ Mémoires ]

Billet du 01.10.2010

[*] cf travaux de Jean-Paul Perron et Daniel Collet publiés dans l'ouvrage collectif « Histoire de Quimper » sous la supervision de Jean Kerhervé.

[**] cf document d'archives « 1389 - Acquêts de terres de chanoine à Keralen en Ergué-Gabéric ».

[modifier] 14 La conscription en 1870

Les multiples exonérations et remplacements au service militaire furent-ils la cause de la défaite des Français en 1870 face à l'armée Prussienne ?

Sept documents inédits datés de 1867 à 1872 et relatifs au service militaire des deux frères Yves-François et Jean-Marie Laurent de Kermoysan / Kervojen [*] ont été retrouvés dans les archives d'une famille gabéricoise. Ils constituent une parfaite illustration de la façon dont était organisé le contingent, avec son tirage au sort et les possibilités d'exonération ou de remplacement en vigueur à cette époque-là.

Par la loi Soult de 1832 et celle de 1855, la durée du service militaire est de 7 ans (rabaissée à 5 ans en 1868) pour la moitié des jeunes gens en âge, la désignation se faisant par tirage au sort. Le tirage au sort était organisé au chef lieu du département, les inscrits ou leurs représentants habilités étant appelés à prendre un numéro dans une urne. Si le numéro était en deçà d'un chiffre limite, le jeune homme était incorporable au contingent, sinon il pouvait rester dans sa famille ou alors se proposer pour remplacer un autre moyennant rémunération. On pouvait également demander une exonération de service, ce en payant un versement forfaitaire. La loi Niel de 1868 créa la garde nationale mobile, complétant l’armée active, où chaque citoyen servait 15 jours par an pour bénéficier d’une formation militaire.

Toutes ces différentes dispositions législatives prévues pour l'organisation du contingent se retrouvent étonnamment dans les différents papiers des deux frères Laurent : le tirage au sort d'Yves-François, son exonération de service, le remplacement de Jean-Marie, le diplôme de garde national mobile ..., avec des précisions sur les sommes versées, les démarches et les personnes impliquées.

En savoir plus => « 1867-1872 - Tirage au sort, exonération et remplacement au service militaire » en [ Fonds d'archives ]

Billet du 24.09.2010

[*] Le nom du village est orthographié dans les documents soit Kermoysan, soit Kervogen conformément à la prononciation locale.
Cf l'article « Toponymie de Kermoysan / Kevojen ».

[modifier] 15 Les chroniques du patrimoine

En cette journée et week-end du patrimoine, voici le tout dernier numéro trimestriel "Kannadig" des chroniques du GrandTerrier :

Comme on peut le voir sur la couverture, ce numéro démarre par l'enquête sur la coiffe locale gabéricoise ayant précédé la Borledenn glazik, et par les souvenirs de deux vieux loups papetiers : Jean-Pierre Rolland et René-Jean Rannou.

Et que trouverez-vous d'autre dans ce Kannadig numéro 12 :

  • Des articles ravivant la « mémoires des anciens »  : le patronage des Paotred à l'Hôtel et la statue retrouvée de la Vierge à l'enfant, les baignades d'antan près du pont à légendes de Pont-Alhuen, le témoignage du dernier paotr-saout de Menez-Groaz, et enfin les souvenirs de sorties des p’tits gars de la classe 56 (avec un hommage à Lanig Meur).
  • Des coupures de presse régionales et nationales aux 19e et 20e siècles : le premier article sur la lettre en breton à Louis-Philippe en 1837 dans l'Armoricain et Le Siècle, les chiens écrasés dans le Courrier du Finistère de 1914 à 1919 et un grand reportage sur un meurtre à Méouët-Vian dans Police-Magazine en 1937.
  • Des articles « bibliographiques », à savoir l'évocation par Lan Inizan et Job de Roincé du "chouan" Jean-François de La Marche, et l'histoire de la création des écoles publiques de Lestonan éditée par Arkae.
  • Sans oublier les « documents et fonds d’archives » : un document inédit de 1389 sur Keralen détenu par un chanoine, l'inhumation illégale de Marie Duval dans l'église paroissiale en 1742, la grande quête communale organisée pour sauver Kerdévot en 1795, la dénonciation d'un pardon anti-constitutionnel à Kerdévot en 1791, les primes aux chasseurs de loups en 1796 et la battue de 1848.

En savoir plus => « Kannadig n° 12 Septembre 2010 » (avec possibilité de téléchargement)

Billet du 18.09.2010

[modifier] 16 Meurtre d'un vieux garçon

Où il est question d'un crime crapuleux en pleine campagne gabéricoise et d'une enquête menée par le commissaire Yves Le Gall.

Police Magazine est un grand hebdomadaire national d'avant guerre dont le premier numéro est daté du 1er décembre 1930. Avec le journal Détective ils se partageaient les chroniques des affaires criminelles, avec en prime pour le magazine les lancements de futurs romans policiers à succès.

On peut citer de grands titres de Police-Magazine comme « L'assassinat du président Paul Doumer » ou « Seznec est-il innocent ? » en 1932 ou « Le mystère Prince va-t-il s'éclaircir ? » en 1934 ... On lui doit également d'avoir publier en 1937-38 plusieurs romans de Georges Simenon dont « La nuit du carrefour ».

En août 1937, c'est Ergué-Gabéric qui est à l'honneur : une pleine page est consacrée à un article au titre accrocheur, « Un crime en Bretagne ».

L'ambiance locale rapportée par le journaliste Geo Guasco vaut bien celle du « Mystère de la chambre jaune » de Gaston Leroux : «  La nuit était tombée depuis longtemps et nul bruit ne se faisait entendre dans la ferme de Meoët-Vian, en Ergué-Gabéric, à dix kilomètres de Quimper, sur la route d'Elliant. C'était, dans toute sa splendeur, le repos de la vaste campagne. Le silence, rien que le silence. ».

Outre les éléments de l'enquête et l'interview du commissaire Yves Le Gall , l'article met également en scène des voisins gabéricois : la victime Jean Lozach, vieux garçon agriculteur à Meoët-Vihan ; le neveu Jean-Louis Petillon, meunier à Meil-Faou ; un dénommé Rannou de Meoët-Vras ; Pierre Tanguy, maire d'Ergué-Gabéric, et enfin M. Goulaounic, interprète en langue bretonne.

Par contre nous ne savons pas si l'enquête policière permit in fine la découverte du criminel.
Qui, aujourd'hui, aurait des informations à ce sujet ?

Image:right.gif En savoir plus : « Le meurtre de Jean Lozac'h à Meouet Vihan, Police Magazine, Ouest-Eclair et Dépêche 1937 » en rubrique [ Reportages ]

Billet du 10.09.2010

[modifier] 17 Grande quête pour Kerdévot

Certains l'avait surnommé le sauveur de Kerdévot, mais en réalité ce n'était que le prête-nom d'une commune entière attachée à sa chapelle :

Le 8 floréal de l'an 3, c'est-à-dire le 27 avril 1795, la chapelle de Kerdévot, confisquée et inscrite aux Biens Nationaux, est vendue aux enchères pour 6.000 livres à Jérome Crédou, agriculteur à Créac'h-Ergué, lequel la restituera à la commune en 1804. Mais ceci est-il le vrai scénario ? D'où provenait l'argent de cette acquisition ?

Une attestation sur l'honneur de Jean Le Jour, agriculteur et ancien maire, sous la forme d'un acte authentique contresigné par deux notaires-avoués en 1809, nous éclaire sur les circonstances exactes de cette affaire : en fait tous les habitants d'Ergué-Gabéric avaient été invités à offrir leur dons lors d'une quête communale et paroissiale. Ce document inédit nous permet précisément de :

  • comprendre le rôle de Jérome Crédou qui, dans les autres documents, semblait présenter son geste comme une initiative personnelle et isolée.
  • donner le détail de la quête collective qui a été levée auprès de tous les habitants des 10 trèves/parcelles gabéricoises.
  • décrire le rôle déterminant du quêteur nommé dans chaque parcelle, dont notamment Pierre Lizien de Mélennec.
  • préciser la somme de 40 francs (sur un prix acquitté de 6000) que le déclarant Jean Le Jour a lui-même personnellement apporté au montant des dons.
  • confirmer la fonction de prête-nom de Jérome Crédou, dans un contexte où il était interdit à l'autorité communale de se porter acquéreur d'un bien national comme la chapelle de Kerdévot.

Image:right.gif En savoir plus : « 1809 - Attestation de quête pour l'acquisition de la chapelle de Kerdévot » en rubrique [ Fonds d'archives ]
   « Jean Le Jour, maire (1800-1806) » et « Jérôme Crédou, maire (1812-1820) » en rubrique [ Personnalités ]

Billet du 02.09.2010

[modifier] 18 Classe de conscrits

Elles ne sont pas superbes les casquettes de la classe 56, avec leurs fines rayures écossaises, et portées à la mode glazik ?

La classe, au début et au deuxième tiers du siècle dernier, était une sorte de coterie ou de clan qui se réunissait à périodes fixes, souvent tous les cinq ans, quelquefois plus souvent, et qui prenait comme dénomination l'année de leur vingt ans, âge de convocation au conseil de révision.

Une classe regroupait au départ des dizaines de jeunes gens d'une même commune, et Ergué-Gabéric n'a pas échappé à cette pratique. D'où l'expression souvent entendue et bien comprise localement : « Celui-là il est de la classe ... ».

On a regroupé ici les photos et coupures de presse d'une classe très soudée, la classe 56, qui s'est souvent réunie et chaque fois dans la bonne humeur.

Cela démarre avec leur premier bal à 19 ans chez Quéré à Lestonan, jusqu'à l'agneau grillé de 1986 à leur banquet des 50 ans, précédé cinq ans auparavant d'un couscous à l'Orée du Bois où « les bonnes et savoureuses histoires en français et surtout en breton de René Le Reste et Lannig Meur [*] en remuèrent plus d'un ».

Image:right.gif En savoir plus : « 1955-1986 - Les gars de la classe 1956 d'Ergué-Gabéric » en rubrique [ Reportages ]

Billet du 27.08.2010

[*] : Lannig Meur, ancien directeur d'école et président de bagad au Moulin-Vert en Quimper, était un conteur qui aimait bien animer les soirées associatives où il mêlait breton et français pour le plaisir de tous. Retiré à Leuhan, il est décédé début janvier 2010 dans sa 86e année.

[modifier] 19 Musée de la papeterie

« Conserver la mémoire de l'entreprise et des hommes qui y ont travaillé », telle était l'ambition de ce projet de musée :

Pendant deux mois en 1992, la mission de Brigitte Barvec de l'association Buhez a consisté à rencontrer les anciens et les référents gabéricois qui ont connu la papeterie d'Odet en activité pour dresser les lignes directrices d'un futur musée sur les lieux de l'ancienne papeterie Bolloré.

Les résultat est un mémoire de 39 pages où les sources bibliographiques et les archives connues sont inventoriées, mais surtout où un exposé des conditions préalables de réalisation est proposé :

  • un délai de 3 ans avant mise en forme avec une phase de collecte et de recherche, guidée par un ethnographe pour les "histoires de vie" des anciens ouvriers et ouvrières, et d'un historien pour les aspects archivistiques.
  • l'implication de la famille Bolloré dans le projet, tant pour les bâtiments et espaces utilisés par la future structure d'accueil que pour l'accès aux archives privées.
  • la construction d'un centre d'interprétation : « on ne cherche pas à tout y montrer, on y retient les plus parlants au sein d'un exemple (en l'occurence la société des papetiers d'Odet) tout en reliant cet exemple à un contexte historique et culturel ».

Un complément d'étude sur les aspects financiers du projet de musée a été effectué en parallèle par la SAFI (Société d'aménagement du Conseil Général du Finistère), mais il revient à l'association Buhez regroupant les conservateurs des musées d'histoire et écomusées de Bretagne d'avoir su relever et documenter sur place les particularités du projet de musée de la papeterie à Odet tel qu'il pouvait être programmé en 1992.

Image:right.gif En savoir plus : « BARVEC Brigitte - Etude de faisabilité pour un musée de la papeterie » en rubrique [ Bibliographie ]

Billet du 21.08.2010

[modifier] 20 Chiens écrasés de 1914-19

Les chroniques du Grand-Ergué en pleine « der des ders » par un journal on ne peut plus légitimiste et catholique :

Le Courrier du Finistère joue, de 1880 à 1944, le rôle d'organe officiel de la droite légitimiste et de porte-parole de l'autorité catholique du département, en atteignant un tirage remarquable de 30 000 exemplaires en 1926. Rédigé principalement en français, il fait une place importante à la langue bretonne et aux nouvelles locales.

Entre 1914 et 1919, on y trouve pas moins de 16 entre-filets concernant la commune d'Ergué-Gabéric et ses habitants :

  • La mort de froid d'un mendiant sur un tas de billettes de bois au bourg, découvert par le bedeau de la paroisse.
  • Une querelle de voisins agriculteurs à Poulduic et la Salle-Verte, où le plus jeune est bien amoché.
  • Un suicide à Kernevez par pendaison à un pommier au moyen d'une blouse enroulée autour du cou.
  • L'arrivée en grande fanfare du nouveau recteur Louis Pennec accueilli au manoir du Cleuyou par les paroissiens représentés par plus d'une trentaine de chars-à-bancs et une quantité de bicyclettes.
  • Le vol d'un bœuf de race bretonne de robe pie sous la surveillance de deux enfants « paotred saout », âgés de 11 ans et de 2 ans.
  • Un incendie à Stang-Quéau enflammant notamment les toits de chaume de quatre bâtiments, heureusement assurés.
  • La virée épique de trois jeunes gens de Kernevez et Mélennec ayant ingurgité du cidre jusqu'à leur saoul.
  • Des concours de pouliches ou poulinières où se distinguent Cocotte, Mimi, Espérance, Gentille, Fanny, Rosalie, Méline, Odette ... représentantes des meilleures exploitations agricoles de la commune.
  • Les vols d'économies et d'un paquet de tapioca par une femme au statut de réfugiée qui le revend au débitant du bourg.
  • Un accident mortel d'un conducteur d'attelage, le crane coincé entre les escaliers des bureaux de la papeterie d'Odet et la roue droite de son véhicule.

Image:right.gif En savoir plus : « Des faits-divers gabéricois, Le Courrier du Finistère 1914-1919 » en rubrique [ Reportages ]

Billet du 18.08.2010

[modifier] 21 Souvenirs de l'Hôtel

Une statue de Madone qui réapparaît du haut de ses 1 m 40 après avoir été cachée dans une cheminée à l'abri des occupants allemands :

Qui se souvient de ce patronage à l'Hôtel où s'entrainait la première clique de gymnastique des Paotred fondée en 1919 par l'abbé Louis Le Gall ? C'était une époque où le clergé local sponsorisait les activités sportives, et il n'était pas étonnant d'y trouver des statues de Vierge Marie et de saints.

Le patronage était orné d'un certain nombre de statues de bois et de plâtre. Lors de la seconde guerre mondiale en 1939-45 les occupants du patronage décidèrent de cacher les statues de la convoitise des troupes allemandes, ce dans le haut d'une cheminée intérieure.

Et ce n'est qu'après guerre que les nouveaux propriétaires ont redécouvert leur existence et entrepris de dégager les statues de plâtre, une statue de saint en bois polychrome et une grande statue de Vierge à l'enfant. La niche en hauteur sur le mur Est du patronage abritait également une petite statue en faïence émaillée.

Que sont devenus aujourd'hui toutes ces statues ?
Et d'où vient donc ce trou dans la statue en faïence ?

Image:right.gif En savoir plus : « L'ancien patronage des Paotred à l'Hotel » en rubrique [ Patrimoine ]

Billet du 13.08.2010

[modifier] 22 Concours de ponts de pierre

Quel est le plus joli pont de pierre gabéricois ? Dans le cadre du patrimoine "utilitaire et profane", le concours pour le titre 2010 est ouvert  :

Nous avons sélectionné trois d'entre eux qui méritaient le détour et quelques photos, à savoir dans l'ordre des vignettes ci-contre (de haut en bas) : le pont "romain" sur le Jet à Mélennec, le pont dit "Pont-Alhuen" à 3 arches sur la route de Landudal et enfin le pont sur l'Odet à proximité de la papeterie.

Le premier est un charmant petit pont situé au bout d'un chemin à la hauteur du village de Mélennec, qui avait pour vocation d'assurer un passage à pied ou en charrette sur le Jet entre les communes d'Ergué-Gabéric et d'Ergué-Armel, en amont de l'Eau-Blanche.

Le deuxième est un très beau pont à trois arches de plein cintre en contrebas de Kermorvan sur la route de Landudal et Langolen à partir de St-André. La troisième voûte a sans doute été ajoutée ultérieurement pour permettre l'écoulement en cas de fortes eaux. Notez la belle légende des barriques d'or et d'argent, la toponymie incertaine du lieu-dit et les baignades de "Toul-Visant".

Le dernier est un magnifique pont à deux arches en voûtes très hautes par rapport au niveau de la rivière d'Odet, à la hauteur de la papeterie et construit en 1859 pour permettre le passage de charrois entre les communes d'Ergué-Gabéric et de Briec. Vous pouvez y consulter le descriptif technique complet de l'ouvrage.

Image:right.gif En savoir plus : « Ponts de pierre sur le Jet ou l'Odet » en rubrique [ Patrimoine ]

Billet du 07.08.2010

Note : Pour les séries de photos des ponts sus-mentionnés, et pour l'ensemble des galeries d'images du site GrandTerrier, la technique d'affichage s'est modernisée. Les diaporama ou visionneuses d'images sont désormais en mode incrustation, avec un défilement facilité et une adaptation de la taille des images en fonction de l'écran et des formats (paysage, portrait).

[modifier] 23 Skol an diaoul e Leston

Le livre de l'été 2010 dans la catégorie des ouvrages ou articles couvrant l'histoire ou la mémoire de la commune d'Ergué-Gabéric :

Ne cherchez dans ce livre édité par l'association Arkae ni l'évocation de la vie quotidienne à l'école publique - appelée généralement "skol an diaoul" (école du diable) par ses détracteurs - dans le quartier de Lestonan, ni d'y reconnaître des têtes connues sur des photos de classe jaunies.

Il s'agit d'un ouvrage très riche en sources documentaires qui relatent la création des écoles publiques du quartier, celle des garçons et celle des filles (à l'époque il y avait véritablement deux écoles), et qui donnent un exemple local très intéressant de la guerre scolaire au début du 20e siècle entre les écoles laïques et les écoles chrétiennes.

Le sous-titre "Bolloré et les écoles de Lestonan" est bien choisi, car si les documents illustrent bien les batailles politiques et administratives qui ont accompagné les premières années des écoles publiques, ils éclairent également les conditions de la construction des écoles chrétiennes privées en 1928-29 par le patron des papeteries Bolloré.

La richesse documentaire du livre provient des Archives départementales, mais également des comptes-rendus des conseils municipaux, des lettres d'instituteurs, des rapports de l'inspection académique qui apportent des informations précieuses et inédites.

Image:right.gif En savoir plus : « AC'H François et RAULT Roger - Les écoles publiques de Lestonan, 1880-1930 » en rubrique [ Bibliographie ]

Billet du 31.07.2010

[modifier] 24 Vieux loup de papeterie

Un article sur la mémoire par l'évocation d'un véritable patriarche précurseur à la tête d'une famille de papetiers sur plusieurs générations :

Celui que René Bolloré qualifiait de « vieux loup de papeterie » a marqué son époque, ce aussi bien dans son quartier natal d'Odet que du côté de Cascadec où il a contribué au démarrage de la deuxième papeterie du groupe Bolloré.

France du Guérand le décrit ainsi : « Un grand homme d'allure noble aux favoris et à la barbe blanche, dans un costume breton bleu de Roi, brodé du même ton que les genêts en fleurs. ».

On le voit ci-contre sans la barbe, mais avec ses longs favoris blancs. La photo originale, plus large, rassemble les dix cadres principaux de l'entreprise Bolloré en 1911, et Jean-Pierre Rolland est tout proche du patron, à sa gauche. La plupart d'entre eux, qu'ils soient d'Odet ou de Cascadec, ont été reconnus.

L'article donne aussi, au travers de ses neuf filles, la liste des nombreux descendants directs ou indirects qui ont participé à la bonne marche de l'entreprise Bolloré : Emile Rannou, Henri Le Gars, Joseph Huiban, Guillaume et Mann Kerourédan, Pierre et Pierrot Eouzan, Jean Guéguen, Jean Rivoal ...

On y trouve également le récit de la mort tragique du grand homme sur son char à bancs, et l'évocation de son souvenir sur son lit de mort.

Image:right.gif En savoir plus : « Jean Pierre Rolland (1855-1914), papetier »

Billet du 29.07.2010

[modifier] 25 Déguignet et les juifs

Jean-Marie Déguignet, à force d'être anticlérical et cathophobe, pouvait-il être antisémite en défendant avec autant de vigueur Alfred Dreyfus ?

Dans ses mémoires Jean-Marie Déguignet a largement exprimé son rejet de la religion de Jésus-Christ qu'il qualifie de juif car né en terres juives de Galilée. Il n'a cessé de critiquer cette religion et des fables inculquées aux populations, notamment aux paysans bas-bretons. Il s'est attaqué aussi aux Jésuites. Est-ce pour autant qu'on pourrait l'accuser d'anti-sémitisme ?

Lorsque Déguignet décède en 1905, il faudra bien attendre un an encore avant que le capitaine juif Alfred Dreyfus soit pleinement innocenté. Certes il avait été gracié en 1899 par le président Loubet, mais d'un point de vue légal il restait "coupable" et "traitre" de surcroit. Jean-Marie Déguignet n'est pas moins convaincu de l'innocence du capitaine Dreyfus et l'écrit dans ses mémoires où il dénonce à la fois le rôle néfaste des journaux nationalistes et dreyfusards, et les malversations commises par les cadres de l'armée française dans laquelle il avait lui-même été enrôlé.

Il commence sa plaidoirie par « Certains journaux jésuitico-catholiques avaient déclaré une guerre à mort à tous les juifs et judaïsants », et plus loin : « Il n'y avait plus en France alors que des dreyfusards et antidreyfusards, ou sémites et antisémites ». Et il se range explicitement parmi les dreyfusards et sémites. Il fait même le reproche aux « cléricofards » d'oublier leurs origines en criant « À bas les juifs ! ».

Image:right.gif En savoir plus : « Les positions de Jean-Marie Déguignet sur l'affaire Dreyfus »

On pourra par ailleurs consulter une analyse complémentaire sur la fiche bibliographique d'une entrée de blog journalistique écrite en 2006 sur les travers cathophobes de Déguignet. Le journaliste écrit : « Et l'on voit revenir ensuite, sous la plume du républicain laïque Déguignet, cette idée que l'esprit "sémitique" a corrompu la civilisation "aryenne" à travers le christianisme, qui fait ainsi le malheur de toute la terre ». Peut-on être d'accord ?

Image:right.gif En savoir plus : « PLUNKETT Patrice (de) - Aux racines de la cathophobie : le cas Déguignet »

Billet du 26.07.2010

[modifier] 26 Chahut Anti-Constitutionnel

En breton on parlerait même de « reuz » (*) pour qualifier le climat entre les partisans et les opposants de la Constitution Civile du Clergé (**) :

Voici une sélection de documents, dont certains inédits et découverts récemment, attestant des difficultés de mise en place de la loi de 1790 (**).

Tout d'abord les lettres du recteur Alain Dumoulin, en brouille avec le Directoire du District de Quimper, essayant maladroitement de défendre ses droits à revenu.

Image:right.gif « 1790 - Trois lettres d'Alain Dumoulin au Directoire du District de Quimper »

Ensuite la lettre de la municipalité qui demande timidement aux administrateurs du District et du Département de maintenir en poste leurs prêtres qui ont tous, le recteur y compris, eu la mauvaise idée de ne pas signer la serment Révolutionnaire.

Image:right.gif « 1791 - Demande du maire pour le maintien de prêtres réfractaires »

Les échanges très vifs entre le recteur qui voudrait se maintenir à la cure et son remplaçant constitutionnel qui veut l'en chasser.

Image:right.gif « 1791-1792 - Echanges épistolaires entre un prêtre réfractaire et un assermenté »

Le compte-rendu rédigé par le Directoire de Quimper suite à un « acte extérieur de religion », à savoir le pardon de Kerdévot, interdit par la loi Républicaine. Les prêtres, en l'occurrence constitutionnels, seront dénoncés, mais « aucun trouble ne s'est élevé au milieu des citoyens paisiblement réunis à Kerdévot ».

Image:right.gif « 1795 - Dénonciation d'un pardon anti-constitutionnel à Kerdévot »

L'attestation de résidence d'un prêtre par le maire de la commune d'Ergué-Gabéric entre 1792 et 1795, déclaration pour prouver « qu'il n'a point et n'est point émigré, qu'il n'a pas et qu'il n'est pas détenu pour cause de suspicion ou contre-révolution ».

Image:right.gif « 1798 - Attestation de résidence gabéricoise pour un prêtre »

Billet du 18.07.2010

(*) REUZ : g. ravage, (drame, malheur, loc. mauvais oeil), parf. grabuge (vacarme), embarras, parf. (en) chaleur, (faire) rage. (dictionnaire Favereau).
(**) La loi sur la Constitution Civile du Clergé, votée le 12 juillet 1790 par l'Assemblée nationale constituante, devait remplacer le Concordat de 1516 et visait à réorganiser en profondeur l'Église de France, transformant les prêtres paroissiaux en « fonctionnaires publics ecclésiastiques ».

[modifier] 27 Coiffe gabéricoise du 19e

Enquête sur la coiffe à huppe ou capuche portée en pays glazik au 19e siècle avant l'apparition de la borledenn à bord large et filet brodé :

La très belle lithographie ci-contre, titrée « Jeune Fille du Grand-Ergué », fut publiée comme une simple illustration d'un article intitulé « Le Breton » par Alfred de Courcy en 1842, dans le tome II d'un ouvrage collectif intitulé « Les Français peints par eux-mêmes. Types et portraits humoristiques à la plume et au crayon. Mœurs contemporaines ».

On est bien loin de la coiffe quimpéroise actuelle, la Borledenn à bord large avec ses trois pièces en filet brodé et satin. On a affaire ici à une coiffe en drap de lin dite à capuche, dont les grandes ailes tombent latéralement encadrant les côtés du visage. Le tablier est assortis de jolis couleurs gaies qui tranchent avec le noir et les bandelettes rouges du bustier.

En savoir plus : « Lithographie d'une coiffe à capuche gabéricoise »

L'article nous révèle :

  • L'identité de l'auteur de l'illustration, le professeur de dessin Prosper Saint-Germain de Morlaix.
  • L'édition complète des 81 pages rédigées par Alfred de Courcy, avec ses croquis.

Billet du 07.07.2010

Nota: saura-t-on un jour qui était la jeune fille gabéricoise au sourire à la Mona Lisa et posant devant le professeur de dessin ?

[modifier] 28 Lizher d'an Aotrou Roue

Les suites de la quête pour retrouver la lettre en breton adressée par le conseil paroissial d'Ergué-Gabéric à leur roi Louis-Philippe :

La lettre gabéricoise au roi Louis-Philippe a souvent été présentée comme un modèle de roublardise rurale pour obtenir une aide financière, tout en s'apitoyant d'une nouvelle tentative d'assassinat sur la personne royale. Mais cette lettre rédigée en breton a-t-elle existé ?

Il y a quelques mois nous avions retrouvé et publié la lettre d'accompagnement du préfet et les inscriptions dans les registres des services administratifs de la Monarchie de juillet. Mais il persistait une double information et interrogation : « L'original est au bureau des secours », « Cette adresse bretonne a été citée dans les journaux pour sa singularité ».

Aujourd'hui le second mystère est levé : l'affaire fut d'abord évoquée dans le journal régional L'Armoricain de Brest, et reprise ensuite dans le grand quotidien national Le Siècle.

En savoir plus : « Lettre en breton au roi Louis-Philippe, Le Siècle et L'Armoricain 1837 »

La version publiée dans Le Siècle permet de compléter le dossier, et notamment de confirmer la présence d'expressions et de tournures bretonnes issues de la lettre originale, et d'apprécier la valeur de la version re-traduite en langue bretonne par le mémorialiste Per-Jakes Hélias.

Dossier complet : « 1837 - Lettre en breton de paroissiens gabéricois à leur roi Louis-Philippe »

Billet du 03.07.2010

[modifier] 29 Chasse aux ivrognes au 19e

L'emprise de l'alcool sur les habitants des campagnes bretonnes était-elle réelle au 19e siècle ou est-ce une image d'Epinal ?

Au 19e siècle en Basse-Bretagne il est notoire que l'alcoolisme faisait des ravages. Deux préfets du département, le baron Germain-Joseph Boullé et Charles Richard, ont mené une lutte contre le fléau, en tentant notamment de contrôler les cabarets et leurs habitués. Ergué-Gabéric n'a pas échappé à la nécessité de réglementation, pour preuves deux documents datés de 1844 et de 1839.

Il s'agit d'abord d'une lettre de demande d'autorisation du maire pour l'apposition de placards de lutte contre l'alcoolisme dans les cabarets de la commune, accompagnée du projet de placard avec son règlement : « Art 3. Du premier avril au 1er octobre les cabarets ne pourront être ouverts avant 4 heures du matin, et ils devront être évacués et fermés à 8 heures du soir [...] ».

On a profité de cet article pour faire le point sur la localisation des débits de boissons sur le territoire communal au 19e siècle.

En savoir plus : « 1844 - Placards réglementaires pour les cabarets gabéricois »

On trouvera également un article du journal Le Quimpérois en 1839 où il est question de trois accidents tragiques d'ivrognes gabéricois et du sermon du prêtre contre l'infamie d'alcoolisme. Si le ton du journaliste est grave, la situation du troisième individu n'en est pas moins cocasse : « ce n’est qu’après l’avoir couvert d'une épaisse couche de fumier qu’on a pu le rappeler à la vie ».

En savoir plus : « Deux morts et un rescapé suite à ivresses prononcées, Le Quimpérois 1839 »

Billet du 26.06.2010

[modifier] 30 Terres de chanoine au 14e

Découvert un peu par hasard, voici le plus ancien document rédigé en français, et non en latin, concernant et mentionnant Ergué-Gabéric  :

Document de 1389 conservé aux Archives départementales du Finistère, en série 2 G 181, et ayant pour objet les « acquêts » de tenue de fief entre le chanoine Guillaume Le Marhec et sa tenancière Eva Riou. Le lieu-dit concerné est orthographié Keralen et pourrait être en réalité le fief de Kerelan, qui, au 15e siècle était en fait rattaché à la paroisse de Lanniron (puis de Quimper St-Esprit et enfin d’Ergué-Armel, avant d’être - de nouveau ? - intégré à Ergué-Gabéric en 1791).

Le document est une pièce unique de dimension 20cm sur 12cm établi sur parchemin rigide et accompagné d'une feuillet de présentation rédigé bien plus tard. L'écriture a pâli avec les siècles, est très difficile à déchiffrer et serait digne d'une étude de paléographie médiévale.

À notre connaissance, c'est le plus ancien document isolé mentionnant Ergué-Gabéric et écrit en langue française, si l'on exclut les mentions latines datées de 1325-1368 dans les ouvrages collectifs comme les Cartulaires (*) et les Pouillés (**).

On trouvera dans l'article détaillé la reproduction du document et une tentative de reconnaissance textuelle ligne à ligne de son contenu.

En savoir plus : « Acquêts de terres de chanoine à Keralen en Ergué-Gabéric »

Billet du 19.06.2010

(*) Cartulaire, s.m. : registre qui contient les titres de propriété ou les privilèges temporels d'une église ou d'un monastère. Les cartulaires anciens bretons du 8e au 14e siècle sont essentiellement ceux de Landévennec, de l'abbaye de Redon, de Sainte-Croix de Quimperlé et de la Cathédrale de Quimper.

(**) Pouillé, s.m. : relevé de tous les biens et bénéfices d'une abbaye, d'un diocèse, d'une province sous l'Ancien Régime ; registre ou liste de ces biens. Le principal pouillé connu en Bretagne est celui de l'Archevêché de Tours dont dépendaient les Évêchés de Quimper, Vannes, l'Archevêché de Rennes n'ayant été créé qu'en 1859.

[modifier] 31 Gare aux loups gabéricois

Une double enquête sur la présence des loups sur le territoire communal et leur extermination aux 18e et 19e siècles  :

On savait que les loups avaient fréquenté les terres gabéricoises par les témoignages de Jean-Marie Déguignet, Anatole Le Braz et autres mémorialistes, mais on n'avait pas encore de documents écrits sur le sujet. Un habitué et passionné des archives, travaillant à retracer l'histoire de sa famille à Guengat, nous a fait découvrir deux séries de documents attestant de la lutte locale contre les prédateurs.

Il s'agit tout d'abord de cinq documents conservés aux Archives Départementales du Finistère constituant des reçus rédigés par l'administration révolutionnaire et donnés aux chasseurs déclarant avoir tué un loup ou une louve, ces documents ouvrant droit à paiement de primes. Qui étaient ces chasseurs ? Compte-tenu de la situation géographique des chasseurs on peut penser que les loups étaient présents sur toute la commune. Quel étaient les montants des primes ?

En savoir plus : « 1796-1798 - Des primes pour les chasseurs de loups »

Ensuite, une lettre de Pierre Nédélec, maire d'Ergué-Gabéric, adressée au préfet en mars 1848, lui demandant son accord pour organiser une battue aux loups. Il signale dans cette lettre l'extermination de nombreuses bêtes à cornes par les prédateurs sur le territoire de la commune.

À ce jour, à défaut des courriers de réponse de l'administration, nous ne savons pas comment la battue fut organisée, ni où exactement. Les compte-rendus des conseils municipaux, plutôt rares et courts dans les années 1848-1850, n'en font pas mention. On a par contre de nombreux témoignages oraux ici rassemblés qui confirment l'existence des loups au 19e siècle sur la commune, notamment au Stangala et dans les environs.

En savoir plus : « 1848 - Une battue aux loups à Ergué-Gabéric »

Billet du 12.06.2010

[modifier] 32 Aotrou 'n Eskob da Vro-Saoz

Les luttes d'un évêque né à Ergué-Gabéric dont la fuite en Angleterre est relatée dans "Emgann Kergidu", célèbre ouvrage en langue bretonne :

Job de Roincé (1896-1981), fut un journaliste et un écrivain et aussi l'une des figures marquantes du régionalisme breton. Royaliste de conviction il a abondamment traité le thème de la chouannerie, par des scénarios de bandes dessinées et par des monographies ou biographies historiques. Les « Figures de Chouans » constituent son dernier ouvrage et apportent une série d’histoires sur la chouannerie connues ou peu connues.

Le deuxième chapitre de son livre, « Un résistant : Mgr de la Marche », s'ouvre sur la vie d'un gabéricois, Jean-François de La Marche, né au manoir de Lezergué, dernier évêque du diocèse de Léon et combattant acharné des idées de la Révolution française.

Sur huit pages il est question de luttes d'influence contre la constitution civile du clergé, des conditions romanesques de sa fuite en Angleterre, et de la continuation de son combat depuis Londres. On y trouve également un dialogue initialement écrit en breton par Lan Inizan dans son ouvrage « Emgann Kergidu  » ou la « Bataille de Kerguidu ».

En savoir plus :

Billet du 05.06.2010

[modifier] 33 Inhumation de Marie Duval

En 1742, des femmes d'Ergué-Gabéric bravent l'interdit du Parlement de Bretagne et du recteur pour enterrer dans l'église paroissiale l'une des leurs  :

Enluminure "Femmes au tombeau"
Enluminure "Femmes au tombeau"

Le scénario, digne d'un film, est le suivant : un prêtre fait au domicile de la défunte la levée du corps comme de coutume. Il l’a fait déposer et exposer sur des tréteaux dans l’église à l’endroit prévu et l’assemblée s’apprête à célébrer l’office. Au commencement de l'office, des femmes de la commune s’attroupent et creusent en toute hâte une fosse dans le sol de l’église paroissiale et cela malgré l’existence d’une tombe prête dans le cimetière à l’extérieur aux abords de l'église. Du coup la cérémonie est interrompue et l'inhumation a lieu sans aucune messe.

Les inhumations de ce type étaient totalement illégales et interdites à cette époque en raison notamment du risque de propagation des épidémies. Il fallait vraiment une forte résolution pour que les femmes bravent les interdits pour enterrer avec les honneurs leur parente et amie de Lezergué, mais en se privant de la cérémonie religieuse.

C'est grâce à trois prêtres que le souvenir des inhumations illégales à Ergué-Gabéric s'est transmis jusqu'à nos jours. Le premier est Jean Edy, recteur d'Ergué-Gabéric pendant 20 ans de 1727 à 1747, qui tenait les registres et qui a noté la scène lors de l'enterrement de Marie Duval. Le second est Kervégan de Suasse, recteur de 1749 à 1756 qui réussit à canaliser les ardeurs des paroissiens. Le troisième est Antoine Favé, vicaire à Ergué-Gabéric de 1888 à 1897, mémorialiste publiant de nombreuses études dans le Bulletin de la Société Archéologique du Finistère. C'est dans un article de 1893, intitulé « Notes sur la vie rurale en Cornouaille aux 18e et 19e siècles », qu'il relate l'inhumation de 1742 et les négociations qui s'en suivirent entre les paroissiens et les autorités administratives et religieuses.

En savoir plus :

* 1742 - Inhumation illégale de Marie Duval de Lezergué dans l'église paroissiale Billet du 29.05.2010

[modifier] 34 L'Amour selon Jean-Marie

« Bonheur sublime et suprême », « dans la confusion et la fusion de nos deux êtres qui ne faisaient plus qu'une et même chair comme dit l'Écriture » :

Nous vous proposons trois extraits commentés des Mémoires de Jean-Marie Déguignet éditées par la Revue de Paris en 1905 et par l'association Arkae en 2001, textes qui mettent en lumière sa conception des choses du sexe, en pleine opposition avec les pratiques et appréciations de l'Église Catholique.

Déguignet ne craint pas les tabous en général, et sur ce thème du sexe en particulier il aborde sans complexe les sujets de l'onanisme, les jeux sexuels, les plaisirs de l'amour, la pédophilie des prêtres, la prostitution. On peut lire dans ces extraits les perles suivantes :

  • « Elles lui retiraient ses grandes culottes en le couchant par terre, puis elles allaient à tour de rôle pratiquer sur lui ce que Onan pratiquait lui-même à côté de sa belle-sœur Thamar. »
  • « Jamais ce bonheur sublime ne fut mieux goûté ni mieux partagé qu'il ne fut par nous deux, en vrais enfants de la nature, dans toutes nos forces et la maturité, dans la confusion et la fusion de nos deux êtres qui ne faisaient plus qu'une et même chair comme dit l'Écriture.  »
  • « Ainsi nos misérables calotins [...] ne se marient pas pour mieux user et en abuser de ce bonheur sans en assumer aucune des conséquences [...] la prison aussi lorsqu'ils sont trop publiquement surpris à violer des enfants.  »
  • « Il fallait entendre les belles conversations et les jolis chants qui sortaient à travers le grillage de ce pandémonium féminin, chants et conversations qu'on n'entendait que dans les plus basses tavernes ou dans les maisons à gros numéros rouges. »
Billet du 24.05.2010
En savoir plus => Jean-Marie Déguignet et le sexe    

[modifier] 35 Kannadig de mai de l'an 10

Les 25 pages du tout nouveau bulletin « Memorioù ar re gozh hag istor ar barrez an Erge-Vras, e bro c’hlazig, e Breizh-Izel » sont mises en ligne :

Ça fera un peu plus de 80 ans que les écoles Sainte-Marie et Saint-Joseph ont été inaugurées à Lestonan et on profite de l’occasion pour en faire une petite rétrospective en premières pages du bulletin, avec un appel à identification des toutes premières écolières de Sainte-Marie.

Et que trouverez-vous de plus dans ce Kannadig numéro 11 :

  • D’autres articles avec pour thème les « mémoires » du quartier d’Odet : les souvenirs du gymnaste sans peur de 1922, une photo de 1932 prise lors des noces de René-Guillaume Bolloré, la fontaine de St-Guénolé du 17e siècle, les croquis et notes d’un jeune ouvrier papetier.
  • Mais également des sujets concernant le Bourg : la grande verrière de St-Guinal qui fêtera bientôt ses 500 ans, et une photo de classe de 1948 à l’école ND de Kerdévot.
  • Des articles « sociaux et politiques », à savoir le grand charivari des élections municipales de 1881 entre Républicains et Réactionnaires, la disette et la mort subite des pommes de terres en 1845 relatée par Jean-Marie Déguignet.
  • Sans oublier les « documents et fonds d’archives » : le recensement de la population en 1836, le fief des Regaires à Créac’h-Ergué de 1636 à 1740, la traduction en allemand des cahiers de KG de J.-L. Morvan en 1940-45, une étude des cartes anciennes du 17-18e avec mention de la commune et de ses villages.

En savoir plus => « Kannadig n° 11 Mai 2010 » (avec possibilité de téléchargement)

Billet du 16.05.2010

[modifier] 36 Verrière de caractère

Une maîtresse-vitre en l'église paroissiale très bien conservée pour son âge et dont on fêtera bientôt les cinq cents ans :

Suite à la découverte récente d'un article de 1849 dans le Bulletin de l'Association Bretonne où il est question d'un vitrail remarquable pour « l'expression et le caractère des figures, par le pittoresque de leur disposition » et aussi pour célébrer avec un peu de retard le retour de la scène de la Nativité (en bas à gauche depuis le chœur), pièce qui était partie courant 2009 en atelier pour nettoyage et réparation, voici un article rassemblant les conclusions de toutes les études faites depuis 150 ans sur le chevet de l'église paroissiale d'Ergué-Gabéric.

Grâce aux spécialistes qui nous ont laissé des travaux sur cette grande verrière, à savoir Philippe Lavallée (1849) , Louis Ottin (1896) , Paul Peyron et Jean-Marie Abgrall (1908) , René Couffon et Alfred Le Bars (1959), Roger Barrié (1978), Norbert Bernard (2002), nous en savons un peu plus sur la datation de 1516, sur les personnages et particularités des douze scènes de la Vie du Christ et sur l'origine des blasons fondateurs.

C'est sans conteste en relisant le superbe mémoire de thèse présenté par Roger Barrié en 1978 et intitulé « Étude sur le vitrail en Cornouaille », que nous prenons le plus conscience du caractère pittoresque de vitrail qui fut l'un des deux premières pièces du patrimoine gabéricois classées par les Monuments Historiques.

L'article présente également des clichés photographiques détaillés des scènes figuratives et des saints et des écus des arcs supérieurs.

En savoir plus : « La maîtresse-vitre de la Passion de l'église St-Guinal », en rubrique [ Patrimoine ]

Billet du 09.05.2010

[modifier] 37 Feunteun Sant-Wenole

Une fontaine oubliée malgré une existence attestée de près de quatre siècles et l'invocation du saint fondateur de l'abbaye de Landévennec :

Suite à la « chasse aux fontaines sauvages » lancée sur GrandTerrier en août 2009 et grâce à la vigilance d'une abonnée, nous avons pu reconsidérer l'histoire de la fontaine du chemin du Stang de Quélennec, fontaine qui était en fait à l'origine sous l'invocation du saint honoré à la chapelle voisine.

Si on exclut la mention des noms des parcelles dans la matrice cadastrale et les souvenirs d'anciens chasseurs qui y faisaient boire leurs chiens, on avait complètement oublié que son existence couvrait déjà près de 4 siècles.

En savoir plus : « La fontaine de St-Guénolé », en rubrique [ Patrimoine ]

Pour preuve un document aveu au seigneur abbé de Landévennec, seigneur de Guellevain les Salles, pour la tenue du Guellennec Bras et daté de 1656, où, outre l'existence de la fontaine, on apprend également que :

  • La dime sur les moissons due à l'abbaye était calculée sur un équivalent de « 16e ou 17e gerbe », ce qui était moins onéreux que celle due sur les terres dépendant de l'Évêché de Quimper (1/15e).
  • Pour la superficie des terres en journaux, la belle expression « journée à homme bêcheur » est utilisée.
  • La chapelle de St-Guénolé et un champ "Parc an Illis" sont bien mentionnés.
  • Le grand chemin menant à Quimper-Corentin est situé, vraisemblablement en direction de Squividan et non par le "chemin quy conduict à pontanlen".

Transcription : « 1656 - Aveu pour Quélennec Bras à l'Abbaye de Landévennec », en rubrique [ Aveux épiscopaux et abbatiaux ]

Billet du 02.05.2010

[modifier] 38 Les 80 ans d'une école privée

En 1928-29 René Bolloré fit construire les deux écoles Ste-Marie et St-Joseph de Lestonan pour les enfants de son personnel de la Papeterie d'Odet :

« Samedi 5 juin 2010, parallèlement à l'inauguration d'un nouveau bâtiment, l'école Saint-Joseph & Sainte-Marie fêtera ses 80 ans. Pour l'occasion, les organisateurs des festivités recherchent images, documents et témoignages des années passées. Ils souhaiteraient notamment réunir toutes les photos de classe. Mail: ecoleprivee.egabericat.gifwanadoo.fr »

  • Dans quelles conditions ces deux écoles privées ont été construites à Lestonan en 1928-1929 ?
  • Qui y venait et comment se passaient les classes entre 1928 et 1939 ?
  • Que se passa-t-il en juillet 1943 sous l'occupation allemande ?

En faisant cette enquête, on a découvert, grâce à un article publié dans le journal diocésain de l'époque, les circonstances de l'inauguration de l'école des filles. Il ne faisait pas beau ce jour-là à Lestonan, mais tout le monde semblait joyeux, voire philosophe : « An diaoul n'eo ket kontant » (le diable n'est pas content), « An dra-ze a reio vad d'an daour » (cette chose-là va faire du bien à la terre).

En savoir plus : « Bénédiction de l'école libre d'Odet, Semaine Religieuse 1928 », en rubrique [ Reportages ]

Outre l'histoire de la construction des écoles, les témoignages des anciens, on a aussi constitué une petite collection de photos de classe, d'avant et après-guerre, qu'il faudrait compléter. À vos greniers, et SOS souvenirs pour reconnaitre les têtes blondes.

En savoir plus : « Ecoles privées Saint-Joseph et Sainte-Marie de Lestonan », en rubrique [ Patrimoine ]

Billet du 22.04.2010

[modifier] 39 Charivari politique en 1881

La 1ère campagne municipale pour l'élection du maire d'Ergué-Gabéric fut l'objet d'une bataille rangée entre Républicains et Réactionnaires :

En 1881 les élections municipales pour la désignation du 14e maire d'Ergué-Gabéric furent très agitées, les précédentes ayant été bien plus calmes car les maires étaient auparavant nommés par le préfet. Elles firent l'objet d'une protestation au conseil préfectoral par l'équipe perdante, à savoir la liste républicaine de Joseph Le Roux, maire sortant.

La transcription de l'article de l'Impartial du Finistère permet de comprendre les nombreux griefs invoqués contre les candidats de la liste Réactionnaire : l'ouverture tardive des bureaux - à 8H néanmoins - empêchant certains agriculteurs de voter avant la messe dominicale, les autorisations de vote données à des électeurs non inscrits, les menaces contre les indigents, les pressions et licenciements commis par René Bolloré ...

Le ton ironique et allusif de l'article du journal ultra-catholique, est résolument anti-républicain. Le comble est qu'il nous informe néanmoins assez précisément sur les actes répréhensibles des conservateurs, et nous éclaire sur la personnalité du fervent Républicain qu'était Joseph Le Roux de la ferme de Lezouanac'h.

En savoir plus : « Elections municipales houleuses et contestées, l'Impartial du Finistère 1881 », en rubrique [ Reportages ]

Billet du 17.04.2010

[modifier] 40 Misère et mildiou en 1845

Quel fut l'impact réel de l'épidémie qui entraina la « morte subite » de la pomme de terre rouge, appelée également « la Reine des Celtes » ?

En juillet 1845, en Irlande et en Bretagne, un champignon parasite, le mildiou, réussit à anéantir d'un seul coup les cultures locales de pommes de terre, nourriture de base des paysans. L'extrait page 71 des Mémoires de Jean-Marie Déguignet : « Histoire de ma vie, version intégrale » met en lumière cette épidémie qui fit ravage dans son village d'enfance, ar Geleneg en Ergué-Gabéric :

« On sait quel désastre, quelle effroyable disette causa cette mort subite des pommes de terre chez les Irlandais autant que chez nous, pauvres Bas-Bretons, qui ne vivions que d'elles et de pain noir. »

Au-delà des explications données par le texte de Déguignet, on a tenté une analyse historique locale complémentaire, que ce soit à travers les chiffres de l'évolution démographique, ou selon d'autres témoignages comme notamment ceux du préfet et du conseil municipal rendant compte des conditions économiques et sociales des années qui s'en suivirent. En mai 1847, soit deux ans après, les pauvres souffrent encore de la crise :

« Considérant qu'il serait important que les travaux commençassent le plus tôt possible afin de pouvoir procurer immédiatement des moyens d'existence aux journaliers [indigents] de la commune qui souffrent encore de la pénurie de travaux et de la cherté du blé. »

En savoir plus : « La mort subite des pommes de terre rouges en juillet 1845 », article de l'espace [ www.deguignet.org ]

Billet du 10.04.2010

[modifier] 41 Crechergué fief des Régaires

Sept documents ou aveux datés entre 1636 et 1740, classés sous la cote 1 G 132 aux Archives Départementales de Quimper :

Ces documents constituent les déclarations de rentes des habitants du village de Crec'h Ergué dont les terres et habitations étaient tenues en fief du Seigneur Évêque de Quimper au travers de l'institution des Régaires. Grâce à un premier travail de collecte et de transcription, ils sont ici regroupés en rubrique "Fonds d'archives", afin d'être annotés et commentés.

En consignant les éléments communs à ces documents, c'est-à-dire le contexte historique, le vocable utilisé pour le paiement des rentes, les cultures de l'époque, le descriptif des propriétés, les générations successives, on apprend d'ores et déjà des choses fort intéressantes :

  • la dîme payée à l'Évêque était due avec un taux d'imposition de 7%, soit 1/15e, c'est-à-dire « à la quinzième gerbe ».
  • outre le blé de froment, on cultivait aussi à Crechergué du blé noir et niellé.
  • la maison principale de Crechergué-Izelaff, Ty Anné, était recouverte d'un toit de glé, c'est-à-dire de chaume.

En savoir plus : « 1636-1740 - Aveux pour la tenue de Creach-Ergué, fief des Regaires » en catégorie [ Fonds d'archives ]

On vous laisse également découvrir quel rapport il pourrait y avoir entre ce fief et la fable de La Fontaine « Le chartier embourbé »

Billet du 04.04.2010

[modifier] 42 Filles du Bourg en 1948

Une école au Bourg aujourd'hui disparue pour 65 jeunes filles souriantes, nées entre 1933 et 1942 et venant de toute la commune :

L'école Notre-Dame de Kerdévot a été fondée en 1898 par la Congrégation des Filles du St-Esprit qu'on appelait aussi les Sœurs Blanches de St-Brieuc, et sous le patronage du recteur de l'époque, Jean Hascoët. Une école catholique située au bourg qui sera ouverte jusqu'en 1963, avec une fermeture provisoire en 1902 suite à une loi d'interdiction de certaines congrégations.

On a ici en 1948 pas moins de 65 jeunes filles, souriantes, rayonnantes ou intimidées, venant de toute la commune, hormis le quartier d'Odet où il y avait également des écoles.

Reconnaissez-vous vos sœurs, mères ou grands-mères parmi ces écolières ? Nous ne sommes pas sûrs à 100% des prénoms et noms proposés, et il reste au moins encore six jeunes filles à identifier. Et qui se rappelle des institutrices Mlle Marie et Mlle Mao ?

En savoir plus sur cette photo : « 1948 - Ecole ND de Kerdévot au Bourg » en catégorie [ Reportages / Photos ]

Autres articles sur les premières années de l'école et les retrouvailles en 1987 des anciennes élèves et institutrices : 1902 - Témoignage de JM Déguignet sur la fermeture de l'école ND de Kerdévot Image:SquareBlue.gif Jean Hascoët, recteur (1897-1908) Image:SquareBlue.gif Marie Gourmelen, une écolière pensionnaire de 1917 à 1922 Image:SquareBlue.gif Retrouvailles à l'école Notre-Dame de Kerdévot, Ouest-France 1987 * Image:SquareBlue.gif

Billet du 27.03.2010

[modifier] 43 Erinnerungen des K.G.

« Mémoires du K.G. » (*), le journal de captivité de Jean-Louis Morvan traduit en allemand pour écrire l'histoire du stalag (**) XII D de Trèves :

Jean-Louis Morvan est une personnalité qui est toujours présente dans les souvenirs des Ergué-Gabéricois. Recteur de la paroisse pendant 12 ans de 1969 à 1981, il fut notamment l'artisan de la restauration de l'orgue de Dallam et du rétable de Kerdévot.

En juin 1940 Jean-Louis avait à peine 20 ans quand, après 19 jours de mobilisation, il dut, avec son régiment basé à Guingamp, se constituer prisonnier. De là commence un long voyage vers l'Allemagne où il passera par plusieurs stalags, kommandos, usines, fermes ... Pendant cinq années il consignera souvenirs et anecdotes dans des cahiers d'écoliers qui constituent aujourd'hui de véritables documents historiques.

Pour preuve l'initiative d'Adof Welter, historien, qui cherchait et étudiait des témoignages sur le stalag de Trèves comptant 30.000 hommes de différentes nationalités en 1942, et qui demanda à Dieter Eyhoff de traduire en allemand les passages sur le séjour de Jean-Louis Morvan au kommando 322 A de Traben-Trarbach. Pris au jeu, Dieter Eyhoff a traduit l'intégralité du cahier n° 2, car les anecdotes y sont nombreuses et intéressantes :

  • L'observation des conditions de vie des prisonniers russes : « Une quarantaine de Russes sont là avec leurs paquets de loques ! Jeunes de douze ans avec vieux de soixante ans et plus ...
  • La vie au quotidien dans les fermes au bord de la Moselle pendant les attaques aériennes des Moskitos et les tentatives de riposte de la DCA ...

En savoir plus, à savoir le texte intégral de son journal en français et en allemand, des photos et lettres inédites :

Billet du 20.03.2010

  • (*) K.G., lors de la seconde guerre mondiale, étaient les initiales de Kriegsgefangener, « prisonnier de guerre » (Krieg ~ guerre, Gefangener ~ capturé).
  • (**) Dans l'Allemagne nazie, Stalag était un terme désignant un type de camp pour prisonniers de guerre. Stalag est l'abréviation de "Mannschaftsstamm- und Straflager". Le territoire d'un stalag est généralement étendu à un certain nombre de kommandos répartis dans la région.

[modifier] 44 Notes et croquis de Mann

Les carnets d'un jeune papetier pour comprendre le fonctionnement de l'usine d'Odet en 1954 et les techniques de fabrication à Troyes en 1958 :

Dès lors que son père, contremaitre à l'usine d'Odet, lui conseilla de partir pour une année à l'École de Papeterie de Grenoble, Mann se réfugia dans les dessins décrivant la technique papetière. De retour au pays, il continua à dessiner lorsqu'il fallut agrémenter son rapport de stage à la papeterie d'Odet. Et de même, après son service militaire en Algérie, il remplit des carnets de notes et croquis lorsqu'il commença pour de vrai son métier de papetier à Troyes en 1958-59. C'est Drapiewski, un ouvrier sécheur de la machine 3 de Troyes qui le croqua les cheveux crépus, les mains dans les poches, et l'amorce d'un sourire moqueur.

À Odet, Mann nous décrit dans son rapport de stage toutes les étapes de fabrication du papier à cigarette, avec une attention particulière aux activités de la chiffonerie et en utilisant des schémas quand c'est nécessaire. Et il conclut par des remerciements et des éloges à la direction de l'entreprise :

« La guerre 1939-1945 a interrompu un moment l'activité des usines, mais actuellement le papier à cigarettes O.C.B. reprend son ancienne place aussi bien sur le marché français que sur le marché étranger. Par sa grande diversité et son excellente qualité, ce papier contribue à classer les Papeteries O.C.B. parmi les premières d'Europe. Cette excellente qualité est due surtout à certains procédés de fabrication conçus par nos ingénieurs ; et il est je crois normal de garder secret de mode de fabrication qui est tout à l'honneur des Papeteries O.C.B. »
En savoir plus : « Notes et croquis de Mann Kerouredan, jeune papetier d'Odet »

Billet du 13.03.2010 - NB: La catégorie [ Mémoires des papetiers / Odet ] a changé récemment, le classement étant désormais thématique, à savoir suivant les sujets Rétrospectives, Biblio, Famille Bolloré, Photos / fêtes, Ouvriers, travail à Odet. Qu'on se le dise !

[modifier] 45 Recensements historiques

De la numérisation des recensements de 1790 et 1836, tableaux nominatifs et exhaustifs de la population d'Ergué-Gabéric :

Il y a quelques années le recensement de la population gabéricoise en 1790 avait fait l'objet d'un relevé systématique et nominatif. Et on avait eu le plaisir de mettre en ligne les tableaux de transcription village par village. Aujourd'hui sur GrandTerrier on a été un peu plus loin dans la numérisation : les données des tableaux sont désormais dans une base de données, ce qui permet de lancer plus facilement des recherches par mots-clefs.

En savoir plus sur chacun des 1609 gabéricois recensés en pleine période révolutionnaire :
« Formulaire de recherche - Recensement 1790 »   « 1790 - Index des lieux-dits »   « 1790 - Les 50 pages du recensement de la population »


Le deuxième recensement nominatif gabéricois de 1836 se prêtait bien au même exercice de numérisation. Ce travail a démarré par la publication des 81 pages manuscrites énumérant les 2025 habitants et par le repérage des villages recensés. Et nous avons commencé la transcription numérique des pages, et dès la première page une surprise nous attendait par la mention d'une profession peu commune : Alain Moigne de Stangqueo était chanteur, de kan-ha-diskan vraisemblablement car il était également sonneur. Qui donc l'aurait connu ?

En savoir plus sur ce recensement de 1836 : « Formulaire de recherche - Recensement de 1836 »   « 1836 - Index des lieux-dits »   « 1836 - Les 81 pages du recensement de la population »


Par ailleurs, la courbe d'évolution démographique de 1790 à 2007 a été dressée dans un article aux fins de comprendre comment le nombre d'habitants est passé de 1609 à 7527 :
« Evolution démographique à Ergué-Gabéric » en rubrique [ Recencements ].


Billet du 07.03.2010

[modifier] 46 En goguette à Odet

L'adjectif « goguenard » ne conviendrait-il pas pour décrire la bouille de ces habitants d'Odet pris en photo avant-guerre ?

La photo aurait été prise en septembre 1932 sur le chemin du retour vers Odet depuis le patronage de Keranna où était servi le repas pour les premières noces de René-Guillaume Bolloré.

On y reconnaît des figures connues de Ti-Coat, Stang-Venn, Keranguéo et Keranna, toutes en habit du dimanche, heureuses de poser devant l'objectif du photographe officiel de la fête. Leurs noms résonnent encore dans les têtes des anciens : Marie Jeanne Le Floc'h, Catherine Saliou, Louis Menn, Mauguin, Alain Niger, Yves Blanchard, Laurent Riou, Corentin Marc, Jean Menn, Roselyne Hemidy, Alain Tandé, Pierre Le Bihan ...

Mais qui donc reconnaitra les gamines de part et d'autre et nous confirmera le nom du garçonnet  ?

En savoir plus : « 1932 - Groupes d'ouvriers d'Odet à la noce de René-Guillaume Bolloré, studio E. Le Grand » en catégorie [ Mémoires des papetiers / Odet ] (**)

Billet du 26.02.2010

[modifier] 47 Le maître de Guengat

Sous-titrée « Mestr Gwengad » ou « L'emprise d'un maire en Basse-Bretagne au XIXe siècle », une belle saga super bien documentée et située dans une commune près de chez nous :

Jean-Marie Déguignet, le paysan-mendiant gabéricois, venait aussi de Guengat : « Je vins au monde dans de bien tristes conditions. J'y tombai juste au moment où mon père, alors petit fermier, venait d'être complètement ruiné par plusieurs mauvaises récoltes successives et la mortalité des bestiaux. Je vis le jour le 29 juillet 1834. Deux mois après, mes parents furent obligés de quitter la ferme de Kilihouarn-Guengat en y laissant, pour payer leur fermage, tout ce qu'ils possédaient, jusqu'aux objets les plus indispensables à leur pauvre ménage. » (Revue de Paris, 15 décembre 1904, p. 830).

Dans le livre paru cette semaine on retrouve Auguste Chuto, un personnage venant du même milieu misérable que Déguignet, et qui pourtant, avec son tempérament bien trempé, va se maintenir pendant vingt-cinq ans à la tête de la commune.

On pourrait dire « Comme un roman ... », car c'est raconté avec brio, rythme et passion par son arrière-arrière-petit-fils qui, depuis 2004, a exhumé des piles de documents jaunis aux archives départementales, municipales et diocésaines. Et comme il le dit dans sa préface intitulée joliment "Ah ! mes aïeux !" : « Ce que je décris a pu se dérouler dans d'autres bourgs », on ne peut être qu'être d'accord et penser que le modèle du maitre de Guengat inspirera d'autres monographies ou biographies en Basse-Bretagne.

Pour ce qui concerne Ergué-Gabéric, le chapitre 4 de la saga Chuto nous relate avec réalisme un pèlerinage familial à la chapelle de ND de Kerdévot le jour du grand pardon en septembre 1841.

En savoir plus : « CHUTO Pierrick - Le maître de Guengat » ou « site Internet de Pierrick Chuto »

Billet du 24.02.2010

[modifier] 48 De l'origine gabé(ll)ricoise

Quelle est la plus ancienne carte faisant apparaître le nom de notre commune ? Quels documents d'archives citent Gabellic de préférence à Gabéric ?

La plus ancienne carte est celle d'un sieur Hardy, maréchal des logis du roi, et date de 1636, du temps de Louis XIII et de Richelieu :

Ensuite on trouve des cartes de cartographes et géographes professionnels. Celle des Cassini était déjà connue pour faire apparaitre le nom de Grand Terrier, mais elle est aussi remarquable en mentionnant pas moins de 80 lieux-dits de la paroisse à la veille de la Révolution :

L'ensemble des cartes gabéricois, anciennes et récentes, a désormais son classement et onglet indépendant : « Cartographie »

Les cartes anciennes orthographient Ergué-Gabéric de diverses façons : Ergueguaberj en 1636, Erguegaberi en 1710, Ergue Guberie en 1750, Ergué Gaberie et Ergué Bondou (référence à Bodenn ?) en 1768, mais aucune ne reprend ni le C final ni le L du patronyme Cabellic fondateur. En savoir plus sur les variantes et l'origine du toponymie communal : « Ergué-Gabéric, an Erge-Vras »

À ce jour nous disposons de trois séries de documents d'archives référencant Ergue-Gabellic ou Gabbellic, l'une sur les terres de Kermorvan en 1584, l'autre sur les dépendances de l'abbaye Landévennec à Quélennec Braz en 1647, et la 3e sur une succession à Creac'h Ergué en 1679 et 1681 :


Billet du 21.02.2010

[modifier] 49 Nouveau Kannadig 2010

Le tout dernier numéro des Chroniques du GrandTerrier de début d'année 2010 est dans les kiosques, qu'on se le dise :

Ce numéro 10 on le voulait plus complet - 25 pages A4 au lieu de 12 -, plus rédactionnel - des articles plus développés et moins de résumés -, par conséquent plus aéré et également diffusé à un plus grand nombre par voie postale. Pour les impressions papier, il a fallu trouver un système de reliure élégant et pas cher, et un poids total en charge inférieur à 100 g, ce qui n'a pas été aisé.

Tables des matières :

Page 1-3  : La restauration du presbytère par l’architecte Roger Le Flanchec // Page 4-7 : Index chronologique de l'histoire d'Ergué-Gabéric // Page 8 - La médaille de P.V. Dautel pour le centenaire Bolloré en 1922 // Page 9 - Les pierres tombales de l'enclos paroissial St-Guinal // Page 10-12 - Reportage de la revue Réalités à l'usine d'Odet en 1949 // Page 13 - Amende communale en 1943 pour insuffisance de beurre // Page 14-15 - Le rapport d'épidémie de dysenterie d’octobre 1786 // Page 16 - Per Roumegou, maitre-principal de Lann-Bihoué à la bombarde // Page 17 - Yves Le Goff, vicaire et rédacteur infatigable du Kannadig // Page 18-19 - La légende de Torr-è-benn par un prêtre gabéricois en exil // Page 20 - Les origines de la sacristie de fondation noble de Kerdévot // Page 21 - Deux classes de filles très différentes à Lestonan et au Bourg // Page 22 - Une guerre des écoles déclenchée à Lestonan en 1927-29 // Page 23 - Pierre Goazec conteur pour enfants et résistant déporté // Page 24 - Les articles presque « laissés-pour-compte » du GrandTerrier

Consultation en ligne => « Kannadig n° 10 Février 2010 » (avec possibilité de téléchargement)

Billet du 07.02.2010

[modifier] 50 L'acrobate sans peur de 1922

Le 19 décembre 2009 disparaissait le dernier participant actif de la fête du Centenaire des papeteries Bolloré :

Il avait 96 ans et les souvenirs de cette fête de 1922 où il fit une prestation de gymnaste étaient souvent évoqués lors des fêtes de familles. Jusqu'à la fin il avait gardé une joie de vivre, un talent de comédien, le goût de la musique, la mémoire des chansons et des poésies, une vivacité d'esprit conservée de ses jeunes années de gymnaste aux Paotred-Dispount (*). Après sa jeunesse gabéricoise, il dut affronter les conditions difficiles des années de guerre pendant laquelle il fut prisonnier en Autriche. Des souvenirs qu'il aimait bien partager aussi.

Dans l'évocation qui lui est consacrée on trouvera les anecdotes de ses années de jeunesse quand très jeune il intègra la section de gymnastique des Paotred entraînée par Henri Gourmelen, l'image d'un préfet avec une barbe à la Zola, son premier costume blanc de gymnaste, la photo d'un mouvement d'ensemble de la formation où il se trouvait placé juste à coté de ses deux frères ainés, la photo de 1935 où, plus vieux, il accompagnait la clique des musiciens des Paotred, les années de guerre dans un camp en Autriche, une de ses œuvres picturales, un portrait peint par son petit fils, ...

(*) La section de gymnastique créée en 1913 prendra en 1919 le nom de Paotred Dispount (« Les Gars sans peur » en breton), avant de se diversifier en clique de tambours et clairons, tir à l'arme de guerre et carabine, et enfin en équipe de football. À noter que Paotred ne prend jamais de s, car en breton la terminaison "ed" est une marque de pluriel.
En savoir plus => « Jean Le Floc'h gymnaste de la fête du Centenaire en 1922 » en rubrique [ Mémoires des Papetiers / Odet ]


Billet du 06.02.2010

[modifier] 51 Renaissance de Deguignet.org

Réapparition sur la toile en 2010 de Deguignet.org, le site Internet du centre de recherches Jean-Marie Déguignet :

Après 4 ans d'arrêt, l'adresse Internet www.deguignet.org de Norbert Bernard reprend du service en janvier 2010 et pointe désormais sur l'espace Déguignet du site GrandTerrier. Et pour cette occasion la rubrique des énigmes à élucider est réouverte.

La formulation de 39 énigmes non encore éclaircies dans les écrits de Jean-Marie Déguignet avait été démarrée par Norbert Bernard en 2002, dans l'attente de propositions de réponses ... qui devaient servir à compléter les annotations d'une édition de l'Intégrale des Mémoires du paysan bas-breton.

Nous complétons et soumettons donc ici ces séries de questions à la perspicacité des visiteurs de ce site. Devant la difficulté des recherches des bios des personnes mentionnées, des citations d'auteurs, des évènements historiques, des expressions ... on ne peut que constater une fois de plus la profondeur de l'érudition du paysan bas-breton. Et certaines des trouvailles ont déjà permis de corriger les transcriptions de certains passages des manuscrits, soit par exemple la question 18 où derrière Benjamin Jonos se cache le juif voyageur Benjamin Jonas de Tudèle.

À ce jour 20 propositions de réponses ont été rédigées pour un total de 40 énigmes formulées. Une prime spéciale sera décernée à celui qui apportera des éléments de réponses pour l'énigme n° 19.

En savoir plus => http://www.deguignet.org et « F. Enigmes à élucider »


Billet du 30.01.2010

[modifier] 52 Médaille du centenaire

Dans les familles des descendants des ouvriers papetiers d'Odet en 1922, on ressort encore aujourd'hui avec curiosité et émotion une petite médaille empreinte de souvenirs de 67 millimètres :

En 1922 une grand fête dite du centenaire fut organisée à la papeterie Bolloré d'Odet. La cérémonie officielle fut marquée par une remise de diplôme et de médaille de travail. Et tout le monde reçut également une médaille réalisée spécifiquement pour l'évènement, une belle composition créée par un graveur de grand renom, Pierre-Victor Dautel, qui reçut le Grand Prix de Rome en 1902. Ces exemplaires, conservés par les descendants des invités de 1922, constituent un élément incontournable du patrimoine industriel et culturel d'Ergué-Gabéric.

À l'avers (côté face) : les médaillons des 4 fondateurs reliés par des cordages, Nicolas Le Marié et les 3 René Bolloré. Mention centrale : 1822-1922. Partie basse : vue aérienne du site d'Odet, initiale du graveur Pv D à droite.

Au revers (côté pile) : à gauche une presse à relier des livres, au centre un breton assis sur un branchage et tenant un carton, et en arrière-plan une bretonne en coiffe. Mention supérieure : « Centenaire de la Fondation des Papeteries d'Odet ». Signature du graveur en partie basse : P. Dautel.

Des précisions sur son créateur, les photos des deux faces, le modèle bas-relief :


Billet du 23.01.2010

[modifier] 53 Restauration du presbytère

Se souvient-on que la stature ancienne et remarquable du presbytère d'Ergué-Gabéric a été pensée et restaurée de 1957 à 1961 par un architecte renommé, disciple de Le Corbusier ?

Nul doute qu'aujourd'hui la plus belle façade de maison du centre-bourg d'Ergué-Gabéric est celle du presbytère. Mais avant l'année 1961, ce n'est pas vraiment le cas, car la bâtisse a été pendant longtemps dans un état plutôt austère et délabré. Ce qui, en 1858, fait dit au maire de l'époque dans une demande de secours à Napoléon III : « Leur presbytère, Sire, outre son aspect rebutant, qui révèle une sorte d'ancienne prison féodale ... ».

En 1957 du fait que les fonds communaux gabéricois ne sont plus suffisants pour l'entretien du presbytère, l'association diocésaine décide d'en faire l'acquisition. A la fin de l'année 1957 le recteur Pierre Pennarun en poste à Ergué-Gabéric passe commande à un architecte breton, Roger Le Flanchec qui donne au presbytère une autre prestance, tout en améliorant le confort intérieur.

Pour en savoir plus sur l'aspect des façades nord et sud avant travaux, les plans et croquis des 8 études successives, l'implication des entreprises locales, et le conflit qui opposa l'abbé Pennarun et le Roger Le Flanchec  :

Dossier « 1957-1961 - La restauration du presbytère par Roger Le Flanchec »
en catégories [ Patrimoine ] et [ Fonds documentaire ]

Billet du 17.01.2010

[modifier] 54 Deux pierres tombales

Outre les photos du paysager de l'ancien cimetière de l'enclos paroissial, voici une petite enquête sur deux pierres tombales, pièces importantes souvent oubliées de notre patrimoine :

Jusqu'en 1939 le cimetière entourait l'église paroissiale et formait un véritable enclos paroissial avec ses tombes, le mur et ses échaliers et son ossuaire. En cette année de début de guerre, il fut transféré à quelques centaines de mètres de là, en bordure de la propriété de Pennarun. Seules deux belles pierres tombales restèrent près de l'église.

Si les raisons qui prévalurent au maintien de ces tombes près de l'église nous sont inconnues, on sait par contre qui étaient les défunts dont les noms ont été gravés pour la préservation de leur mémoire. Il s'agit en l'occurrence d'un agriculteur, Michel Le Meur de Kergonan, et d'un recteur de la paroisse, Jean Hascoët, décédés respectivement en 1866 et en 1908.

L'épitaphe de la première tombe : « ICI REPOSE MEUR MICHEL DÉCÉDÉ LE 5 AVRIL 1866 À l'AGE D 69 ANS À K/GONNANT ». Pour avoir une pierre tombale gravée aussi finement, avec une magnifique croix, accompagnée de deux pilastres et d'un fronton sans base, ce Michel Meur de Kergonan devait être très respecté, voire adoré par ses enfants et ses amis.


En savoir plus : « Les pierres tombales de l'enclos paroissial St-Guinal » en catégorie [ Patrimoine ]

Billet du 09.01.2010