Appel républicain pour les élections municipales partielles, Le Finistère 1882 - GrandTerrier

Appel républicain pour les élections municipales partielles, Le Finistère 1882

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Catégorie : Gazettes
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§ E.D.F.

Suite aux décès du maire et d'un conseiller, l'édition du 27 septembre du journal « Le Finistère » [1] appelle à un sursaut républicain.

Autres lectures : « Jean Mahé, maire (1881-1882)‎ » ¤ « Elections municipales houleuses et contestées, l'Impartial du Finistère 1881 » ¤ « Éloge funèbre pour le maire Jean Mahé, l'Impartial du Finistère 1882 » ¤ « Hervé Le Roux, maire (1882-1906) » ¤ « Ur trakt evit votadegoù e 1883-84 » ¤ 

[modifier] 1 Présentation

Cet article est l'écho de l'article « Éloge funèbre pour le maire Jean Mahé, l'Impartial du Finistère 1882 » du 26 août dans le journal catholique l'Impartial du Finistère [2].

Ici les conservateurs sont qualifiés de réactionnaires, monarchistes et de royalistes. On apprend aussi qu'un tract en breton a été récemment distribué par les candidats conservateurs pour la défense des libertés religieuses : « une circulaire, écrite en breton, où les violences de langage et l'audace des affirmations trahit la collaboration des anciens rédacteurs du "Feiz a bréis" [3] »

 

Lors des élections de 1883-84, ce même type de tract, signé Yann Peoc'h et imprimé à la maison diocésaine De Kerangal à Quimper, sera utilisé : « Ur trakt evit votadegoù e 1883-84 ».

Le journaliste du Finistère est confiant quant au scrutin d'octobre 1881 : « Tout le monde comprend à Ergué-Gabéric que deux républicains ne seront pas de trop dans le conseil pour contrôler un peu cette administration réactionnaire tant vantée, qui n'a même pas su tenir les registres de l'état-civil ».

Les deux conseillers républicains, Jean-Louis Le Roux et Louis Guyader, seront élus, mais la majorité du conseil restera conservatrice. Hervé Le Roux de Mélennec sera élu maire, et réélu jusqu'en 1906.


[modifier] 2 Transcription

Ergué-Gabéric. - Les électeurs de la commune d'Ergué-Gabéric sont convoqués pour dimanche prochain, 1er octobre, à l'effet de nommer deux conseillers municipaux en remplacement de MM Mahé, ancien maire, et Huitric, doux deux décédés.

Les deux candidats monarchistes ont adressé aux électeurs de la commune une circulaire, écrite en breton, où les violences de langage et l'audace des affirmations trahit la collaboration des anciens rédacteurs du Feiz a bréis [3].

Les auteurs de cette circulaire, ou plutôt de ce pamphlet, après avoir réédité toutes les accusations calomnieuses que les journaux réactionnaires ressassent tous les jours contre la République et les républicains (la religion persécutée, Dieu chassé des écoles etc) affirment que rien de bon ne s'est fait dans la commune d'Ergué-Gabéric quand l'administration de cette commune était républicaine, tandis que, depuis que la municipalité est dévouée à Henri V [4] et au drapeau blanc, les alouettes tombent toutes rôties dans la bouche des heureux habitants.

Nous ne nous arrêterons pas à réfuter tous les mensonges contenus dans ce factum où l'accusation de mensonge à l'adresse des républicains revient si souvent. Les électeurs d'Ergué-Gabéric savent, comme tout le monde, à quoi s'en tenir, sur la véracité de nos adversaires.

On leur dit que l’Église est persécutée : ils savent que cette persécution se réduit à une augmentation de traitements du clergé paroissial.

 

On leur dit que Dieu est chassé de l'école : ils comprennent que confier au prêtre l'enseignement du catéchisme et à l'instituteur celui de la grammaire, n'est pas chasser Dieu de l'école.

On leur dit que, sous la République, les charges s'accroissent tous les jours : ils se souviennent que, dans des dernières années, des dégrèvements d'impôts ont dépassé le chiffre de 273 millions.

On leur dit que la construction des écoles est tout entière à la charge des communes, et ils n'ont pas oublié que l’État a accordé, dans le seul département du Finistère, plus de 1.200.000 fr. de subventions pour les écoles communales.

Nous ne sommes pas inquiets sur le scrutin de dimanche. Tout le monde comprend à Ergué-Gabéric que deux républicains ne seront pas de trop dans le conseil pour contrôler un peu cette administration réactionnaire tant vantée, qui n'a même pas su tenir les registres de l'état-civil.

Quant aux chemins à construire et dont il est parlé dans la circulaire des deux monarchistes, à qui fera-t-on croire que le meilleur moyen d'obtenir des faveurs de l'administration est d'élire un conseil municipal composé tout entier d'ennemis déclarés du gouvernement ?

Nous sommes convaincus que les électeurs d'Ergué-Gabéric comprendront assez leurs propres intérêts pour donner leurs voix aux deux candidats républicains, MM. J.L.. Le Roux et L. Guyader.

[modifier] 3 Coupure, transcription

[modifier] 4 Annotations

  1. Le Finistère : journal politique républicain fondé en 1872 par Louis Hémon, bi-hebdomadaire, puis hebdomadaire avec quelques articles en breton. Louis Hémon est un homme politique français né le 21 février 1844 à Quimper (Finistère) et décédé le 4 mars 1914 à Paris. Fils d'un professeur du collège de Quimper, il devient avocat et se lance dans la politique. Battu aux élections de 1871, il est élu député républicain du Finistère, dans l'arrondissement de Quimper, en 1876. Il est constamment réélu, sauf en 1885, où le scrutin de liste lui est fatal, la liste républicaine n'ayant eu aucun élu dans le Finistère. En 1912, il est élu sénateur et meurt en fonctions en 1914. [Ref.↑]
  2. L'Impartial du Finistère est un journal catholique fondé le 21 juillet 1847 par Eugène Blot qu'il imprime lui-même. Son imprimerie, héritage paternel, est également au service de l'Evéché. Le rédactionnel du journal est politiquement anti-républicain. [Ref.↑]
  3. « Feiz ha Breiz » est le premier journal hebdomadaire en langue bretonne, qui fut fondé par l'Evêque de Quimper et parut de 1865 à 1884, puis de 1899 à 1944, et enfin depuis 1945. De 1865 à 1874 la direction et rédaction furent assurées par l'excellent bretonnant Goulven Morvan, originaire de La Forest Landerneau. Feiz ha Breiz reparait après la guerre en 1945 sous le nouveau titre de « Kroaz Breiz, puis renommé en « Bleun-Brug ». [Ref.↑ 3,0 3,1]
  4. Henri d’Artois (1820-1883), plus connu sous le nom de comte de Chambord, était le le prétendant-successeur à la Couronne de France. Ses partisans le considérèrent comme le roi « Henri V ». [Ref.↑]


Thème de l'article : Coupures de presse relatant l'histoire et la mémoire d'Ergué-Gabéric

Date de création : Avril 2013    Dernière modification : 9.05.2013    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]