Blog 18.05.2019 - GrandTerrier

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[modifier] Une vitrine religieuse grand siècle

Billet du 18.05.2019 - Où il est question de belles pièces d'orfèvrerie religieuse des 17e et 18e siècles, classées au titre des Monuments historiques le 10 mars 1994, et depuis ce printemps 2019 exposées dans une vitrine sécurisée dans l'église paroissiale Saint-Guinal d'Ergué-Gabéric.

Pierre-Marie Auzas et René Couffon ont noté la beauté de ces pièces d'orfèvrerie dans leurs inventaires « L'orfèvrerie religieuse bretonne » (1955) et « Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper » (1959).

La liste complète des pièces est celle de l'édition réactualisée du répertoire Couffon :

Image:Right.gifImage:Space.jpgCalice et patène n°1, argent doré, du 18e siècle ; poinçon de l'orfèvre Guy-Baptiste Gérard sur le calice et celui d'Augustin-Jean Mahieu sur la patène

Image:Right.gifImage:Space.jpgCalice n°2, argent, du 17e siècle

Image:Right.gifImage:Space.jpgCiboire en argent, époque Louis XIV, poinçon de l'orfèvre Joseph Bernard

Image:Right.gifImage:Space.jpgBoîte aux saintes huiles en argent, poinçon d'A.-J. Mahieu, seconde moitié du 18e siècle

Image:Right.gifImage:Space.jpgEncensoir et navette en argent, époque Louis XIV ; poinçon de Joseph Bernard sur l'encensoir

Image:Right.gifImage:Space.jpgLampe de sanctuaire en argent, époque Louis XIV, poinçon de Joseph Bernard

Image:Right.gifImage:Space.jpgCroix d'autel et six chandeliers en argent, époque Louis XIV

Image:Right.gifImage:Space.jpgQuatre chandeliers en bronze, 17e siècle, ou du 18e siècle comme le suggère Louis Le Guennec .

De l'encensoir (cf photo Le Doaré ci-contre), de l'époque Louis XIX et du maître orfèvre Joseph Bernard de Quimper, il écrit : « Bien peu ont été conservés et bien peu sont en bon état, car ils sont malmenés par les enfants de chœur ... L'encensoir se compose de deux parties : la coupe avec pied, qui parfois, comme à Ergué-Gabéric (F.), est décorée de têtes d'angelots ailés rapportés et de gros fruits, et le couvercle ajouré. Un système de chaînes réunit le tout et permet le balancement et l'encensement. »

Des chandeliers d'autel il précise : « Le seul bel ensemble que nous connaissions est celui de l'église Saint-Guénaël, à Ergué-Gabéric (F.), qui comprend, avec la croix d'autel, six chandeliers (2 grands, 2 moyens, 2 petits). L'ensemble est d'époque Louis XIV, et probablement parisien. »

Louis Le Guennec complète dans le bulletin de la Société d'Archéologie du Finistère : « L'église d'Ergué-Gabéric possède six beaux chandeliers d'argent du XVIIIe siècle, trois grands, trois moyens et trois petits. Ces derniers ont une ornementation soignée, décelant le faire d'un habile orfèvre. J'y ai relevé deux types de poinçons, un T surmonté d'une couronne, qui pourrait être la marque du bureau de Quimper à l'époque, et deux fleurons ou fleurs de lys superposées, surmontées d'une couronne, avec la lettre A accolée à la fleur inférieure. Sur le pied de deux ou trois  de  ces  chande-

  liers sont les trois lettres séparées B. A.R. Il y a aussi une jolie croix d'argent ayant pour unique poinçon le T couronnée. »

Alors que P.-M. Auzas suggère une réalisation parisienne du 17e siècle, Louis Le Guennec note l'existence de poinçons lettrés T ou A qui contrairement aux 2 ou 3 syllabes des maîtres orfèvres dénotent une production probable du 18e siècle signée par une communauté de jurande. Par contre il est peu probable que la lettre T désigne la jurande de Quimper, laquelle a utilisé les lettres A à D, mais plutôt celle Morlaix dans les années 1779-1780. Par contre les initiales B A R ne correspondent pas à un atelier d'orfèvre breton connu.

Hormis l'encensoir, deux autres pièces datées du 17e siècle, le ciboire d'une part et la lampe de sanctuaire autrefois dans la chapelle de Kerdévot d'autre part, proviennent le maître orfèvre Joseph Bernard qui signe par un poinçon I. B. à l'hermine héraldique couronnée. Joseph Bernard (1647-1719), formé à Paris et d'autres villes, a livré notamment de nombreuses pièces pour la cathédrale de Quimper et l'église de Pont-Croix, et 16 rues en Bretagne portent son nom.

Les deux autres maîtres orfèvres identifiés sont Augustin-Jean Mahieu, dont le poinçon aux lettres A I M a été insculpé en 1779 et Guy-Baptiste Gérard qui démarre sa carrière en 1721. Le premier signe la patène (petite assiette) et la boîte aux saintes huiles en argent. Le deuxième est identifié pour le calice en argent doré.

* * *

En mars 2019, toutes les pièces d'orfèvrerie gabéricoises des 17e et 18e siècles, accompagnées d'objets religieux plus récents, ont été installées dans une armoire métallique avec vitre blindée contre le bras nord du transept :

© Benoit Bondet de La Bernardie (Le Télégramme)
En savoir plus : « Trésor d'orfèvrerie religieuse de l'époque Louis XIV à l'église St-Guinal », « La vitrine du trésor de Saint-Guinal, Le Télégramme 2019 », « AUZAS Pierre-Marie - L'orfèvrerie religieuse bretonne »


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