Blog 21.08.2016 - GrandTerrier

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[modifier] Kerdudal et l'isle Grande Terre

Billet du 21.08.2016 - La Grande Terre, surnommée la « petite Bretagne des Antilles » pour ses paysages agricoles et côtiers, est une île de France qui constitue l'aile est du papillon que forment les deux principales îles de l'archipel de Guadeloupe, l'aile ouest étant la Basse Terre.

Le présent billet est inspiré d'une part par deux documents familiaux communiqués par Jérôme Salaun, dernier exploitant agricole de Kerdudal, et d'autre part par les travaux de la très active association « Généalogie et Histoire de la Caraïbe » publiés sur leur site ghcaraibe.org.

Dans le premier document de 1809 il apparaît que le domaine de la famille noble de La Marche, centré autour du manoir de Lezergué et incluant le village de Kerdudal, a été l'objet d'une expropriation quelques années après la Révolution et vendu aux enchères. Les biens fonciers de Lezergué et de Kerdudal sont restés sous la coupe de leurs propriétaires fonciers de La Marche, pendant tout le 18e siècle, en échappant aux confiscations révolutionnaires.

En effet ces propriétés n'ont pas été vendues comme biens nationaux comme l'ont été en 1795-97 tous les autres biens nobles et ecclésiastiques d'Ergué-Gabéric. Le manoir et ses mouvances sont restés la propriété de la famille de La Marche, malgré le fait que les chefs de famille (François-Louis de La Marche père et son fils cadet Joseph-René-Louis-Marie) sont réputés absents et exilés. Cela peut être surprenant car ces deux nobles sont installés en Guadeloupe à l’île Grand Terre et leur terres sont nombreuses à Ergué-Gabéric.

Un premier élément de réponse est l'action de Joseph-Hyacinthe de La Marche, plus jeune fils resté à Quimper, qui se rapproche des autorités révolutionnaires, et qui conserve certains biens gabéricois dont le domaine congéable voisin de Kerveady. Un 2e point important est l'installation et le mariage outre-mer bien avant la Révolution du fils cadet Joseph-René-Louis-Marie, son père l'ayant rejoint que plus tard.

Nommé « lieutenant en premier » au régiment de Guadeloupe le 18.08.1772, sous-aide-major le 24.12.1773, il quitte en octobre 1774 la Guadeloupe parce qu'il était devenu chef de sa famille à la suite du décès de son frère aîné et « propriétaire de biens assez considérables ». Il obtint alors, « par faveur très particulière », une commission de capitaine pour retraite. Il repasse en 1775 en Guadeloupe, puis retourne en France en 1777 rétablir sa santé. Il se marie le 29.10.1787 au Moule avec Marie Alexandrine Victoire Boyvin, native guadeloupéenne. Ils ont une fille née en 1801 à Antigua : Marie Eugénie Leserguier de La Marche.

En 1792, le couple guadeloupéen s'endette en achetant une habitation située en quartier du Gozier à la Guadeloupe moyennant la somme de 700 000 livres auprès de Dominique Louis Dampierre d'extraction noble. Ce dernier demande en 1809 la vente de Kerdudal : « La dite vente poursuivie à la requête du sieur Dominique Louis Dampierre, et dame Marie Catherine de Baulès son épouse, de lui autorisée, propriétaires habitants de la Guadeloupe, quartier de St Louis du Gozier, isle grande terre ».

 

Les De Dampierre remportent les enchères de ventes des deux tenues de Kerdudal qu'ils conservent pendant sept ans.

Le deuxième document de 1816 est la vente du domaine de Kerdudal à un propriétaire quimpérois. Datant de 27 ans après la Révolution française, il illustre encore un mode de propriété foncière emblématique de l'Ancien régime en Bretagne, à savoir une propriété détenue par un noble auquel un fermier est tenu à domaine congéable par une rente annuelle.

Après les de La Marche, les propriétaires de Kerdudal sont restés les De Dampierre. L'héritier en 1816 est « Guillaume Guy De Dampierre Comte du même nom, demeurant ordinairement à son château de Saint-Philippe commune de Saint-Nicolas de la Balerme (Lot-et-Garonne) ».

L'acheteur des tenues de Kerdudal est Guillaume Favé, propriétaire demeurant à Quimper place Toulallerre, et lors des successions du 19e et 20e siècle les propriétaires fonciers deviendront exploitants agricoles. Cela donnera les générations de familles d'agriculteurs Descamps, Le Ster, ... et Salaun.

Dans un prochain billet, nous remontrons encore le temps sur le domaine noble de Kerdudal, en « mil six cent nonante deux » (1692), et en 1540, avant l'arrivée des de La Marche.

Image:Square.gifImage:Spacer.jpgEn savoir plus : « 1809 - Vente par expropriation forcée des deux tenues de Kerdudal », « 1816 - Transmission des tenues de Kerdudal du comte de Dampierre à Guillaume Favé »



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