CHAURIS Louis - Les conflits d'intérêt à la petite mine d'antimoine de Kerdévot - GrandTerrier

CHAURIS Louis - Les conflits d'intérêt à la petite mine d'antimoine de Kerdévot

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Image:LivresB.jpgCatégorie : Media & Biblios  

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CHAURIS (Louis), « La petite mine d'antimoine de Kerdévot près de Quimper, au début du XXe siècle, un exemple de conflits d’intérêt », dans Cahier de l'Iroise n° 210, Les Cahiers de l'Iroise, Brest, 138 à 147
Titre : La petite mine d'antimoine de Kerdévot près de Quimper, au début du XXe siècle, un exemple de conflits d’intérêt
Auteur : CHAURIS Louis Type : Article
Edition : Les Cahiers de l'Iroise Publication : Cahier de l'Iroise n° 210
Impression : Brest Année : 2010
Pages : 138 à 147 Référence : ISBN -

[modifier] Notice bibliographique

[modifier] Présentation

Cette belle et sérieuse revue d'histoire, traite en son n° 210 d'un sujet gabéricois, à savoir l'histoire de la mine d'antimoine, au travers de documents inédits que Louis Chauris [1] a exhumé des Archives Départementales de Quimper [2]. On y découvre en particulier l'histoire controversée de l'identification du minerai, soit par Jean-Louis Huitric de Niverrot, soit par Fernand Kerforne professeur de géologie, la contestation des droits de concession, la lutte menée par Jean Mahé de Kerdévot et gérant des ardoisières de Kerjégu en Goazec contre la Société de la Lucette, les travaux de reconnaissance et d'extensions, les grèves des mineurs en 1913 [3] et en 1927 [4] ...

Têtes de chapitres  :

  1. Un district antimonifère près de Quimper
  2. Qui a découvert le gisement ?
  3. Une grève très brève.
  4. Un concurrent débouté.
  5. Des débuts prometteurs.
  6. Demande d'extension.
  7. Une réaction compréhensible.
  8. Reprise des travaux après une longue interruption.

Autres articles : « Antimoine à Kerdévot/Niverrot en Ergué- Gabéric » ¤ « Yann-Reun Even, dindan an douar er vengleuz e Kerzevot » ¤ « 1915 - Groupe des ouvriers de la mine d'antimoine de Kerdévot » ¤ « 1927 - Dépôt d'explosifs à la mine d'antimoine de Kerdévot » ¤ « MAURIN Guillaume - Mission d'expertise en 2001 sur la concession des mines de Kerdévot » ¤ « LE GRAND Alain - Quimper-Corentin en Cornouaille » ¤ « Revendication des ouvriers de la mine d'antimoine de Kerdévot, L'Ouest-Eclair 1913 » ¤ « Accident et lockout à la mine de Kerdévot, Ouest-Eclair Finistère & Citoyen 1927 » ¤ « Rdv du ps 6 - Mine d'antimoine, OF-LQ 1986‎ » ¤ « Antimoine à Kerdévot, OF-LQ 1987 » ¤ 

[modifier] Extraits

Une grève très brève en 1913.


Les 42 ouvriers employés aux travaux de recherche à Kerdévot se mettent en grève le 11 décembre 1913 [5] : ils réclament la révision de leur salaire et du feu aux heures des repas. Le préfet demande aussitôt au commandant de la gendarmerie du Finistère de lui « prêter le secours de quatre gendarmes et d'un brigadier ... pour assurer l'ordre » [3]. Mais alors que le 11, tous les ouvriers paraissent résolus à se mettre en grève, le 12 [6] sous la protection de la gendarmerie, tout le monde, à l'exception de six ouvriers, a repris le travail ; deux des meneurs, habitant Quimper, ne se sont pas présentés : le soir du même jour, l'équipe de nuit est arrivée à 18h et a également repris le travail.

« Il est certain que sans la présence des gendarmes », le travail n'aurait pas repris si rapidement. Une augmentation de 0,25 F par jour a été accordée ; jusqu'alors, les ouvriers de l'extérieur ("au jour") gagnaient 3,25 à 3,50 F ; ceux de l'intérieur ("au fond"), de 4 à 4,25 F. « Il est probable que les ouvriers de l'intérieur reviendront prochainement à la charge, mais pas avant la paye qui aura lieu le 24, veille de Noël ». Satisfaction également donnée en ce qui concerne la demande de feu aux heures des repas et la nuit. « Il est vrai - constate le rapporteur - que [les mineurs] ont continuellement les pieds dans l'eau et que celle-ci tombant de partout, leurs vêtements mêmes sont vite mouillés ». Il ajoute que les ouvriers auraient déjà bénéficié du chauffage « si les fournisseurs tant d'anthracite que de bois y avaient mis un peu plus de hâte ».

 

Une deuxième grève en 1927.


Les salaires sont de 22 F au fond et de 18 F au jour [7]. Mais le 11 octobre 1927, les ouvriers de la mine menacent de faire grève si les salaires ne sont pas portés respectivement à 36 et 25 F. Dans son rapport du 17 octobre, l'ingénieur des Mines indique que la direction n'a pas jugé possible, dans l'état actuel de l'exploitation, de souscrire à ces demandes et a procédé le 12, au licenciement du personnel. « Le fonçage du puits qui était près d'être achevé, a été suspendu ... La direction a l'intention de faire procéder avec un personnel réduit à 3 ou 4 ouvriers, à l'aménagement des installations [de nouvelles machines modernes d'un rendement plus efficace] ... qui durera vraisemblablement un mois, avant de reprendre les travaux au fond ». De son côté, le capitaine de gendarmerie assure que le personnel licencié « pourra se procurer du travail dans la région. Il n'est donc pas à craindre que l'ordre soit troublé ». Les installations des nouvelles machines étant achevées, une quinzaine d'ouvriers seront réembauchés, d'autres le seront sous peu, au fur et à mesure des besoins. Dans son rapport, le préfet précise que « les manœuvres recevront le même salaire que précédemment (18 F par jour), par contre, les mineurs toucheront 21 F/jour au lieu de 22. Ils seront remis à l'ancien taux lorsque le personnel de la mine sera au complet ». Le préfet ajoute que « les mineurs réclamaient une augmentation de salaire en raison du travail très pénible auquel ils étaient astreints préalablement. L'arrivée de nouvelles machines, en faisant disparaître ce motif, semble les satisfaire ». Par ailleurs, l'utilisation de ces machines a permis de diminuer la main-d’œuvre dans une proportion élevée. « C'est ainsi que 19 ouvriers seulement sur 42 ont été repris. Ils font alternativement le travail en surface et au fond, ce qui donne lieu à des variations de salaire ». Les ouvriers qui n'ont pas été repris ont trouvé du travail dans les campagnes ; quelques-uns ont quitté le pays pour aller en ville. Avant la grève, il n'existait à Kerdévot aucun syndicat ; il n'en s'est pas créé ...

[modifier] Annotations

  1. Louis Chauris, né à Morlaix en 1930, géologue, docteur-es-Sciences naturelles, directeur de recherche au CNRS (e. r.), a entre autres ouvrages publié « Le Kersanton, une pierre bretonne  » aux Presses Universitaires de Rennes et « Pierres du pays bigouden » chez Skol Vreizh. [Ref.↑]
  2. Séries/cotes AD29 : 8 S 5, 10 M 47, 10 M 60, 5 M 77. [Ref.↑]
  3. Voir également dans la presse : « Revendication des ouvriers de la mine d'antimoine de Kerdévot, L'Ouest-Eclair 1913 ». [Ref.↑ 3,0 3,1]
  4. Voir aussi : « Accident et lockout à la mine de Kerdévot, Ouest-Eclair Finistère & Citoyen 1927 ». [Ref.↑]
  5. Pour l'année de cette première grève il est écrit 1912 dans l'article publié, mais il s'agit bien de 1913, comme l'attestent notamment les journaux d'époque. [Ref.↑]
  6. Un autre document d'archive indique une reprise du travail le 11. [Ref.↑]
  7. On notera l'impressionnante inflation survenue en une quinzaine d'années. [Ref.↑]