Croas-ar-Gac, une vierge menacée - GrandTerrier

Croas-ar-Gac, une vierge menacée

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Catégorie : Patrimoine
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§ E.D.F.
ARTICLE PUBLIÉ EN JUIN 2008 DANS LE KANNADIG N° 5

La statue de la vierge de Kroas-ar-Gac mériterait un meilleur sort : elle est encombrée d’herbes folles et de tas de terre. Déjà depuis plusieurs années un panneau de signalisation très mal placé la cachait de la vue des automobilistes en provenance de Lestonan, mais aujourd’hui on peut à peine l’approcher. Il faudrait déplacer, refaire ce panneau d’indication du Stangala et réaménager les abords de la statue.

Qui va pouvoir le faire ? Les services municipaux, une association de riverains comme celle en charge de la chapelle voisine de St-Guénolé, ou alors une combinaison des deux ?

À la rentrée automnale, les services techniques de la marie n'ont pas attendu la fin des travaux de construction des maisons voisines pour intervenir, c'est-à-dire enlever le panneau gênant, aménager le fossé d'évacuation des eaux et aplanir la surface devant la statue.
photo début 2008
photo début 2008

[modifier] 1 Gallerie de photos

[modifier] 2 Histoire de la piéta ambulante

Encastrée dans un talus, la vierge de pitié de Kroas-ar-Gac d'environ un mètre de haut est conservée dans une niche de pierres fermée par des barreaux de fer, surmontée d'une petite croix de granit. La tête de la Vierge ne tient que grâce à une couche de ciment, et il ne reste du Christ que le tronc et les jambes.

Malgré l’érosion du granit, le Père Y.P. Castel, visitant le site en août 2000, relève un contraste entre la position frontale, avec un léger mouvement de tête vers la gauche, et équilibrée de la mère et la cambrure du Christ aux proportions plus grêles comme pour accentuer la fragilité du corps du crucifié recueilli par sa mère. La piéta daterait du 16e siècle.

La statue de la Vierge faisait partie autrefois d'un calvaire situé de l'autre côté du chemin de Stang-Odet. Marjan Mao qui habitait au bout du chemin se souvient y avoir vu au début du siècle les restes des premiers degrés du socle, ainsi qu'un magnifique if très proche. Le calvaire aurait été démoli au 19e siècle et les pierres utilisées pour la reconstruction du clocher de l'église paroissiale, abattu par la tempête du 9 février 1836.

Mais les aventures de la Vierge de Kroas-ar-Gac ne s'arrêtèrent pas là. En 1926-27 René Beulz, propriétaire du champ en bordure duquel repose la statue, fut contacté par M. Charruel, beau-frère de René Bolloré le patron des usines d'Odet. Il lui demanda de transporter la statue dans les jardins du château de Stang-Venn. René Beulz, d’abord réticent, finit par accepter.

Peu de temps après, survint une période de fort mauvais temps. Ceux qui avaient alors l’habitude de faire leurs dévotions en passant devant la pieta, demandèrent le rapatriement de la statue. René Bolloré fit remettre le pieux vestige en place au plus tôt. Il envoya ensuite deux de ses maçons, afin d’édifier une niche avec de solides barreaux pour protéger la vierge.

[modifier] 3 Des histoires de Korrigans

Augustine Amélia, née Maguer, native du village du Vrugic à côté de Kroas-ar-Gac, nous a rapporté dans les années 1980 des histoires locales de sorcellerie :

« Au début du 20e siècle, habitait au Kelennec un célibataire endurci, Yvon Penna-neac'h, qui racontait avoir vécu une aventure extraordinaire au lieu-dit Kroas-ar-Gac. Un soir, en rentrant de son travail à la papeterie Bolloré d'Odet, il était presque arrivé à son domicile, lorsqu'il vit au carrefour sus-nommé un château majestueux éclairé de toutes ses lumières.

Intrigué, il entra dans ce palais mystérieux où des salles immenses et vides et de longs couloirs s'étendaient à perte de vue. Et ce n'est qu'après avoir erré des heures durant dans ce gigantesque labyrinthe qu'il put enfin retrouvé la sortie.

La morale ne serait néanmoins pas sauve si on omettait de dire que ce fameux soir Kroas-ar-Gac ne fut certainement pas la seule halte d'Yvon et qu'il eut un mal terrible à se réveiller le lendemain matin.

On parle également des lutins de Kroas-ar-Gac. Il est sûr que le carrefour, lieu de sorcellerie, était soigneusement évité et qu'il fallait un courage certain pour s'y aventurer seul la nuit. On préférait, pour se rendre de Stang-Venn à Kelennec, prendre des raccourcis à travers les champs. En hiver la route n'était pas carrossable, des trous d'eau barraient la largeur du chemin. Il suffisait sans doute d'un peu de vent et d'une pleine lune qui se reflète dans les flaques, pour qu'on y voit les lutins de Kroas-ar-Gac danser sur la chaussée. Allez donc savoir ! »

[modifier] 4 Origine du nom

Extrait de la rubrique "Villages / Toponymie" (Croas ar Gac, Kroaz ar Gag) :

Croas ar Gac / Kroaz ar Gag : " la croix du dénommé Le Gac, surnom de quelqu'un qui parle mal » . Kroas pour "croix, calvaire" et Ar Gac, patronyme basé sur le quafilicatif gag "bredouilleur". Le calvaire est signalé sur le cadastre de 1834 : une croix sur la carte au milieu du carrefour et plusieurs parcelles nommées « Parc ar Groas ». Le lieu est également libellé Croas ar Gac et Groas ar Gac dans le Tableau général des chemins ruraux en 1837. Elle apparaît également en 1858 sur la carte d'état-major dite de Capitaine.


Thème de l'article : Richesses du patrimoine communal.

Date de création : décembre 2008    Dernière modification : 10.06.2009    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]