Croashent Guilly, Kroashent Guilli - GrandTerrier

Croashent Guilly, Kroashent Guilli

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Forme française Croashent Guilly
Forme bretonne Kroashent Guilli
Signification "carrefour de Guilly Vihan et Vras, les petits et grands bosquets"
Décomposition Kroaz pour "croix", Hent "chemin, route" et killi "bosquet"
Relevés 1946, 1962
Référentiel : « Cartographie, cartes anciennes » ¤  « Index des toponymes » « Étude de Bernez Rouz sur les noms de lieux d'Ergué-Gabéric » ¤ « Dictionnaire des noms de lieux bretons d'Albert Deshayes » ¤ 

[modifier] 1 Géolocalisation du village

Coordonnées géographiques : 48° 1' 11.22" N 4° 0' 13.17" W (lat. 48.019783, long. -4.003658)

Cartographie du lieu-dit : « Géo.Croashent Guilly »

[modifier] 2 Explications toponymiques

Dans le Cahier n° 9 d'Arkae publié en 2007, Bernez Rouz explique l'origine du lieu-dit comme suit :

Kroashent Guilli

Orthographe Année Source (cf. ) Référence, côte
Croissant Guilly 1946 I.N.S.E.E. nomenclature
Croissant Guilly 1962 A.C.E-G. cadastre

Le carrefour des routes menant à Guilly Vras et à Guilly Vihan mériterait mieux qu'une appellation francisée en croissant (sic) ce qui ne veut rien dire et qui est le symbole de l'aberration des transcriptions des noms bretons en français. Carrefour en breton se dit et s'écrit kroashent.

A propos du terme "Kroas", Albert Deshayes précise dans son Dictionnaire des noms de lieux bretons (page 148):

PARTIE "Décrivons la nature"
Chapitre "Les chemins et les lieux divers"


Kroas "croix" procède d'un emprunt au latin crux par le vieux breton croes et le moyen breton croez ; il a pour correspondants le gallois croes et le cornique crows. Une croix s'élevait le plus souvent à la croisée de chemins, d'où son extension à noter un "croisement". Dans bien des cas, le breton kroas a été remplacé par son équivalent français. Ce terme est très fréquent dans la toponymie, puisqu'on le relève à plus de cinq cents reprises. Les croix du haut Moyen Age se reconnaissent à leur taille dans les Croas-Ver, souvent traduits par Croix-Verte (de kroas verr "croix courte") auxquels s'opposent les Croas-Hir. Les croix étaient généralement peintes au Moyen Age, d'où les nom Croaz-Ruz en Plouénan (29), Croas-Ru en Lopérec (29), régulièrement traduit en Croix-Rouge, ou partiellement en Croix-Ru en Pleyben (29), etc., Croas-Ven en Landrévarzec (29) [...].

On le note employé seul, sous forme diminutive , ou sous forme plurielle. Placé en position proclitique, on le note associé à un terme descriptif, un élément du paysage, un nom de plante, un nom d'animal, un nom de personne, un qualificatif. Employé comme second élément, on le note associé à trente-trois autres termes dont kêr à cent trente reprises, puis ti à quatorze, menez à treize, lann à huit, pont à huit, porzh à sept, poull à six, etc.

Il est alors graphié, outre croas ou croaz : croes, croez, croaj, cras. Par lénition : groas, groaz, groes, groez, grois, groix, groise, groiez. Par spirantisation : c'hroaz, chraj, ouez.

Croas : (breton moderne, kroas), croix mais en toponymie désigne un carrefour, un croisement ; est parfois noté "croissant" forme francisée de kroashent (hent = chemin, route).

(A.Deshayes, Villages et lieux-dits de Quimper).

Page 147 de son dictionnaire des noms de lieux, Albert Deshayes présente ainsi le terme "Hent"  :

PARTIE "Décrivons la nature"
Chapitre "Les chemins et les lieux divers"


Hent "chemin" procède du vieux breton hint de même sens. Le gallois hynt a été supplanté par le terme ffordd emprunté à l'anglais ford "gué" ; le terme correspondant cornique est hens.

Quelques villages se sont installés en bordure de chemins déjà existants, c'est-à-dire d'anciennes voies romaines souvent dénoncées par les appellations hent kozh "chemin ancien" ou hent meur "grand chemin" : c'est la cas de Hent-Koz en Brennilis (29) et en Quimper (29), de Hent-Coz en Ergué-Gabéric (29) et en Pleyben (29), [...]. La voie qui reliait deux bourgs importants, était rendue par l'expression "grand chemin" dans les actes anciens, possible traduction de hent meur [...].

PARTIE "Décrivons la nature"
Chapitre "La forêt, le bois et les lieux feuillus"


Killi "bosquet, bocage" procède du vieux breton celli, cilli; il a pour équivalents le gallois celli "bocage" et le cornique kelly de même sens. De genre féminin, il se montre sous la forme Le Guilly ou Le Guily lorsqu'il est employé seul, c'est-à-dire à vingt-quatre reprises, mais aussi Quily à six. Il apparaît également sous forme diminutive en -an, sous forme plurielle et sous forme dérivée.
En composition, il se montre surtout associé à un nom de personne ... mais aussi à un :

  • terme descriptif ...
  • animal ...
  • qualificatif dans Quillihuec en Ergué-Gabéric (29), Killiguezec en 1426.


Comme second élément, il est surtout justaposé à penn à vingt-trois reprises dans Penguilly et ses variantes graphiques, mais également à seize autres termes. Outre les notations quilli ou guily, on le relève aussi sous des formes évoluées en fonction du composant comme : quillé, quilla, quélé, quill-, quini, quin-, guili, gili, gly, guil-, kel-, ker, clis.