Découverte de la grotte des curés dite "Toul ar veleien" à la pointe de Beg-a-grip - GrandTerrier

Découverte de la grotte des curés dite "Toul ar veleien" à la pointe de Beg-a-grip

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Les chemins balisés du Stangala ignorent complètement cet endroit bucolique que seuls quelques anciens se remémorent avec beaucoup d'émotion, tellement ils y ont crapahuté quand ils étaient enfants [1] ; le lieu est pourtant accessible et vaut le détour.

La grotte des curés, couramment appelée « Toul ar veleien » depuis le 19e siècle de Jean-Marie Déguignet, servait d'abri pour les curés réfractaires de la Révolution et le « Grip » est l'évocation de l'animal fabuleux du lieu éponyme de Griffonès. Nous vous proposons d'y aller avec le concours des explications et du reportage photos ci-dessous.

Autres lectures : « Griffonès, lieu noble, sauvage et féminin » ¤ « La vision de Déguignet sur les apports et méfaits de la Grande Révolution » ¤ « Le site naturel protégé du Stangala » ¤ « Stangala » ¤ « Géo.Griffonès » ¤ « Exploration et réhabilitation de la véritable grotte des nains d'Odet » ¤ « Le chêne de la Baignade à Odet » ¤ 

Présentation

Le point de départ est le bout du chemin balisé de Griffonez depuis le parking d'Ergué-Gabéric. Ce chemin aboutit à un double promontoire dominant la vallée de l'Odet qui coule en contrebas vers la ville de Quimper. Le premier point de vue était autrefois le début d'un chemin qui descendait de façon abrupte en direction de l'Odet et du moulin de Meil-Poul. Le deuxième plateau est plus large et le point de vue vaut une visite, mais il cache un site encore plus impressionnant.

À vous de le découvrir maintenant ; il faut continuer sans l'aide d'un chemin tracé au cordeau, en restant sur la crête, direction nord-ouest. Au début, le côté praticable est celui face à Briec, jusqu'à un endroit où la crête rocheuse est coupée par un grand passage (cf photos ci-dessous de l'étape 1). On se croirait au col de Roncevaux, mais sans le risque d'être attaqué.

Pour continuer la balade, longez toujours la crête, cette fois face à Quimper-Kerfeunteun et vous pourrez admirer les parois rocheuses, les cavités et la grotte dite « Toul ar velien », le trou où les curés anti-constitutionnels se réfugiaient à la Révolution. L'endroit est vraiment enchanteresse : cf photos étape 2. L'une des cavités est assez profonde pour qu'on s'y glisse.

Jean-Marie Déguignet, dans ses mémoires datées de la deuxième moitié du 19e siècle, a évoqué ce lieu : « J'étais allé d'abord à Griffonez, une des grandes fermes touchant le Stang-Odet et de laquelle dépend la plus grande partie, la partie la plus abrupte, la plus sauvage et la plus inaccessible du stang. Ce fut dans cette partie que les prêtres réfractaires bretons allèrent se cacher pendant la Terreur, dans un endroit appelé Bec ar Grip où il n'y a que rochers, gouffres et précipices. J'allai voir la grotte dans laquelle ces prêtres trembleurs s'étaient réfugiés ...  »

 

« Dans cette grotte qu'on appelle toujours Toul ar Veleien (le Trou des Prêtres), on peut se loger facilement et largement et on y serait à l'abri des visites importunes car il faut avoir de la hardiesse, de l'adresse et de l'agilité pour arriver jusque-là. Il faut même connaître le secret d'Ali Baba. »

Mais la balade n'est pas terminée, il faut toujours progresser vers le bout de la crête, et vous arrivez bientôt sur un petit promontoire. Contrairement aux premiers plateaux entourés d'arbres, celui-ci permet de voir très loin à 360 degrés, à gauche les versants opposés de Kerfeunteun et à droite sur les prairies de Briec et le pylône de Tréouzon (étape n° 3).

Et enfin les derniers mètres, tout au bout de la crête, une surprise vous attend, un beau rocher qu'on croirait qu'il a été sculpté pour représenter un animal légendaire : cf photos de l'étape n° 4. Certes le rocher ressemble plus à un gros chien qu'à un griffon, mais le toponyme évoque bien la légende du griffon :

  • « beg » : "pointe ou embouchure", issu du moyen breton bec est comme son homologue français bec, mais au sens plus restreint, un emprunt au gaulois becos (Source : Albert Deshayes).
  • « grip » : ancien français grip, du latin gryphum emprunté au grec, évoquant le griffon, animal fabuleux mi-aigle, mi-lion (Jean Tosti). Grippy, griffon animal fabuleux, génie soit mauvais, soit bon (dictionnaire celtique de Jean-Baptiste Bullet).

Selon la légende, l'animal logeait dans une grotte près de Griffonès (celle des curés réfractaires ?) et terrorisait le voisinage. Chaque mois on devait lui apporter une jeune fille pour sa nourriture. Le griffon fut finalement tué par un seigneur voisin qui ne supportait pas de voir sa promise livrée à l'affreuse créature.

Reportage photos

A. Promontoire de Griffones


B. Passage de beg-ar-grip


C. Grotte de Toul-ar-veleien

 


D. Point de vue


E. Statue du Grip

Annotations

  1. Joseph Le Dé de Kernoaz et Pierre Le Bihan de Quélennec font partie de cette génération d'enfants dont le domaine de jeux de prédilection était la pointe de Beg-a-grip. Le premier témoigne : « On y allait tous les jours, et c'est vraiment dommage que plus personne aujourd'hui ne connaît cet endroit remarquable. ». [Ref.↑]


Thème de l'article : Chasses au trésor, rallyes en section PlansCartes

Date de création : Mai 2017    Dernière modification : 24.06.2017    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]