Fanch Ster (1930-2015), commerçant et gardien de but des Paotred-Dispount - GrandTerrier

Fanch Ster (1930-2015), commerçant et gardien de but des Paotred-Dispount

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Catégorie : Personnages
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Une personnalité attachante locale, que ce soit par son bar, épicerie et boulangerie, et aussi par sa fidélité au club de foot des Paotred-Dispount où il fut goal de 1950 à 1959.

Ce grand sportif nous a quitté à 85 ans en début d'année 2015, une semaine après le décès d'un autre sportif "du cru", le coureur à pied Jean Kergourlay.

Autres lectures : « Fanch Ster, boulanger à Stang-Venn et goal des Paotred » ¤ « Fanch Ster, 40 ans au service des Paotred, OF 1987 » ¤ « Jeanine et Fanch Ster, la mémoire de la Vallée Blanche, LT-B 2007 » ¤ « PAOTRED-DISPOUNT - Cent ans de jaune et noir, 1913/2013 » ¤ « Jean Kergourlay (1926-2015), infirmier et coureur à pied » ¤ « Marcel Floc'hlay (1934-1998), coureur cycliste » ¤ « CADIOU Georges - Les grands cyclistes bretons » ¤ 

[modifier] 1 Présentation

Le Télégramme 28.02.2015
Le Télégramme 28.02.2015
Fanch Ster a été enterré le mardi 3 mars en l'église paroissiale d'Ergué-Gabéric. Tous les habitants du village de Stang-Venn, et les sympathisants des Paotred-Dispount étaient là pour lui témoigner leur amitié, et bien sûr leur tristesse.

Une page qui se tourne certes.

C'est l'occasion de proposer ci-dessous deux notices nécrologiques, ainsi que la double page d'hommage qui fut publiée dans le livre souvenir des 100 ans des Paotred en 2013. Et aussi de recueillir ici des témoignages de ses amis qui vont le regretter.

Ainsi Guy Dominique Le Gars ne cache pas son émotion : « Oui, un personnage nous quitte, Fanch Le Ster. Un personnage, mais pour moi un voisin de toute ma jeunesse à Stang-Venn. Un gros pincement, j'y passais toutes mes vacances scolaires à donner le coup de main à 10 ans. J'y allais le matin de très bonne heure, j'y allais le samedi qui était toujours la grande corvée de fin de semaine. Il m'a appris la fabrication du pain, des gâteaux, la crème de sa fameuse buche de Noêl. Je sortais le pain (j'ai connu le feu de bois avec lui), les gâteaux du samedi, une journée particulière. »

« Fanch commençait sa fin de semaine le jeudi vers 2h le matin, pour la fournée de pain. À 9h la tournées de livraison commençaient dans les quartiers (sauf le bourg ). Il rentrait vers 13h, se reposait 2 heures et attaquait son week-end le vendredi vers 17h, puis non stop, pain, gâteaux, livraisons ; il allait le samedi après midi livrer à Landudal (le village de sa femme Jeanine). Je l'accompagnais, on rentrait vers 17h (+ de 24h sans dormir), il s'endormait sur son volant devant chez lui. »

 
Fanch et Jeanine sur la pelouse de Keranna à l'occasion du centenaire en 2013
Fanch et Jeanine sur la pelouse de Keranna à l'occasion du centenaire en 2013

« Jeanine le réveillait vers 20h pour manger. Puis il rangeait et vidait les invendus, se couchait et le dimanche matin, il y avait les cochons à nourrir avec le pain invendu, puis détente ... le tiercé à Briec ; le foot incontournable des Paotred à 15h, à 18h les résultats sportifs, puis il préparait la mise en route du lundi matin, rentrait la farine, faisait le premier pétrin et à 2h du matin la semaine recommençait. Une folie de travail, peu de vacances (une semaine maxi), le pain, les paotred. »

« Sur Fanch, on pourrait écrire et écrire, les livraisons des bouteilles "grappe fleurie" dans les cachettes chez Bolloré ici et là. Dans l'usine c'était quelque chose, je déposais les bouteilles, je prenais la consigne 3 étoiles, l'argent dans un carnet OCB, chaque chose avait sa place, un bouquin d'histoire que l'on pourrait raconter ... Salut Fanch. »

[modifier] 2 Notices nécrologiques

[modifier] 2.1 Ouest-France

Edition Quimper 03.03.2015
Edition Quimper 03.03.2015
 

[modifier] 2.2 Le Télégramme

Edition Quimper 02.03.2015
Edition Quimper 02.03.2015

[modifier] 3 Cent ans de jaune et noir

[modifier] 3.1 Du four au terrain

Un petit tour de Stang-Venn pour un grand tour de l'histoire des Paotred ; je vous propose cette fois de pousser la porte de la boulangerie-alimentation de « Fanch et Jeanine ». Un premier pied posé dans le bar attenant, des photos de Paotred qui tapissent sans fin kes murs de l'estaminet, un tableau de résultats constamment mis à jour, me voilà porté dans la vie d'un inconditionnel joueur-supporter des jaunes et noirs : « Fanch Ster ».

Guidé par l'odeur de croissants chauds en attente d'être croqués, je retrouve François à 78 ans bien sonnés, les mains dans la farine ... Le temps de nous installer, de parcourir un dossier souvenir conservé avec amour, que le faciès de Fanch se durcit, le sourire s'estompe, le visage est maintenant glacial comme la couleur d'une farine de très haute qualité. Je le connais, le bougre au caractère bien trempé, il n'a pas aimé la descente de l'an passé et ce niveau jamais atteint dans la hiérarchie du football régional. Ce coup porté au « père François » a laissé quelques traces ... Notre « Fanch » qui toute sa vie durant, n'aura de toutes façons d'yeux que pour les jaunes et noirs.

[modifier] 3.2 Un boulanger pétri de qualités

Né à Stang-Venn en 1930, fils d'un père boulanger trop vite disparu [1], François épouse Jeanine en 1959. Ils donneront toute leur vie à l'alimentation de la Vallée-Blanche. Les voyages, les 35 heures, ce n'est pas pour eux. À 16 ans, « Fanch » signe sa 1ère licence : il sera gardien de but de l'une des deux seules équipes qui forment le club des Paotred. Les entrainements n'existaient pas à l'époque, mais seulement quelques tours de terrain à la fin du mois d'août à Ker-Anna, pour peu que les vaches de la ferme voisine n'occupent les lieux et que les hautes herbes aient été fauchées par René Le Meur et compagnie.

 

[modifier] 3.3 Paotred et infidélités ...

Paotred jusqu'au bout des gants, le gardien bondissant « pétri » de qualités ne supportait pas l'échec. Les après-matches de défaite à Furiani n'étaient pas tristes parfois. Pour s'en convaincre, il suffisait de s'attarder dans les alentours du lavoir, lieu de douches collectives placé au coin du stade pour voir François pratiquer le jeu de « taureau piscine » ou le droit pour l'adversaire à un voyage gratuit et direct dans les troëns de la hair d'en face ... C'était cela Fanch Ster, un personnage entier que l'on aime comme cela. Jugé trop petit pour jouer en équipe A à Quimperlé en 1948, il claque la porte et s'en va à ... l'AEG pour une saison. Un affront de sa vie de Paotred vite réparé car il réintègre le club la saison suivante pour devenir le gardien titulaire indiscutable et accéder avec ses copains à la première division de district en 1950/51.

Jamais gravement blessé, Fanch laissera tout de même quelques morceaux de cartilage nasal à l'hôpital de Quimper. Un doigt un peu raide ou retourné, une hanche qui dévisse, une clavicule qui se déboîte, les nombreux rebouteux de la région connaissent tous notre « Fanch local » qu'il fallait « réparer » les soirs de matchs car le pain frais du lendemain matin ne pouvait attendre ...

1959, le mariage, le commerce et les longues nuits au fournil, il était temps pour notre gardien de feu de retirer ses gants. Désormais, une autre carrière débutait pour lui au club : supporter infatigable, organisateur de pronostics, de déplacements en car et autres, son dévouement était total. Inutile aujourd'hui de le rouler dans la farine, notre ami « Fanch ».


[modifier] 4 Annotations

  1. François Le Ster, père, est décédé en 1937. D'après son fils, il est allé à la guerre des tranchées où il a été gazé. Mais surtout il avait participé aux opérations de pacification du Maroc en 1912 où il avait contracté le paludisme et une sévère bronchite : « Souvenirs du Maroc de Fanch Ster Koz, boulanger à Stang-Venn, Ouest-Eclair 1937 » ¤  [Ref.↑]


Thème de l'article : Histoire d'une personnalité gabéricoise

Date de création : mai 2007    Dernière modification : 7.04.2015    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]