Guillaume-François Le Guay (1773-1861), garde national et capitaine de grenadiers - GrandTerrier

Guillaume-François Le Guay (1773-1861), garde national et capitaine de grenadiers

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Catégorie : Personnages
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Trois billets pour retracer le destin extraordinaire de Guillaume-François Le Guay (1773-1861), fils d'aubergiste du bocage normand, garde national en 1790 et en 1831, volontaire des armées de la Révolution, prisonnier lors des Expéditions dIrlande, blessé au siège de Granville, capitaine de grenadiers, et héritier du manoir du Cleuyou en Ergué-Gabéric, près de Quimper.

Autres lectures : « Le manoir du Cleuziou/Cleuyou » ¤ « Le testament olographe contesté de Prosper Le Guay, Le Finistère 1889 » ¤ « François Salomon Bréhier, maire (1808-1812) et avoué franc-maçon » ¤ « Les Mermet, propriétaires du manoir du Cleuyou et de Kervreyen » ¤ « 1798 - Expédition d'Irlande et libération du capitaine Guillaume François Leguay » ¤ « 1790-1804 - Les campagnes militaires du capitaine Guillaume-François Le Guay » ¤ « 1804 - Mariage et démission du capitaine Guillaume-François Leguay » ¤ 


[modifier] 1 Expédition historique en Irlande

« M. Guillaume François Le Guay, a captain of Infantery in the French service taken in the Hoche ship of the line, has been released from Parole at Lichfield and permitted to return to France », December 1798.

« M. Guillaume François Le Guay, capitaine d’infanterie au service de la France capturé sur le vaisseau de ligne Hoche a été relâché de détention sur parole à Lichfield et autorisé à rejoindre la France contre son engagement à cesser de servir contre la Grande-Bretagne et tous ses alliés ».

Michel Le Guay, descendant de la famille Leguay de Normandie et de Bretagne, lors de ses recherches généalogistes dans les années 1990, a découvert ce document extraordinaire, rédigé par les services anglais en charge des Prisonniers de guerre, et nous permet de revivre cette page d'histoire vécu par un futur habitant du manoir du Cleuyou en Ergué-Gabéric.

Guillaume Le Guay est né normand le 11 avril 1773 à Tessy-sur-Vire (Manche), près de Coutances. Très jeune, à 16 ans, il s'engage dans les volontaires de la Manche et participe comme grenadier aux campagnes « des ans 2, 3, 4 et 5 de la République dans les départements de l'ouest contre les chouans ».

En 1798, il est dans les troupes sélectionnées pour les expéditions en Irlande, la première en août, la seconde en octobre, pour apporter l'aide française aux insurgés irlandais contre la domination britannique. Cette opération, mal préparée, se terminera mal, car les forces révolutionnaires françaises seront battues et le principal insurgé irlandais, Theobald Wolfe Tone, sera arrêté et condamné à mort. Dans l'imaginaire irlandais, 1798 est baptisé l'année des Français, « The Year of the French » pour marquer l'engagement militaire des français.

Quant à notre grenadier, il sera capturé sur le vaisseau « Le Hoche » par les forces navales anglaises lors de la seconde expédition. Il fut au centre de la célèbre bataille de l'île de Toraigh, au large de la côte nord-ouest du comté de Donegal en Irlande. Il y avait à bord 1189 hommes ; 147 ont trouvé la mort et 1006 furent prisonniers. Après avoir failli couler dans la tempête de la nuit suivante, les britanniques réussirent à remorquer le bateau jusqu'aux cotes anglaises.

Autres questions posées dans l'article cité : Legay participa-t-il à la bataille irlandaise de Castlebar du 27 août ? Où fut-il détenu en novembre-décembre avant sa libération ? Que voulait dire le terme anglais « parole » pour une détention ? De prochains articles détailleront sa carrière dans les armées de la Révolution et de l'Empire, les conditions de son élection comme capitaine, son congé pour mariage avantageux, sa destitution et démission de l'armée et réintégration en 1831 ...

En savoir plus : « 1798 - Expédition d'Irlande et libération du capitaine Guillaume François Leguay »

Billet du 19.04.2015


La photo mystère du dernier billet et du bulletin Kannadig n'a toujours pas été identifiée par nos fidèles lecteurs. Où donc se trouve cette haute statue représentant un moustachu exposé au vent et de temps en temps au bruit ?

[modifier] 2 Campagnes des ans 2, 3, 4 et 5

Les faits d'armes d'un jeune normand d'après les documents originaux inscrits dans son dossier d'officier dans l'armée de la Révolution.

1790-1792 : Garde Nationale de Paris

Dès septembre 1790 il quitte sa Normandie natale pour rejoindre Paris où il entre « volontairement, à l'âge de 16 ans, dans la Garde nationale soldée de Paris ».

La Garde nationale est une milice citoyenne républicaine destinée au maintien de l'ordre et à la sécurité intérieure. Craignant un débordement populaire, la municipalité de Paris crée dès le 14 juillet 1789 une garde parisienne et des volontaires issus des couches les plus aisées de la société y adhèrent spontanément. Le fait de voter en 1790 l'attribution de soldes permet à des volontaires moins aisés comme Guillaume Le Guay de s'enrôler.

1792-1793 : Gendarmerie Nationale de Coutances

En septembre 1792 il revient au pays pour intégrer le nouveau corps de la Gendarmerie nationale, à Coutances (38 km de Tessy) : « gendarme à la résidence de cette ville ».

La maréchaussée royale était responsable du maintien de l'ordre dans le royaume de France sous l'Ancien Régime, et est remplacée en 1790 par la gendarmerie nationale. Contrairement aux Gardes nationaux des principales villes française, la gendarmerie nationale est chargée essentiellement de la police des campagnes.

1793 : Capitaine élu au 9e Bataillon de la Manche

Le 11 septembre 1793 Guillaume Le Guay est élu capitaine au 9e bataillon de la Manche (le chef compatriote n'est autre que le futur colonel et général de brigade Michel-Louis-Joseph Bonté qu'il suivra, et quittera ...) : « Le président a proclamé le citoyen Leguay capitaine ayant réuni la majorité absolue des suffrages ».

Le vote se déroule dans l'église du séminaire de Coutances et 87 soldats du tout nouveau bataillon sont appelés à déposer un bulletin secret. Le résultat proclamé est de 39 pour le citoyen Lamy et de 48 voix pour Guillaume Leguay : « un citoyen duquel ils connaissent les vertus civiques et les talents de militaires ».

1793 : Blessé au siège de Granville

En fin d'année 1793, on le trouve défendant la ville de Granville contre les assaillants chouans. Le 5 novembre, il est même « blessé à la jambe gauche au siège de Granville le 15 brumaire an 2 ». Mais peut-être ne faudrait-il pas lire le 25 brumaire ou 15 novembre ?

Dans son brevet de capitaine, on lit que Guillaume Le Guay commet un acte de bravoure : « A enlevé un guidon à l'avant garde de l'armée Royaliste composée de cavalerie, il était à cette époque adjoint au général Vachot ».


Arrêtons-nous un instant sur ce mot « guidon ». Essayez de deviner son sens étymologique en choisissant l'une des trois propositions suivantes :

les rênes d'ouverture d'un cavalier de l'armée royaliste vendéenne, bravant le feu des canons républicains.

le drapeau étendard brandi lors des assauts des compagnies de cavalerie lourde d'Ancien Régime.

le lacet-guide d'une coiffure d'officier chouan protégeant ses « bleo-hir » (cheveux longs) du vent d'ouest.

La suite dans l'article : « 1790-1804 - Les campagnes militaires du capitaine Guillaume-François Le Guay »,
+ « 1798 - Expédition d'Irlande et libération du capitaine Guillaume François Leguay » : publié le 13.04.2015

Billet du 23.05.2015


La semaine prochaine nous vous présenterons comment Guillaume Leguay a préféré s'installer au manoir du Cleuyou, en Ergué-Gabéric, et fuit l'armée, et comment de ce fait, ayant une liaison avec une jeune fille plus convenable que l'amante de Lazare Hoche, il s'est brouillé avec son ami Michel Bonté !

[modifier] 3 Le César Birotteau du Cleuyou

« Sur ces données, les honnêtes gens de l’arrondissement le nommèrent capitaine de la garde nationale ...  », César Birotteau, Honoré de Balzac

Comme nous l'avons évoqué la semaine dernière : Guillaume-François Le Guay, originaire du bocage normand, a été un valeureux militaire de carrière de 1790 à 1804. Mais le 19 Novembre 1804 ou 28 Brumaire de l'an 13, en casernement avec son régiment à Quimper, il se marie avec une riche héritière. Il faut dire que Quimper n'étant pas une ville de garnison, nombreux sont les officiers militaires hébergés chez l'habitant, et de ce fait de multiples mariages sont célébrés.

L’idylle la plus célèbre de la région est celle de Louise du Bot du Grego, domiciliée au château de Trévarez en Laz, avec Lazarre Hoche, chef de toutes les armées de Brest et de Cherbourg. Après la mort du jeune général, la jolie marquise va convoler en juste noces avec Michel Louis Bonté, chef du 81 régiment, futur général et baron d'empire, compatriote normand de Guillaume Le Guay. Et les sorts des deux hommes s'en trouvent un peu liés au niveau familial : « Le régiment se trouvant en garnison dans le département du finistère, Mr Bonté y contracta un mariage avec une très riche propriétaire du pays. Le sieur Leguay y fit également connaissance avec une famille très honnête dans laquelle il avait l'espérance de faire un mariage avantageux ».

Les deux hommes se connaissent depuis longtemps : « la bonne intelligence a établi l'amitié et même l'intimité entre les deux compatriotes, Bonté et Leguay ». Mais en 1804 les choses vont changer : « M. Bonté semble avoir oublié tous les bons sentiments qui l'avoient si souvent animé pour le sieur Leguay, tous les bons témoignages qu'il avait rendus de lui, pour vexer et persécuter son compatriote et son plus ancien compagnon d'armes ».

En janvier 1805 le colonel Bonté écrit à son ministre de la guerre : « Monsieur Leguai, prolonge son congé sans aucune autorisation et ne donne pas de ses nouvelles ». En effet, en juillet 1804 Le Guay a obtenu un congé de 3 mois du ministre, lequel congé s'est expiré quelques jours avant son mariage. Il n'a qu'une seule issue : démissionner pour raison familiale pour réintégrer l'armée plus tard. Le souci est que le colonel se braque, et obtient un refus hiérarchique de la démission, et donc le pauvre Leguay est considéré comme déserteur.

Le mariage avantageux de Guillaume Le Guay est réel, car son beau père Vincent Mermet, marchand de draps et important négociant quimpérois, est très riche, et sa fille Cécile est l'unique héritière. À la mort de son beau-père, non seulement ils hériteront du manoir du Cleuyou, de la métairie et du moulin, mais également de quatre maisons rue Keréon et rue St-François à Quimper, et aussi des métairies de Coutilly et de Kervreyen en Ergué-Gabéric. Une vraie fortune à gérer.

En février 1831, soit 27 ans après son mariage et sa révocation, Guillaume adresse une supplique au roi Louis-Philippe pour être rétabli dans ses droits et grade militaire : « l'heureuse occasion qui m'amène aujourd'hui devant vous pour demander la réparation d'une injustice commise à mon égard ». Il supplie sa Majesté « de vouloir bien me rendre mon ancien grade de capitaine dans la nouvelle organisation municipale qui va remplacer la gendarmerie, à la destination spéciale de Quimper ». Cette nouvelle organisation est la réactivation de la Garde Nationale qui avait été dissoute en 1827 et qu'il a connue à Paris en 1790.

Pour comprendre un peu plus précisément le parallèle avec le héros balzacien, Bonté et Napoléon :
« 1804 - Mariage et démission du capitaine Guillaume-François Leguay »

Billet du 31.05.2015



Thème de l'article : Biographie d'une personnalité gabéricoise

Date de création : Mai 2015    Dernière modification : 13.06.2015    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]