Guillaume Poupon (°1912), missionnaire à Haïti - GrandTerrier

Guillaume Poupon (°1912), missionnaire à Haïti

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Catégorie : Clergé
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§ E.D.F.
B I O G R A P H I E   E T   V O C A T I O N   C A T H O L I Q U E

Un dynamique prêtre missionnaire natif de Quillihuec en Ergué-Gabéric, Laouig Poupon, qui, par sa présence et ses actions, a œuvré pour le développement d'une petite commune défavorisée d'Haïti de 1936 à 1990.

Autres lectures : « Les prêtres d'Ergué-Gabéric » ¤ « Les prêtres et missionnaires natifs d'Ergué-Gabéric » ¤ « Nomination du missionnaire Guillaume Poupon à Haïti, Progrès et Bull. Pont-Croix 1936-37 » ¤ 

[modifier] 1 Présentation

Laouig Poupon est issu d'une famille nombreuse très catholique du village de Quillihuec : « huit frères et quatre sœurs, dont deux religieuses de la Congrégation du Saint-Esprit ». En 1933 le journal national publiera une photo de toute sa famille, incluant les deux sœurs religieuses, dans la série « Les belles familles de France » : cf. chapitre ci-dessous. Son père Hervé Poupon n'a pas de ferme, il est simplement journalier agricole et exerce aussi le métier de rebouteux.

Jeune, Laouic joue au foot dans l'équipe de foot des Paotred-Dispount et se fait certain remarqué par le vicaire René Abguillerm d'Odet qui proposera à sa famille qu'il aille suivre ses études aux petit séminaire de Pont-Croix. En 1936 le vicaire Abguillerm fera le déplacement pour la première grand'messe de son protégé à l'église paroissiale d'Ergué-Gabéric.

Laouig Poupon est formé d'abord au petit séminaire de Pont-Croix, puis à celui des Pères de St-Jacques au château de Lézarazien à Guiclan [1], près de Lampaul-Guimillau dans le nord-finistère, où l'on forme la majorité du clergé haïtien.

 

Le bulletin trimestriel du petit séminaire de Pont-Croix publie régulièrement des extraits de ses lettres d'Haïti (cf. chapitre ci-dessous, et article « Nomination du missionnaire Guillaume Poupon à Haïti, Progrès et Bull. Pont-Croix 1936-37 » ¤ ).

Le souvenir de Laouic Poupon à Haïti est toujours vivace. Aux Palmes l'école a été baptisée « Institution Guillaume Poupon » car « fondée par le père Poupon, père de la communauté des pères de Saint-Jacques ».

À Ergué-Gabéric, les anciens se souviennent aussi de ses visites lors de ses retours d'Haïti : « Un homme plutôt petit et rondouillard », « Une douzaine de frères et sœurs, dont son frère Charles qui travaillait à l'usine Bolloré. On lui faisait parvenir à Haïti des médicaments inutilisés. » (témoignages de René Le Reste et d'Henri Le Gars).

[modifier] 2 Famille nombreuse selon La Croix

Dans l'édition du 3 novembre 1933 du journal national La Croix, la famille Poupon est à l'honneur avec cette photo « Les belles familles de France » de l'atelier quimpérois Villard [2], sous-titrée « La famille Hervé Poupon, d'Ergué-Gabéric (Finistère), 15 enfants, 13 vivants, dont 2 religieuses et 1 aspirant missionnaire ».

Étonnamment, voire caricaturalement, le journal présente une famille nombreuse via la figure tutélaire paternelle, sans mentionner l'existence de la mère des 15 enfants. Hervé Poupon et Marie Anne David, mariés le 23/09/1906 à Kerfeunteun [3], sont au premier rang avec leurs petits-enfants.

Les 10 premiers enfants Poupon, dont Guillaume le 4e d'entre eux, sont nés entre 1907 et 1921 au lieu-dit Ty-Bur en Ergué-Gabéric, avant que la famille ne déménage à Quillihuec et s'agrandisse avec 5 autres naissances.

Et pour le journal catholique, le qualificatif de « belle », appliquée à la famille, est mérité par le nombre important de vocations religieuses, dont celle l'aspirant missionnaire qui confirme ses vœux à Ergué-Gabéric en 1936 pour partir à Haïti. Sur la photo de 1933, Guillaume est sans doute le jeune homme au col romain au 2e rang, à gauche de sa sœur religieuse.

 

[modifier] 3 Haïti vu du séminaire de Pont-Croix

Jeune, jouant au foot dans l'équipe de foot des Paotred-Dispount, Laouic se fait remarqué par le vicaire René Abguillerm d'Odet qui proposera à sa famille qu'il aille suivre ses études au petit séminaire de Pont-Croix. En 1936 le vicaire fait le déplacement pour la première grand'messe de son protégé : « M. Abguillerm, vicaire à Saint-Pol de Léon et ancien vicaire d'Ergué-Gabéric, fit ressortir dans son sermon le magnifique idéal du missionnaire ».

Laouic Poupon est formé d'abord à Pont-Croix, puis chez les Pères de St-Jacques au château de Lézarazien à Guiclan [1], près de Lampaul-Guimillau dans le nord-finistère, où l'on forme la majorité du clergé haïtien.

En janvier 1933 Guillaume Poupon y a des fonctions d'infirmier et de fleuriste : « Au soin des chrysanthèmes et des bégonias, il joint celui des malades », ironise-t-on dans le bulletin de Pont-Croix. Dans un courrier adressé au séminaire de Pont-Croix en fin d'année 1936, il raconte ses débuts dans sa nouvelle paroisse du Petit-Goâve près de Port-au-Prince :

 

« Le lendemain de mon arrivée le 1er vendredi du mois de Novembre, mon curé et moi avons distribué deux grands ciboires bien pleins d'hosties » ; « La population du Petit Goâve est, on peut dire, entièrement noire ou de race noire » ; « La route se fait à cheval, par des chemins encore plus fantaisistes que nos chemins bretons ».

Dix ans plus tard, en 1946, un autre missionnaire d'Ergué-Gabéric ira rejoindre Laouig Poupon à Haïti par le biais du séminaire de St-Jacques : Pierre Le Men, né en 1921.

En 1953 Guillaume Poupon est en congé en Bretagne et le bulletin de Pont-Croix rend compte de ses dernières activités à Haïti. Ces dernières années il a fait le pari de recréer une paroisse dans un coin reculé dans la montagne sur le territoire communal du Petit Goâve, au secteur des Palmes : « Le résultat matériel de cinq années d'efforts : une église, 3 chapelles de secours (non terminées), un presbytère, une école de filles, l'ancien presbytère transformé en école de garçons, un dispensaire. »


[modifier] 4 Annotations

  1. L'ancien manoir de Lézarazien est à la limite de Guiclan et de Lampaul-Guimiliau ; il appartint à la famille Le Sénéchal, puis aux Kerouartz à la suite du mariage en 1685 de Marie Le Sénéchal avec Joseph Hyacinthe de Kerouartz, dont les descendants occupèrent le manoir pendant deux siècles. Leur arrière-petit-fils François de Kerouartz fut président du Parlement de Bretagne. Un nouveau château est construit en 1871 par Albert de Kerouartz et la fille de ce dernier, Mère Marie de Kerouartz donna le château aux Missionnaires d'Haïti dont le séminaire se trouvait antérieurement à Pontchâteau depuis 1872. [Ref.↑ 1,0 1,1]
  2. Joseph Villard, né en 1838 à Ploaré, est initié à la photo par son frère Jean-Marie qui a été formé, à Paris, par Nadar et Daguerre. Il reprend l'atelier de photographie créé par Jean-Marie à Quimper et le développe en parcourant la Bretagne à pied puis à vélo, à la recherche de sujets pittoresques ou de monuments. Il constitue au fil des années une collection unique de plaques photographiques. Son fils Joseph-Marie (1868-1935) prend sa succession dans la photographie, ainsi que son petit-fils Joseph-Henri-Marie (1898-1981). [Ref.↑]
  3. Mariage - 23/09/1906 - Kerfeunteun de POUPON Hervé, Cultivateur, (majeur), né le 23/11/1873 à Briec, fils de Henri, Journalier et de Anne PENNARUN, Journalière , âgée de 67 ans , présente. Veuf de : Marie Renée MERDY, décédée le 29/10/1905 à Kerfeunteun. Et de DAVID Marie Anne, Cultivatrice, (mineure), née le 04/12/1885 à Plogonnec, fille de Yves, Cultivateur , âgé de 49 ans , présent et de Marie Jeanne QUEMENER, Cultivatrice , âgée de 51 ans , présente [Ref.↑]


Thème de l'article : Histoire d'une personnalité gabéricoise

Date de création : Juillet 2018    Dernière modification : 12.02.2021    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]