Jean Louët (1874-1926), sous-lieutenant du 97e RI - GrandTerrier

Jean Louët (1874-1926), sous-lieutenant du 97e RI

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Catégorie : Personnages
+ Poilus
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§ E.D.F.
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Un officier âge de 40 ans, avec plus de 19 ans de service dans l'armée, dont 16 dans la Garde républicaine, blessé au front dans les combats de Souchez en Artois [1] le 9 mai 1915, et nommé Chevalier de la Légion d'Honneur .

On trouvera ci-dessous la relation de cette journée dans le Journal des Marches et Opérations du 97e Régiment d'Infanterie, ainsi que son dossier de décoré de la Légion d'Honneur.

Autres lectures : « Portail des Poilus de 1914-18 » ¤ « L'assaut du 25 septembre 1915 * » ¤ « 1915-1919 - Cahier de campagne du brigadier fourrier Pierre Tanguy » ¤ « DOUGUET Jean-François - Etienne Le Grand, un regard breton dans la Grande Guerre » ¤ « DOUGUET Jean-François - Ergué-Gabéric dans la Grande Guerre T1 » ¤ « DOUGUET Jean-François - Cornouaillais dans la Grande Guerre T2 » ¤ 

[modifier] 1 Présentation

Jean Louët, né le 28 novembre 1874 au village de Keranroué en Ergué-Gabéric où ses parents étaient simples cultivateurs, est un militaire gradé et décoré. Jean-François Douguet écrit dans son livre « Ergué-Gabéric dans la Grande Guerre T1 », publié en juillet 2014 : « Le peuple des paysans ne fournit pas, ou peu, d'officiers. Ergué-Gabéric n'échappe pas à la règle. Toutefois, il arrive qu'un fils de paysan s'émancipe. Ainsi Jean Louët ... »

Après son service militaire en 1898, il entre dans la Garde Républicaine [2] où il est successivement élève garde à pied, garde à pied le 8 décembre 1899, brigadier à pied, puis maréchal des logis. En octobre, incorporé au 97e Régiment d'Infanterie, il est promu sous-lieutenant, qualifié « à TT » (à titre temporaire). Ce grade voulait dire qu'il est jugé capable de remplir cette fonction par son encadrement, mais que les circonstances ne permettent pas de suivre la procédure administrative.

Le 9 mai 1915, il est en Artois au nord d'Arras, et participe à la Bataille d'Artois de mai-juin 1915 [1]. Après le tir de 1 200 canons, l’assaut est donné, mais les soldats français sont nombreux à s’effondrer face aux mitrailleuses allemandes. Ce jour-là Jean Louët sera blessé lors de l'assaut de Souchez, la première « par éclat d'obus à la main droite », et la seconde « d'une balle au bras gauche avec fracture esquilleuse [3] de l'humérus ».

Il sera nommé quelques jours plus tard Chancelier de la Légion d'Honneur et reçoit la « croix de guerre avec palme », avec cette citation : « Véritable entraineur d'hommes. A le 9 mai 1915 conduit avec une remarquable ardeur ses hommes à l'assaut des tranchées ennemies. Blessé à la main au début de l'action, a conservé son commandement. A été gravement blessé au delà de la 3e ligne ennemie. »

 

Le Journal de Marche et d'Opérations du 97e Régiment d'Infanterie atteste bien que les troupes du 2e Bataillon de Jean Louët (il était dans la 5e Compagnie, soit la 1ère Cie du 2e Bataillon) a bien réussi son assaut : « À 10 heures, débouché des unités de 1ère ligne, suivie rapidement des unités de renfort, tandis que le 3ème Bataillon vient de suite occuper les emplacement prises et dépassées (10h20). Le passage des 3 lignes de tranchées allemandes et du terrain en arrière, couvert de boyaux et de rameaux [...] À 11 heures, arrivé au Cabaret Rouge des premiers éléments du 97e. »

Jean Louët est bien nommé dans le récapitulatif nominatif des pertes parmi les 12 officiers blessés pendant ces journées du 9 au 13 mai. Par ailleurs on comptera parmi les hommes de troupes du 97e RI plus de 1000 tués, blessés et disparus. Cette bataille de l'Artois [1] durera jusqu'au 25 juin 1915 et fera 192 000 morts ou blessés Français, tous régiments confondus.

Après guerre Jean Louët réintègre la Garde Républicaine ; sur un reçu de pension de sa Légion d'Honneur daté de 1920, il est domicilié à : « Garde républicaine, Paris, Boulevard Henri IV ». Il décède le 18 août 1926 dans le département des Hautes Alpes. Par contre nous ne savons pas s'il a formé une famille et eu des descendants.


[modifier] 2 Légion d'Honneur

Numéro du certificat d'inscription : 103481

Nom: Louët, prénom : Jean, qualité du grade : sous-lieutenant à titre temporaire à la 5e compagnie du 97e régiment d'infanterie, né le 8 novembre 1874 à Ergué-Gabéric (Finistère) a été nommé Chevalier de la Légion d'honneur par décret du 2 octobre 1915, rendu sur le rapport du Ministre de la Guerre, croix de guerre avec palme, pour prendre rang du 18 septembre 1915.

Blessures de guerre :

Blessé d'une balle au bras gauche avec fracture esquilleuse [3] de l'humérus, le 9 mai 1915 à Souchez.

Blessé le même jour par éclat d'obus à la main droite.

Comptent pour deux annuités Décision de la commission du 10 mai 1918

Cité à l'ordre de l'armée n° 1581 du 18 septembre 1915 :

Véritable entraineur d'hommes. A le 9 mai 1915 conduit avec une remarquable ardeur ses hommes à l'assaut des tranchées ennemies. Blessé à la main au début de l'action, a conservé son commandement. A été gravement blessé au delà de la 3e ligne ennemie.

Services, positions diverses :

Jeune soldat appelé de la classe de 1894 de la subdivision de Quimper n° 93 au registre matricule de recrutement, n° 100 de tirage dans le canton de Quimper.

15e bataillon d'artillerie à pied, 2e canonnier servant le 16 novembre 1895, brigadier le 27 novembre 1896.

Garde républicaine, élève garde à pied le 4 novembre 1898, garde à pied le 8 décembre 1899, brigadier à pied le 20 avril 1901, maréchal des logis le 20 janvier 1907.

97e Régiment d'Infanterie, sous-lieutenant à TT ("titre temporaire") le 16 octobre 1914.


 

[modifier] 3 Journal de marche du 97e RI

Ci-après compte rendu des opérations devant Souchez pendant les journées du 9,10,11,12,13,Mai 1915.

A. Les préparatifs :

Le Corps ayant été prévenu dans la soirée du 8 mai qu’une attaque des lignes ennemies par les troupes de la 88e Brigade devait avoir lieu le 9, la nuit fur consacrée à l’allongement des T, à leur effondrement, à partir du boyau 2 jusqu’à un point situé à 100 mètres environ à l’Ouest de celui ou le ligne de tranchées quitte le chemin de Carency-Neuville.

Le temps ayant manqué pour la parallèle de départ fut continue, les défenses accessoires sont enlevées ou déplacées au cours de la même nuit, en face des intervalles existant entre les différents éléments de la parallèle ; en même temps, des gradins de franchissement sont établis dans la tranchée de tir.

B. Les Opérations.

1° le 9 mai. A 4h30, les troupes sont en place: le 2e Bataillon à droite, le 1er à gauche, chacun ayant 2 Compagnies en première ligne, 2 Compagnies en renfort. Le 3e Bataillon reste momentanément au chemin des Pylônes, et ne doit venir prendre l’emplacement des Compagnies de première ligne qu’au moment ou celles-ci auront débouché. Pendant la préparation de l’Artillerie, afin d’éviter tout accident, les unités de 1ère ligne occupent la parallèle à 150 mètres en arrière de la 1ère ligne, quelques fractions utilisant aussi les mines ouvertes par le génie dans le secteur. Entre temps, le Chef de Corps est avisé que l’heure initiale de la préparation de l’artillerie est 6 heures : l’infanterie doit donc déboucher à 10 heures.

À 10 heures, débouché des unités de 1ère ligne, suivie rapidement des unités de renfort, tandis que le 3ème Bataillon vient de suite occuper les emplacement prises et dépassées (10h20).

Le passage des 3 lignes de tranchées allemandes et du terrain en arrière, couvert de boyaux et de rameaux a rapidement, et malgré tous les efforts des chefs de Bataillon, amené un mélange des unités des 1er et 2e Bataillons ; d’autre part, les troupes placées à la gauche de 97e n’ayant pas continué aussi rapidement leur mouvement en avant, le ravin de Carency-Souchez devenant un danger incessant et y attiraient forcement des factions du régiment qui faisaient ainsi face au ravin et transformaient progressivement en tranchée le boyau dit de Bavière.

À 11 heures, arrivé au Cabaret Rouge [4] des premiers éléments du 97e.

À 11h15, occupation du cimetière de Souchez rapidement mis en état de défense par une section 1/ de la 1ère Compagnie, et quelques autres factions du bataillon de droite. A ce moment, le village de Souchez est peu occupé; deux pièces de 77 ont même été abandonnées à l’entrée du village pendant quelques instants.

Néanmoins, l’effectif des 1er et 2 Bataillons à ce moment sur la position ne permet pas à ces 2 bataillons d’occuper le village et d’appuyer la marche du 159e sur 119.

Le bataillon de renfort (3e bataillon), sorti des tranchées (sauf 1 Compagnie) après que les 2 premiers eurent dépassé le point G fut d’après les ordres du Général de Brigade dirigé sur ce point G. De là, il envoie 3 Compagnies renforcer le 2e bataillon pour appuyer le plus possible le mouvement du 159e sur 119. La dernière Compagnie fut conservé d’après les ordres du Générale de Brigade, à la gauche du régiment, dans les tranchées de départ, pour se garder dans la direction du ravin de Carency, ou la progression semblait plus lente.

À 12h30, la gauche du 159e ayant été arrêtée dans sa marche sur 119 par le tir de l’artillerie allemande, et la position du cimetière se trouvant battue à 100 mètres, par des pièces de 77 établies à Souchez, le chef du 1er bataillon fait établir sa ligne à 150 mètres en arrière du dit cimetière, la droite appuyé au Cabaret Rouge et se reliant au 159e, il est aidé dans ce mouvement par 2 Compagnies du 3ème bataillon arrivant à ce moment à la hauteur des deux premiers.

§ À partir de 14 heures, la ligne commence à s’organiser ...

 

Pertes pendant les combats devant Souchez

1° Officiers

Tués (x8)
Brigoudat Victor, chef de bataillon
Bré Philippe, capitaine, 6e
[...]

Blessés (x12)
Chann Emile, capitaine, 11e Cie [...]
Louët, sous-lieutenant, 5e [...]

[modifier] 4 Annotations

  1. La bataille de l'Artois (appelée aussi Première bataille d'Artois1 ou seconde bataille de l'Artois, en allemand Lorettoschlacht), est une bataille qui se déroule sur le Front Ouest pendant la Première Guerre mondiale, du 9 mai au 25 juin 1915. Elle a lieu au même moment que la deuxième bataille d'Ypres. Bien que les troupes françaises, sous les ordres du général Pétain remportent plusieurs succès, l'issue de la bataille reste indécise. Pertes : 192 000 morts ou blessés Français, 11 000 Britanniques et du côté allemand 65 000 morts, blessés ou disparus, et 8 000 prisonniers. [Ref.↑ 1,0 1,1 1,2]
  2. La Garde républicaine est une subdivision de la Gendarmerie nationale qui assure des missions d'honneur et de sécurité au profit des plus hautes autorités de l'État ainsi que des missions de sécurité au profit du public. [Ref.↑]
  3. Esquille s.f. : (latin schidia, copeau, du grec skhidza) petit fragment osseux provenant d'une fracture, le plus souvent complexe. Source : Larousse. [Ref.↑ 3,0 3,1]
  4. Le secteur du Cabaret Rouge aux abords du village de Souchez en Artois a constitué pendant des semaines un endroit très disputé sur le front d’Artois. Après l’offensive de mai-juin 1915 il restera aux mains des allemands. Les lieux ont été n décrit par Henri Barbusse en octobre 1915 : " Le Cabaret Rouge. Il n’en reste rien. On montre comme une curiosité un reste de plancher, (...) les décombres entassés là sont rougeâtres comme la brique dont était faite la maison, lorsque maison il y avait.", laquelle maison était une auberge campagnarde. [Ref.↑]


Thème de l'article : Histoire d'une personnalité gabéricoise

Date de création : Février 2015    Dernière modification : 23.02.2015    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]