L'ESTOURBEILLON Régis (de) - Les familles françaises à Jersey pendant la Révolution - GrandTerrier

L'ESTOURBEILLON Régis (de) - Les familles françaises à Jersey pendant la Révolution

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Image:LivresB.jpgCatégorie : Media & Biblios  

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L'ESTOURBEILLON (Régis / de), Vincent Forest et Emile Grimaud, Editions régionales de l'ouest, , Nantes, Mayenne, 1886, 2000, ISBN 2-85554-098-4
Titre : Vincent Forest et Emile Grimaud, Editions régionales de l'ouest
Auteur : L'ESTOURBEILLON Régis / de Type : Livre/Brochure
Edition : Note : -
Impression : Nantes, Mayenne Année : 1886, 2000
Pages : 688 Référence : ISBN 2-85554-098-4

[modifier] Notice bibliographique

Couverture

Ce livre inclut un recensement de tous les actes d'état civil concernant les familles nobles, principalement bretonnes ou normandes, émigrées à Jersey pendant la Révolution et l'Empire et classées par ordre alphabétique.

Et parmi ceux-ci figure François Louis de La Marche (1720-1794) qui s'est exilé en 1791, quittant son manoir de Lezergué qu'il avait fait construire et son hôtel de Quimper, devant la menace révolutionnaire. Les documents relevés dans les registres nous apprennent :

  • Son décès sur l'île et la date d'inhumation du 28 octobre 1794 [1] via le registre de la paroisse Saint-Laurent de Jersey.
  • Sa carrière militaire, à savoir qu'il est lieutenant des maréchaux de France, et qu'il est toujours en début 1793 volontaire de la 1ère compagnie du 2ème bataillon composée de « Mrs les Émigrés français, résidant en l'isle de Jersey » (cf. liste complète en annexe du livre).
  • Ses relations familiales émigrées sur Jersey, notamment la famille Rocher de Quengo de St-Malo : François-Louis est parrain en 1783 d'une petite Léontine, et une année avant il est témoin pour le mariage des parents, le père étant son neveu, c'est-à-dire le fils de sa sœur.
  • Pour ce mariage on note l'intervention de son frère exilé à Londres, Jean-François de La Marche, ancien évêque de St-Pol-de-Léon, qui donne son autorisation ecclésiale pour se soustraire à l'obligation de publier les bans. Sa lettre, produite en annexe, explique la raison de cette dérogation par « le schisme qui agite l'Eglise Gallicane [2] » et qu'il espère « le rétablissement de l'ordre et la réintégration des vrais pasteurs dans leurs églises ».

Autres lectures : « 1794 - Inventaire des papiers de François-Louis de La Marche après son décès à Jersey » ¤  « Les de La Marche, nobles de Kerfort et de Lezergué, 17e-18e siècles » ¤ « KERBIRIOU Louis - Jean-François de la Marche Evêque-Comte de Léon » ¤ « Jean-François de La Marche (1729-1806), dernier évêque de Léon » ¤ 

[modifier] Extraits

Page 555 Biographie

DE LA MARCHE

Origine : - La famille de La Marche (en breton : Ar Marz) est originaire de la paroisse de Braspartz, évêché de Cornouailles, et remonte à Anceau de la Marche qui vivait en 1380. Elle a figuré aux montres [3] et réformations de 1426 à 1536 et a été maintenue comme noble d'ancienne extraction, lors de la réformation de 1670.

Principales alliances : - la famille de la Marche s'est alliée aux maisons de Hilguy, de Botmeur, de Kerlec'h, de la Bouëxière, du Plexis, de Kersaintgilly, du Chastel, Thebaud, de Bourigan du Pé d'Orvault, etc. etc.

Armes : - De gueules au chef d'argent.

FRANÇOIS-LOUIS DE LA MARCHE. - 28 octobre 1794. - « Messire François-Louis de la Marche, chef de nom et d'armes, chevalier, seigneur de Lezergué, de Kerfors, du Livio et autres lieux, ancien lieutenant des maréchaux de France, âgé de 75 ans, originaire de la paroisse d'Ergué-Gabéric, diocèse de Cornouailles, province de Bretagne, demeurant avant la Révolution à son château de Lezergué, paroisse d'Ergué-Gabéric, ou à son hôtel, en la ville épiscopale de Quimper, époux de feue dame Françoise-Louise-Félicité du Bourigan du Pé d'Orvault, et frère de Monseigneur Jean-François de la Marche, évêque de Saint-Pol de Léon, province de Bretagne, résidant maintenant à Londres, a été enterré le 28 octobre 1794. »

(Reg. de la par. de Saint-Laurent de Jersey.)

Page 207 Parrain à un baptême

LÉONTINE DU ROCHER DE QUENGO. - 14 septembre 1793. - Baptême, célébré par Messire Jean-Christophe-Claude Le Saout, curé de la ville et paroisse de Saint-Malo, réfugié à Jersey, à cause des troubles et calamités de l'Eglise gallicane, de Léontine-Louise du Rocher du Quengo, née de ce jour dans l'île de Jersey, paroisse Saint-Laurent, du légitime mariage de Messire Gabriel-Pierre-Louis du Rocher, chef de nom et d'armes, chevalier, seigneur du Quengo, lieutenant des vaisseaux du roy de France, avec demoiselle Marie-Louise-Laurence Ménard, son épouse.

Parrain : - Messire François-Louis de la Marche.

Pages 204 Témoin de mariage

GABRIEL DU ROCHER DU QUENGO ET MARIE-LOUISE MÉNARD. - 19 novembre 1792. - Mariage, célébré en la paroisse de Saint-Hélier de Jersey, par Messire Le Saout, curé de l'église cathédrale et paroissiale de Saint-Malo, réfugié en l'île de Jersey, comme ecclésiastique non assermenté, de Gabriel-Pierre-Louis du Rocher du Quengo, lieutenant des vaisseaux du roi de France, au département de Brest, et y domicilié de droit, âgé de 31 ans, né à Brusvily, diocèse de Saint-Malo, en Bretagne, fils majeur de feu Gabriel-Bon-Alexis du Rocher du Quengo, et de feue Marie-Anne de la Marche, domicilié, de fait, paroisse de Saint-Sauveur de Dinan,

Avec Demoiselle Marie-Louise-Laurence Ménard, âgée de 25 ans ....

 

Suite du mariage

Témoins : - M. l'abbé Carron, recteur de Saint-Sauveur de Dinan. - Messire Alexandre-Fidèle, comte de la Bourdonnaye de Claye, conseiller au Parlement de Bretagne. - Messire François-Louis de la Marche, oncle de l'époux (cf note incluse ci-dessous). - Messire Toussaint-Fidèle Le Borgne de Kermorvan, oncle de l'époux. - Messire Charles-Balthazar de Roquefeuil.


Note : François-Louis de la Marche. - Messire François-Louis de la Marche [4], seigneur de Kerfors et de Lezergué, en la paroisse d'Ergué-Gabéric, évêché de Cornouaille, chevalier de Saint-Lazare et du Mont-Carmel, marié, en 1715, à demoiselle Marie-Anne du Botmeur, dont naquirent : Messire François-Louis de la Marche, page du roi en 1739, puis lieutenant des maréchaux ; 2° Jean-François de la Marche, lieutenant au régiment de la Reine-Dragons, blessé à la bataille de Plaisance, en 1746, puis abbé de Saint-Aubin-des-Bois en 1764, et évêque de Léon en 1772, mort en 1806. - La famille de la Marche, d'ancienne extraction chevaleresque, est originaire de la paroisse de Braspartz, évêché de Cornouaille, et porte pour armes : De gueules au chef d'argent.

Autorisation de mariage

DU ROCHER DU QUENGO.

PIÈCE JUSTIFICATIVE

Autorisation de mariage Pour Messire Gabriel-Pierre-Louis du Rocher du Quengo

Jean-François de la Marche, évêque de Léon, nous permettons à Gabriel-Pierre-Louis du Rocher, fils de Gabriel du Rocher du Quengo et de Marie-Anne de la Marche, de contracter mariage avec Marie-Louise-Laurence Ménard, veuve d'Augustin-Célestin Morand de la Sauvagère, fille de deffunt Louis-Jean Ménard et de Jeanne-Charles de Portelance, conformément aux permissions qui ont été accordées par Monseigneur l'évêque de Saint-Malo, à ladite Marie-Louise-Laurence Ménard, et attendu les circonstances extraordinaires qui naissent du schisme qui agite l'Eglise Gallicane, nous le dispensons des trois publications de bans, si toutefois les parties contractent mariage avant la cessation du schisme, le rétablissement de l'ordre et la réintégration des vrais pasteurs dans leurs églises.

Donné au château de Wardour, le 30 juillet 1792, sous notre seign et le sceau de nos armes. F.-J., Ev. de Léon. Sceau.

(Registres paroissiaux catholiques de Jersey. N° 21. - 2e feuille volante.)

Émigrés de la 1ère compagnie

Etat de Mrs les Émigrés français, résidant en l'isle de Jersey, composant la 1ère compagnie du 2ème bataillon, pour le paiement des appointements du 2 avril 1794.

Nos. Noms de Mrs les officiers et volontaires ; Grade ; Solde

1. Mr Le Vicomte de la Houssaye ; 1er capt. ; 12 tt

2. Mr De La Villeauroux ; 2me capt. ; 12 tt

...

63. De La Marche ; volontaire ; 12 tt

[modifier] Annotations

  1. L'information de la date de décès est confirmée par un document des Archives départementales du Finistère, cote 32J74, qui précise que la date de décès est la veille, soit le 27 octobre. [Ref.↑]
  2. Le gallicanisme est une doctrine religieuse et politique cherchant à promouvoir l'organisation de l'Église catholique en France de façon largement autonome par rapport au pape. La doctrine gallicane commence à se formuler après l'opposition entre Philippe le Bel et le pape Boniface VIII au début du 14e siècle. À la fin du XVIIe siècle, le gallicanisme s'implante largement dans le clergé français, d'une part grâce aux théories de Bossuet, largement approuvées, d'autre part grâce aux positions gallicanes des jansénistes qui reprochent au pape son intervention à l'intérieur du clergé français. Au début de la Révolution française, l'adoption de la Constitution civile du clergé est considérée par certains (notamment l'Abbé Grégoire) d'inspiration gallicane et présentée par d'autres (en particulier l'évêque de La Marche) comme la suppression des pouvoirs épiscopaux. Après la Révolution, soucieux de rétablir la paix civile, Napoléon Bonaparte négocie le Concordat avec le pape Pie VII. À cette occasion, en 1801, le souverain pontife, à la demande du chef de l'État, dépose l'ensemble de l'épiscopat français : évêques élus en vertu de la Constitution civile du clergé comme prélats d'Ancien Régime survivants : c'est la fin des principes de l'Église gallicane, et la reconnaissance, implicite, de la primauté de juridiction du pape. En 1870 a lieu à Rome la proclamation du dogme de l'infaillibilité pontificale par le concile Vatican I. Cette décision, quoique fortement contestée par les évêques français, sonne le glas du gallicanisme. [Ref.↑]
  3. Montre, s.f. : revue militaire de la noblesse. Tous les nobles doivent y participer, munis de l’équipement en rapport avec leur fortune. Les ordonnances du duché de Bretagne spécifient minutieusement l’armement de chaque noble en fonction du revenu déclaré. Ainsi, la convocation de 1540 indique l'armement suivant : Au dessous de 60 livres de rente, en brigandine ou en paltoc nouveau modèle sans manches, mais avec lesches ou mailles sur les bras, avec faculté de se servir d'arc ou de juzarme ; entre 60 et 140 livres, en archer en brigandine ou en juzarmier, avec un coutilleur (soit 2 chevaux) ; entre 140 et 200 livres, en équipage d'homme d'armes (la tenue de la gendarmerie permanente de lanciers), avec un coutilleur et un page (soit 3 chevaux) ; entre 200 et 300 livres, en équipage d'homme d'armes, avec un archer ou juzarmier en brigandine, un coutilleur et un page (soit 4 chevaux) ; entre 300 et 400 livres, toujours en équipage d'homme d'armes avec deux archers, un coutilleur et un page (soit 5 chevaux). Et ainsi de suite en augmentant d'un archer par cent francs de revenu. Source : www.gwiler.net. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  4. L'auteur se trompe en associant l'émigré de La Marche avec François-Louis époux de Marie-Anne de Botmeur, il s'agit en fait du fils, François-Louis également, né en 1720. [Ref.↑]


Thème de l'article : Fiche bibliographique d'un livre ou article couvrant un aspect du passé d'Ergué-Gabéric

Date de création : Juin 2018    Dernière modification : 25.09.2018    Avancement : Image:Bullgreen.gif [Fignolé]