Le ragoût noir des spartiates sous les tentes de Kerdévot, Courrier du Finistère 1890 - GrandTerrier

Le ragoût noir des spartiates sous les tentes de Kerdévot, Courrier du Finistère 1890

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Catégorie : Gazettes
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§ E.D.F.

Un journaliste qui fait une jolie allusion à la consommation de ragoût ou brouet noir par les Spartiates et par les pardonneurs de la chapelle de Kerdévot.

Autres lectures : « Espace «Chapelle de Kerdévot » ¤ « GOURCUFF Olivier (de) - Anthologie des poètes bretons du 17e siècle » ¤ « Pèlerinage à Notre-Dame de Kerdévot, l'Impartial du Finistère 1871 » ¤ « Souvenirs du pardon de Kerdévot par Pierre Roumégou » ¤ « ANONYME - La légende des crêpes de Pierre de Kerdévot, page d'Anne de Bretagne » ¤ « DELOUCHE Denise - Eugène Boudin au pardon de Kerdevot » ¤ 

[modifier] 1 Présentation

Cette édition du 20 septembre 1890 [1] du journal catholique « Le Courrier du Finistère » [2] nous fait le compte-rendu du pardon annuel : « Ce pardon, déjà très ancien, est sans contredit la plus vaste et la plus noble expression de notre antique foi bretonne ... Les femmes chantaient des cantiques bretons et la fête religieuse s'est terminée par la bénédiction du Très-Saint-Sacrement. »

Et sur le placitre de la chapelle c'est la fête païenne, donc le fameux ragoût noir servi sous les toiles des stands des restaurateurs. Et le journaliste de faire le parallèle avec le plat antique des spartiates : « les Bretons savourent avec délices un ragoût noir dont assurément les Spartiates se fussent régalés »

Plutarque indique que « parmi les plats, celui que spartiates apprécient le plus est le ragoût noir ; c'est au point que les vieillards ne demandent même pas de viande ; ils la laissent aux jeunes et font leur dîner du brouet qu'on leur verse. » C'est pour les Grecs un véritable sujet de curiosité. Le plat était composé de viandes rôties de chèvre et porc, de sel, de vinaigre et de sang, ce bouillon cuit à feu doux pendant des heures ayant cette couleur noire caractéristique.

Aux 19e et 20e siècles, le ragoût de Kerdévot était, quant à lui, constitué de viande de bœuf : «  D'autres se ravitaillaient dans des stands où on trouvait de la soupe, du ragoût de bœuf, du café » (Pierre Roumégou, 1980).

 
Eugène Boudin, Kerdévot, 1856-57
Eugène Boudin, Kerdévot, 1856-57

[modifier] 2 Coupure de presse

Quimper. Dimanche a eu lieu le pardon de Kerdévot, dans la paroisse d'Ergué-Gabéric.

Ce pardon, déjà très ancien, est sans contredit la plus vaste et la plus noble expression de notre antique foi bretonne. À la procession, on remarquait nos paysans, pieds nus, en corps de chemise, faisant le tour de la vieille chapelle ; il y en avait d'autres qui se traînaient les genoux et qui faisaient ainsi par six fois le tour de l'église. Les femmes chantaient des cantiques bretons et la fête religieuse s'est terminée par la bénédiction du Très-Saint-Sacrement.

Le pardon est véritablement pittoresque. Sur l'immense place toute couverte d'arbres, se trouvent les boutiques des marchands de jouets, celles des marchandes de fruit, et les restaurants improvisées où, sous la tente, les Bretons savourent avec délices un ragoût noir dont assurément les Spartiates se fussent régalés.

Au retour du pardon, les pélerins-voyageurs ont, chaque année, les oreilles serinées par les mirlitons [3] et les sifflets de deux sous ; chacun veut un souvenir du pardon ; il n'est pas un seul cheval qui ne porte pas à l'oreille deux ou quatre moulins à vent.


 
Le Courrier du Finistère 20 Sept 1890
Le Courrier du Finistère 20 Sept 1890


[modifier] 3 Annotations

  1. Information et document communiqués par Pierrick Chuto, passionné d'histoire régionale, auteur de nombreux articles (Le Lien du CGF, La Gazette d'Histoire-Genealogie.com ... ) et de cinq livres sur le Pays de Quimper : § [ses publications] .. [Ref.↑]
  2. Le « Courrier du Finistère » est créé en janvier 1880 à Brest par un imprimeur Brestois, Jean-François Halégouët qui était celui de la Société anonyme de « l'Océan » qui éditait à Brest depuis 1848 le journal du même nom, et par Hippolyte Chavanon, rédacteur en chef commun des deux publications. Le but des deux organes est de concourir au rétablissement de la monarchie. Le Courrier du Finistère est, de 1880 à 1944, un journal hebdomadaire d'informations générales de la droite légitimiste alliée à l'Église catholique romaine jusqu'au ralliement de celle-ci à la République. Il est resté ensuite le principal organe de presse catholique du département, en ayant atteint un tirage remarquable de 30 000 exemplaires en 1926. Rédigé principalement en français, il fait une place remarquable à la langue bretonne, qui est, alors, pour certains ruraux, la seule langue lisible, grâce à l'enseignement du catéchisme. Ayant continué de paraître pendant l'Occupation allemande (1940-1944), Le Courrier du Finistère fait l'objet d'une interdiction de parution. Pour lui faire suite, le diocèse de Quimper a suscité la création d'un hebdomadaire au contenu unique, mais sous deux titres, le Courrier du Léon et le Progrès de Cornouaille. [Ref.↑]
  3. Mirliton, s.m. : tube creux de roseau garni par les deux bouts avec une pelure d'oignon ou avec un morceau de peau de baudruche, et autour de laquelle s'enroule souvent un papier contenant un rébus ou des devises ; on a pratiqué, aux extrémités, deux ouvertures latérales, sur l'une desquelles on applique la bouche, en chantant un air populaire ; la vibration des pelures d'oignon donne à la voix un son nasillard et ridicule, qui fait que le mirliton n'est employé que par plaisanterie et pour faire rire ; on le nomme à cause de cela flûte à l'oignon. Source : XMLittré. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]


Thème de l'article : Coupures de presse relatant l'histoire et la mémoire d'Ergué-Gabéric

Date de création : Mars 2015    Dernière modification : 18.03.2018    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]