Les deux cloches multiséculaires de la chapelle de Kerdévot - GrandTerrier

Les deux cloches multiséculaires de la chapelle de Kerdévot

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-La plus grande des cloches, suspendue du côté sud du clocher, fait 93 cm de diamètre et est ornée d'un médaillon de l'Immaculée-Conception. « <i>On voit très bien aussi les emblèmes servant de séparation entre les mots, la croix pattée, la fleur-de-lys, et l'hermine</i> » complète Jean-Yves Cordier <ref name="JYCordier">{{PR-JYCordier}}</ref>, auteur d'une étude documentées sur les fondeurs de cloches de l'ancien-régime en Finistère sur son site http://www.lavieb-aile.com/.+La plus grande des cloches, suspendue du côté sud du clocher, fait 93 cm de diamètre et est ornée d'un médaillon de l'Immaculée-Conception. « <i>On voit très bien aussi les emblèmes servant de séparation entre les mots, la croix pattée, la fleur-de-lys, et l'hermine</i> » complète Jean-Yves Cordier <ref name="JYCordier">{{PR-JYCordier}}</ref>, auteur d'une étude documentée sur les fondeurs de cloches de l'ancien-régime en Finistère sur son site [http://www.lavieb-aile.com/2018/10/les-fondeurs-de-cloche-actifs-dans-le-finistere-sous-l-ancien-regime.html www.lavieb-aile.com].
-Les inscriptions gravées sur la première cloche de Kerdévot sont en deux parties (cf . photos ci-dessous) :+Les inscriptions gravées sur la première cloche de Kerdévot sont en deux parties (cf photos ci-dessous) :
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Partie haute : "Me IAN BAUDOUR recteur d'Ergué Gabel" Partie haute : "Me IAN BAUDOUR recteur d'Ergué Gabel"
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-Jean Baudour, originaire de Lannilis, est prêtre et recteur de la paroisse d'Ergué-Gabéric pendant plus 35 ans, de 1678 à 1716. Il a consigné de nombreuses observations dans ses registres paroissiaux, lesquels ont été transcrites et analysées par le mémorialiste Antoine Favé (cf. Bulletin de la Société Archéologique du Finistère : [[Fichier:BSAF18_155_169.pdf]]).+Jean Baudour, originaire de Lannilis, est prêtre et recteur de la paroisse d'Ergué-Gabéric pendant 38 ans, de 1678 à 1716. Il a consigné de nombreuses observations dans ses registres paroissiaux, lesquelles ont été transcrites et analysées par le mémorialiste Antoine Favé (cf. Bulletin de la Société Archéologique du Finistère : [[Fichier:BSAF18_155_169.pdf]]).
Le fondeur de Kerdévot en 1704, François Le Moine ou Lemoyne, est réputé être « <i>fondeur du Roy à Brest</i> » <ref>René COUFFON et Alfred LE BARS, « <i>Liste des fondeurs de cloche</i> », dans le Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper et de Léon, Quimper 1959, p. 498-502</ref>, ce qui veut dire que, vraisemblablement, la cloche de Kerdévot a été fondue dans une des fonderies brestoises. Le fondeur de Kerdévot en 1704, François Le Moine ou Lemoyne, est réputé être « <i>fondeur du Roy à Brest</i> » <ref>René COUFFON et Alfred LE BARS, « <i>Liste des fondeurs de cloche</i> », dans le Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper et de Léon, Quimper 1959, p. 498-502</ref>, ce qui veut dire que, vraisemblablement, la cloche de Kerdévot a été fondue dans une des fonderies brestoises.
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-D'autres fondeurs Lemoine, sans doute apparentés, sont originaires des fonderies très célèbres de Villedieu-les Poêles en Basse-Normandie : Pierre Antoine Le Moyne aurait fondu la cloche de l'hôtel de ville de Paris détruite en 1871 <ref name="Cloche Thomas">THOMAS (Georges-Michel), 1981, « <i>Fondeurs de cloches du temps passé</i> », Bulletin Société archéologique du Finistère pages 263 à 274.</ref>.+D'autres fondeurs Lemoine, sans doute apparentés, sont originaires des fonderies très célèbres de Villedieu-les Poêles en Basse-Normandie : Pierre Antoine Le Moyne aurait réalisé la cloche de l'hôtel de ville de Paris détruite en 1871 <ref name="Cloche Thomas">THOMAS (Georges-Michel), 1981, « <i>Fondeurs de cloches du temps passé</i> », Bulletin Société archéologique du Finistère pages 263 à 274.</ref>.
La vie familiale et civile du très discret finistérien François Lemoine est absente des registres BMS (Baptêmes, Mariages, Sépultures), seules ses œuvres de « <i>maître saintier</i> » (synonyme de fondeur) sont connues. Il exerce principalement en région quimpéroise, car en 1702 il livre une cloche pour Briec ; en 1706, une cloche pour Plogonnec ; en 1708, la cloche « <i>Le Sébastien</i> » de Saint-Mathieu de Quimper. Et avec son collègue Thomas Le Soueff, François Le Moyne livre en 1701 la cloche nommée « <i>Corentin</i> » de la cathédrale de Quimper : <spoiler text="Bénédiction de la cloche Corentin">« <i>Ce jour de mercredy, 25 may 1701, la cloche nommée Corentin, fut solennellement bénite par Mgr. l'Ill..me et Rév..me évesque, François de Coetlogon, accompagné et assisté de tous les messieurs du chapitre, en la chapelle de la Madeleine, en l’église de St Corentin, et pour la nommer conjointement avec luy, mondit seigr. évêque, a choisy madame Janne du Louet, dame douarière, présidente de Guilly. Ladite cloche, fondue par les sieurs Soüef et Le Moyne, fondeurs du roy à Brest, s’est trouvée pezer 3.901 l. ; et ont eu lesdits fondeurs, pour l’oeuvre de main, la somme de 800 l. et 15 sols par livre, pour les 225 livres d’augmentation de métal. — Signé : A. F. de Coetlogon, grand archidiacre ; Jan de Kermellec, archidiacre de Poher ; Jean Callier ; Anne Bernard Pinon</i> » (Déal du chapitre de 1696-1707, f° 64).</spoiler> La vie familiale et civile du très discret finistérien François Lemoine est absente des registres BMS (Baptêmes, Mariages, Sépultures), seules ses œuvres de « <i>maître saintier</i> » (synonyme de fondeur) sont connues. Il exerce principalement en région quimpéroise, car en 1702 il livre une cloche pour Briec ; en 1706, une cloche pour Plogonnec ; en 1708, la cloche « <i>Le Sébastien</i> » de Saint-Mathieu de Quimper. Et avec son collègue Thomas Le Soueff, François Le Moyne livre en 1701 la cloche nommée « <i>Corentin</i> » de la cathédrale de Quimper : <spoiler text="Bénédiction de la cloche Corentin">« <i>Ce jour de mercredy, 25 may 1701, la cloche nommée Corentin, fut solennellement bénite par Mgr. l'Ill..me et Rév..me évesque, François de Coetlogon, accompagné et assisté de tous les messieurs du chapitre, en la chapelle de la Madeleine, en l’église de St Corentin, et pour la nommer conjointement avec luy, mondit seigr. évêque, a choisy madame Janne du Louet, dame douarière, présidente de Guilly. Ladite cloche, fondue par les sieurs Soüef et Le Moyne, fondeurs du roy à Brest, s’est trouvée pezer 3.901 l. ; et ont eu lesdits fondeurs, pour l’oeuvre de main, la somme de 800 l. et 15 sols par livre, pour les 225 livres d’augmentation de métal. — Signé : A. F. de Coetlogon, grand archidiacre ; Jan de Kermellec, archidiacre de Poher ; Jean Callier ; Anne Bernard Pinon</i> » (Déal du chapitre de 1696-1707, f° 64).</spoiler>

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Catégorie : Patrimoine
 Site : GrandTerrier

Statut de l'article :
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§ E.D.F.
La chambre des cloches de la chapelle de Kerdévot abrite deux instruments de bronze toujours en activité et datant respectivement de 1704 et de 1803.

L'article ci-dessous a pour but d'analyser les caractéristiques et les origines de ces cloches historiques.

Merci à Vincent Gaudemard de l'association des fabriciens et amis de Kerdévot [1] pour ses clichés de la cloche Le Moine.

Autres lectures : « La chapelle de Kerdévot » ¤ « Les miracles de l'ancien cantique Itron Varia Kerdevot de 1712 » ¤ « Les quatre têtes sculptées du clocher de la chapelle de Kerdévot » ¤ « Eléments classés et inscrits du patrimoine de la commune d'Ergué-Gabéric » ¤ « 1697 - Observation d'une éclipse de lune par le recteur Jean Baudour » ¤ « FINISTÈRE Société Archéologique (du) - Bulletins annuels » ¤ 

[modifier] 1 Présentation

Kerdévot a la chance d'avoir toujours ses deux cloches anciennes opérationnelles, l'une coulée en 1704 par François Le Moine après la reconstruction du clocher abattu par la foudre en 1701, et l'autre fondue en 1803 à Nantes par un fondeur dénommé Lambert.

Le son des deux cloches lors du dernier pardon le 8 septembre 2019 :


La plus grande des cloches, suspendue du côté sud du clocher, fait 93 cm de diamètre et est ornée d'un médaillon de l'Immaculée-Conception. « On voit très bien aussi les emblèmes servant de séparation entre les mots, la croix pattée, la fleur-de-lys, et l'hermine » complète Jean-Yves Cordier [2], auteur d'une étude documentée sur les fondeurs de cloches de l'ancien-régime en Finistère sur son site www.lavieb-aile.com.

Les inscriptions gravées sur la première cloche de Kerdévot sont en deux parties (cf photos ci-dessous) :

Partie haute : "Me IAN BAUDOUR recteur d'Ergué Gabel"

Parte basse : "François LE MOINE m'a faite en l'année 1704"

Jean Baudour, originaire de Lannilis, est prêtre et recteur de la paroisse d'Ergué-Gabéric pendant 38 ans, de 1678 à 1716. Il a consigné de nombreuses observations dans ses registres paroissiaux, lesquelles ont été transcrites et analysées par le mémorialiste Antoine Favé (cf. Bulletin de la Société Archéologique du Finistère : Fichier:BSAF18_155_169.pdf).

Le fondeur de Kerdévot en 1704, François Le Moine ou Lemoyne, est réputé être « fondeur du Roy à Brest » [3], ce qui veut dire que, vraisemblablement, la cloche de Kerdévot a été fondue dans une des fonderies brestoises.

 

D'autres fondeurs Lemoine, sans doute apparentés, sont originaires des fonderies très célèbres de Villedieu-les Poêles en Basse-Normandie : Pierre Antoine Le Moyne aurait réalisé la cloche de l'hôtel de ville de Paris détruite en 1871 [4].

La vie familiale et civile du très discret finistérien François Lemoine est absente des registres BMS (Baptêmes, Mariages, Sépultures), seules ses œuvres de « maître saintier » (synonyme de fondeur) sont connues. Il exerce principalement en région quimpéroise, car en 1702 il livre une cloche pour Briec ; en 1706, une cloche pour Plogonnec ; en 1708, la cloche « Le Sébastien » de Saint-Mathieu de Quimper. Et avec son collègue Thomas Le Soueff, François Le Moyne livre en 1701 la cloche nommée « Corentin » de la cathédrale de Quimper : § Bénédiction de la cloche Corentin

Il réalise également une cloche pour Plogonnec en 1733 avec Etienne Lemoine (1705-1771) de Quimper, lequel n'est pas son fils, mais peut-être son neveu [5] : le père d'Etienne, Julien, était-il un frère de François ? Peut-être seraient-ils venus tous deux de Normandie ce qui explique leurs absences respectives dans les registres BMS finistériens.

La deuxième cloche de Kerdévot, fondue en 1803, soit 99 ans après après celle de François Le Moine, est suspendue du côté nord du clocher, et fait 76 cm de diamètre, avec cette double inscription gravée :

"Dédiée à Saint Jean l'Evangeliste, Mr A.L. DUMOULIN, Recteur d'Ergué-Gabéric. GEROME CREDOU, fabrique de Kerdévot"

"LAMBERT m'a faite à Nantes l'an 1803"

La cloche a été livrée après la période troublée de la Révolution, sous les hospices du recteur Alain Dumoulin de retour de son exil en Bohème, et du fabricien Jérôme Crédou. L’événement, à savoir par exemple le remplacement d'une cloche fêlée ou défectueuse, ayant provoqué la commande de 1803 n'est pas connu. Et le fondeur Lambert n'est pas précisément identifié pour l'instant, ni la fonderie nantaise qui a produit la cloche.


[modifier] 2 Photographies


[modifier] 3 Annotations

  1. Association des Fabriciens et amis de la chapelle de Kerdévot : association 1901 créée le 22/12/2003. Objet : sauvegarde de la chapelle de Kerdévot ; protection du site et de son environnement ; organisation de fêtes ou autres manifestations liées à la chapelle ; contribuer à la tradition des pardons de Kerdévot. Adresse : 1, place de l'Église 29500 Ergué-Gabéric. Président : Dominic Quiniou ; vice-président : Philippe Pétillon. [Ref.↑]
  2. Jean-Yves Cordier est un passionné du patrimoine finistèrien qui partage ses découvertes sur le site http://www.lavieb-aile.com/. Ayant commencé par de très beaux billets et photos sur la nature, les oiseaux en tous genres, il poursuit sa quête actuellement par des visites de chapelles, où il découvre des éléments méconnus de notre patrimoine, avec une documentation photographique exceptionnelle. [Ref.↑]
  3. René COUFFON et Alfred LE BARS, « Liste des fondeurs de cloche », dans le Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper et de Léon, Quimper 1959, p. 498-502 [Ref.↑]
  4. THOMAS (Georges-Michel), 1981, « Fondeurs de cloches du temps passé », Bulletin Société archéologique du Finistère pages 263 à 274. [Ref.↑]
  5. Mariage 15/02/1734 - Quimper de LE MOINE Etienne (majeur), fils de Julien et de Marie PREVET, avec OLLIVIER Margueritte. Naissance le 14/01/1735 à Quimper de LE MOINE Etienne, fils de Etienne, Fondeur et de Marguerite OLLIVIER. Décès le 09/06/1771 à Quimper de LE MOYNE Etienne âgé de 66 ans, conjoint : Marguerite OLLIVIER. [Ref.↑]


Thème de l'article : Descriptif et origine d'éléments de patrimoine

Date de création : novembre 2019    Dernière modification : 9.11.2019    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]