Les deux retables de la Vierge d'origine flamande et du 15e siècle à Ternant et Kerdévot - GrandTerrier

Les deux retables de la Vierge d'origine flamande et du 15e siècle à Ternant et Kerdévot

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Catégorie : Patrimoine
 Site : GrandTerrier

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§ E.D.F.
Le retable de Kerdévot d'Ergué-Gabéric (Finistère) et son jumeau à Ternant dans la Nièvre (Bourgogne), même origine flamande et même scénographie autour du thème de la mort de la Vierge.

La similitude de l’ordonnancement des tableaux des statuettes dorées autour de la mort de la Vierge et leur origine commune dans les ateliers flamands en fin de 15e siècle sont pour nous une vraie surprise.

Autres lectures : « La chapelle de Kerdévot » ¤ « La scène des funérailles du retable flamand dans les sources apocryphes du christianisme » ¤ « Les marques de fabrique des ateliers flamands du 15e siècle sur le retable de Kerdévot » ¤ « ARKAE - Kerdevot Cathédrale de campagne » ¤ « Espace Chapelle de Kerdévot » ¤ 

[modifier] 1 Présentation

Dans l'église Saint-Roch de Ternant, deux retables, respectivement de la Vierge et de la Passion [1], ont été commandés par la famille de Ternant au 15e siècle. Le retable de la Vierge, issu d'un atelier flamand, se présente comme un triptyque dont les volets peints pouvaient se rabattre sur les panneaux sculptés centraux. Les panneaux sculptés en T renversé sont faits de statuettes en bois dorés et ont pour thème la mort de la Vierge Marie.

A Kerdévot les panneaux initiaux du retable de la Vierge se présentent aussi comme un T renversé, les deux scènes latérales ayant été ajoutées plus tard. Et la présentation est très similaire à celles de Ternant : registre inférieur avec ses 3 scènes centrées sur la dormition, scène supérieure avec le couronnement.

Plus précisément, si l'on compare les éléments de Kerdévot (avant le vol de 1973) et de Ternant, les 4 scènes se présentent ainsi :

  • Scène 1 : l'Adoration des bergers à Kerdévot, la Visite des apôtres à Ternant. Dans les deux cas les visiteurs expriment leur déférence à la Vierge.
  • Scène 2 : la Dormition sur les deux retables. Les deux scènes sont presque identiques : la Vierge est de profil sur son lit mortuaire, les apôtres l'entourent, saint Jean imberbe tout près, des lecteurs qui prient au premier rang ...
  • Scène 3 : les Funérailles sur les deux retables. Le convoi funèbre et son brancard porté par saint Paul, saint Jean en tête, les juifs au sol avec les mains coupées (deux à Ternant, quatre à Kerdévot où elles restent collées au brancard).
  • Scène 4 : le Couronnement à Kerdévot, et à Ternant l'Asomption complétée du Couronnement sur 2 volets peints. La trinité y est présente : Dieu le Père couronné à gauche, le Christ à droite, la colombe du Saint-Esprit au centre (plus en hauteur à Kerdévot), les anges (musiciens à Kerdévot).

Le retable de Ternant est daté de 1430-40, via une donation de Philippe de Ternant (~1395, 1454), membre du Conseil du duc de Bourgogne et chevalier de la Toison d'Or [2]. Il est représenté, ainsi que son épouse Isabeau de Roy, sur les deux volets peints extrêmes du retable.

 

Les scènes centrales des deux retables flamands :

La plaquette de présentation et le livre savant de René Journet [3] concluent à l'unicité de l'oeuvre : « Ce retable de Ternant est le seul connu illustrant le cycle de la Dormition et de la Glorification de la Vierge. »

Mais il existe bien à Kerdévot, pour lequel on ne connaissait pas d'équivalent non plus, un retable jumeau de celui de Ternant. Ce dernier est peut-être un peu plus simple pour ce qui concerne sa partie sculptée, les statuettes moins nombreuses et sans doute moins ciselées que la statuaire de Kerdévot. Mais les deux se partagent une même scénographie et sans doute les mêmes artistes sculpteurs et doreurs, avec peut être quarante ans d'intervalle entre les deux réalisations.

[modifier] 2 Galeries de photos


[modifier] 3 Annotations

  1. Le retable de la Passion, don de Charles de Ternant, fils de Philippe, est un peu plus tardif que celui de la Vierge, et est attribué à un atelier de Bruxelles. [Ref.↑]
  2. L’ordre de la Toison d’or est l'ordre de chevalerie le plus élevé et prestigieux de l'Espagne, fondé à Bruges (ville de l'État bourguignon) le 10 janvier 1430 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, à l'occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal. [Ref.↑]
  3. « Deux retables du quinzième siècle à Ternant (Nièvre) », René Journet, Annales littéraires de l'Université de Besançon. Volume 49. 1963. [Ref.↑]


Thème de l'article : Richesses patrimoniales

Date de création : Août 2018    Dernière modification : 11.10.2018    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]