Les quatre têtes sculptées du clocher de la chapelle de Kerdévot - GrandTerrier

Les quatre têtes sculptées du clocher de la chapelle de Kerdévot

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Catégorie : Patrimoine
 Site : GrandTerrier

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§ E.D.F.

La flèche supérieure du clocher reconstruit en 1702 suite à sa chute, « à cause du tonnerre et un tourbillon de vent » en février 1701, est dotée de quatre têtes sculptées très expressives.

L'accident de 1701 est relaté par le recteur de la paroisse dans son registre et l’événement est également mentionné en langue bretonne dans l'ancien cantique « Itron Varia Kerdevot » de 1712.

Mais il n'existe aucune archive qui explique l'origine et la symbolique de ces statues aux « mèches de la peur » (traduction littérale de dreadlocks) apparues vraisemblablement lors de la reconstruction du clocher l'année suivante.

Autres lectures : « La chapelle de Kerdévot » ¤ « L'hermine passante des ducs de Bretagne à la chapelle de Kerdévot » ¤ « La sacristie de Kerdévot » ¤ « Les miracles de l'ancien cantique Itron Varia Kerdevot de 1712 » ¤ « 1701-1723 - Histoires locales relatées dans les registres BMS » ¤ 

[modifier] 1 Présentation

Dans son registre le curé desservant précise ainsi les circonstances de l'accident : « Le jour de la chandeleur, environ sept heurs du matin. Le tonnerre et un tourbillon de vent sapérent la tour de la chapelle de notre Dame de Kerdevot par la chambre des cloches et les mate(riaux) de la Dite tour tomberent en partie sur François le Gonidec comme il estoit prés d'entrer dans (l'église) pour entendre l'office Divin. »

L'ancien cantique « Itron Varia Kerdevot » composé onze ans après en conserve le souveir : « Breman eus bet unnec vloas da Vouel or Chandelour, Gant curun hac avel-foll e voa couezet an tour. Ma voa surprenet un den, allas ! dindan ar vein. Daouzec carrat assuret a voa couet var e guein. » (Maintenant il y a eu 11 ans à la fête de la Chandeleur A cause du tonnerre et du vent fou, le clocher tomba, Un homme hélas, fut surpris par les pierres Douze charretées au moins étaient tombées sur son dos).

Les quatre statues sont placées sur chaque face de la flèche au-dessus de la chambre des cloches. On pourrait faire un rapprochement avec des « blochets » [1] aux quatre coins d'un transept représentant généralement les quatre évangélistes, mais ici aucun attribut ne permet de reconnaître un personnage biblique.

Ce ne sont pas non plus des gargouilles ou des « crossettes  » [2] placées habituellement en bas des rampants de pignon, ou des masques plats de protecteurs car leurs têtes sont ici entières et même représentées avec leur coiffure et grosses mèches de cheveux. De part et d'autre des quatre têtes et légèrement en-dessous on peut voir des masques dits « grotesques ».

 

AU SUD, côté calvaire : cette tête est dotée d'une moustache en forme de guidon, d'une avancée frontale arrondie de couvre-chef, et de mèches de cheveux apparentes à l'arrière.

À L'OUEST, entrée principale : face au parvis cette tête est imberbe, les longues mèches au vent, et doit plus subir les intempéries, car les joues sont garnies de lichen.

AU NORD, long de la route : la tête, comme son vis-à-vis du sud, a une belle moustache, ses dreadlocks étant par contre plus nouées avec un bandeau avant central semblable à un casque de cycliste.

À L'EST, côté du toit : la tête est imberbe, la bouche et les joues formant une grimace, les mèches cachant les oreilles et l'avancée en pointe d'un couvre-chef ressemblant à une casquette.

Qui représentent donc ces quatre statues ? Des personnalités locales de l'époque comme le recteur Ian Baudour, le fabricien Hervé Le Masson, les nobles Geslin de Pennarun, de La Marche de Lezergué, ou alors des figures imaginées par les sculpteurs et placées si haut que personne ne peut en fait les admirer : les zooms d'appareil photos n'ont pas encore été inventés.


[modifier] 2 Galerie de photos


[modifier] 3 Annotations

  1. Blochet, s.m. : pièce de bois, dite aussi entretoise, de peu de longueur, posée horizontalement, à l'effet de réunir l'arbalétrier à la sablière dans un comble, ou de couronner deux pieux rapprochés (Littré). [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  2. Crossette, s.f. : gargouille de pierre sculptée située à la terminaison d'un rampant de pignon de chapelle ou d'un fronton (Emmanuelle Le Seac'h, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne). [Terme] [Lexique] [Ref.↑]




Thème de l'article : Richesses patrimoniales communales

Date de création : aoùt 2019    Dernière modification : 3.08.2019    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]