Loiz Hemon hag chapeledou ar pardoun braz e Kervevot, Feiz ha Breiz 1877 - GrandTerrier

Loiz Hemon hag chapeledou ar pardoun braz e Kervevot, Feiz ha Breiz 1877

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Pour les élections législatives de 1877, la bataille fut rude dans la 1ere circonscription de Quimper entre le candidat conservateur Jean-René Bolloré et le républicain Louis Hémon [1] qui est ici la cible de moqueries de la part du journal « Feiz ha Breiz » [2], suite à son passage remarqué au pardon de Kerdévot.

Autres lectures : « 1877 - Tract "votit evit An Aotrou Bollore ha na votit ket evit Loiz Hemon" » ¤ « YANN Mab - Harz ar Bleiz, cuzul evit an electionoù » ¤ « Jean-René Bolloré candidat député, L'Océan L'Impartial et Le Finistère 1876-1877 » ¤ « Déguignet s'oppose au candidat Bolloré lors des élections législatives de 1877 » ¤ « Ur trakt evit votadegoù e 1883-84 » ¤ 

[modifier] 1 Présentation

On connaissait déjà le climat politique et culturel lors des élections législatives de 1877 où se présentait l'un des premiers républicains de la région Quimpéroise, à savoir Louis Hémon, face aux résistances locales conservatrices et catholiques.

Jean-Marie Déguignet en a parlé longuement dans ses mémoires de paysan bas-breton. Jean-Marie Bolloré, l'adversaire de Louis Hémon, publia un petit tract virulent en breton : « Voti evit Loiz Hemon a zo eta voti evit eur mignoun touet da C'hambetta, touller besiou ar Vretouned e Guered Conli, paotr ar brezel eounnaret ! gouaderez ar Frans » (Le vote pour Louis Hémon est vraiment un vote pour un grand ami de Gambetta, fossoyeur des tombes des bretons au camp de Conli, l'ami honoré par les guerres, la sangsue de la France).

 

Ici, dans les colonnes du journal très catholique « Feiz ha Breiz », le ton est un peu plus léger et empreint de moquerie : « Loiz Hemon a ioa ivez dissul e Kerdevot. Ne leveromp ket e vije eat di da bardouna, mez d'en em ziscouez. Ehehe ! an elecsionou a dosia ! » (Loiz Hemon était donc aussi à Kerdévot. Nous ne savons pas s'il est vraiment venu pour le pardon, ou alors plutôt pour se montrer. Ehehe ! il va y avoir des élections !).

Et la morale est sauve car les vieilles bigotes veillent au grain : « Siouaz ! Loiz Hemon en doa ancounac'heat eun dra ! cass chapeledou d'ar merc'hed coz ! Ma carje beza great kement-se, en doa gonnezet an oll voueziou an Ergue-Vraz gant an oll galounou !  » (Hélas ! Loiz Hemon a oublié une chose ! l'importance des chapelets des vieilles femmes qui connaissent toutes les intentions de votes du Grand-Ergué).

[modifier] 2 Texte en breton et traduction

TEXTE EN BRETON

ERGUE-GABERIC.

Disul diveza oa pardoun braz e Kerdevot. Calz tud a ioa eno, mez unan euz ar re zon bet muia guelet eo Loiz Hemon.

Loiz Hemon a ioa ivez dissul e Kerdevot. Ne leveromp ket e vije eat di da bardouna, mez d'en em ziscouez. Ehehe ! an elecsionou a dosia ! Ezom zo moueziou. Ne vanke nemed eur bissac'h var he gein, evit ma c'houije an oll da betra oa eat di. Evit doare oa polioc'h eno diget dirag Procurer ar Republik, e tribunal Kemper. Bonjour da Ian, bonjour da Fanch, boujour da Jakez : enn dudi oa he velet o saludi ar re a c'helv de Pompery [3] ginaoueien hag ezn gornek.

Pa dremene an dimzelled, ni lavar ar plac'hed iaouank dirag Loiz Hemon, e roe taoliou tok gant eur pleg en he liven gein a rije da gredi n'on askourn ebet ennhan.

Siouaz ! Loiz Hemon en doa ancounac'heat eun dra ! cass chapeledou d'ar merc'hed coz ! Ma carje beza great kement-se, en doa gonnezet an oll voueziou an Ergue-Vraz gant an oll galounou ! Malheuruzamant ar chapeled ha Loiz Hemon a zo evel ki ha caz, n'int ket hostizien.

 

TENTATIVE DE TRADUCTION FRANÇAISE
(toute aide est la bienvenue !)

RGUE-GABERIC. - Dimanche avait lieu le grand pardon à Kerdevot. Il y avait beaucoup de monde, mais celui d'entre qui s'est fait remarqué , c'est Loiz Hemon.

Loiz Hemon était donc aussi à Kerdévot. Nous ne savons pas s'il est vraiment venu pour le pardon, ou alors plutôt pour se montrer. Ehehe ! il va y avoir des élections ! Ici il y a des voix. Ne vanke nemed eur bissac'h var he gein, evit ma c'houije an oll da betra oa eat di. Evit doare oa polioc'h eno diget dirag le Procureur de la République, au tribunal de Quimper. Bonjour à Jean, bonjour à François, boujour à Jacques : enn dudi oa he velet o saludi ar re a c'helv de Pompery [3] ginaoueien hag ezen gornek.

Pa dremene an dimzelled, les jeunes filles disent de Loiz Hemon, e roe taoliou tok gant eur pleg en he liven gein a rije da gredi n'on askourn ebet ennhan.

Hélas ! Loiz Hemon a oublié une chose ! l'importance des chapelets des vieilles femmes ! Derrière tout ça ils/elles connaissent toutes les intentions de votes du Grand-Ergué ainsi que toutes leurs inclinaisons personnelles ! Malheureusement le chapelet et Louis Hémon sont comme chien et chat, et ce ne sont pas des marchand(e)s.

[modifier] 3 Coupure de presse

Journal :

  • Feiz ha Breiz [2],
  • « Pe gazeten ar guir christenien, ar guir vretouned »
  • (Ou la gazette des vrais chrétiens et des vrais bretons).

Edition :

  • Dissadorn 15 a vengolo 1877
  • (samedi 15 septembre 1877)

[modifier] 4 Annotations

  1. Louis Hémon (1855-1914) est, dans le Finistère, le représentant de la génération des fondateurs de la République. Fils d'un professeur du collège de cette ville, se fit inscrire au barreau de Quimper, fonda le premier journal républicain du département, le Finistère, et, bien que dispensé du service militaire, prit part à la défense de Paris dans un bataillon de mobiles bretons. Député républicain du Finistère de 1876 à 1885 et de 1889 à 1912. Sénateur du Finistère de 1912 à 1914. [Ref.↑]
  2. « Feiz ha Breiz » est le premier journal hebdomadaire en langue bretonne, qui fut fondé par l'Evêque de Quimper et parut de 1865 à 1884, puis de 1899 à 1944, et enfin depuis 1945. De 1865 à 1874 la direction et rédaction furent assurées par l'excellent bretonnant Goulven Morvan, originaire de La Forest Landerneau. Feiz ha Breiz reparait après la guerre en 1945 sous le nouveau titre de « Kroaz Breiz, puis renommé en « Bleun-Brug ». [Ref.↑ 2,0 2,1]
  3. Théophile de Pompéry (1814-1880) est un homme politique français. Président du comice agricole, conseiller général du canton du Faou, il est élu représentant du Finistère aux élections complémentaires du 2 juillet 1871 et siège au groupe de la Gauche républicaine. Malgré un échec aux sénatoriales de janvier 1876, il est réélu député aux législatives de février 1876, puis en 1877. Avec ses deux frères, Henri et Édouard, qui habitaient avec lui dans leur manoir du Parc en Rosnoën, il a joué un rôle important dans la diffusion du progrès technique agricole dans le centre du département du Finistère. [Ref.↑ 3,0 3,1]


Thème de l'article : Buhez ar gomun - Le breton dans la vie publique

Date de création : Avril 2015    Dernière modification : 2.09.2017    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]