Ménez Groas, Menez ar Groaz - GrandTerrier

Ménez Groas, Menez ar Groaz

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T O P O N Y M I E
Microtoponymie :
[Cadastre de 1834]
Cartes anciennes :
[Cartographie]
Index/résumé  :
[Tous toponymes]

Forme française Ménez Groas
Forme bretonne Menez ar Groaz
Signification "hauteur, montagne du calvaire"
Décomposition Menez pour "montagne, terre froide" et kroaz "croix, calvaire"
Relevés 1834, 1946, 1962
Localisation 48° 1' 16.54" N 4° 1' 23.23" W (lat. 48.021262, long. -4.02312)

     

[modifier] 1 Localisation du lieu-dit

[modifier] 1.1 Aujourd'hui sur Google

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lat="48.021262"|lon="-4.02312"|selector="no"|type="satellite"|width="835"|zoom=15|height="300"|scale="yes"|48.021262, -4.02312, Ménez Groas, Menez ar Groaz en Ergué-Gabéric }}

[modifier] 1.2 Vue d'avion en 1948

[modifier] 2 Explications toponymiques

Dans son mémoire en breton consacré aux noms de lieux-dits d'Ergué-Gabéric, Bernez Rous justifie la décomposition en se basant sur les noms de parcelles :

ANVIOU O TENNAN D'AN UHELDER (p. 19)
a) MENEZ
-- Menez Groaz Image:MenezGroas.gif (Menez ar Groaz) Bez 'zo ur groaz el lec'h-se. Ur park eur Kermorvan a zo en anv : Park ar groaz. Uheloc'h emañ Penn an nec'h.

ANVIOU RELIJIEL (p. 46)
k) AN C'HROAZIOU
-- Menez Groaz Image:MenezGroas.gif, (Menez ar Groaz)

Jean Guéguen précise dans un article publié en 2006 des Cahiers d'Arkae consacré aux Mémoires de Lestonan :

Le hameau de Menez Groas (on entend "Min' a Groes") était compris entre les actuelles Rues de la Papeterie, Rue du Ménez, Rue de Keravel, Avenue de Lestonan, le haut de la côte de Menez Groas et l'impasse de Menez Groas. Ce nom lui a été donné parce qu'à l'angle de la Rue des Lauriers aurait existé une croix. Le hameau devait aussi posséder son four banal.

Dans un article du bulletin municipal de septembre 1981, Jean Cognard écrit :

Les croix disparues

C'est avec certitude que l'on sait qu'à Ménez-Groas (Montagne de la Croix) et à la Croix-Saint-André une croix ou un calvaire était dressé sur le bord du chemin. Les symboles de ces deux croix sont portées sur le cadastre de 1834. De plus, certaines personnes se souviennent avoir vu à Ménez-Groas, au haut de la côte, sur la gauche en venant de Lestonan, une croix monolithique d'un mètre environ de hauteur.

A propos du terme "Menez", Albert Deshayes explique dans son Dictionnaire des noms de lieux bretons page 37 :

PARTIE "Décrivons la nature"
Chapitre "Le relief"


Menez s'applique naturellement à une "montagne" mais, en toponymie, son sens a fortement dévié et désigne, dans le Léon, la partie éloignée du bourg paroissial et ailleurs la partie située aux issues d'un village. Dans les actes anciens, elle est qualifiée de "montaigne", c'est à dire de "terre froide". C'est pour cette raison que les lieux en Ménez s'appliquent aussi bien à des terres accidentées, en pente ou parfois plates, avec comme point commun d'être impropres à la mise en culture. La plupart des lieux actuels sont d'anciens microtoponymes, d'anciennes parcelles que l'on a loties et ne sont pas, de ce fait, toujours attestés dans les actes sauf en cas d'inventaire.
Ce terme issu du vieux breton monid correspond au gallois mynydd et au cornique meneth.

A propos du terme "Kroas", Albert Deshayes précise dans son Dictionnaire des noms de lieux bretons (page 148):

PARTIE "Décrivons la nature"
Chapitre "Les chemins et les lieux divers"


Kroas "croix" procède d'un emprunt au latin crux par le vieux breton croes et le moyen breton croez ; il a pour correspondants le gallois croes et le cornique crows. Une croix s'élevait le plus souvent à la croisée de chemins, d'où son extension à noter un "croisement". Dans bien des cas, le breton kroas a été remplacé par son équivalent français. Ce terme est très fréquent dans la toponymie, puisqu'on le relève à plus de cinq cents reprises. Les croix du haut Moyen Age se reconnaissent à leur taille dans les Croas-Ver, souvent traduits par Croix-Verte (de kroas verr "croix courte") auxquels s'opposent les Croas-Hir. Les croix étaient généralement peintes au Moyen Age, d'où les nom Croaz-Ruz en Plouénan (29), Croas-Ru en Lopérec (29), régulièrement traduit en Croix-Rouge, ou partiellement en Croix-Ru en Pleyben (29), etc., Croas-Ven en Landrévarzec (29) [...].

On le note employé seul, sous forme diminutive , ou sous forme plurielle. Placé en position proclitique, on le note associé à un terme descriptif, un élément du paysage, un nom de plante, un nom d'animal, un nom de personne, un qualificatif. Employé comme second élément, on le note associé à trente-trois autres termes dont kêr à cent trente reprises, puis ti à quatorze, menez à treize, lann à huit, pont à huit, porzh à sept, poull à six, etc.

Il est alors graphié, outre croas ou croaz : croes, croez, croaj, cras. Par lénition : groas, groaz, groes, groez, grois, groix, groise, groiez. Par spirantisation : c'hroaz, chraj, ouez.

Croas : (breton moderne, kroas), croix mais en toponymie désigne un carrefour, un croisement ; est parfois noté "croissant" forme francisée de kroashent (hent = chemin, route).

(A.Deshayes, Villages et lieux-dits de Quimper).