ROUZ Lanig - Koñchennoù, histoires vécues de mon enfance - GrandTerrier

ROUZ Lanig - Koñchennoù, histoires vécues de mon enfance

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ROUZ (Lanig), Koñchennou, histoires vécues de mon enfance, Arkae, St-Thonan, 2009, ISBN 2-917877-03-6
Titre : Koñchennou, histoires vécues de mon enfance
Auteur : ROUZ Lanig Type : Livre/Brochure
Edition : Arkae Note : Cahier
Impression : St-Thonan Année : 2009
Pages : 68 Référence : ISBN 2-917877-03-6

[modifier] Notice bibliographique

Couverture

Lanig Rouz du Drohen nous livre en version bilingue les moments forts de son enfance en bordure de la route de Coray sous la forme de lettres écrites à ses filles : les grands travaux agricoles, les fêtes religieuses , les foires à Quimper, les estaminets de campagne, de croustillantes tranches de vie que les plus anciens dégusteront et que les plus jeunes découvriront. Les "Konchennou" [1] sont écrits en breton tel qu'on le parlait à Ergué-Gabéric.

Sommaire :
1. Ma c’hi du a miz du - Mon chien noir en novembre
2. Da foar gant ar c’harr skaouet - À la foire en char-à-bancs
3. Da Gemper gant ar c’harr boutin - À Quimper par l’autocar
4. An devezh lazhan a pemorc’h - Le jour où on tue le cochon
5. Ar gwener : devezh ar galetez - Le vendredi : journée des galettes
6. An nevez amzer war maezh - Le printemps à la campagne
7. Ar foen - Le foin
8. An dornadeg - Le battage
9. Konchennou an ostaleri - Les propos de bistrots
10. Hont dan oferenn - En allant à la messe
11. Ar Pellgent - La messe de Noël
12. Ar Sul Bleuniou - Les Rameaux
13. Ar Yaou Gamblit - Le Jeudi saint

Autres lectures : « Souvenirs d'enfance en version originale, Le Télégramme 2009 » ¤ « Les souvenirs d'ar Pellgent ou nuits de Noël du siècle dernier » ¤ « Quelques lettres en breton standard unifié dit "Peurunvan" » ¤  (fichier pdf, site Arkae)

[modifier] Extraits

Extrait de la 12e lettre datée du 25 avril 1976 (breton cornouaillais, écriture et orthographe choisies par l'auteur)

Ar Sul-Bleunioù

E pad ar sizhun araok ar Sul Bleunioù, e pep ker, toud an dud a virvi e hortoz an devez bras da zont. Bep mintin a vamm abred maez di gwelle da zelle deus an amzer, ha bemdez a foennegk oa golloet gant rev gwenn ; yen a fresk e oa evit miz ebrel.

D’ar gwenner, e lec’h meren, a wreg a natadet a wetur, frotañ koar betek ken e lugernin a memestra da sternajoù ar marc’h. Barzh an arbel en ti, pell zo e oa prest an dilhad brav, bragou, chupenn hag tog an ozach, dilhad voulouz a c'hoef a wreg, dilhad ar vugale vihan.

Da Sadorn abardaez an ozac’h a skrivellat a marc’h.

D’ar sul vintin, goude e oa echuet a labour dro ar loened, a vugale oa tout war saw, a vamm gwisked nezho an eil oa lech egile : dav baotred an div verc’h, an hini diwezhat na valeï ket oa, nebeutoc’h vi ar bloavezh a no hi, met hini na oa hont da sezkin d’an dud barzh a vorc’h.

A baotred a oa gwisket kis ker : dilhad ha bouteïier ler reï vihan vitou - fier e hoant memestra-, a verc’h vraz oa gwisket gant dilhad gwen hag o rume boutou gwenn gant toullou brav met yen a no a plac’h araok mont kuit, setu ben e vije digoet en a vorc’h nije ken santet hi zrek ken anezhi. Bep hini ban o zorn a no o bocked beuz pe damm lore.

Pad an amzer se, an tad, en hi gwiskamman sul, a no staged a marc’h deus a wetur. An dav baotred a pigned drenv e kichen a vouten foen, a vec’h a mont an tu araok, a vamm ban e c’hickenn, a vec’h vihan goloet en o pallen gwenn barzh hi vrec’h.

An tad pignet ivez, - a traou kuit !- a foet war kein a marc’h, seizh kilometr bekou a vorc’h, kalz kirri oa war an hent, bugale vihan dreist holl e barzh.

An devezh evit dezhi mont er maezh hag evit diski nezho da c’henrentiez hag dan anaoudegezh.

Digoet er vorc'h, a marc'h oa distaged deus ar wetur e porzh an ostaleri, a goude en o marchosi e oa laked gan a vouten foen.

A familh diouzhtu dan iliz, bihan e hoai hirio, leun ga mammou yaouank hag o vugale vihan. Lenvadig a gleva an eil tu egile, a person a lavared an oferen, evit beï klevet deus an dud, renkeï hoppel war boez hi fenn.

Ben e oa echued an oferen a vugale vraz, a vammou hag an tadou koz, a gwaze hag a neube merc'hed bep hini en hi zorn o boked beuz pe lore maezh deus an iliz ; med a pe brassoc'h a mammou yaouank o babig war o brec'h a yaeï gostadigoc'h, ha da vale barzh a vorc'h, brav e oa an amzer breman, an heol a dommeï o tammig bihan, dont a reï an dud da welle ar vugale vihan a da lavared fougassiou da vammaou : « brav!, teo!, mage mad e oa a babig bihan!? a verc'h vihan a denneï da hi zad!, hag a paotr e oa teo a tenne a reï dan hi vamm, memez daoulad c'hlas a blev melen! ».

Laouen e oa kemen mamm na zont dar ger a bravoc'h babig e oa en hi vrec"h.

Evit Chann giz evit Maryvonn pe damm evit Marie Yann drase e oa o dra zur, lavared a reï tout en dud : an hini gwelloc'h, an hini bravoc'h, an hini tevorc'h, an hini koantoc'h, a me hoar petra c'hoaz, a barzh hi zi e oa a burzud se.

  Le dimanche des Rameaux

Pendant la semaine qui précédait le dimanche des Rameaux, c'était l'ébullition dans toutes les fermes en attendant le grand jour à venir. Chaque matin la mère se levait tôt pour s'inquiéter du temps, et tous les jours la prairie était couverte de gelée blanche ; le mois d'avril était froid et sec.

Le vendredi, après le repas de midi, la femme nettoyait le char à bancs, elle frottait de la cire jusqu'à le rendre étincelant et de même pour le harnachement du cheval. Dans l'armoire de la maison, les beaux habits étaient prêts depuis longtemps : pantalon, veste et chapeau du maître de maison, habits de velours et coiffe de la femme, costumes des enfants.

Le samedi après-midi le patron peignait le cheval.

Le dimanche matin, le travail auprès des bêtes terminé, on réveillait les enfants, la mère les habillait l'un après l'autre : les deux garçons, les deux filles. La petite dernière ne marchait pas encore, elle avait moins d'un an, mais c'est elle qu'on allait montrer aux gens au bourg.

Les garçons étaient en tenue de ville, costume et chaussures de cuir trop petites mais ils en tiraient fierté cependant. La fille aînée était habillée en blanc portant des chaussures blanches parsemées de jolis trous, mais la petite fille avait froid avant de partir et arrivée au bourg, elle ne sentirait plus ses pieds. chacun apportait un rameau de buis ou de laurier.

Pendant ce temps, le père, portant son habit du dimanche avait attaché le cheval au char à bancs. Les deux garçons montaient à l'arrière près de la botte de foin, la file montait devant à côté de sa mère, la petite fille était dans les bras de sa maman enveloppée d'une couverture.

Dès que le père montait, - en avant ! -, il fouettait le cheval. Il y avait sept kilomètres pour atteindre le bourg, et la route était bien encombrée de voitures chargées d'enfants. C'était leur jour de sortie pour les montrer aux membres de leur famille et aux proches de leurs parents.

Arrivé au bourg, le cheval était détaché dans la cour d'un bistrot et il était mis à l'écurie avec une botte de foin. La famille partait immédiatement à l'église - trop petite pour l'occasion - pleine de jeunes mères et de leurs enfants. On entendait des pleurs d'un bout à l'autre, le recteur qui disait la messe devait crier à tue-tête pour être entendu.

À la fin de l'office, les grands enfants, les mères et les grands-parents, les hommes et quelques femmes sortaient de l'église portant leur bouquet de buis ou de laurier.

Mais la plupart des jeunes mamans, leur bébé dans les bras, allaient plus lentement dans le bourg. Le temps était beau et le soleil chauffait un peu. Les gens venaient voir les petits enfants et les couvraient d'éloges : « beau », « costaud », « bien nourri », « elle ressemble tout à son père », et le garçon bien en chair ressemblait tout à sa mère avec ses « ses yeux bleus et ses cheveux blonds".

Chaque jeune maman retournait heureuse à la maison, chacune le plus beau bébé dans les bras. Pour Jeanne comme pour Maryvonne comme pour Marianne, c'était quelque chose de sûr : tout le monde leur avait dit qu'il était le plus beau, le plus joli, le plus costaud, le meilleur et je ne sais quoi encore, et c'est dans leur maisonnée que cette merveille était arrivée.

[modifier] Annotations

  1. Koñchennoù, sf. pl. : bretonnisme, « histoires, bavardages, balivernes ». Konchenner, c'est commérer. Source : Les bretonnismes d'Hervé Lossec, de retour. [Terme BR] [Lexique BR] [Ref.↑]


Thème de l'article : Fiche bibliographique d'un livre ou article couvrant un aspect du passé d'Ergué-Gabéric

Date de création : Juillet 2009    Dernière modification : 20.12.2016    Avancement : Image:Bullgreen.gif [Fignolé]