Saint-André, Sant-Andrev - GrandTerrier

Saint-André, Sant-Andrev

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Forme française Saint-André
Forme bretonne Sant-Andrev
Signification "chapelle dédiée à l'apôtre saint André, lieu autrefois nommé Cutuillic"
Décomposition Sant pour "saint", et Andrev pour l'apôtre et prénom signifiant "viril"
Relevés 1666, 1679, 1790, 1834
Référentiel : « Cartographie, cartes anciennes » ¤  « Index des toponymes » « Étude de Bernez Rouz sur les noms de lieux d'Ergué-Gabéric » ¤ « Dictionnaire des noms de lieux bretons d'Albert Deshayes » ¤ 

[modifier] 1 Géolocalisation du village

Coordonnées géographiques : 48° 1' 36.02" N 3° 59' 19.41" W (lat. 48.026672, long. -3.988724)

Cartographie du lieu-dit : « Géo.Saint-André »

[modifier] 2 Explications toponymiques

Dans le Cahier n° 9 d'Arkae publié en 2007, Bernez Rouz explique l'origine du lieu-dit comme suit :

Saint-André (Sant-Andrev)

Orthographe Année Source (cf. ) Référence, côte
Sainct André 1679 A.D.F. 1 G 122
Saint-André 1834 A.C.E-G. vieux cadastre
Saint-André 1962 A.C.E-G. cadastre
St-André 2002 I.G.N. carte 0618 O

Une chapelle bâtie de 1603 à 1630 s'élève en ce lieu où se trouve également une ferme. Le culte de St André est assez répandu en Bretagne. Ce prénom d'origine grecque signifie viril. Il est aussi un nom de famille très porté en Bretagne. Il a été bretonnisé en Andreo, Andreu ou Andro.

Lieu voisin : « Croix Saint-André »

Dans son mémoire en breton de 1977, Bernez Rouz avançait cette explication :

9 - ANVIOU RELIJIEL
a) AN ILIZ, AR CHAPELIOU

-- Saint André  Image:StAndre-phonétique.jpg

Savet eo bet etre 1603 ha 1630.

[modifier] 2.1 Cutuillic / St-André (NB)

Norbert Bernard, en page 108 de son étude « Chemins et structuration de l'espace ... Exemples autour de la commune d'Ergué-Gabéric », défend l'idée de la localisation du village de Cutuillic au lieu aujourd'hui dénommé Saint-André.

En savoir plus : « 1666 - Menu et aveu de Marguerite Autret pour Cutuillic-St-André » ¤ 

 

Il reste de très nombreuses transcriptions des sources à offrir à la toponymie. Cependant, on regrettera que souvent des chercheurs n'y recueillent que les formes anciennes sans toujours lire ce qui, dans le texte, fournit des données géographiques : orientations, confronts, etc. C'est ainsi que Bernard LE ROUX (1) donne Cutuillic comme forme ancienne pour Coutilly, forme qui se trouve être celle du lieu-dit Saint-André aujourd'hui, alors que Coutilly s'appelait le Moulin du Charretier (2).

(1) LE ROUX (Bernard, alias Bernez ROUZ), Anvioù-Lec'h an Erge Vras, p. 55.

(2) En 1540 le village de Saint-André/Cutuillic est mentionné comme confront sud des parcelles de Créac'h-Ergué nommées alors « parc an prat sech » / prad sech et « parcz an menez lan » / menez lann (ADLA, B 2013/4 l et B 2013/4 k). Et l'aveu du 6 octobre 1666 y mentionne la chapelle de Saint-André (ADF, 1 G 132) : « Un lieu et tenue du village de Cutuillic, sittué en la paroisse de Ergué Gaberic proffimlté (...), contenant ledict lieu soubz maison (...) y comprins la sittuation de la chapelle de monsieur sainct André (...) ». Alors qu'en 1562 le Moulin du Charretier est situé à la confluence du Jet et de l'Odet (situation actuelle de Coutilly) (ADF, 1 G 85/ l, fol. I) : « Item, oultre ung moulin, o son byé et chaussaye, o son parc et courtilz y adiaczantz, (...) ledict moulin appellé Le Parc du Moulin du Charretier (...) estantz en tout en mesme cerné et s'entretennantz, sittuez oultre, d'un costé, à la ripvière Set, et, d'aultre costé, à la ripviere d'Odet deffluantz à Kempercorentin ». La correspondance entre le Moulin du Charretier et Pont-Even est donnéé par les actes ultérieurs, dont celui du 17 juillet 1666 (ADF, 1 G 85/8, fol. I) : « icelluy moulin appellé le Moulin du Charretier, ou aultrement Pondeven [suivi de la même situation] ».

A propos du terme "Kroas", Albert Deshayes précise dans son Dictionnaire des noms de lieux bretons (page 148):

PARTIE "Décrivons la nature"
Chapitre "Les chemins et les lieux divers"


Kroas "croix" procède d'un emprunt au latin crux par le vieux breton croes et le moyen breton croez ; il a pour correspondants le gallois croes et le cornique crows. Une croix s'élevait le plus souvent à la croisée de chemins, d'où son extension à noter un "croisement". Dans bien des cas, le breton kroas a été remplacé par son équivalent français. Ce terme est très fréquent dans la toponymie, puisqu'on le relève à plus de cinq cents reprises. Les croix du haut Moyen Age se reconnaissent à leur taille dans les Croas-Ver, souvent traduits par Croix-Verte (de kroas verr "croix courte") auxquels s'opposent les Croas-Hir. Les croix étaient généralement peintes au Moyen Age, d'où les nom Croaz-Ruz en Plouénan (29), Croas-Ru en Lopérec (29), régulièrement traduit en Croix-Rouge, ou partiellement en Croix-Ru en Pleyben (29), etc., Croas-Ven en Landrévarzec (29) [...].

On le note employé seul, sous forme diminutive , ou sous forme plurielle. Placé en position proclitique, on le note associé à un terme descriptif, un élément du paysage, un nom de plante, un nom d'animal, un nom de personne, un qualificatif. Employé comme second élément, on le note associé à trente-trois autres termes dont kêr à cent trente reprises, puis ti à quatorze, menez à treize, lann à huit, pont à huit, porzh à sept, poull à six, etc.

Il est alors graphié, outre croas ou croaz : croes, croez, croaj, cras. Par lénition : groas, groaz, groes, groez, grois, groix, groise, groiez. Par spirantisation : c'hroaz, chraj, ouez.

Croas : (breton moderne, kroas), croix mais en toponymie désigne un carrefour, un croisement ; est parfois noté "croissant" forme francisée de kroashent (hent = chemin, route).

(A.Deshayes, Villages et lieux-dits de Quimper).

Page 551 de son dictionnaire des noms de lieux, Albert Deshayes donne l'information suivante pour l'interprétation du terme "Sant"  :

PARTIE "Des substantifs liés aux relations ou aux activités humaines"
Chapitre "Des fonctions religieuses"


Sant "saint" emprunté au latin sanctus comme le gallois sant se note dans Botsant en Lanvéoc é9), id. en 1694 [...]

Le pluriel interne sent apparaît dans Coat-ar-Zent en Le Saint (56) [...].

Page 527 de son dictionnaire des noms de lieux, Albert Deshayes présente ainsi le prénom "André"  :

PARTIE "Des noms de personnes"
Chapitre "Des noms de baptême grecs ou latins"


Andreau (pour le moderne Andrew) est aussi un nom grec transmis par le latin Andreas au sens de viril. On le relève dans Créach-André en Saint-Pol-de-Léon (29) [...]