Saint Gwenhaël (6e siècle) - GrandTerrier

Saint Gwenhaël (6e siècle)

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Catégorie : Biographies
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§ E.D.F.
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Saint patron de la paroisse d'Ergué-Gabéric, il est l'enfant natif du village de Kerrouz, au bord de l'Odet, avant d'être appelé à l'abbaye de Landévennec par saint Guénolé.

La saint-Gwenhaël est fêtée le 3 novembre. Ce prénom fut traduit à tort par "ange blanc" alors que la forme ancienne décomposée en uuin "sacré, béni" et hael "heureux, généreux" donnerait plutôt la signification de "bienheureux". Depuis 2019 sa statue monumentale est présente à la Vallée des Saints de Carnoët (cf. photo-rama ci-après).

Autres lectures : « LE GRAND Albert - La vie de Guen-Ael ou Guenaut » ¤ « MORVANNOU Fañch - Saint Guénaël » ¤ « Guinal, 115e statue de La Vallée des Saints, Le Télégramme 2017 » ¤ « Cantique de saint Guinal d'Ergué-Gabéric » ¤ « Sant Gwenael » ¤ « Saint Guenaël d'Ergué-Gabéric, OF-LQ 1985 » ¤ « Keleier 17 / Arkae » ¤ « Keleier 18 / Arkae » ¤ « Hameau et carrière de Kerrous » ¤ « Village de Tréodet » ¤ « Chapelle de Kerdévot, sant Telo et Gwenêl en breton, Feiz ha Breiz 1926 » ¤ « Les bannières paroissiales de saint Guinal, ND de Kerdévot, Tonkin, saint Michel et Fatima » ¤ 

[modifier] 1 Biographie sommaire

La tradition cornouaillaise désigne Ergué-Gabéric comme le lieu de naissance de saint Gwenhaël, orthographié localement Guinal, au début du 6e siècle. Sa vie nous est connue par une pléiade de textes anciens réunis sous le nom de « Vita Guenaili », et par de nombreux cantiques (dont celui de saint Guinal d'Ergué).

Comme tout écrit hagiographique la part historique et la part légendaire se mêlent étroitement selon les préoccupations des moines qui réécrivent la vie des Saints selon des témoignages transmis de génération en génération par voie orale et par quelques rares manuscrits échappés des invasions normandes du IXème siècle.

Saint Guénhaël serait donc né sur les bords de l'Odet, sans doute à Kerrous-Tréodet en Ergué-Gabéric. Encore enfant il rencontre Gwénolé le fondateur de l'abbaye de Landévennec. Gwennaël délaisse sa famille gabéricoise pour suivre son mentor. Quelques années plus tard, on le retrouve comme le successeur officiel de saint Guénolé dans les textes du cartulaire de l'abbaye de Landévennec. La « Vita Guenaili » insiste beaucoup sur les relations et la filiation spirituelle entre les deux saints. Il n'est donc pas étonnant que notre Guénhaël trouve sa place au panthéon du monachisme breton.

Après un abbatiat de 7 ans à Landévennec, Gwenhaël se rend avec onze autres moines en Irlande et en Angleterre. Il revient en Armorique avec livres et reliques, et se déplace beaucoup entre Landévennec, Groix et la Cornouaille où il ouvre des établissements monastiques (Plomeur, Melgven).

Une légende qui lui est souvent rattachée et qui le décrit comme un moine très doux est celle du cerf blessé et acculé qu’il protège et sauve d’une meute de chiens.

Enfin il crée un monastère à Locunel en Lanester, où son culte est toujours très vivace, et y meurt vers 580-590. Il donnera une dernière prescription à ses disciples, celle d'organiser un festin chaque année au jour anniversaire de sa mort, soit le 3 novembre.

À la suite des invasions vikings et normandes qui détruisent en l'an 913 l'abbaye de Landévennec et bien d'autres monastères, ses reliques sont transportées au sud de Paris, à Courcouronnes et à Corbeil où le culte de saint Guénault est toujours attesté.

 

Fig. : saint Gwenaël demandant à suivre saint Guénolé - Vitrail du déambulatoire nord de la cathédrale de Quimper

Les reliques de saint Guénolé sont transférées en Picardie à Montreuil-sur-Mer. Ce n'est qu'au 11e siècle que les restes de Guénolé retournent en Bretagne à Landévennec où l'abbaye est rebâtie, mais le monastère de Locunel par contre n'est pas reconstruit, et les reliques de Guenaël ont été perdues.


[modifier] 2 Statue monumentale

Grâce à une souscription populaire de 15.000 euros collectés auprès de 136 donateurs, une grande statue de saint Guinal/Guénaël a été dressée en 2019 sur le site de la Vallée des Saints de Carnoêt (Côtes d’Armor).

La statue a été réalisée fin 2018 par Cyril Pouliquen, l'éminent sculpteur de Plourin-lès-Morlaix. Sur le site de Carnoët il a déjà produit les saintes et saints Dalerc'ha, Donasian et Rogasian, Ernog, Pergat et Visant Férrier. La statue de Saint Gwennael est taillée dans un bloc de granit de jolis grains foncés, avec les plus d'une robe de bure jusqu'au sol et en contraste une figure et des mains vitrifiées.

 

Sa tête est recouverte d'un cagoule, avec une longue pointe à l'arrière. La figure lisse, constituée de multiples facettes et ornée d'un œil droit en tâche sombre, ressemble à un masque de divinité.

Cette représentation faciale symbolique est sans doute liée à la beauté légendaire du fils de Romélius et de Laetitia : « filius elegantis formae, vultus angelici, Guenailus nominatur » ("fils d'une beauté exceptionnelle, au visage d'ange, il reçoit le nom de Guénaël", Vita seconda sancti Guenaili).

Sur la ceinture de son habit de moine, sont gravées les inscriptions suivantes : « ST GWENNAEL » à l'arrière, « LOUISON » (assistant sculpteur ?) sur le côté sud, et « ALI LEO » (signature [1] du sculpteur Pouliquen) sur le côté nord.

Le moine présente en avant les paumes de ses mains ouvertes, dans un geste d'apaisement et d'absence de peur, un peu comme une « mudrā » [2] dans la culture et religion boudhhique.

La statue est placée sur le bord ouest de la colline du site de Carnoët, le regard dans la direction du sud-ouest, probablement vers le pays de sa naissance et son enfance, à savoir Ergué-Gabéric près de Quimper.

§ Liste des 136 compagnons souscripteurs de la statue de saint Gwennael


[modifier] 3 Lieu de naissance

Le chanoine Jean-Marie Abgrall confirme la légende de la naissance de St-Guénael sur les terres gabéricoises dans les notes qui accompagnent le croquis d'une belle croix située aussi à Kerrous (sur les terres dépendant de Tréodet) : « croix dans une prairie du Grand Ergué près du village de Kerrouz où naquit St-Gwenaël ».

Dans ce même village une fontaine dédiée à St-Guénael est attestée par Anatole Le Bras dans ses carnets de voyage dans les années 1890 : « fontaine de Saint-Guénaël près du Stangala au village de Kerrouz où l’on trempait les enfants pour les guérir de certaines maladies. Guénaël patron d’Ergué-Gabéric ». (carnet E 76)

Dans l'édition de 1901 des "Vies des Saints de la Bretagne Armorique" d'Albert Le Grand, après avoir évoqué l'hypothèse d'une naissance de saint Guénaël dans le pays de Léon, le chanoine Alexandre-Marie Thomas écrit : « La tradition Cornouaillaise est que saint Guénaël a vu le jour sur le territoire de la paroisse d’Ergué-Gabéric (le Grand-Ergué), mais tout près de Kerfeunteun et de Quimper. Il a sa fontaine vénérée, dans le village qui est considéré comme le lieu de sa naissance  ».

Dans cet ouvrage qui s'inspire largement de la « Vita Guenaili », la rencontre des saints Guénolé et Gwenaël à Quimper, est relatée comme suit : « Saint Wennolé nouvellement beny Abbé du Monastère de Land-Tevenec en Cornouaille, fondé par le Roy Grallon, lors regnant, assisté de quatre de ses Religieux, vint à Kemper, visiter son maistre S. Corentin, premier Evesque de Cornouaille ; & comme il passoit par une rue, nostre S. Guenael, qui jouait sur le pavé avec quelques autres enfans de son âge, quittant ses jeux puérils, s'encourut vers luy, se mit à genoux & demanda sa benediction. ».

Non loin de là, l'existence d'une chapelle, aujourd'hui disparue, est également mentionnée dans un document d'archives du 18e siécle (transcription de Norbert Bernard) : « Deux prés fauchables appelés "Prat Sant Qénoé" s'entre joignants (…) donnant à l'orient sur le chemin conduisant du village de Tréodet au village de Queranroux, du midy sur les terres dudit Tréodet, d'occident sur la rivière d'Odet et du nort sur les terres de Queranroux, y ayant des maziéres (ruines) et vestiges d'une chapelle en leur cornière d'orient. Lesquels dépendent dudit presbytère au désir d'acte de transaction en daste de l'an 1750 ».

 
document du fonds breton de la bibliothèque municipale de Quimper, photocopie 1979
document du fonds breton de la bibliothèque municipale de Quimper, photocopie 1979


[modifier] 4 Invocation paroissiale

Dans l'église paroissiale, la statue de St-Gwenael est placée à la droite de l'autel, cette place privilégiée confirmant d'une part que cette église lui fut dédiée sous le nom synonyme de St-Guinal et d'autre part lui conférant une position de saint patron de la paroisse d'Ergué-Gabéric. Il est représenté « vêtu de la chape [3], tenant la crosse et portant tonsure monacale » [4]. Le sommet de la crosse ou « volute » est tournée vers la tête de l'abbé "en dedans", pour indiquer que sa juridiction porte sur son monastère, au contraire de l'évêque qui la portait "en dehors".

Sur un vitrail de cette même église, entre la porte latérale et l'escalier du buffet d'orgues, on peut aussi admirer St-Gwenael agenouillé devant son maître spirituel St-Guénole. Ce vitrail fut exécuté après guerre, vraisemblablement en 1948, par le recteur de l'époque Gustave Guéguen.

Depuis 1945-47, il existe aussi une bannière de procession dédiée à saint Guinal de velours rouge qui est conservée dans l'église paroissiale. Une inscription en breton y est brodée : SANT GUINAL HOR PATRON PEDIT EVIDOMP (Saint Guinal notre patron priez pour nous).

 

Et la bannière portent les initiales P.N. (probablement N comme Nédélec). La bannière fut l'objet d'une donation de François Nédélec de Kergoant après un vœu d’intercession au début de la dernière guerre mondiale pour la protection des soldats membres de la famille.

Statue de Saint Gwenaël à la droite de l'autel de l'église paroissiale
Statue de Saint Gwenaël à la droite de l'autel de l'église paroissiale
Détail du vitrail
Détail du vitrail
Saint Gwenaël agenouillé devant saint Guénolé - Vitrail latéral de l'église paroissiale d'Ergué-Gabéric
Saint Gwenaël agenouillé devant saint Guénolé - Vitrail latéral de l'église paroissiale d'Ergué-Gabéric


[modifier] 5 Annotations

  1. Ali Léo est un nom tiré du début des prénoms des deux filles de Cyril Pouliquen. [Ref.↑]
  2. La mudrā est un terme sanskrit qui désigne une position codifiée et symbolique des mains d'une personne (danseur, yogi) ou de la représentation artistique (peinture, sculpture) d'un personnage ou d'une divinité L'origine des mudrās est très ancienne et se rattache à la culture védique. [Ref.↑]
  3. Chape, s.f. : sorte de cape dont se revêtent les ecclésiastiques, employée dans la liturgie catholique (Wikipedia). Long manteau de cérémonie agrafé par devant et que revêtent des ecclésiastiques pour la célébration de certains offices (Larousse). [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  4. Chanoine Peyron et Abgrall, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon, Quimper, Kerangal, t3, 1910, p. 264 [Ref.↑]




Thème de l'article : Histoire d'un saint gabéricois

Date de création : janvier 2007    Dernière modification : 14.02.2020    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]