Sant Kadeg - GrandTerrier

Sant Kadeg

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1 Fiche signalétique


s. Kadeg
Vie / Buhez : fondateur au 6e siècle du monastère gallois de Llancarvan, fils de Gwynllyw (Gonlew) et de Gwladus
Genre / Reizh : Masculin
Signification / Sinifiañs : origine Celtique, Kad=Combat
Variantes / Argemmoù : Cado (Bretagne) - Cadoc (Celtique) - Cadog (Pays de galles) - Cadou (Bretagne) - Cadwy (Pays de galles) - Catoc (Bretagne) - Catoe (Bretagne) - Kadec (Bretagne) - Kadeg (Bretagne) - Kadiou (Bretagne) - Kado (Bretagne) - Kadog (Bretagne) - Kadou (Bretagne) - Kadoue (Bretagne) -

2 Almanach


le 24 janvier 2018 ~ d'an 24 a viz Genver 2018
Saint(e) du jour ~ Sant(ez) an deiz s. Kadeg (fondateur au 6e siècle du monastère gallois de Llancarvan, fils de Gwynllyw (Gonlew) et de Gwladus)
Proverbe breton ~ Krennlavar Seul greñvoc'h e vez ar glav, Seul gentoc'h a se e tav. § [Trad]




Almanach complet : [Calendrier:Vie des saints]

3 Sources

4 Iconographie

Llancarfan
Llancarfan

5 Monographies

prénoms celtiques et prénoms d'Albert Deshayes :

Kadeg

Hypocoristique de Catmael, évolué en Cadfael en gallois et en Kañvael en breton, correspondant au vieux breton catoc, "guerrier". Gallois : Cadog.

D'origine insulaire, il est le fils de Gwynllyw (Gonlew), roi du Gwynllywg, et de Gwladus. Sa Vie, rédigée six siècles après sa mort, au XIIe siècle, présentre son père comme un tyran sans loi. Durant douze ans, Catmael est instruit par Tathan, à Caertwent. Il s'établit en Morgannwg, où son oncle, le roi Paul de Penychen, lui fait don d'un terrain marécageux. Rejoint par d'autres jeunes, il fonde le monastère de Nant Carfan, aujourd'hui Llancarfan, puis se construit un château, Castell Cadog en Llanfeithin, pour se protéger d'éventuelles attaques.

Il se rend en Irlande et se place sous l'autorité de saint Carthagh durant trois ans. À son retour, il étudie le latin à Llansbyddyd, puis fonde le monastère de Llangadog Fawr, dans le Caerfyrddin. De nouveau à Llancarfan, il confie la gestion de son abbaye, en ruine, à Gweltas. Il fonde un autre monastère en Écosse, dans le Strathclyde. Après un bref passage à Llancarfan, où il convertit Iltud, il part en pèlerinage à Rome et à Jérusalem. À peine revenu, il doit fuir la peste jaune et se réfugier en Armorique. À son retour, et après un séjour à Llancarfan, il se retire à Beneventum (lieu non déterminé) où il mourra, percé par une lance saxonne.

Site Pennker / Albert Le Grand :

Evesque et Martyr, le 1. jour de Novembre.

Saint Cado estoit natif de la grande Bretagne & fut fils d'un Prince, qui regnoit en un canton de ladite Isle, lequel s'appelloit Guillenus, descendu de la race du Grand Constantin, & sa mere se nommoit Gudalusa, fille de Brahanus, Roy d'une partie d'Irlande. Il nasquit environ l'an 522 sous le Pape saint Hormisda, l'Empereur Justin premier, & le Roy de Bretagne Armorique Hoël II de ce nom. Ses parens furent avertis, par un saint Hermite, nommé Menechesius, de le faire Baptiser ; ce qu'ils firent, quoy qu'eux-mesmes fussent payens & Idolâtres. Estant en âge de monter à cheval, son pere ayant declaré la guerre à un autre Prince, son voisin, voulut donner la conduite de son armée au Prince Cado, lequel, desirant combattre sous le drapeau de la Croix de Jesus-Christ, sortit en habit déguisé, du palais de son pere, &, par chemins écartez, se retira en un desert, où il se soumit à la direction & obedience d'un saint Hermite & demeura douze ans en sa compagnie, vivant de pain & d'eau & de quelques legumes, avec un rare exemple de Sainteté.

II - Un jour, l'Hermite, son maistre, l'envoya querir du feu chez quelques bergers qui se retiroient en une caverne prés l'Hermitage, lesquels, se moquans de luy, ne luy en voulurent donner, qu'il ne leur promit de le porter en son sein, jusqu'à son Hermitage ; saint Cado y consentit ; &, ayant fait sa priere, il prit de gros charbons ardens, & les mit en son sein & les porta à son maistre, sans que son habit ny sa peau en fussent offensez ; ce que ces pasteurs ayans veu, ils luy demanderent pardon, & son maistre commença desormais à le regarder, non plus comme son disciple, mais comme un grand amy & serviteur de Dieu. Le maistre pasteur des troupeaux d'un grand Seigneur, nommé Polentus, voisin de l'Hermitage de saint Cado, le querela une fois, & le voulut percer de sa Lance ; mais Dieu le punit sur le champ, car il devint aveugle & perclus de ses bras, &, s'étant repenty de sa faute & ayant demandé pardon au Saint, il fut guery par ses prieres ; ce que le Prince Polentus ayant ouy, il donna au Saint une terre, nommée Sobrin, pour y édifier un Monastere, ce qu'il fit en peu de temps ; & un des ouvriers, qui travailloient à l'édifice ayant esté tué par ses compagnons & jetté dans un estang, le Saint par sa priere, fit paroistre le corps mort à fleur d'eau & le ressuscita.

III - Ayant peuplé son Monastere de Sobrin, il alla en voyage à S. André en Escosse, où ilressuscita un mort, & fit de grandes conversions par ses ferventes Predications, puis passa la mer, traversa la Bretagne Armorique, & alla trouver S. Goüard & S. Liliau en Aquitaine, & de là s'alla embarquer à Marseille pour aller en la Palestine, où il visita, avec une grande devotion, les SS. Lieux, & puis s'en retourna à Rome, où il baisa les pieds du Pape S. Jean III du nom, & de là s'en revint en son Monastere l'an 562, ayant passé sept années en ses voyages. Il avoit de coûtume de se retirer le Caresme, en une isle dans la mer, nommée Enes Barren, pour y estre plus solitaire & éloigné de la conversation des hommes, &, à Pasques, il s'en retournoit en son Monastere, pour solemniser la Feste en la compagnie de ses Religieux, lesquels estans multipliez en nombre, il fonda un autre Monastere, plus ample & spacieux, & l'appella Land-Carvanan, c'est-à-dire, Eglise des Cerfs, à cause qu'il se servit de cerfs de la prochaine forest, pour charroyer les pierres & autres materiaux necessaires pour l'édifice dudit Monastere, rendant ces animaux aussi familiers, privez & domestiques, que si c'eussent esté des chevaux, & n'en tirant pas moins de service.

IV- Il fut deux ans Abbé de ce nouveau Monastere, jusqu'à l'an 564, qu'ayant choisi un petit nombre de ses Religieux, il passa la mer & vint moüiller l'ancre à la coste de la Bretagne-Armorique, à Vennes, & s'habitua en une petite isle, qu'on nomme à present Enes-Cadvod, en la Paroisse de Belz, laquelle isle estoit remplie de serpens ; mais le Saint l'en purgea par ses prieres, et tient-on que, depuis, il ne s'y en trouve point. Il y édifia un petit Monastere ; &, voyant que le peuple du pays circonvoisin l'y venoit visiter, il bâtit un beau pont sur le bras de mer qui est entre ladite isle & la terre ferme, joignant l'embouchure de la riviere Estell, lequel ayant esté démoly, fut par luy refait encore une autre fois. Il vescut en ce lieu, avec un rare exemple de Sainteté, jusqu'à l'an 567, que par commandement de Dieu, il quitta la Bretagne, &, ayant voyagé par la France, passa les monts & arriva en Italie, où il s'arresta, quelque temps, en la ville de Benevent, dont l'Evesque estant mort, il fut éleu pour son Successeur, &, à son Sacre, fut nommé Sophias.

V - Estant élevé à cette Dignité, il veilloit soigneusement sur son troupeau, lequel il gouverna jusques environ l'an cinq cens septante, qu'estant, une nuit, au plus fort de son Oraison, un Ange luy apparut & luy donna l'option de quel genre de mort il vouloit terminer sa vie ; alors, le saint Prélat, jettant amoureusement les yeux sur l'Image du Crucifix, répondit : "Puisque mon Sauveur est mort pour moy en Croix, je desirerois (si telle estoit sa Volonté) avoir l'honneur de répandre mon sang pour luy." A quoy l'Ange repartit : "Réjoüis-toy, serviteur de Dieu, d'autant que ton desir sera accomply ; demain, tu passeras de cette vie miserable à la gloire perdurable & recevras la Couronne de Martyre." Cela dit, l'Ange disparut. Saint Cado se leva de son Oraison, recita la revelation qu'il avoit euë à quelques uns de ses plus familiers, se disposa à dire la Messe, pendant laquelle la ville fut surprise par une armée de Barbares, lesquels, entrans de furie dans l'Eglise, mirent tout au fil de l'épée & tuerent ce saint Prélat à l'Autel, luy ayans transpercé le corps d'un coup de lance. L'ennemy s'estant retiré, ceux qui s'estoient sauvez du massacre recueillirent le saint Corps, l'ensevelirent en son Eglise, &, depuis, ses Ossemens furent levez de terre & mis en une Chasse d'argent. Dieu a manifesté la gloire de ce saint Prélat par une infinité de miracles, qui se sont faits, tant à son Sepulchre, qu'és lieux où il a demeuré és deux Bretagnes, lesquelles furent, depuis, honorées de quelque portion de ses Reliques qu'un Religieux de son Monastere de Land-Carvanan y apporta, nonobstant les précautions que les Beneventins y pûrent apporter, lesquels, craignans d'estre privez de ce precieux thresor, ne permettoient l'entrée de son Eglise à aucun Breton.

Vies des saints de la Bretagne Armorique par Albert Le Grand (1636) - Vè édition de 1901 - Quimper