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Sant Matilin

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1 Fiche signalétique


s. Matilin
Vie / Buhez : confesseur du 3e siècle, né près de Nemours, invoqué contre les maladies mentales
Genre / Reizh : Masculin
Signification / Sinifiañs : origine Latine, Maturus=Mûr
Variantes / Argemmoù : Mathurin (France) - Matilin (Bretagne) -

2 Almanach


le 9 novembre 2018 ~ d'an 9 a viz Du 2018
Saint(e) du jour ~ Sant(ez) an deiz s. Matilin (confesseur du 3e siècle, né près de Nemours, invoqué contre les maladies mentales)
Proverbe breton ~ Krennlavar Kalz a dle a van da baeañ.

[Il reste beaucoup de dettes à payer]




Almanach complet : [Calendrier:Vie des saints]

3 Sources

4 Iconographie

Matilin an Dall le sonneur aveugle
Matilin an Dall le sonneur aveugle

5 Monographies

Site Bretagne.net :

Matilin

prénom masculin, fête le 9 novembre

Déclinaisons du prénom breton : Matelin - Mathurin - Mathelin - Matilina

Origine du prénom

On retrouve trace de saint Mathurin à Montcontour, où un pardon est organisé à sa mémoire à la Pentecôte.

Saint Mathurin est invoqué contre les maladies mentales. Du latin "mathurus" qui signifie mûr.

Le petit livre des prénoms celtiques et bretons d'Albert Deshayes :

Matilin

Du latin Maturinus, issu de maturus, "sage, prudent". Mathurin, prêtre et confesseur du 3e siècle, né dans le Sénonais, convertit ses parents à la religion chrétienne. Il part pour Rome, où il guérit la fille de l'empereur Maximien. Fort populaire dans le royaume de France au Moyen-Age, il était invoqué pour la guérison des fous ; son nom est passé dans le vocabulaire pour désigner un homme atteint ou taxé de folie. En breton, l'expression "droug sant Matilin" désigne la démence.


Site de Damien Jullemier :

Saint Mathurin

Latin : Maturinus ;
breton : Matilin, Matelin, Mathelin, diminutif Mathilinic ;
italien : Maturino ;
russe : Матурин ;
slovaque, tchèque : Maturín.

Prêtre. Confesseur de la foi.
Fin du IIIe siècle - début du IVe siècle.

Fête le 1er novembre (cf. l'édition latine du Martyrologium Romanum publiée aux Presses Vaticanes en 2001 : Die 1 novembris [Kaléndis novembris] : Lyricánti in pago Gastinénsi Aquitániæ, sancti Maturini, presbýteri.)

Pendant près de six siècles, on n'avait, semble-t-il, jamais entendu parler de lui. On ignore pourquoi tout à coup, en 875, le moine parisien Usuard l'introduisit dans son martyrologe. Au siècle suivant, un hagiographe rédigea sa biographie.

D'après la légende, Mathurin naquit à Larchant, entre Malesherbes et Nemours, en Gâtinais. Ses parents, Marin et Euphémie, étaient païens ; son père aurait même été chargé par l'empereur de Rome, Maximien1, d'exterminer les chrétiens du pays. Cependant, Mathurin fut secrètement baptisé par l'évêque Polycarpe à l'âge de douze ans. Il convertit ses parents, devint prêtre à l'âge de vingt ans et commença dès lors à accomplir des miracles. Il avait un don particulier pour calmer les énergumènes et chasser les démons.

Sa réputation s'étendit dans la région et bien au-delà, au point que l'empereur en entendit parler et le fit mander pour soigner sa belle-fille Théodora2. Les soldats de l'empereur allèrent le chercher et l'emmenèrent à Rome. Mis en présence de la princesse, Mathurin lui fit boire un peu d'huile qu'elle rendit sur le champ, avec le démon qu'elle avait dans le corps. Après avoir renvoyé en enfer cet esprit mauvais, Mathurin vécut encore trois ans dans la Ville éternelle, mettant au service des chrétiens persécutés l'amitié que lui vouait la famille impériale. Quand il mourut, le jour des calendes de novembre, on l'inhuma dans un cimetière romain ; mais c'est à Larchant qu'il voulait reposer ; aussi obtint-il la grâce de ressusciter la nuit suivante, et il retourna se faire enterrer dans son village.

Grande fut la popularité dont jouit en France saint Mathurin au moyen âge. On l'invoquait surtout pour les fous et pour les épouses insupportables. Il va sans dire qu'une fois mis en possession de Larchant (1004), les chanoines de Notre-Dame de Paris y retrouvèrent ses reliques. Ils en gardèrent une partie à Larchant et placèrent les autres dans la chapelle Saint-Mathurin qu'ils édifièrent à Paris, au quartier latin.

À Larchant, une église lui est dédiée, reconstruite par le soin des chanoines de Notre-Dame de Paris à partir de 1153, où affluèrent les pèlerins et les malades pendant des siècles. Plusieurs rois de France, de Louis XI à François Ier et Henri IV font le pèlerinage de Larchant.

La légende de la délivrance de la fille démoniaque vaut à saint Mathurin d'être invoqué pour la guérison des fous, puis il devient le patron des bouffons (dont le métier est de faire les fous), des clowns, des comiques, mais aussi des marins en Bretagne et des potiers d'étain à Paris.

Notes :
  1. . Maximianus Herculius (249-310) empereur romain de 286 à 305 et de 306 à 308.
  2. . Flavia Maximiana Théodora, fille d'un premier mariage d'Eutropia, l'épouse de Maximianus, épousa en 293 Constantius Ier, le père de l'Empereur de Byzance Constantin le Grand.


Pour en savoir plus :
  • Les Litanies de saint Mathurin du pèlerinage de Moncontour.
  • La glyptothèque de saint Mathurin.
  • Les lieux portant le nom de Mathurin
  • Les églises et chapelles dédiées à saint Mathurin
  • Les Mathurins ou Trinitaires (Ordre de la Très Sainte Trinité et de la Rédemption des Captifs, fondé par saint Jean de Matha)
  • La liste des couvents et rues « des Mathurins »
  • Les « Mathurin » célèbres :
    • Mathurin Cordier, humaniste (1479-1564)
    • Mathurin Régnier, poète (1573-1613)
    • Mathurin Jousse l'aîné, maître serrurier et théoricien d'architecture (vers 1575-1645)
    • Mathurin Jousse le jeune, maître orfèvre (1607-1672)
    • Mathurin Veyssière de La Croze, orientaliste et bibliothécaire (1661-1739)
    • Mathurin-Jacques Brisson, physicien et ornithologiste (1723-1806)
    • Mathurin-Nicolas de La Ville Crohain (Le Bous de Villeneuve), prêtre et martyr (1731-1792)
    • Mathurin Crucy, architecte et urbaniste (1749-1826)
    • Mathurin Moreau, sculpteur (1822-1912)
    • Mathurin Janssaud, peintre (1857-1940)
    • Mathurin Méheut, peintre (1882-1958)
    • Mathurin Le Hors, botaniste (1886-1952)
    • Mathurin Henrio, résistant (1929-1944)
  • Les chansons :
    • D'un auteur à découvrir, une Chanson pour faire danser en ronde les petits enfants avec Mathurin... et Mathurine.
    • Une comptine très populaire au Canada : La ferme à Mathurin
    • Et, sur une musique de Monsieur 100 000 Volts : Quand Jules est au violon avec... la fille à Mathurin.
  • Et du côté de Mathurine :
    • Une chanson de Picardie : C'est la mère Mathurine
    • Mathurine, la paysanne du Don Juan de Molière : Acte II, scène 4


Dictons :
À la Saint-Mathurin,
Des fruits rouges c'est la fin.

À la Saint-Mathurin,
Tire ton vin,
Laisse l'eau aller au moulin.

Pèlerinages :
  • Quelneuc (Finistère) : pardon de Saint-Mathurin au Ronseray : septembre
  • Moncontour (Côtes-d'Armor) : pèlerinage de Saint-Mathurin à la Pentecôte (voir les Litanies de saint Mathurin)
  • Quistinic (Morbihan) : pèlerinage de Saint-Mathurin
  • Larchant (Seine-et-Marne) : pèlerinage le lundi de Pentecôte.


Bibliographie :
  • [Commentaire de M. Michel Lepage, de l'Association Culturelle de Larchant (voir ce site)]
  • [Abbé Omer Englebert, La Fleur des saints, Albin Michel, 1949-1984]

Site Kevrenn de La Rochelle :

Matilin an dall (mathurin l’aveugle) ( 1789-1859)

Mathurin Furic

Peu de sonneurs ont marqué aussi fortement leur époque que Matilin an Dall, devenu un personnage de légende. « Prince des joueurs de hautbois de la Bretagne » selon Hersart de La Villemarqué, le célèbre auteur du Barzaz-Breiz ou encore le « Rossini aveugle des campagnes » selon Jules Janin.Les écrivains romantiques du XIXème siècle usent de tous les superlatifs pour qualifier ce prestigieux musicien populaire, ce joueur de bombarde qui sonna - excusez du peu ! - devant Louis-Philippe et Napoléon III.

Aujourd’hui, nombre de chants et d’écrits évoquent encore cet artiste hors-pair, et à Lorient un concours de sonneurs porte son nom.

Mathurin Furic est né à Quimperlé en 1789. Devenu très tôt aveugle, il va apprendre la musique pour assurer son futur gagne-pain. Vers 1815, il est déjà un sonneur de bombarde réputé, accompagné au biniou par Yann ar Chapel, qui restera son compère pendant une trentaine d’années.

Matilin an Dall est de toutes les réjouissances, tant en campagne, aux festoù al leur nevez, tournois de lutte bretonne, pardons, noces, etc., qu’en ville, aux bals de diverses fêtes et même aux cérémonies officielles.

Il est paraît il le premier sonneur à avoir maîtriser parfaitement le jeu à l’octave

Parti quelque temps à Paris en 1847, le roi Louis-Philippe le fait venir aux Tuileries pour l’entendre jouer. En 1858, Napoléon III vient en Bretagne, et un grand bal est donné en son honneur à Quimper, animé, entre autres, par quatre couples de sonneurs, dont le vieux Matilin.

Hélas Matilin décède quelques mois plus tard, en janvier 1859 dans l’incendie de sa maison.