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Santez Nolwenn

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1 Fiche signalétique


sz. Nolwenn
Vie / Buhez : vierge et martyre décapitée au 6e siècle par le tyran Nizon, invoquée contre les migraines
Genre / Reizh : Féminin
Signification / Sinifiañs : Heol=Soleil ou Noal=noyal (nom de lieu) et Gwenn=Blanc.
Variantes / Argemmoù : Gwennig (Bretagne) - Gwennoal (Bretagne) - Gwennoalig (Bretagne) - Noal (Bretagne) - Noalig (Bretagne) - Noaluen (Bretagne) - Nolwenn (Bretagne) - Nolwennig (Bretagne) -

2 Almanach


le 6 juillet 2019 ~ d'an 6 a viz Gouere 2019
Saint(e) du jour ~ Sant(ez) an deiz sz. Nolwenn (vierge et martyre décapitée au 6e siècle par le tyran Nizon, invoquée contre les migraines)
Proverbe breton ~ Krennlavar An hini a zalc'ho an askorn, A yelo ar c'hi war lerc'h e zorn. § [Trad]




Almanach complet : [Calendrier:Vie des saints]

3 Sources

4 Iconographie

Ste Nolwenn décapitée par Nizan
Ste Nolwenn décapitée par Nizan

5 Monographies

Site Bretagne.com :

Vierge et martyre du VIe siècle.
  • Selon la tradition, elle fut décapitée non loin de Bignan, par ordre du tyran Nezan ou Nizon. Elle est patronne de l'église de Noyal-Pontivy (56).

Site Wikipedia :

Le prénom Nolwen ou Nolwenn n'a pas de signification propre ou de correspondance linguistique il est le résultat d'une déformation au fils du temps de deux mots Naol et Gwen. Gwen signifie blanc,bienheureux et Naol est un lieu (aujourd'hui, Noyal-Pontivy, petite commune située au sud de Pontivy, Morbihan). Certains traduisent cependant ce prénom par agneau blanc, ou ange blanc.

Deux versions de l'origine du prénom:

1/ Nolwenn, vierge et martyr du VIe siècle. Nolwenn, fille d'un prince anglais (ou irlandais), était destinée à se marier à un comte très âgé, alors qu'elle aimait un jeune "écuyer". Pour fuir cette destinée, elle s'exila en Armorique pour y mener une vie d'ermite. Après avoir touché les côtes, elle s'enfonce dans les terres pour y vivre pleinement sa vie de recluse. Mais là , elle en fût empêchée, courtisée par un seigneur, qu'on appelait le Tyran de Nizon (ou Nezan). Face au refus de Nolwenn, le seigneur, très offensé, lui fit trancher la tête, non loin de Bignan. On raconte que la sainte ramassa alors sa tête et reprit sa route à la recherche d'un lieu pour y placer sa sépulture. Là où sa route s'arrêta, s'élève toujours de nos jours la Chapelle Ste Nolwenn au plafond de laquelle est retracée cette histoire tragique (Sainte-Noyale en Noyal-Pontivy).

2/ Une princesse irlandaise prénommée Gwen (blanche) aurait été exilée en Bretagne, installée dans sa nouvelle contrée souvent elle organisait des fêtes et les gens des environs ont pris pour habitude de dire lorsqu'ils se rendaient pour les fêtes au pays (Naol) de Gwen « mi aet nolwen » («je vais au pays de Gwen »). Le prénom Nolwenn symbolise donc la jovialité.

Sainte Nolwenn est surtout vénérée dans le Morbihan (sainte patronne de plusieurs chapelles). Elle est invoquée principalement pour la guérison des migraines. Nolwenn se fête le 6 juillet (Calendrier des saints bretons).

Site Vivre Vouivre :

La légende de sainte Nolwenn

Toutes les Légendes dignes de ce nom possèdent au moins trois niveaux de lecture, le sens littéral, celui qui est pris à la lettre par beaucoup, le niveau analogique et le niveau anagogique. Ce dernier seul propulse véritablement vers l’essence des choses.

Qu’en est-il tout d’abord du nom même de cette sainte ?

Il existe plusieurs variantes orthographiques de ce prénom : Nolwenn, Noalwen ou encore Nolwen avec un seul n. En français, la terminaison wenn vient de Gwenn qui signifie « blanc ». Cette blancheur nous met sur la voie de la pureté et de la virginité ; il convient de prendre ce mot, non pas réduit à sens physique, mais dans celui que Maître Eckhart a contribué à maintenir, l’être vierge de toute notion, y compris de notion de virginité ! « Etant comme n’étant pas », selon son expression dans l’un de ses Sermons. Le retournement d’un nom est aussi traditionnel ; il indique le renversement des lumières ; il marque que l’être ne prend plus ses racines dans la terre, mais dans le ciel de cette terre. Il n’est pas étonnant, dès lors, de trouver une composition inversée de Noalwenn : Gwennoal, qui a sans doute donné naissance au diminutif Noalig, mais aussi au prénom Gwenaël. Noal quant à lui, est un nom de lieu qui a donné naissance, une fois francisé, à Noyale. Certains font dériver Noal du latin novialum, signifiant « une terre nouvellement défrichée ». Elle aurait pu être plantée de noyers ! Mais au-delà des apparences, « Noyale », et donc aussi Noal, mettent sur la voie de la noyade, là encore, à prendre de préférence dans la signification de « la fin des émotions ». L’état de Virginité présuppose la fin des perturbations émotionnelles humaines pour l’accès à l’Emotion sans émotions.

Que nous apprend par ailleurs la légende de sainte Nolwenn ?

« Au VIe siècle, Noyale, fille du roi de Cambrie (Angleterre), ayant refusé de se marier pour se vouer à Dieu, fuit en Bretagne, accompagnée de sa servante. Elles traversent la Mor Breizh, la Manche, sur un rameau de branche au vert feuillage puis remontent le Blavet à la recherche d’un ermitage. »

Nous sommes bien évidemment dans un symbolisme traditionnel. De fait, la véritable noblesse, comme ensuite la véritable royauté, est celle du corps, du cœur et de l’esprit. Si ses parents avaient été véritablement nobles, elle n’aurait pas eu à fuir un mariage forcé ou arrangé ! Par contre, elle choisit la fuite, l’exil, pour disposer de sa vie, dans l’autonomie, choix qui lui conférera une noblesse, puis une royauté, qu’elle acquiert au prix fort de l’épreuve. Elle prend en main sa destinée tout en l’abandonnant à la providence ! Comme saint Roch avant de partir en pèlerinage à Rome12, elle distribue ses biens aux pauvres, elle se désencombre.

Se vouer à « Dieu », c’est essentiellement suivre les aspirations profondes de son âme et refuser le conditionnement reçu dans le milieu familial, social, culturel de sa naissance. Sa servante est sa raison mentale, mise à sa juste, au service des aspirations de son âme. Elle s’abandonne, comme jadis les Chevaliers en quête du saint Graal, à la Nef Aventureuse, et traverse la Mor Breizh. Le chant des mots, l’euphonie, nous dite « mort » « braise » ! Ah ! Ce n’est pas interprétation, non ! Qui ne voit l’ardeur de son Amour, et la mort à tant de choses qu’est sa fuite et les périls qu’elle encourt ! Elle est portée par un rameau de vert feuillage ! C’est insensé ! Non, pas, Elle était comme l’arbre mort qui reverdit ; en elle la vie est re-suscitée par sa décision inébranlable !

Tous ceux qui veulent vivre cette vie nouvelle traverse l’épreuve de la Caverne, de la réclusion initiatique. Elle trouve donc un ermitage sur la rive du Blavet.

« Nizan, tyran de Bezo, s’éprend de Noyale
et veut en faire son épouse.
Devant son refus, il la fait décapiter. »

Maintes légendes de saintes rapportent un épisode semblable. Le refus d’une royauté seulement terrestre est déterminant. Certes, sa raison est à son service, mais elle se doit d’aller au-delà ! Ce tyran est, dans l’Unité de toutes choses, la partie de son âme encore magnétisée à la terre. Cette décapitation traditionnelle, faite en juste temps, est une grande grâce. Elle est encore appelée « Noyale » et par cette mort au monde émotionnel humain, de noble qu’elle était, elle devient « royale ». Noyale et Royale ont même consonance et portent en leur centre le Y, hiéroglyphe de l’androgynie, depuis Platon.

« Noyale rend son âme à Dieu dans grand désert,
sur le bord d’un ruisseau, s’appuyant sur son bâton.
Elle marche en tenant bien en main sa tête coupée
au niveau du cœur (à droite)
et traverse le bourg de Noyal.
Quelques kilomètres plus loin,
trois gouttes de sang tombées de sa tête
font jaillir une fontaine. »

Où rend-elle son âme à Dieu ? Dans le grand désert de son âme, vidée de tout attachement terrestre ! Qui peut imaginer un grand désert sur les bords du Blavet ? Elle n’a jamais été aussi vivante ! De la vraie vie ! Et traverse ainsi le bourg de Noyal à qui elle doit son nom, parcourant plusieurs lieues. Elle suit le chemin de la Vouivre et, de trois gouttes de son sang, jaillit une fontaine.

Ainsi retrouve-t-on ici, la fontaine ou la source, celle que sainte Odile fit jaillir au Mont Sainte-Odile, celle que sainte Rodhène fit jaillir à Levroux, celle que fit jaillir l’ange venu secourir saint Roch dans son ermitage lorsqu’il fut atteint par la peste, celle que Moïse fit jaillir du rocher, … et tant d’autres ! Elle est chargée de l’énergie de la Vouivre du lieu, et il se produira des miracles. Ceux qui sont au fait des anciennes traditions celtes verront la continuité des symboles :

« L’eau merveilleuse ressuscite les morts quand les Dieux et les Druides s’en mêlent. Si les vivants l’utilisent, elle les rajeunit et les préserve, non pas toujours de la mort, mais de la maladie et de la décrépitude.13 »

« Là, Noyale s’agenouille sur une pierre
qui lui sert de prie-dieu
et dépose sa tête sur un rocher.
Elle plante son bâton en terre
et celui-ci devient une aubépine (à gauche),
tandis que le bâton de la servante donnera un hêtre. »

Voilà Noyale devenant neuve, pure, blanche, Nolwenn ! Le changement de nom au passage d’une étape de l’initiation est traditionnel. Il est tombé de sa tête trois gouttes de sang, signe de la purification des trois plans de l’être humain physique, émotionnel-relationnel et mental, pour que la fontaine jaillisse.

Elle s’agenouille devant le rocher où elle dépose sa tête. Le rocher est toujours lié à la source, comme le bâton d’ailleurs avec lequel on le frappe le plus souvent.

« Yahvé est mon rempart, mon rocher » chante le psalmiste. Et Isaïe de dire aux Hébreux : « Regardez le rocher dont vous avez jailli, la Source dont vous avez coulé », comparant Abraham au rocher d’où s’écoule l’eau et Sarah au creux du rocher où cette eau se repose avant de s’écouler14. Elle et sa servante ont chacune leur bâton de pèlerin. Planté en terre, sur celui de Nolwenn fleurit l’aubépine.

L’aubépine, alba spina, « épine blanche » en raison de sa fleur, est parente du rosier. Elle peut se présenter sous la forme d’un buisson ou d’un arbre épanoui. Alors que certains arbres se repoussent et que d’autres fusionnent, « l’aubépine, elle, nous présente une voie alternative. Elle n’est jamais parasite et elle ne se laisse pas envahir non plus : elle sait toujours trouver l’espace où elle va pousser et développer sa propre vie, sans avoir ni à lutter, ni à se défendre. C’est cette aptitude à trouver sa juste place qui lui fait prendre les formes les plus inattendues…15 » Les plus vieilles de France atteignent mille ans.

On peut attribuer à coup sûre à la fleur d’aubépine, le symbolisme de la rose. On retrouve en elle la blancheur, attribut de Nolwenn ! Elle fleurit en mai, mois dédié à Marie, à la virginité. Remarquons aussi que le Christ fut couronné d’épines à l’aube de sa résurrection, aube-épine. Chez les Romains, l’aubépine est dédiée à Maïa, mère d’Hermès. Est-ce un hasard ? Maya est en Orient l’Illusion cosmique qui voile l’Unité derrière la multiplicité ; la sainte repousse par deux fois l’illusoire d’une royauté terrestre, l’illusoire de la richesse et de l’apparence des formes. En Bretagne, l’aubépine a la réputation de ne jamais être touchée par la foudre, attribut de sainte Barbe si vénérée en cette région puisque son père et bourreau ne fut pas noyé comme Nizan mais foudroyé. Quel arbre mieux que l’aubépine conviendrait à cette sainte ?

Le bâton de la servante donne un hêtre. Arbre majestueux, imposant, arbre sacré des Celtes par excellence. Il s’agit d’Être, par l’Esprit que symbolise le H dans la hiéroglyphie5. Le hêtre « pousse avec une grande vigueur et se montre très résistant. Il dégage de la force empreinte de sérénité, d’assurance et de stabilité. Ses racines s’étalent mais ne s’enfoncent pas en profondeur, comme s’il n’avait nul besoin de s’accrocher à la terre, mais sa stabilité provient de sa propre force. Le hêtre n’est jamais envahi par le lierre, ni par le gui. Sous une hêtraie, pas de ronces, tout au plus quelques fougères clairsemées (…) Rien ne peut venir troubler cette sérénité. D’ailleurs, en Lorraine et dans les Ardennes, on croyait qu’il n’était jamais atteint par la foudre.15 » Ce sont les qualités extraordinaires d’une servante véritable, et ce devrait être celles de la raison à sa juste place, au service de l’être et non de l’avoir.

« Les rochers lui servent de lit.
Elle tend sa tête coupée
à la servante qui l’accompagne.
Une église est construite à cet endroit. » On peut imaginer que l’église est construite sur la tombe de la sainte. Inévitablement, il s’est passé un certain temps pour que la dévotion populaire produise cet effet. Nizan, son bourreau, en est furieux.

« Voulant la détruire, Nizan construit une digue
pour qu’e l’église soit emportée par les flots,
mais sa manœuvre échoue et il se noie. » Ce tyran est emporté par son monde émotionnel ; c’est la crue de celui-ci qu’il matérialise. Aussi le lieu n’est-il pas simplement planté de noyers, mais celui du noyé ! Grande illustration est-il ainsi fait du choix décisif ! L’un, victime de sa passion aveugle, traverse une mort horrible tandis que l’autre, « morte avant que de mourir », accède à la sainteté et plus encore à la libération.

La fontaine devient ensuite un lieu de pèlerinage et la ferveur populaire étant grande, il s’y produit des miracles ; de telles sources ou fontaines sont toujours guérisseuses, chargées de l’énergie de la vouivre particulière au lieu, et la sainte ayant été guidée par cette énergie pour venir jusque là. C’est l’ouverture du cœur de l’homme au divin, au sur-naturel, qui rend la source miraculeuse.

« Le Pouvoir de la Source, c’est le Pouvoir de ton cœur.
Le Pouvoir de ton cœur, c’est la propulsion de ton âme.
La propulsion de ton âme est adéquate à l’ouverture de ton mental à la Source.
Ainsi les pouvoirs dits miraculeux.12 »

Que conclure ?

Cette sainte prend place parmi les saints céphalophores. Nolwenn est la « Nouvelle Blancheur », fruit de tout un cheminement : affirmation de soi, errance sur les chemins de la vouivre, vie érémitique, décapitation et cheminement par la voie du cœur. Dépassant la noblesse selon le monde due à sa naissance, elle acquiert la véritable noblesse pour atteindre la royauté véritable. Elle fait tout un travail sur son monde émotionnel. Elle est liée à l’eau puisqu’elle termine son cheminement en marchant avec sa tête coupée jusqu’à Noyal, nom qui rime parfaitement avec « Royale » ! Les familiers de la Langue des Oiseaux verront que l’énergie du tout se manifeste sur terre par l’androgyne. Aussi point n’avait-elle à épouser un homme quelconque, encore moins la tyrannie de la contre nature  !