Simon Guéguen (1886-1961), pâtissier, soldat chevalier de la Légion d'Honneur - GrandTerrier

Simon Guéguen (1886-1961), pâtissier, soldat chevalier de la Légion d'Honneur

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Catégorie : Personnages
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§ E.D.F.
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Un pâtissier qui participa à l'enfer de Verdun en 1916, reçut la médaille militaire et fut nommé en 1960 chevalier de la Légion d'Honneur.

Sommaire

Autres lectures : « Germain Guéguen (1884-1947), boulanger d'Odet-Lestonan » ¤ « 1918 - Procession de la Fête-Dieu au manoir d'Odet » ¤ « 1915-1919 - Cahier de campagne du brigadier fourrier Pierre Tanguy » ¤ « Evasion de René Morvan d'un camp de prisonniers en Allemagne, L'Ouest-Eclair 1916 » ¤ « DOUGUET Jean-François - Etienne Le Grand, un regard breton dans la Grande Guerre » ¤ 

[modifier] 1 Biographie

Simon Guéguen est né le 18 octobre 1884 à Guilli-Vras en Ergué-Gabéric, ses parents François Guéguen et Marie Anne Kérisit étant tous deux journaliers.

En 1887-88 [1] son père François est embauché à la papeterie d'Odet comme ouvrier.
La famille y déménage dans un penn-ty situé à l'endroit où seront construits plus tard les garages de l'usine Bolloré. François Guéguen devient le cocher attitré des Bolloré. En 1918 il participe à la procession de la Fête Dieu organisée par René Bolloré père, et porte fièrement la grande croix. Lui qui a souffert de la famine dans sa propre enfance veut que ses enfants fassent un métier de la bouche, à savoir la boulangerie (Germain et Jean-Marie) et la pâtisserie (Simon).
 

Simon Guéguen part sur le front, sans doute dès 1914, soldat dans les rangs du 71e RI, régiment composé essentiellement de bretons dont le casernement était basé à St-Brieuc.

En février 1916 il est blessé à la cuisse par des éclats d'obus lors de la bataille de Verdun, à Avocourt (cf ci-dessous le chapitre "La Grande Guerre"). Croix de guerre 1914-1918, et médaillé militaire par décret du 18 mai 1934.

En 1921 il s'installe en région parisienne comme pâtissier, à Pantin, où il se marie le 26 Octobre 1929 avec Mélanie Allard. Il est nommé Chevalier de la légion d'honneur le 23 septembre 1960, la réception étant assurée par le célèbre boxeur Eugène Criqui (cf ci-dessous le chapitre "La Légion d'honneur") , rescapé de la grande guerre également. Il décède le 5 mars 1961 à Paris dans le 10e arrondissement.


[modifier] 2 La Grande Guerre

Incorporé dans le 71 Régiment d'Infanterie basé à St-Brieuc, Simon Guéguen a sans doute participé aux premières campagnes de Charleroi et de la Marne. Plus vraisemblablement il devait être au front en fin d'année 1914 et courant 1915 lors de la bataille meurtrière d'Artois, et échappa miraculeusement à la mort lors de l'attaque de Chantecler où son régiment essuya de lourdes pertes.

Ensuite, au tout début de la bataille de Verdun, les premiers obus allemands étant tirés le 21 février 1916, Simon Guéguen est blessé par des éclats d'obus: « fracture du fémur droit par E.O. le 29 février 1916 à Avocourt [2] ».

Il sera amputé par la suite et en gardera des séquelles : « Amputation de la cuisse droite au 1/3 supérieur. Troubles névritiques au niveau du moignon. Algies paroxystiques. Scoliose lombaire. ».

Il sera décoré « Croix de guerre 1914-1918 », et « Médaillé Militaire » par décret du 18 mai 1934.

 

[modifier] 3 La Légion d'Honneur

En 1960, alors qu'il a atteint l'âge de 76 ans, le ministère des anciens combattants et victimes de guerre donne un avis favorable pour sa nomination en tant que chevalier de la Légion d'Honneur.

Quand on lui demande de choisir un membre déjà nommé pour le recevoir et lui remettre la Croix de chevalier, il choisit une connaissance de Pantin : Eugène Criqui, célèbre boxeur, qui fut blessé en 1915 par un éclat d'obus à la tête. Cette importante blessure, initialement jugée mortelle par les médecins est traitée puis consolidée par une plaque de fer au niveau de la mâchoire. Cette prothèse, que Criqui conservera lors de ses combats lui vaut le surnom de « Mâchoire de fer » ; en 1923 il est le deuxième français décrochant un titre mondial après Georges Carpentier.

 
Signatures du pâtissier et du boxeur
Signatures du pâtissier et du boxeur

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[modifier] 4 Annotations

  1. Les deux premiers enfants de François, à savoir Germain et Simon Marie, sont nés au village de Guilli-Vras en 1884 et 1886. Les trois suivants, René, Marie-Françoise et Jean-Marie, sont nés en 1888, 1990 et 1891 à Odet. [Ref.↑]
  2. Situé à l’ouest du front de Verdun, le secteur d’Avocourt devient, à partir de février 1916, le théâtre de violents combats. Le village d’Avocourt sera toujours tenu par les troupes françaises, mais sera entièrement détruit. [Ref.↑]


Thème de l'article : Histoire d'une personnalité gabéricoise

Date de création : Mars 2012    Dernière modification : 17.04.2014    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]