Tréodet, Treodet - GrandTerrier

Tréodet, Treodet

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T O P O N Y M I E
Microtoponymie :
[Cadastre de 1834]
Cartes anciennes :
[Cartographie]
Index/résumé  :
[Tous toponymes]

Forme française Tréodet
Forme bretonne Treodet
Signification "trève ou vallée de l'Odet"
Décomposition Trev pour "quartier, trève, lieu habité", ou Traon/Tnou pour "vallée", et Odet "rivière de l'Odet"
Relevés 1484, 1541, 1573, 1636, 1682, 1684, 1790, 1834
Localisation 48° 0' 24.92" N 4° 3' 41.66" W (lat. 48.006922, long. -4.061573)

[modifier] 1 Localisation du lieu-dit

[modifier] 1.1 Aujourd'hui sur Google

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[modifier] 1.2 Vue d'avion en 1948

[modifier] 2 Explications toponymiques

Dans le Cahier n° 9 d'Arkae publié en 2007, Bernez Rouz explique l'origine du lieu-dit comme suit :

Treodet

Orthographe Année Source (cf. ) Référence, côte
Treodet 1484 A.D.F. A 85
Treffodet 1541 A.D.F. A 85
Treaudet 1573 A.D.F. A 83
Tréaudet 1636 Dubuisson-D'Aubenay Itinéraire, p. 353
Treonodet 1682 A.C.E-G. B.M.S.
Treoodet 1682 A.C.E-G. B.M.S.
Treohodet 1684 A.C.E-G. B.M.S.
Tréodet 1790 A.D.F. 10 L 168, recensement
Treodet 1834 A.C.E-G. Ancien cadastre
Treodet 1962 A.C.E-G. Cadastre
Tréodet 2002 I.G.N. Carte 0618 O

Treodet signifie la trève d'Odet. Trev vient du vieux breton Treb qui désignait un lieu habité et cultivé. À partir du 11e siècle, ce nom devient l'équivalent de quartier, cirsconscription. À la Révolution, la paroisse était divisée en parcelles qu'on appelait trev ou treo en breton. Tréodet n'y figure pas, la ferme fait partie de la parcelle de St-Guénolé.

Dans son mémoire en breton de 1977 (et dans son résumé en français de 1980), Bernez Rouz avançait l'explication suivante  :

9 - ANVIOU RELIJIEL

b) AN TREVIOU

-- Treodet  Image:Treodet-phonétique.jpg, (Trev an Oded) 1682 : Treonodet, Treodet, 1684 : Treohodet

TREODED : La trève de l'Oded.

Page 157 de son dictionnaire des noms de lieux bretons, Albert Deshayes explique le terme "Trev" comme suit :

PARTIE "Les lieux de vie"
Chapitre "Les entités territoriales"


Trev "trève" résulte d'un emprunt par le vieux breton treb "lieu habité et cultivé" au latin tribus "tribu", sens initial qu'a conservé le gallois tref "ville". Ce terme va prendre au XIe siècle, suite à une extension sémantique, le sens de "quartier, circonscription". L'acception de "trève, église succursale" est récente ; c'est donc une erreur de donner une signification religieuse à ce terme en composition dans les noms de lieux.

On le note employé seul, et donc avec le sens de "quartier", dans Le Treff en Concarneau (29) [...]

Associé à un nom de baptême à 175 reprises, ce terme a gardé son sens initial de "lieu habité et cultivé" ; des indications précieuses pour l'étude du peuplement de la Bretagne au cours du haut Moyen Age.

Ce terme se présente généralement en composition sous la graphie tré-, mais on le note aussi sous :
  • [...]
  • tro- [...] dans Troland en Ergué-Gabéric (29), Trefflan en 1458
  • [...]


Par lénition initiale, on le note sous : [... ).

Le terme trev se montre associé à :
  • [...]
  • un terme descriptif dans [... ) Tréodet en Ergué-Gabéric (29), Treffodet en 1541.
  • [...]


Comme second élément, on le note associé à 10 autres éléments dont penn à 21 reprises, goueled à 6, hen à 5, etc.

A propos du terme "Odet", Albert Deshayes précise dans son Dictionnaire des noms de lieux bretons (page 74):

Odet, employé seul dans Odet en Ergué-Gabéric (29), prend sa source à Saint-Goazec (29) et se jette dans l'Atlantique à Bénodet (29). Son nom est attesté vers 1022-1058 sous la graphie Odet puis Odeth en 1228 ; il présente un radical od- comme bien d'autres rivières de France de sens obscur. On le relève dans Kerodet  en Leuhan (29), dans Stang-Odet en Landudal (29), id. en 1680, et dans Pont-Odet, Stang-Odet et Tréodet, Treffodet en 1540, tous trois en Ergué-Gabéric.

Norbert Bernard a étudié les différents orthographes constatées pour le lieu-dit :

11 mars 1484 - Aveux des héritages du Plessix en Ergué-Gabéric (Archives départementales du Finistère, A 85*, fol. 540)
Transcription :
(…)
Item, d’une piece de fenier es mectes du village de Treodet afermé à la /11/ desguerpie Guillaume Jourdan cinq soulz.

1441-1783. — Paroisse d’Ergué-Gabéric. — Aveux et dénombrements de terres, de fiefs, de rentes, de convenants, de maisons, de châteaux, de droits réel et honorifiques tenus noblement et roturièrement du Duc et du Roi, dans le ressort de la sénéchaussée de Quimper, sous les dénominations suivantes : (…) — autres aveux pour des terres nobles ou roturières, (…) etc. par les familles de (…) de Kerloaguen, (…).] (Archives départementales du Finistère, A 85*, fol. 517).
« 1540
(…)
Et aussi à cause d’une quarte partie ou envyron que congnoit tenir soubz ledict sire et sadicte court Jehan, Alain et Caznevet Rycard soubz ladicte ladicte [sic] damoiselle ou villaige de Tenouodet en ladicte parroisse d'Ergué Gaberyc pour en poyer à ladicte damoiselle de taille chacun an à chacun terme de monseigneur sainct Mychel Montdegarganne soixante dix soulz monnoye.


[1547] - [lieu ?]
Aveu de la seigneurie de Quistinic[11] par François de Quélen, seigneur du Vieux Chastel.
Sa mouvance[12] englobe, entre autres, les villages de Kerdalaste, un village non nommé, Kerdeurt Keranhenauff, les manoirs de Mezanles (Maesanles) et Penanmenez, etsondomainecomprend les villages de Tréodet (Trefoudet), Squividan (Squivedan), Le Lec (Lehec), le tout dans la paroisse d’Ergué-Gabéric.


XVe siècle-1759. — Paroisse de Briec. —
Aveux et dénombrements de terres, de fiefs, de rentes, de convenants, de châteaux, de droits réels et honorifiques, tenus noblement et roturièrement du Duc et du Roi, dans le ressort de la sénéchaussée de Quimper, sous les dénominations suivantes : la seigneurie de Quistinic, s’étendant sur les paroisses de Poullan, Ergué-Gabéric, etc., avec haute, moyenne et basse justice, droit de fourche patibulaire sur le chemin qui va du bourg de Laz à Quimper, possédée par Yvon de Quélen, fils de Conan, seigneur de Vieux-Chastel (XVe siècle), Olivier de Quélen (1477), autre Olivier de Quélen, fils de Jeanne du Chastel (1489), Jean de Quélen (1541), François de Quélen, son fils, seigneur de Plonévez-Quintin, qui a fait suivre son aveu de la liste des gages payés aux officiers de la cour de Quistinic (1547) ; (…).]
(Archives départementales du Finistère, A 85*, fol. 10-33.)
« [fol xliiii]
(…)
Auxi tient ledict seigneur de Vieulxchastel ausdictz debvoyr de foy et rachat de monseigneur le Roy une tennue et convenant estant ou villaige de Trefoudet en la parroesse d’Ergué gaberic que dudict seigneur du Vieulxchastel tiennent à convenant Jehan, Allain et Caznevet Richard pour en poyer audict de Quelen chacun terme de la sainct Michel Montegargane la somme de six rennees combles fourment et six rennees combles seigle. Pour ce … vi rennees combles fourment et vi rennees combles seigle. »

Pour la possibilités d'explication en "Traon/tnou" Albert Deshayes donne page 51 de son dictionnaire les exemples suivants :

PARTIE "Décrivons la nature"
Chapitre "Le relief"


Traon "vallée", issu du vieux breton tnou "vallée", a pour correspondants le gallois tyno et le cornique tenouv de même sens. Son sens a évolué en breton moderne à "bas". Employé seul, il se dit Traon en Léon et en Cornouaille à onze reprises, Traou à cinq dans le Trégor et Téno à siz en zone vannetaise, sans oublier Traoun en Bégard (22) et Teneux en Guillac (56), Tnouloscan en 842. Le diminutif en -ig explique Traonig en Plougastel-Daoulas (29) et Traonigou en Porspoder (29), Tnouigou en 1515, alors que le diminutif en -an se montre dans Traouen en Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h (29), Tnouan en 1440, et dans Draounen en Lopérec (20). Le pluriel se note dans Tréno en Saint-Gravé (56), Le Tranno en 1427.

Henri Chauveur résume les différentes alternatives, en ajoutant une autre hypothèse :

L'origine du nom de lieu Tréodet pose problème. Une première possibilité serait que ce nom soit composé de tref (de treb) qui signifie avant le Xème siècle "lieu habité et cultivé", alors traduit en latin par "villa". Puis à partir du XIe siècle, la même racine, treb, prend le sens de trêve, église succursale. En 1547, un aveu de la seigneurie de Quistinic (en Briec) conforte cette hypothèse, en donnant la forme Tréfoudet.

L'hypothèse d'un "domaine (villa) de l'Odet" semble possible au regard des débris de tuiles rouges, typiquement gallo-romaines apparaissant dans les labours des champs voisins. Une autre possibilité serait une composition sur traon (de tnou) signifiant colline. Effectivement en 1540, un aveu de la seigneurie de Botigneau en Clohars-Fouesnant, présente la forme Tenouodet, et vers 1780 dans les actes de naissances on trouve indiqué Traonodet.

A sept ans d'intervalle (1540-1547) deux étymologies différentes apparaissent donc. Cela nous incite pour le moins à être prudent avant d'adopter définitivement une étymologie. Et comble de malchance, la mention la plus ancienne de ce lieu-dit, dans un aveu de Guillaume Du Plessix-Nizon, seigneur de Missirien en Kerfeunteun, l'orthographie sous la forme Tréodet. Enfin, l'emplacement de Tréodet permet une troisième hypothèse (malgré l'absence de preuve textuelle) : une racine en treiz, passage, donnant passage de l'Odet ou Tré, en travers, avec l’hypothése d’un pont dans le voisinage .